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DYSPEPSIES CIII.MIOI ES

Nous avons indiqué parmi les médicaments doués d’un pouvoir antiseptique la fluorure cl' ammonium qui, d’après M. Albert Robin, aurait la propriété, à la dose de 1 pour 1000, d’arrêter le développement du ferment lactique. M. Albert Robin fait prendre après chaque repas une cuillerée à soupe de la solution suivante :

Eau distillée ÔO0 grammes.

Fluorure d’ammonium 1 gramme.

M. Albert Robin a encore conseillé récemment l’emploi du soufre iodé el celui de Viodure double de bismuth et de cinchonidinc, sous le nom d’érythrol. Il formule ainsi :

Érythrol 2 à 10 centigrammes.

Fluorure de calcium 2 à 1(1 —

Magnésie calcinée 10

Msa. Pour un cachet. Donnez un cachet à la lin de chaque repas.

Ce sel conviendrait particulièrement dans les fermentations butyriques.

Les purgatifs salins, répétés à intervalles variables, sont indiqués quand il existe de la diarrhée. Quant à la constipation, on la combattra également par les moyens appropriés.

Le lavage de l'estomac est surtout utile quand il existe une dilatation avec stase, d’origine mécanique; il constitue en pareil cas le meilleur moyen de combattre les douleurs, les vomissements, la flatulence et en un mot tonies les conséquences de la fermentation des aliments.

Il est encore utile dans la dilatation atonique des vieux dyspeptiques avec fermentations intenses; par contre, il est inefficace chez les hyperpeptiques avec déglutition d’air.

Chez les hystériques atteints d’éructation il peut réussir ou échouer suivant les cas, agissant par suggestion comme tout autre moyen.

Chez les hyperpeptiques l'application du maillot humide contribue à modérer la flatulence; il en est de même chez les névropathes avérés.

Le massage de l'estomac est indiqué chez la plupart des flatulents; il agit en réveillant la tonicité des fibres musculaires, en activant l’évacuation.

On voit qu’en somme les moyens utiles contre la flatulence sont ceux que l'on emploie contre la gastrite; ils réussissent habituellement dans les formes ordinaires de la flatulence, ils échouent souvent dans les formes nerveuses (aérophagie hystérique).

Une dernière indication à remplir est celle qui concerne l’élément nerveux :

1 hydrothérapie sous ses différentes formes, douches froides, douches chaudes, enveloppement dans le drap mouillé, constitue l'un des meilleurs moyens de modérer les actes nerveux réflexes.

Les médicaments nervins les plus utiles, tout en étant inoffensifs pour l’estomac, sont le valérianate d'ammoniaque, les bromures ; encore vaudra-t-il mieux les administrer en lavement que par la bouche.

MALADIES DE L’ESTOMAC

5° Anorexie. — L’anorexie est à peu près constante dans les maladies fébriles; cependant, les rhumatisants, les typhiques au déclin de leur maladie demandent parfois à manger, malgré la persistance de la lièvre.

Certains médicaments comme l'opium, la belladone, certains toxiques comme le tabac suppriment la sensation de faim.

D'autre part, l’anorexie est souvent le résultat du surmenage physique ou intellectuel.

L’anorexie peut s'observer dans la plupart des étals dyspeptiques, soit à litre passager, soit d’une façon permanente; c'est dans l’apepsie, le cancer, qu’elle atteint son plus liant degré; cependant, même dans Je cancer, elle peut faire défaut jusqu'à la fin, et l’on a même signalé son remplacement, dans ce dernier cas, par la boulimie. Sa valeur séméiologique est donc relative.

L’anorexie est encore fréquente dans les maladies mentales, dans la neurasthénie et surtout dans l’hystérie. De nouvelles recherches sont nécessaires pour déterminer si l’anorexie nerveuse est toujours liée à des troubles chimiques. Il semble, qu'elle puisse se manifester indifféremment, alors que le chimisme est normal ou altéré.

Il n’existe lias de traitement direct capable de faire renaître l’appétit. Sans doute les amers peuvent le réveiller momentanément, mais c’est surtout la cause de l'anorexie qu'il faut viser. C'est par le choix judicieux des aliments, le lavage de l'estomac dans les cas de fermentations anormales, la suppression des médicaments irritants, du tabac, par le traitement général, que l’on parvient à la combattre, quand il n’existe pas de lésions organiques profondes (gastrite dégénérative, cancer) ou bien une dilatation avec stase. Nous reviendrons ultérieurement sur l’anorexie hystérique.

