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I. — Traitement de la constipation atonique

Le traitement comprend : 1° le régime; 2° l'hygiène générale; 5° les moyens physiques; 4° les agents médicamenteux; 5° les eaux minérales.

Si nous accordons la première place aux moyens hygiéniques et physiques, c’est qu’en effet ils tendent de plus en plus, et avec raison, à prendre une place prépondérante dans le traitement de la constipation. Cette tendance est justifiée par la fréquence de la constipation de cause nerveuse, qui relève uniquement de la médication hygiénique et physique; elle est justifiée surtout par les nombreux inconvénients que présente l’usage prolongé des purgatifs et laxatifs quels qu’ils soient, inconvénients qui commandent d’en restreindre l'emploi. Sans doute on ne pourra se passer complètement de laxatifs, mais ils ne devront être employés qu’avec la plus grande discrétion, à titre de moyens adjuvants, alors que trop souvent les malades et les médecins, à leur suite, s’ingénient à chercher le laxatif idéal qui les aidera à vaincre la constipation. Ne trouvant pas ce remède chimérique, ils passent d’un médicament à l’autre et ne font qu’aggraver la constipation, à laquelle ils superposent le plus souvent une gastrite médicamenteuse fort rebelle.

Quels sont donc les inconvénients des laxatifs? Ceux-ci procurent habituellement une selle, mais leur action cesse avec leur usage et de plus s’émousse avec le temps. Aussi les malades sont-ils fatalement conduits à augmenter les doses, d’où une irritation vive de l’estomac et de l’intestin, la gastrite et l’entérite médicamenteuse, et tout au moins la production de spasme (pii augmente encore la constipation. La même observation s’applique à l’emploi des eaux minérales, soit prises à la station, soit transportées.

M. Ha y em a eu le mérite d’appeler l’attention sur la fréquence et la gravité des gastrites médicamenteuses, il a précisé en particulier les méfaits imputables à l’usage des laxatifs. Ceux-ci ne se bornent pas à provoquer l’anorexie; ils déterminent une excitation stomacale qui se traduit par un des types de l’hyperpepsie ; mais la continuation de cet usage transforme celle-ci en hypopepsie d intensité variable. Le sulfate de soude, notamment, contenu dans la plupart des eaux minérales purgatives peut même provoquer l’apepsie. Il en résulte que l'hypopepsie avec ou sans fermentation est le type chimique gastrique de tous les grands constipés.

La conclusion est «pie l’on doit employer le moins possible de médicaments et que, parmi ceux-ci, il conviendra d’utiliser ceux qui déterminent le moins d’effets fâcheux secondaires, notamment ceux qui agissent mécaniquement, comme les graines. Le régime, qui modifie puissamment les gastropathies si souvent liées à la constipation, l’hygiène générale qui combat les effets de la sédentarité, supprime les causes d’auto-intoxication de 1 organisme et d’affaiblissement nerveux, les moyens physiques : hydrothérapie, massage, gymnastique suédoise et mécanothérapie, électricité, (pii rendent aux muscles lisses de l'intestin leur tonicité et font contracter les muscles

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abdominaux, qui ont d’autre part une influence générale sur la nutrition et le système nerveux, tels sont les moyens de choix, ceux qui s’imposent avant tout au médecin, soucieux d’être réellement utile à son client!

1° Régime. — Tout d’abord le nombre et les intervalles des repas doivent être réglés. Les repas trop abondants ou trop rapprochés amènent des digestions vicieuses qui ont une influence incontestable sur la genèse de la constipation. Les repasseront pris avec lenteur et la mastication devra être aussi complète que possible. Si la dentition est défectueuse, on y remédiera par le port d’un dentier ou l’usage d’un masticateur.

Plus grande est la pari des végétaux herbacés et des fruits dans l’alimentation, plus les selles sont abondantes. Il est fréquent d’observer la constipation chez les gros mangeurs de viande et d’aliments azotés en général. Il est donc indiqué de faire aux végétaux une large part dans l’alimentation des constipés, et notamment aux légumes verts, aux fruits qui laissent des résidus abondants de cellulose. En somme un régime végétarien prépondérant doit être la règle, bien que cette règle comporte des exceptions ou pour mieux dire des atténuations; il faut tenir compte en effet de l’état de l’estomac; les hyperchlorhydriques s’accommodent mal de l’alimentation végétale qui devra être restreinte chez eux dans une assez large mesure.

D’autre part, nombre de malades supportent mal les crudités et notamment les fruits qui déterminent de la pesanteur, du ballonnement. Chez eux on n’autorisera que les légumes cuits et passés au tamis, les marmelades, les fruits cuits, sauf le raisin. Les pruneaux ont des vertus laxatives bien connues; par contre on interdira les nèfles, les coings, riches en tanin. Une cure de raisin peut être fort utile chez les arthritiques obèses, à pléthore abdominale; elle servira de prétexte pour les plier à la vie au grand air, à la marche dans les stations où se fait de préférence cette cure. Les farineux sous forme de bouillies, de purées doivent entrer dans l’alimentation pour une part, modérée; les pâtes alimentaires sont particulièrement constipantes.

On a depuis longtemps conseillé soit le pain de seigle, soit le pain complet, c’est-à-dire le pain fait avec de la farine dont le son n’a pas été séparé au moment de la mouture. Ce pain complet paraît en effet favoriser les selles, mais il n’est pas toujours bien digéré par les malades dont les digestions sont ralenties, par les hyperchlorhydriques notamment. Le lait, lorsqu’il est bien digéré, constipe. On ne devra donc l'autoriser qu’en petite quantité, au petit déjeuner du matin par exemple, et le faire additionner d’une certaine quantité de café noir avec un peu de chicorée.

