I. — Traitement symptomatique
La suppression des aliments est la première prescription à faire chez un malade qui vomit. On ne doit permettre que les boissons <j lacées ou ejazeuses, par exemple un mélange de glace pilée et d’eau de Seltz que l’on fait prendre par petites quantités à la fois, à l’aide d’une paille.
L’acide carbonique anesthésie la muqueuse gastrique et diminue son excitabilité réflexe.
Si les vomissements se prolongent (vomissements nerveux, des femmes enceintes, des malades atteints d’ulcère, de sténose, etc.) on peut être conduit à employer Y alimentation rectale artificielle.
Un peut agir contre le vomissement à l’aide de moyens internes ou externes.
En tète des moyens internes est la classique potion de Rivière, qui se compose d’une potion alcaline (n° 1) :
Bicarbonate de potasse 2 grammes.
Eau 50 —
Sirop de sucre 15
et d’une potion acide (n° 2) :
Acide citrique ou tartrique 2 grammes.
Eau ..... 50 —
Sirop de limon 50
On fait prendre successivement, et sans intervalle, une cuillerée de la potion alcaline et une cuillerée de la potion acide.
Par suite de la réaction de l’acide sur le sel alcalin, il se dégage dans l’estomac de l’acide carbonique, d’où l’effet anesthésiant, mentionné plus haut.
Les autres médicaments (pii anesthésient la muqueuse gastrique ou diminuent le pouvoir excitomotcur du muscle, sont Y eau chloroformée, la cocaïne, les bromures, la belladone, le menthol, Yétlier.
L’eau chloroformée s’emploie à la dose de plusieurs cuillerées à bouche dans les vingt-quatre heures, étendue de partie égale d’eau aromatisée ; la cocaïne, à la dose de 1 à 5 centigrammes; les bromures, à la dose de 1 à 5 ou 4 grammes. Parmi les bromures, il en est un dont l’introduction en thérapeutique est récente, et qui a été spécialement recommandé pour son action antiémétique, c’est le bromure de strontium.
D’après Coronedi (Lo Sperimentale , 1892) le bromure de strontium serait efficace non seulement dans le vomissement d’origine nerveuse, mais encore dans celui qui est symptomatique des affections propres de l'estomac.
DYSPEPSIES CHIMIQUES
La belladone peut se prescrire soit par la bouche (1 à 4 centigrammes), soit en suppositoires.
Quant au menthol, il exerce une action antiémétique des plus énergiques, récemment mise en lumière (C. Paul, Blondel); mais s'il arrête le vomissement, il exerce par contre une action irritante sur I estomac, qui ne permet pas de remployer pendant longtemps, ni à doses élevées. On pourra le prescrire à la dose de 0,05-0,10; Gottschalk emploie la formule suivante (vomissements de la grossesse) :
Menthol 1 gramme.
Alcool 20 grammes.
Sirop de sucre .">()
Une cuillerée à café toutes les heures (la proportion de menthol est beaucoup trop élevée).
L’éther se prescrit sous forme de sirop ou en nature, incorporé à une potion ou bien encore sous forme de liqueur d'Hoffmann.
Trois médicaments sont employés empiriquement contre les vomissements, sans (pie l’on puisse expliquer leur action d une façon satisfaisante : ce sont la teinture d'iode, la créosote, la strychnine.
Lasègue ordonnait la teinture d’iode à la dose de 5 à 10 gouttes, dans l’eau sucrée, particulièrement dans les cas de vomissements de la grossesse. Ou peut la prescrire associée au chloroforme :
Teinture d’iode Chloroforme .
aa .> grammes.
Y gouttes matin et soir au moment du repas, dans un peu d’eau (Huchard) ou bien :
Teinture d’iode XV gouttes.
Eau de menthe ."() grammes.
XV gouttes toutes les heures (Jacobi).
La créosote peut se prescrire ainsi :
Créosote
Huiles d’amandes douces
a grammes.
V à X gouttes, trois ou quatre fois par jour, dans du lait.
M. Empis prescrit la strychnine, dans les cas de vomissements liés à la tuberculose :
Strychnine I centigramme.
Alcool 1 gramme.
Eau distillée 100 grammes.
Une à trois cuillerées à bouche.
MALADIES DE L’ESTOMAC
Parmi les moyens externes employés cont re le vomissement, citons les pulvérisations (V éther (Lublcski) on île chlorure de méthyle.
Mentionnons enfin les inhalations d'oxygène qui peuvent rendre de grands services et l' électricité .
M. Hayem a constaté que chez un grand nombre de malades, les chlorotiques en particulier, les inhalations d’oxygène avaient le pouvoir d’arrêter les vomissements. Il fait respirer 50 à 00 litres de gaz par jour, en deux ou trois fois, un quart d’heure avant les repas.
La galvanisation du cou se pratique avec deux tampons (4 cent, carrés) appliqués en dehors du sténo-cléido-mastoïdien dans le creux sous-claviculaire, 6 à 10 millimètres, 5 à 10 minutes, matin et soir systématiquement. On peut aussi employer la faradisation faite en plaçant un pôle au niveau du dos ou de la nuque et l’autre à l’épigastre.
D’autres moyens thérapeutiques agissent non plus sur les terminaisons gastriques du vague, mais sur le centre bulbaire du vague; tels sont la morphine et P atropine administrées en injections sous-cutanées :
Sulfate neutre d’atropine 1 centigramme.
Chlorhydrate de morphine 10 centigrammes.
Eau bouillie 20 grammes.
Injectez une seringue de Pravaz qui contient 0 gr. 005 de morphine et
0 gr. 0005 de sulfate d’atropine.
On peut encore agir dans certains cas sur le trajet du pneumogastrique, par exemple sur ses filets pharyngés, quand le vomissement paraît avoir pour point de départ l’excitation de ces filets. On emploie à cet effet les badigeonnages avec une solution concentrée de bromure de potassium (bromure et eau à parties égales) ou une solution de chlorhydrate de cocaïne à
1 pour 20.
Le passage de la sonde nécessité par la suralimentation peut faire disparaître les vomissements des tuberculeux; Marfan attribue cette action à la compression exercée par ia sonde sur les filets pharyn go-œsophagiens du pneumogastrique.
On a proposé encore, dans le cas de toux émétisante, d’agir sur les filets respiratoires du vague par les inhalations de substances volatiles :
Essence d’eucalyptus 8 grammes.
Teinture de benjoin composée 12 —
Menthol 4 —
Alcool chloroformé à 10 pour 1UU 6
(Habekshon.)
Placer dans un masque s’adaptant sur le nez et la bouche un tampon d’ouate imbibée de \ gouttes de ce mélange.
DYSPEPSIES CHIMIQUES