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II. — Traitement de la constipation spasmodique

Le traitement de la constipation spasmodique comporte quelques indications spéciales.

11 importe surtout, chez les malades qui en sont atteints et qui sont tous des névropathes, des neurasthéniques confirmés, d’éviter l’emploi des moyens qui pourraient entretenir le spasme ou le provoquer, de supprimer les causes provocatrices.

En ce qui concerne le régime, celni-ci ne différera pas sensiblement de celui quia été indiqué précédemment; mentionnons cependant l’utilité des boissons chaudes, la nécessité de restreindre l’usage des graisses, celui du pain, et d’une façon générale d’éviter les aliments laissant trop de résidus, alors que ceux-ci sont utiles dans la constipation atonique.

Si l’exercice est recommandable dans la constipation atonique, le repos au contraire est particulièrement utile dans la forme spasmodique, et il n'est pas rare de voir la constipation céder sous son influence à peu près exclusive. On conçoit donc l’utilité de faire un diagnostic exact de la variété de constipation que l’on doit combattre.

Boas est très catégorique au sujet de la nécessité du repos : après un nettoyage du gros intestin par plusieurs litres d’eau savonneuse, il recommande de supprimer complètement l’usage des purgatifs et des lavements et de faire garder le lit pendant quinze jours, en même temps que le malade sera isolé; après ce délai, le repos et l’isolement seront maintenus, mais avec moins de rigueur; la durée moyenne de la cure sera de I à 6 semaines.

V isolement a pour but d’ajouter au repos physique le repos moral, qui est non moins indispensable à la guérison.

CONSTIPATION

Après la première période de repos cl d’isolement, on permet an malade de reprendre ses occupations, en lui recommandant d’éviter toutes les causes de fatigue, les veillées, le travail cérébral intensif, les émotions du jeu, etc., en un mot tout ce qui peut entretenir et augmenter le nervosisme général.

V entéroclyse n’est pas aussi inutile que le pense boas, mais elle doit être employée avec précautions, c'est-à-dire avec de faibles pressions ; l’eau sera tiède à 57-38 degrés et on n’utilisera qu’une quantité restreinte de liquide, un demi-litre à un litre au plus; de plus, la pression sera faible (‘25 ou 30 centimètres). On éprouve fréquemment, en raison du spasme, de la difficulté à faire pénétrer la canule dans l’intestin. Pour en venir à bout on exercera une pression lente et continue.

Les lavements d'huile pure paraissent surtout convenir aux cas de constipation spasmodique; Fleiner considère le grand lavement de 400 à 500 grammes d’huile d’olive, tiédie, comme le moyen pour ainsi dire spécifique. Le lavement sera donné le soir ou le matin au réveil.

V hydrothérapie est utile dans cette forme, comme dans la précédente; mais tandis que dans la première l’eau froide est indiquée et en général bien supportée, c’est à l'eau chaude en applications locales et générales que l’on aura recours contre la constipation spasmodique. On prescrira donc les applications chaudes répétées sur le ventre, les grands bains chauds, les douches tièdes de 28 à 50 degrés, en jet brisé, de une à deux minutes de durée.

Le massage, la gymnastique suédoise, la mécanothérapie, ne sont pas indiqués dans cette forme où les moyens de douceur, les moyens antispasmodiques doivent être seuls employés. Le massage ne peut être de quelque utilité (pie sous forme de frictions très légères, d’effleurage simple. Par contre, le massage vibratoire exécuté avec la main ou à l aide d instruments spéciaux donne de bons résultats.

Vélectro thérapie est applicable à la constipation spasmodique, suivant un mode spécial. Il ne s’agit plus, dans ce cas, de provoquer des contractions des muscles abdominaux et de l’intestin, mais de vaincre le spasme. On a proposé dans ce but la galvano-faradisation, introduite par de Watteville, dans la thérapeutique et préconisée spécialement contre la constipation par lirœse; MM. Laquerrière et Delherm (Société française d’électrothérapie, 1902) ont obtenu de bons résultats à l’aide de ce mode d’électrisation. Ils adoptent le dispositif suivant : deux très grandes plaques en peau de chamois (en général 16 centimètres sur 24) recouvrent, 1 une la face antérieure de l’abdomen, l’autre la région lombaire; presque toujours le pôle négatif est placé en avant. On fait passer d’abord le courant continu et on atteint 50 à 40 ou même 50 milliampères; puis on met en marche le faradique et on avance la bobine induite jusqu'à ce qu’il soit bien senti par le malade, mais sans occasionner aucune sensation désagréable. Les séances ont 10 minutes de durée, au cours desquelles on ne donne ni secousse ni renversement. Jusqu’à présent les résultats ont paru meilleurs avec la galvano-faradisation qu’avec le courant continu employé seul et sans renversement. La seule précaution à prendre est de ne pas se servir de faradisation trop intense qui pourrait aggraver au contraire la constipation.