Il ne sera pas inutile de faire prendre un peu de beurre à ce premier déjeuner, sous forme de beurre cru étendu sur des tartines, ou bien du miel. Tous les poissons frais peuvent être autorisés, bouillis ou frils; mais il faut interdire les crustacés, le homard.

En ce qui concerne les viandes, on peut autoriser toutes les viandes de boucherie, les volailles, soit grillées ou rôties, soit accommodées, de temps à autre, en ragoûts (G. Sée). Les viandes grasses peu digestibles (viande de

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porc), certains poissons gras (thon, saumon, anguille, maquereau, etc.) seront prohibés. 11 convient également de proscrire les viandes fumées, salées, faisandées, riches en toxines. D'une façon générale, il importe surtout de restreindre l’usage de la viande et d’interdire celles qui sont particulièrement riches en toxines. Pour la même raison on interdira les fromages fermentés. On autorisera uniquement les fromages frais et particulièrement les fromages frais, dits de la pie, peu égouttés, riches par conséquent en petit-lait.

L'eau est la meilleure boisson pour les constipés, à la condition qu’elle soi! pauvre en sels calcaires. Il n'est d’ailleurs pas interdit de la couper d’un peu de vin, et notamment de vin blanc, pauvre en tanin. Par contre, on interdira le vin pur, les liqueurs, ainsi que le thé, le café noir, boissons riches eu tanin. La bière, le cidre, le képhir ont une influence indéniable sur le fonctionnement de l’intestin.

Le régime sec poussé à l’extrême détermine la déshydratation des selles: il faut donc laisser les constipés boire à leur soif. Souvent l’ingestion d’un verre d’eau froide, le soir, au moment du coucher, provoque une selle le matin au réveil. Par contre les boissons chaudes favorisent la constipation.

‘2° Hygiène générale. — Rappeler que les malades doivent se présenter régulièrement à heure fixe à la selle et persévérer dans leurs efforts un temps suffisamment long, c’est énoncer une vérité qui n’a pas besoin d’être démontrée. On sait que beaucoup de femmes deviennent constipées, parce que, esclaves d’une fausse bienséance, elles résistent, quand elles se trouvent dans le monde, aux sollicitations naturelles. Trousseau a écrit que « la volonté, et une volonté patiente et régulièrement appliquée, triomphe le plus souvent de la constipation ». 11 est certain, en tous cas, que, par des habitudes régulières, on vient plus facilement à bout de la paresse native de l’intestin.

La position assise que l’on prend habituellement dans les water-closets n'est pas celle qui favorise le mieux les efforts de défécation. 11 vaut mieux conseiller la position accroupie, notamment aux personnes dont la paroi abdominale présente une certaine laxité. Dans cette dernière position les contractions des muscles de la paroi sont plus efficaces. Les malades atteints de ptoses devront se présenter à la selle munis de leur ceinture.

Il n’est pas indifférent de veiller à ce que les vêtements, et surtout le corset, n’exercent pas de compression susceptible de modifier la statique des organes abdominaux.

L’usage modéré du tabac n’est pas à prohiber. Le tabac parait favoriser les contractions de l’intestin, et la première cigarette fumée au réveil suffit souvent à provoquer une selle.

Si 1 influence du régime sur les fonctions de l’intestin est considérable, celle de l’exercice n’est pas moindre. L’une des causes de la prédominance de la constipation chez les femmes est incontestablement la vie sédentaire que mènent un grand nombre d'entre elles. A l’influence de la sédentarité s’ajoute le plus souvent celle de la suralimentation, car, fait paradoxal, les sujets qui

G. -R. LYON

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sont les moins actifs sont précisément ceux dont l’alimentation est la plus substantielle. L’exercice est donc recommandable à la plupart des dyspeptiques; on voit habituellement la constipation disparaître rapidement chez les malades qui vont séjourner à la campagne et vivre au grand air.

La marche est de tous les exercices celui qui convient le mieux, parce qu’il esta la portée de tous. Il importe surtout que les malades en usent régulièrement et qu’ils fassent des promenades d’une seule tenue, d’une durée suffisamment longue.

On recommandera d’autre part, à tous ceux qui auront les loisirs d’en user, d’autres exercices qui ont également une influence incontestable sur le fonctionnement de l’intestin, soit qu’ils mettent en jeu les muscles abdominaux, soit qu’ils aient une influence générale sur la circulation, l’activité musculaire. On conseillera donc, suivant les convenances personnelles, la bicyclette , ! 'équitation, Y escrime, les jeux de plein air : tennis, foot-ball, etc. Le canotayc est particulièrement recommandable. Il va sans dire que tous ces exercices seront pris avec modération; la fatigue déprime le système nerveux et par suite favorise la constipation.

Il est des cas où la cure de repos est, au contraire, une indication capitale dans le traitement de la constipation; mais cette indication n’est justifiée que par la variété spasmodique de la constipation.

3° Moyens physiques. — Los lavements et les lavages de /’ intestin sont des moyens physiques au premier chef; ils agissent surlout mécaniquement ou par la température de l’eau, et les substances médicamenteuses dont on additionne cette eau n’ont vraisemblablement qu’une influence accessoire. D’ailleurs il faut éviter, autant que possible, l’emploi répété de lavements préparés avec des substances irritantes tels que le sel, la glycérine; ces lavements médicamenteux déterminent rapidement de la rectile qui se traduit par l’apparition de mucosités dans les selles.