6° Complications des dyspepsies; symptômes à distance. —

La dvspcpsie retentit sur lous les segments du tube digestif, mais surtout sur l’intestin. Du coté de la bouche on observe chez les dyspeptiques des infections buccales fréquentes (stomatite aphteuse, angines à répétitions), des glossites, etc., qui guérissent aisément sous l’influence d'un traitement approprié, mais qui récidivent facilement, tant que l’on ne prête pas une attention suffisante aux troubles digestifs.

La sialorrhée n’est pas très rare chez les dyspeptiques névropathes et notamment chez les hvperpeptiques. Tout en instituant le traitement de la gastropathie, on pourra donner de très petites doses d 'atropine aux malades qui seront particulièrement incommodés par l’hypersécrétion de salive: dans certains cas, la quantité de salive sécrétée peut en effet être considérable.

La plupart des gastropathies retentissent sur l’intestin; le fait n’est ni contestable, ni contesté. Mais il est des malades fort nombreux chez qui la constipation paraît être le symptôme dominant et primitif, les troubles gastriques ne se manifestant que quelques années après le début de la constipation. Aussi s’est-on demandé si, de même que l’estomac retentit sur l’intestin, celui-ci à son tour ne pouvait entraîner des affections gastriques, quand il était troublé dans son fonctionnement. G. Sée admettait les dyspepsies intestinales primitives ; un certain nombre de médecins les admettent encore.

La question est difficile à résoudre; il semble bien que dans certains cas l’atonie de l'intestin soit primitive et attribuable à des malformations de l’intestin; ne voit-on pas chez beaucoup de nourrissons la constipation se produire dès les premiers jours

DYSPEPSIES CIIIMIQI K S.

de la naissance, sans qu'on puisse incriminer les conditions de l’allaitement ! Mais, d’autre part, on a généralement tendance aujourd’hui à considérer les troubles intestinaux en apparence primitifs comme étant sous la dépendance d'une gastropathie latente, *ainsi que le démontrent les examens de suc gastrique.

La difficulté de résoudre la question de savoir si les troubles intestinaux sont primitifs ou non, dans certains cas, provient de ce que la plupart des constipés ont fait abus des purgatifs et des laxatifs et ont créé de ce chef une gastropathie médicamenteuse; l'abus des eaux minérales salines conduit sûrement à l’hypopepsie.

Chez les malades constipés qui n'ont pas fait abus des médicaments, on constate, au contraire, que le type chimique habituel est l'hyperpepsie. La constipation est en effet la résultante habituelle de l’hyperpepsie; ce qui montre bien la subordination des troubles intestinaux aux troubles gastriques, c'est qu'il suffit le plus souvent de traiter l’état gastrique pour faire disparaître la constipation. Celle-ci ne persiste que chez les malades atteints de troubles statiques de l’intestin (entéroplose).

La constipation ne s'observe pas que chez les hyperpeptiques ; elle existe aus-i chez les hypopeptiques; elle est la règle chez tout malade dont I estomac est dilaté, (juel que soit le type chimique. La dilatation provoque la constipation en mettant obstacle au cours des matières; elle entraîne en effet le déplacement du côlon transverse qui s’abaisse avec la grande courbure et prend la forme d’un V à sinus supérieur.

En résumé, lorsque chez un dyspeptique existe une constipation habituelle, il faut avant tout s’attacher à modifier l’étal gastrique et se garder d’employer les purgatifs salins ou les laxatifs dont l'usage prolongé peut entretenir la dyspepsie, tels que la rhubarbe, l’aloès, le cascara sagrada, etc On com-

battra directement la constipation au moyen de graines inertes (graines de psyllium), au moyen des lavements (glycérinés ou huileux) et surtout du massage qui, pratiqué mélhodiquemcnt et pendant un temps suffisamment prolongé, peut vaincre la constipation, même lorsque celle-ci date de plusieurs années.