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MALADIES DE L’INTESTIN

C’est surtout dans cette forme que les purgatifs et laxatifs sont nuisibles. On doit prescrire exclusivement les (/mines de lin ou de Psyllium plant ac/o à la dose d’une cuillerée à soupe avant les repas, la belladone cllajusquiame qui donnent souvent de bons résultats, Y usa fœtida (en lavements), les bromures. Dans quelques cas Y opium lui-même peut être utile, en tant qu’antispasmodique. On prescrit la belladone à la dose de 1 à k2 centigrammes d’extrait en pilule, pris le soir. On peut ensuite prescrire l’huile de ricin le lendemain matin. « 11 m’est, arrivé, a dit Trousseau, d’associer le ricin à la belladone, le dernier agent préparant l’intestin. »

On peut formuler ainsi le lavement d’asa fœtida :

Assa fœtida 2 à 4 grammes.

Jaune d’œuf n* 1

Infusion de camomille 200 grammes.

L'Ituile d'olive prise le matin à jeun donne de bons résultats.

La cure de Plombières , qui paraît surtout agir par les bains chauds, est particulièrement utile dans cette forme. On peut d’ailleurs prescrire les eaux thermales similaires, c’est-à-dire à minéralisation faihle et à température élevée, comme Luxeuil, Néris, etc.

III. — Marche à suivre dans le traitement de la constipation; traitement des complications.

Lorsqu’on est appelé pour la première fois auprès d’un malade atteint de constipation habituelle, une première indication s’impose, c'est de combattre la rétention stercorale qui la complique : on combine d’ordinaire l’emploi des lavements et celui de l’huile de ricin. On peut prescrire un lavement d’eau savonneuse ou bien un lavement d’huile d’olive et de (iel de bœuf (commencer par 00 grammes, puis augmenter jusqu’à 100 à 150 grammes, Hayem), puis on ordonne un grand lavage avec le bock. L’huile de ricin donnée par petites doses rapprochées, une cuillerée à café d’heure en heure, achève la désobstruction commencée par le lavement huileux et les lavages.

Une fois « la mise en train » effectuée, on emploie les divers moyens physiques précédemment énumérés avec les variantes que pomportent la variété de la constipation, la nature de la cause provocatrice.

Parmi les laxatifs médicamenteux, nous conseillons, en dépit de la richesse de la pharmacopée, de restreindre le choix à un très petit nombre de médicaments, de se borner à employer les graines, l’huile de ricin, la bourdaine [Rhamnus frangula), parfois la poudre de réglisse composée.

Il faut surtout se garder d’employer les laxatifs à intervalles trop rapprochés, faire tous ses efforts pour les espacer. En procédant ainsi on évite l'irritation de I intestin , tout en restituant au médicament l’activité qu’une longue accoutumance de la part de l’intestin lui avait fait perdre. On espace déplus en plus

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l'emploi des remèdes jusqu’au jour où le régime, les moyens physiques el hygiéniques, les moyens généraux de relèvement de l’organisme permettent de n’avoir plus recours aux laxatifs qu’à titre exceptionnel.

Le principe du traitement de la constipation habituelle est , non pas de chercher le laxatif utile, mais de chercher à se passer de tout laxatif.

Ces considérations ne peuvent d’ailleurs s’appliquer à tous les cas; chez le vieillard où l’on ne peut espérer modifier par un traitement la perte irrémédiable de la tonicité musculaire, on sera contraint d’avoir recours presque journellement aux laxatifs et aux lavements pour éviter les effets de la coprostase.

Les complications de la constipation habituelle sont l’entérite secondaire avec débâcles diarrhéiques, les accidents d’auto-intoxication, l’occlusion par obstruction stercorale, la colite muco-membraneuse. Encore ne nous paraît-il pas très exact de considérer ce syndrome comme une complication de la constipation simple. Nous inclinons à le considérer comme un type morbide à part, comme une névrose intestinale, auquel on pourrait légitimement rattacher la plupart des constipations spasmodiques. L’entéro-colite muco-membraneuse sera étudiée plus loin.

C’est dans les débâcles diarrhéiques que les purgatifs salins trouvent leur indication essentielle. On prescrira plusieurs jours de suite le sulfate de soude ou de magnésie jusqu’à ce que la tendance à la constipation reparaisse; après quoi, on reprendra le traitement habituel. Chez les malades particulièrement sujets à ces crises diarrhéiques on pourra prescrire avec avantage une cure à Chàtel-Guyon, Brides, Marienbad.

Les accidents d’auto-intoxication se traduisent par l’anorexie absolue, l’état saburral de la langue, la teinte jaunâtre des téguments, une céphalalgie intense, des douleurs musculaires, l’inaptitude à tout travail, des mouvements fébriles irréguliers. Ici encore les purgatifs salins sont indiqués ou bien un drastique modéré comme la scammonée; aux purgatifs on associe les lavages employés quotidiennement pendant un temps suffisant. II est non moins important de soumettre les malades au régime lacté absolu pendant quelques jours ou même d’instituer temporairement la diète hydrique.

L’obstruction s’observe surtout chez les vieillards ou chez les cachectiques. Le massage peut être employé, mais il faut surtout compter sur le lavement électrique qui est le moyen de choix. Parfois les matières durcies sont accumulées dans le rectum, ce qui nécessite l’emploi de la curette. Quand on est parvenu à triompher de l’obstruction, on a recours systématiquement à 1 huile de ricin et aux lavages.

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