Rappelons que l’on peut ajouter à l’eau du lavement soit du mellite de mercuriale (30 à 50 gr.), soit de l’huile d’olive (2 cuillerées à soupe) émulsionnée avec un jaune d’œuf, de la glycérine (I à 2 cuillerées à soupe), exceptionnellement de l’huile de ricin (50 gr.). En général, ainsi qu’il a été dit, on doit se borner aux lavements d’eau pure ou aux lavements préparés avec des décoctions émollientes : graine de lin, racine de guimauve.

La température de l’eau n’est pas indifférente. Tiède, le lavement agit passivement en entraînant les matières fécales adhérentes. Froid ou chaud (40° — 42°), il détermine des contractions intestinales; mais les lavements froids procurent des sensations pénibles, sont rendus de suite, aussi doit-on donner la préférence en général anx lavements chauds.

Les lavements se donnent avec l’irrigateur ordinaire, dont la capacité varie de 1 demi-litre à 1 litre, et se prennent dans la position accroupie; dans ces conditions ils ne vident guère que le rectum, aussi leur préfère-t-on aujourd’hui les lavages de l’intestin (entéroclyse), mis en honneur par Cantani et administrés, dans la position horizontale, à l’aide d’un récipient où l’eau est à

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une pression mesurée par la hauteur à laquelle le récipient est élevé et qui peut être par suite graduée à volonté. Ces lavages ont l’avantage d’agir sur tout le gros intestin et présentent des indications spéciales qui seront signalées plus loin.

Auparavant mentionnons les injections rectales de glycérine pure, à la dose de 2 à 5 grammes, administrées à l’aide d’un seringue. Ces injections produisent souvent un effet favorable, surtout si on les fait suivre au bout de quelque temps d’un lavement évacuateur. Toutefois l'usage répété de la glycérine irrite l’intestin, ainsi qu’il a été dit.

De petits lavements d'huile (100 gr. d’huile d’olive ou d’amandes douces), administrés à l’aide d’une poire et d’une canule en caoutchouc rouge et donnés le soir, facilitent l’action du lavement ordinaire pris le lendemain au réveil. Les lavages de l’intestin réclament un dispositif spécial. Le récipient habituellement employé est le « bock » à injection ou douche d’Esmarch, d’une capacité de deux litres, muni à son extrémité inférieure d’un tube en caoutchouc de 1 m. 50 à 2 mètres. La hauteur à laquelle on élève le bock au-dessus du niveau du malade mesure la pression du liquide; l’écoulement de celui-ci peut être arrêté à volonté soit par le pincement au moyen du doigt, soit par une pince ou un robinet d’ajutage intercalé sur le trajet du tube. Un simple entonnoir en verre peut remplacer le bock, surtout chez les enfants; mais le bock, étant devenu d’un usage universel, est l’instrument de choix. Certains, construits spécialement pour cet usage, présentent extérieurement un niveau d’eau avec flotteur et un thermomètre, de sorte que l’on peut se rendre compte à tout instant de la quantité de liquide qui s’est écoulée et de sa température.

Comme canule, on doit employer la longue canule rectale en caoutchouc rouge, longue de 25 à 55 centimètres, dite canule à entéroclyse. Cette canule a l’avantage d’être souple et par conséquent de se modeler sur le contour de l’intestin, d’être assez rigide pour ne pas se courber, tout en évitant tout froissement de l’organe, enfin de pouvoir être introduite profondément.

La pression à donner au liquide doit être modérée. On doit se garder de la tendance qu’ont encore certains médecins à employer de fortes pressions, comme celles d’un mètre ou plus. Les fortes pressions déterminent des douleurs, du spasme de l’intestin, parfois des accidents plus sérieux, dans les cas où l’intestin présente des altérations notables. Une pression de 50 centimètres (qui correspond à une pression d’environ 50 gr. par centimètre carré d’intestin) suffit le plus souvent; nous ne conseillons pas, en tous cas, d’employer une pression supérieure à 50 centimètres. Quant à la température de l’eau, nous avons indiqué qu’une température de 40° ou légèrement supérieure était la plus favorable pour combattre l’atonie intestinale.

La quantité d’eau à employer varie chez l’adulte entre un à deux litres. En général, dans le cas de constipation simple, on n’additionnera l'eau d’aucune substance médicamenteuse.

Le malade doit être couché dans le décubitus dorsal et légèrement incliné à droite, le tronc étant soulevé par un coussin placé sous les épaules. Cette

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position met le cæcum en position déclive. Il convient d’avertir les malades de prendre la précaution de protéger la literie par une toile cirée.

La canule, enduite de vaseline, doit être dirigée de bas en haut et d’arrière en avant suivant une ligne droite allant de l’anus à l’ombilic. Lorsqu’on l’a fait pénétrer de 4 à 5 centimètres, on redresse l’instrument et l’on continue à le pousser suivant une ligne droite parallèle à l’axe du corps; il est utile d’imprimer eu même temps un mouvement de rotation à la canule pour favoriser son cheminement.

La canule introduite, on ne doit ouvrir que lentement et progressivement le robinet de l’ajutage.

L’accumulation des matières fécales dans le rectum peut être telle que la canule ne puisse être introduite. Dans ces cas il est nécessaire de vider le rectum au préalable par un lavement ordinaire.

Si l’écoulement se fait mal, on déplacera la canule, qui peut être bouchée par un repli de muqueuse ou par des matières fécales: on élèvera également le bock. L’arrêt dans l’écoulement peut être dû à un spasme qui disparaît naturellement si l’on interrompt l’arrivée du liquide.

Fait avec une pression modérée, le lavage ne détermine aucune douleur, aucun malaise. Ce n’est que dans des cas exceptionnels qu’il occasionne de véritables crises d’entéralgie, avec sueurs froides, pâleur du visage, syncope. La répétition de ces accidents oblige à cesser l’emploi du lavage.