Si la constipation se complique d'entéro-colitc muco-membrancusc, le massage n’est pas moins indiqué, sauf au moment des crises douloureuses ou quand surviennent des poussées inflammatoires fébriles. Au massage on associe les grands lavages de l'intestin et l’emploi de 1 huile de ricin . à doses laxatives (une ou deux cuillerées à café) répétées à intervalles rapprochés.

La diarrhée est moins fréquente que la constipation chez les dyspeptiques; elle peut d’ailleurs être la conséquence de la constipation, ce dont il est facile de s’assurer, car elle survient alors sous forme de débâcles, et l’on trouve au milieu des matières liquides des scybalcs noirâtres. Celte diarrhée cède aux lavages intestinaux et aux moyens employés contre la constipation.

Quant à la diarrhée habituelle, elle s'observe surtout chez les hypopeptiques avec fermentations acides, tandis qu’elle est exceptionnelle chez les hyperpeptiques. D’ailleurs, nous l’avons dit, la constipation es! également fréquente chez les hypopeptiques, sans que l’on puisse expliquer pourquoi chez tels hypopeptiques la constipation prédomine et chez d’autres la diarrhée.

Le traitement de la diarrhée des dyspeptiques comporte les mêmes restrictions que celui de la constipation chez ces malades, c’est-à-dire qu’il faut être

MALADIES DE L’ESTOMAC.-

sobre de médicaments chez eux. Le régime lacté ou le régime képhirique suivant les cas, Y acide lactique, sont les moyens qu’il conviendra d’employer. On évitera l'emploi des antiseptiques intestinaux (naphtol, bétol, salicylate de bismuth), qui n’ayant aucune action sur la cause de la diarrhée ne peuvent parvenir à l’enrayer et qui ont d’ailleurs sur les fonctions gastriques une action que nous avons déjà eu l’occasion de signaler.

D’après Glénard, l'entéroptose serait une cause fréquente de dilatation. Il est certain que l'on observe fréquemment la coexistence de la dilatation et de l’entéroptose, mais les relations de cause à effet de ces troubles statiques ne sont pas aussi nettes que le pense Glénard. M. Hayem pense que dans bien des cas la dilatation ou plutôt la dislocation de l'estomac, avec ou sans dilatation (sous l'influence des déformations produites par le corset ou des grossesses répétées), est le phénomène primitif; l’entéroptose ne serait que secondaire. (Voir le chapitre des gastropathies d'origine statique.)

En tous cas, lorsque l’on constate l’entéroptose, on doit conseiller aux malades le port d’une ceinture, de la sangle de Glénard et la pratique du massage intestinal.

De même, il est difficile actuellement d’expliquer, d'une façon satisfaisante, l'influence dn rein mobile sur l’estomac ; on sait que les malades dont le rein est déplacé ont très souvent des crises gastriques.

Ici, l’emploi d’une ceinture abdominale avec pelote est également indiqué, mais il s’en faut que les crises gastriques disparaissent toujours après l’emploi des moyens de contention, ce qui prouve que la question est complexe et que le traitement des troubles gastriques ne doit pas être négligé.

On admet communément que les dyspepsies retentissent sur le foie, et l'on a décrit la congestion hépatique, la cirrhose d'origine gastrique (Hanot et Doix); les produits toxiques provenant de l'estomac et charriés par la veine porte viendraient léser le foie. Cette explication est plausible, mais l'on peut se demander également si les ipèmes causes qui agissent sur l'estomac, pour en altérer la structure et en troubler le fonctionnement, n’agissent pas simultanément et directement sur le foie.

Quoi qu’il en soif, lorsque l’on constate un gros foie, lorsque les urines contiennent de l’urobiline en abondance, il est indiqué de soumettre les malades au régime lacté. Ultérieurement un séjour à Carlsbad ou à Yichg complétera le traitement.

Les troubles respiratoires sont rares chez les dyspeptiques. La dyspnée, conséquence de la distension gazeuse de l’estomac, disparaît quand un traitement approprié est parvenu à triompher de cette distension. Quant à la toux gastrique, phénomène réflexe que l’on observe parfois chez les névropathes, on pourra la combattre par l’emploi du maillot humide et de la belladone.

Les troubles cardio-vasculaires sont au contraire fréquents et méritent quel-

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