L’abus des lavages, surtout sous une pression exagérée, produit un effet inverse de celui que l’on cherche à obtenir par leur entremise. Aussi faut-il mettre les malades en garde contre leur emploi journalier.

Dans le cas de constipation habituelle alonique, deux lavages par semaine constituent une moyenne que l’on ne devra pas dépasser. Dans l’intervalle on usera de l’huile de ricin à petites doses et des autres moyens qui seront indiqués plus loin.

Les douches ascendantes que l’on administre surtout dans certaines stations thermales, telles que Plombières, Chàtel-Guyon, etc., ne sont guère recommandables, car la pression nécessaire et suffisante est souvent dépassée, peut entraîner du spasme secondaire. On ne doit les autoriser qu’après s’être assuré au préalable de l’état de l’intestin. Si le malade a eu des poussées de colite aiguë, les douches ascendantes peuvent réveiller les accidents inflammatoires.

Les conséquences de l’abus des lavements sont presque aussi fâcheuses que celles de l’abus des laxatifs; l’usage immodéré des lavements émousse à la longue la sensibilité de l’intestin, provoque et augmente la dilatation, l’atonie de l’intestin. Il faut donc en restreindre l’emploi dans la plus grande mesure possible.

Les suppositoires à la glycérine sont fréquemment employés et donnent d’assez bons résultats dans les formes légères de la constipation habituelle; ils sont insuffisants dans les cas d’atonie invétérée. On emploie soit les suppositoires à la glycérine solidifiée, soit les suppositoires creux, contenant la glycérine à l'intérieur (1 gr. en moyenne).

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L’hydrothérapie est souvent employée avec fruit contre la constipation habituelle, soit sous forme d’hydrothérapie locale, soit sous forme d’hydrothérapie générale.

On a conseillé les applications froides sur l’abdomen. Priessnitz lit plusieurs cures à l’aide de ce seul moyen. Trousseau recommandait également à ses malades d’appliquer sur le ventre, le matin au réveil, et de maintenir pendant deux ou trois heures, des compresses imbibées d’eau froide.

On a prescrit les bains de pieds froids, qui agissent vraisemblablement en déterminant une congestion réflexe de l’intestin et sa contraction. Rappelons qu’un duc de Ferrare ne pouvait aller à la garde-robe qu’en marchant pieds nus sur les dalles froides de son palais.

On a encore recommandé les douches périnéales, qui actionnent une partie des muscles qui prennent part à Pacte de la défécation.

Dans les stations thermales, à Plombières notamment, on administre les douches dites « sous-marines », qui consistent en un jet d’eau courante dirigé sur l’abdomen et dont la force est tempérée par son passage à travers l’eau du bain.

L’hydrothérapie générale froide, avec jet dirigé sur la région lombaire, exerce une influence générale sur le système nerveux et en même temps sur le centre spinal qui préside aux mouvements de la défécation. Chez les arthritiques qui supportent mal l’eau froide, on conseillera les douches écossaises ou les douches chaudes.

Le massage, que Récamier avait préconisé, rend de grands services dans les constipations atoniques, même anciennes, à la condition d’être pratiqué méthodiquement par des mains exercées. Le manuel opératoire, qui ne peut être décrit ici, consiste dans l’emploi des foulements ou pressions, du pétrissage, des vibrations effectuées avec les mains.

On commence par exercer des pressions, des foulements depuis le coude gauche du colon jusqu’à PS iliaque, dans le but de déplacer les gaz et les matières contenues dans cette partie de l’intestin et de les diriger vers le rectum.

Le massage du cæcum doit être primitivement léger et pratiqué avec l'extrémité des doigts; on y joint quelques vibrations dans le but d’émousser sa sensibilité. Puis on passe à des manœuvres plus profondes, plus énergiques, soit avec les doigts réunis en cône et animés d’un double mouvement de foulement et de rotation, soit avec les poings fermés que l’on enfonce l’un après I autre, en suivant méthodiquement tout le trajet du gros intestin, du cul-desac cæcal à PS iliaque.

On peut aussi faire des hachures, des tapotages, qui ont spécialement pour but d’exciter la contractilité musculaire de la paroi de l’intestin.

On a conseillé d’autre part le massage de la vésicule biliaire (Berne), surtout dans les cas de constipation qui paraissent entretenus par un fonctionnement défectueux du foie. 11 va sans dire que ce dernier massage devra être fait avec prudence et que l’on devra s’en abstenir rigoureusement chez les malades ayant présenté des accidents de lithiase.

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Le massage intestinal a pour but non seulement de faire cheminer mécaniquement les matières, mais encore d’augmenter les sécrétions biliaire et intestinale; il exerce une influence sur les nerfs trophiques. 11 est contre-indiqué dans le cas de spasme ou quand il existe des douleurs sourdes localisées dans la région appendiculaire.

Chaque séance de massage doit avoir une durée moyenne de 15 à 20 minutes; on fera une séance tous les jours ou tous les deux jours. L’amélioration est parfois rapide, mais le plus souvent la mise en train de l’intestin exige trois semaines ou plus de massage.

La gymnastique suédoise est utile en tant qu’exercice général et surtout comme moyen d’exercer les muscles de l’abdomen.

Elle comprendra des mouvements passifs et surtout des mouvements actifs. Ceux-ci seront exécutés de préférence à la fin d’une séance de massage. On fera faire des mouvements de flexion du tronc sur les cuisses, le malade étant dans le décubitus dorsal et se relevant sans s'aider de ses mains, des mouvements de flexion des cuisses sur le corps, des mouvements d’extension et de flexion du corps sur les cuisses, le malade étant debout, enfin des mouvements de flexion latéraux du corps sur les cuisses.

La mécano thérapie prête également ses ressources au traitement de la constipation : le massage vibratoire mécanique ou électrique remplace avantageusement le massage manuel. Les appareils de la série C de Zandcr font fonctionner les muscles du tronc.

La constipation habituelle peut bénéficier dans une large mesure des trois modes d 'électrothérapie.

En ce qui concerne l’électricité statique, le malade, debout sur un tabouret isolant, est relié à une machine d’où l'on tire des étincelles, au moyen d’une boule métallique non isolée, sur toute la surface abdominale.

L’électricité faradique est surtout employée à l’extérieur. Un tampon est placé à demeure sur la région iliaque droite ou un autre point du corps, et l’autre tampon est promené lentement sur le ventre, notamment sur la région iliaque gauche.

C’est l’électricité galvanique qui donne les meilleurs résultats. Le lavement électrique est réservé pour le traitement du pseudo-étranglement par stase stercorale. Contre la constipation simple on utilise le courant galvanique à l’extérieur par simple application de deux pôles sur le ventre, dans les fosses iliaques. On peut encore maintenir l’un des pôles seulement, le positif, en un point, tandis que l’autre, le négatif, est promené sur toute la paroi abdominale avec lenteur. L’intensité «du courant ne doit pas dépasser 12 à 15 milliampères; au cours de la séance, qui durera dix minutes environ, on pratiquera de fréquentes interversions de courant.

4° Agents médicamenteux. — La plupart irritent les voies digestives par leur usage prolongé : il faut donc les employer avec discrétion, nous avons suffisamment insisté sur ce point; tous épuisent leur action-, quand l’intestin s'y est accoutumé.

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Nous énumérerons les principaux d’entre eux, en indiquant, chemin faisant, leurs avantages et inconvénients respectifs.

Les purgatifs salins ne conviennent pas comme médicaments habituels de la constipation, car ils l’augmentent le plus souvent. Ils sont indiqués passagèrement lorsqu’on veut obtenir une débâcle intestinale ou lorsqu’il existe de la diarrhée par irritation secondaire de l’intestin. Ces purgatifs, n’ayarit aucune action sur les mouvements péristaltiques et déterminant uniquement une augmentation des sécrétions intestinales, sont contre-indiqués dans la constipation habituelle.

Dans les conditions déterminées plus haut, on emploiera les purgatifs salins à petites doses, répétées pendant plusieurs jours de suite. Voici quelques indications relatives à leur emploi :

On peut prescrire 1 e sulfate de soude, soit seul, soit associé à d’autres sels :

Sulfate de soude ;

— de magnésie ' âïi P. E.

Sel de Seignelte ^

Une cuillerée à café ou à dessert le matin, dans un verre d’eau, ou :

Sulfate de soude. .

— de magnésie Crème de tartre . .

Magnésie calcinée. . Borate de soude . .

20 grammes.

âa 5 grammes.

Une cuillerée à café le matin, à jeun, dans un demi-verre d’eau gazeuse.

Dujardin-Beaumetz recommandait l’addition, à 1 litre d’eau, du mélange suivant :

Sulfate de soude \

Sel de Seignelte > ââ 20 grammes.

Crème de tartre )

Il faisait prendre tous les matins un verre de cette solution.

La magnésie et ses sels sont plus fréquemment employés que les sels de soude, dans le traitement de la constipation habituelle.

La magnésie se prescrit à la dose d’une à deux cuillerées à café, le plus souvent sous forme granulée; elle est surtout utile chez les enfants. Chez l’adulte, on ne doit l’utiliser qu’avec discrétion, car à l’effet purgatif succède parfois une constipation plus ou moins opiniâtre; on l’a de plus accusée de donner lieu à la formation de calculs intestinaux.

Le sulfate de magnésie s’emploie sous forme d’eau de Sedlilz (un verre) ou à la dose de 15 à *20 grammes, mélangé à du café noir.

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Parmi les sels de polasse, le sel de Seignette (tartrate double de soude et de potasse) est celui dont l’usage est !e plus répandu. 11 se donne à la dose de 10 à 20 grammes comme laxatif. Il entre dans la composition des poudres effervescentes (Sedlitz-powders) surtout usitées en Angleterre. Voici la composition d’une de ces poudres effervescentes, que l’on pourra prescr ire aux malades les plus difficiles, en raison de sa saveur agréable :

Tartrate de soude et de potasse 50 grammes.

Sucre blanc pulvérisé 100

Bicarbonate de soude 22

Acide tartrique *. 20 —

Essence de citron q. s.

Une cuillerée à café dans un demi-verre d’eau.

La crème de tartre (tartrate acide de potasse) entre dans la composition de certains mélanges laxatifs :

Soufre sublimé et lavé ."O grammes.

Crème de tartre pulvérisée 00 —

Essence de citron 2

Miel q. s.

2 à 5 cuillerées à café.

On peut également utiliser la crème de tartre soluble (tartrate boricopotassique).

Séné . .

Rhubarbe

Faire infuser dans un litre d'eau et ajouter :

Tartrate borico-potassiquc 10 grammes.

Un verre le matin, à jeun.

Les eaux minérales que nous avons précédemment énumérées sont employées à combattre la constipation habituelle, à doses moindres que lorsqu’on recherche l’effet purgatif; il convient de ne pas en continuer l’usage pendant plusieurs jours de suite. Quant à la dose à prescrire, elle varie suivant la résistance plus ou moins grande des malades à l’action des eaux. I/eau de Châtel-Guyon se donne à la dose de trois ou quatre verres, celle de Montmirail à la dose d’un à deux verres, l’eau de Pullna à la dose d’un verre; on n’emploie qu’un demi-verre d’eau de Birmenslor/I' e t un verre à liqueur d’eau de Rubinat ou de Carabana :

Les purgatifs sucrés sont des purgatifs doux que l’on utilise surtout dans la médecine infantile, parce qu’ils sont volontiers acceptés par les enfants. Le principal d’entre eux, la manne, n’est que rarement employé chez l’adulte;

aa 5 grammes.

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il en est de même du miel. On peut les associer au soufre et à la magnésie dans la formule suivante :

25 grammes.

| aïi 50 grammes.

Manne

Magnésie calcinée

Soufre

Miel blanc . . .

Une ou deux cuillerées à bouche dans du lait chaud ou du thé léger.

La casse et le tamarin ne sont plus guère employés; on utilise cependant encore la préparation de tamarin connue sous le nom de bonbon de tamar indien.

Les /leurs de pêcher, en infusion ou en sirop, constituent un laxatif agréable, mais des plus anodins, pue l’on emploie exclusivement chez les enfants. Dose : une cuillerée, à dessert ou à soupe, de sirop.

La rhubarbe est l’un des laxatifs les plus répandus : elle purge en général doucement et sans coliques, mais l’effet purgatif est souvent suivi d’un redoublement de la constipation. On utilise, chez l’adulte, la poudre à la dose de 40 à 50 centigrammes dans du pain azyme (une ou deux fois par jour).

On peut encore prendre de la tisane de rhubarbe, considérée à la fois comme stomachique et comme laxative. On suspend dans une carafe d’eau un nouet contenant 4 à 5 grammes de rhubarbe concassée; on laisse macérer pendant douze heures, puis on prend deux à trois cuillerées à bouche de cette macération avant chaque repas; on peut y ajouter quelques gouttes de teinture de Baumé (Ferrand). Chez l’enfant, on se sert du sirop de rhubarbe composé ou sirop de chicorée, dont on fait parfois abus.

Lt! podophyllin est très employé depuis quelques années; il agit à doses faibles (2 à 5 centigrammes) et ne détermine pas l’accoutumance; néanmoins il provoque très fréquemment des coliques, malgré les correctifs, jusquiame et belladone, qu’on lui associe habituellement :

Podophyllin 0 gr. 03

Extrait de jusquiame 0 gr. 02

ou de belladone 0 gr. 01

Savon médicinal q. s.

Pour 1 pilule à prendre le soir, au diner. On administre le podophyllin le soir, l’effet laxatif ne se manifeste que le lendemain matin.

Le cascara sagrada est passible du môme reproche, c’est-à-dire qu’il donne lieu fréquemment à des coliques, mais il est très efficace. On donne la poudre à la dose de 25 centigrammes, en un cachet, au repas du soir, ou bien l’extrait sec (0 gr. 02 à 0 gr. 05) en pilules :

MALADIES DE L’INTESTIN

0 gr. 10 0 gr. 015 q- s.

Extrait de cascara

— de jusquiame

Poudre de réglisse

Pour I pilule. Une ou deux au repas du soir.

On peut encore utiliser l’extrait hydro-alcoolique de cascara ou l’extrait fluide :

Extrait hydro-alcoolique de cascara

Glycérine neutre

Alcoolature d’orange

Sirop simple

Eau . . . ■

Un verre à liqueur à chaque repas

Teinture de noix vomique ....

— de gentiane

— d'écorces d’oranges . . .

Extrait fluide de cascara

Sirop d’écorces d’oranges

Une cuillerée à café avant chaque repas (Barié).

Le rhamnus frangula (bourdaine), qui doit son action à la rhamnégine et à la franguline, est un excellent laxatif, d’action sûre, dont nous obtenons les meilleurs résultats et que l’on peut employer longtemps sans avoir à craindre d’effets secondaires fâcheux.

On emploie soit l’extrait fluide (4 à 5 gr.), soit l’écorce concassée en infusion (5 à 5 gr. pour 150 gr. d’eau bouillante). Encore peu connu, ce laxatif nous paraît appelé à devenir le laxatif de choix dans la constipation habituelle d’origine nerveuse.

Vevonymine, recommandée par Rutherford, puis par Vignal et Doods, serait spécialement indiquée chez les hémorroïdaircs : on la prescrit à la dose moyenne de 5 centigrammes.

Podophyllin )

Evonyminc )

Extrait de belladone

— d’hydrastis canndcnsis

Savon médicinal

Pour 1 pilule. Une pilule au repas du soir.

Valoès a la propriété de congestionner les parties inférieures de l’intestin; aussi offre-t-il des inconvénients chez les hémorroïdaires, puisqu’il augmente la réplétion des varices rectales. Il est contre-indiqué également chez les

ü gr. 0-2

0 gr. 01 0 gr. 05 0 gr. 10

20 grammes.

q. s. pour faire un litre d'élixir.

Sa 2 grammes.

CONSTIPATION

femmes enceintes ou atteintes d’affections utérines. Par contre, il est utile chez les constipés prédisposés à la congestion cérébrale.

En le donnant au repas du soir, on obtient une garde-robe le lendemain matin. 11 se prescrit à la dose de 5 à 10 centigrammes en pilules.

Voici la formule des pilules du Codex :

Aloès du Cap . .

Conserve de roses

10 centigrammes.

1 centigramme.

Pour 1 pilule.

Celle des grains de santé du docteur Franck :

Aloès socotrin

Jalap pulvérisé

Rhubarbe pulvérisée

Sirop d’absinthe

4 centigrammes.

1 centigramme.

Celle des pilules écossaises d’Anderson :

Aloès

Gomme-gutte

Essence d’anis

Miel blanc

10 centigrammes.

1 centigramme.

On peut associer l’aloès à la rhubarbe, à la scammonée, au jalap, etc.

Alocs 0 gr. 05

Extrait de rhubarbe 0 gr. 05

— de noix vomique 0 gr. 0‘2

— de belladone 0 gr. 015

Pour 1 pilule.

Aloès

Résine de jalap

— de scammonée . . .

Turbith végétal

Extrait de belladone. . . .

— de jusquiame . . .

Pour 1 pilule. 2 ou 5 le soir.

L’aloès entre encore dans la composition des pilules ante ciburn, qui sont à la fois stomachiques et purgatives :

Poudre d’aloès 0 grammes.

Extrait de quinquina 5 —

Poudre de cannelle . 4

Sirop d’absinthe q. s.

Faire des pilules de ‘20 centigrammes. Une à trois avant le repas.

0 gr. 04 | :ïïi 0 gr. 02

| àâ 0 gr. 005

MALADIES DE L’INTESTIN

Le séné est, à doses faibles, un excellent laxatif qui ne donne lieu à aucune colique, si l'on a soin de le traiter par l’alcool, ce qui permet de le débarrasser de la substance résineuse à laquelle on attribue les douleurs que provoque parfois son emploi. 11 entre dans la composition d’un grand nombre de tisanes purgatives, de formules plus ou moins complexes, dont il nous suffira de rappeler les noms : médecine noire, thé purgatif de Saint-Germain, tisane royale, etc.

On peut prescrire la tisane suivante :

Séné

Pensées sauvages

nâ 8 grammes.

Faire infuser pendant une heure dans un litre d’eau bouillante et édulcorer avec du miel. Un grand verre le matin (Hardy).

Le séné fait partie d'une poudre très employée, ajuste titre, car ses effets sont sûrs et elle se prend facilement; c’est la poudre de réglisse composée, dont on a donné plusieurs formules. Voici celle qu’employait Dujardin-Beaumetz :

Follicules de séné en poudre, passés à l’alcool

Soufre sublimé

Anis étoilé en poudre

Fenouil en poudre

Crème de tartre pulvérisée

Réglisse en poudre

Sucre en poudre

On prend une dose variant d’une cuillerée à café à une cuillerée à bouche et même davantage dans un peu d’eau, le soir en se couchant.

aa 6 grammes.

^ ââ 5 —

Voici d’autres formules qui ne diffèrent pas sensiblement de celle-ci :

Réglisse en poudre

Follicules de séné pulvérisés et traités par l’alfool. .

Soufre lavé

Poudre de fenouil

Sucre en poudre

^ ;ïïi 12 grammes.

Mêmes doses.

Poudre de séné

— de réglisse

Soufre précipité

Feuilles de jusquiaine

Poudre de vanille

Sucre

ââ 20 grammes.

I gramme.

70 grammes.

Mêlez, porphyrisez et passez au tamis. Une cuillerée à café au milieu du repas.

CONSTIPATION

G. Sée employait habituellement la formule suivante :

Extrait hydralcoolique d’hydrastis canadensis 0 gr. 05

Follicules de séné pulvérisés 0 gr. 21)

Pour 1 pilule. Une à chaque repas.

Les purgatifs drastiques, autres que le séné, sont Lien rarement employés dans le traitement de la constipation habituelle; cependant la scammonée et le jalap entrent dans la composition d’un certain nombre de pilules laxatives :

Scammonée . .

Aloès

Résine de jalap.

Savon médicinal

Pour I pilule. Deux le matin tous les quatre ou cinq jours.

La noix vomique , la fève (le Saint- Ignace sont utiles à petites doses dans la constipation atonique, comme excitants de la fibre musculaire: toutefois leur usage entraîne souvent des coliques. On corrige leur action irritante par l’association avec la belladone, la jusquiame, etc

Salicylate de magnésie

Benzoate de soude

Poudre de rhubarbe

Poudre de noix vomique

Pour 1 cachet. Un, deux ou trois fois par semaine.

L 'huile de ricin s’emploie à doses laxatives, par cuillerées à café ou bien en capsules contenant 1 ou 2 grammes d’huile. Nous considérons l’huile de ricin à petites doses comme l’un des laxatifs les plus surs; elle produit des effets bien supérieurs à ceux que l'on obtient de la plupart des médicaments que nous venons d’énumérer. Une cuillerée à café suffit à provoquer une garderobe copieuse sans coliques. L’usage de l’huile de ricin, à doses laxatives, peut être continué pendant des mois sans inconvénients. On fait prendre tous les jours d’abord, puis tous les deux ou trois jours ensuite, deux capsules ou bien, ce qui vaut mieux, une cuillerée à café d’huile dans un peu de café noir ou de cassis, de bière, de sirop de menthe, etc.

Les graines de moutarde blanche , de lin, de plantago psyllium sont très recommandées dans les cas de constipation habituelle, notamment quand il existe de la colite avec rejet de mueo-membranes et que le moindre purgatif peut déterminer des phénomènes inflammatoires. Une ou deux cuillerées à bouche de ces graines, prises au moment du repas, produisent l’effet désiré; 1 ingestion de quelques gorgées d’eau en facilite la déglutition. Aux graines de

0 gr. 25

0 gr. 50 0 gr. 05 (Ucciiard.)

, ;ïïi 0 gr. 05 )

MALADIES DE L’INTESTIN

moutarde blanche il faut préférer celles de lin ou, mieux encore, celles de psyllium. Ces graines ne sont pas des graines inertes, car elles laissent transsuder un principe âcre qui irrite la muqueuse et détermine l’hypersécrétion intestinale : c’est ainsi qu’après l’usage de la moutarde blanche une petite quantité de sinapisme (sulfocyanure d’allyle) se dégage dans l’intestin et donne à l’haleine une odeur alliacée.

D’après Guider, on favoriserait la formation de ces principes âcres en concassant légèrement les graines dont l’activité serait ainsi augmentée. Les graines de lin contiennent 20 pour 100 de mucilage et 52 à 38 pour 100 d’huile laxative. On a prétendu que les graines pouvaient être retenues dans l’intestin et donner lieu à des phénomènes d’obstruction. G. Sée, qui les a employées dans plusieurs milliers de cas, n’a jamais observé d’accident de ce genre.

Les huiles végétales simples (d’olive, de lin, d’œillette) ne n’emploient guère qu’en lavement; cependant quelques médecins prescrivent l’huile d’olive à la dose d’une cuillerée à soupe à un demi-verre, à prendre chaque

Les graines et les huiles sont surtout utiles dans la constipation spasmo-

Le savon médicinal ou amygdalin a des propriétés laxatives, mais on ne l’utilise qu’associé à d’autres substances.

La glycérine est aujourd’hui fréquemment employée; malheureusement ses effets sont non pas inconstants, mais des plus variables dans leur intensité; tantôt elle agita la façon d’un purgatif doux; tantôt elle purge énergiquement. « J’ai observé, dit M. Malibran, des atoniques chez lesquels il était impossible d’en régler la dose, comme c’est le cas pour beaucoup de laxatifs dans la colite chronique. Une dose faible ou modérée ne produisait rien. Venait-on à augmenter légèrement la quantité habituelle, on obtenait une débâcle abondante avec coliques atroces et malaise général. L’action topique de la glycérine, la déshydratation intense qu’elle opère au niveau des muqueuses inégalement saines avec lesquelles elle se trouve en contact, montre bien pourquoi cette substance produit des effets quelquefois immodérés, et impose à son égard une prudente réserve. »

La glycérine se donne à la dose laxative d’une à deux cuillerées à café dans un peu d’eau froide. Depuis quelque temps on la prescrit en suppositoires (contenant 1 gramme). On obtient une selle au bout de 15 à 20 minutes.

Le soufre s’emploie souvent, associé à la magnésie, à la crème de tartre, chez les hémorroïdaires, ou bien chez les saturnins :

matin.

dique.

Miel

Fleur de soufre .

aa

parties égales.

Une à quatre cuillerées à bouche.

Magnésie

Fleur de soufre

Pour 1 cachet. Un tous les jours.

Magnésie. . . .

Crème de tartre Fleur de soufre

CONSTIPATION

Magnésie calcinée .

Crème de tartre . .

Fleur de soufre . .

Bicarbonate de soude Sucre de vanille . .

Une cuillerée à café à chaque repas.

Soufre sublimé cl lavé

Poudre de séné

Essence de citron

Sirop de sucre

1 iîâ 20 grammes.

(G. Sée.)

. . 25 grammes.

(Huchard.)

50 grammes.

50 centigrammes.

Pour faire un électuaire solide, dont on prendra une cuillerée à café en se couchant (A. Robin).

C’est aux sulfures alcalins formés dans l’intestin que serait due l'action purgative.

Blondel a recommandé Y extrait d’ipéca en lavement: dans 150 grammes d’eau on mélange une demi-cuillerée ou une cuillerée à café entière de :

Extrait d’ipéca 10 grammes.

Eau distillée 50

Le lavement contient donc 0 gr. 40 à 0 gr. 80 d’extrait, ce qui correspond à O ou 4 grammes de poudre. 11 est gardé jusqu’à absorption, ce qui demande une demi-heure en moyenne. On doit le prendre le matin au lit et ne se lever qu’une demi-heure plus tard.

Le calomel est utilisé non seulement dans la constipation accidentelle, mais encore dans la constipation habituelle à la dose de 1 à 2 centigrammes par jour ou de 5 à 10 centigrammes, une ou deux fois par semaine: il est particulièrement indiqué dans les affections hépatiques. On I associe habituellement à la belladone, la jusquiame; nous avons déjà cité quelques formules dans la composition desquelles il entre. Il est bon de se rappeler que, pour éviter sa transformation en sublimé, on doit repousser son union avec les alcalis, les sels, les chlorures, bromures et iodures solubles, et ne pas le mettre en contact avec les substances qui ont la propriété de le décomposer et de le transformer en bichlorure. On ne doit pas non plus le mettre en contact avec les substances contenant de l’acide cyanhydrique; on ne l’administrera donc pas dans un looch ou de l’eau de laurier-cerise.

MALADIES DE L’INTESTLY

5° Cures thermales. — En thèse générale, on ne peut demander aux eaux thermales la guérison de la constipation habituelle. Sans doute, certaines d’entre elles ont une efficacité incontestable, mais elles n’agissent qu’indirectement sur certaines causes de la constipation. C’est ainsi que les eaux chlorurées, telles que Châtel-Guyon, Brides, etc., paraissent agir surtout en modifiant le chimisme gastrique des constipés; elles sont utiles uniquement dans la constipation de certains dyspeptiques.

Les eaux thermales où le traitement est purement externe, telles que Plombières, n’ont aucune efficacité dans la constipation atonique; par contre, elles ont souvent d’heureux résultats, dans la constipation spasmodique des névropathes, en atténuant l’hvperexcitabilité nerveuse. 11 va sans dire qu’à l’effet des eaux s’ajoutent ceux du repos de l’esprit, des distractions, de la vie au grand air, etc.

D’autre part, ces eaux, employées en lavages, sont utiles pour combattre l’entérite secondaire des constipés, chez qui la diarrhée alterne avec la constipation, qui sont fréquemment exposés aux accidents toxi-infectieux d'origine intestinale.

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