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R II IN (TES I NFECTIEUSES

RHINITES INFECTIEUSES

Bien que le coryza aigu simple soit une maladie microbique, on réserve plus particulièrement le nom de coryza infectieux ou de rbinites infectieuses aux déterminations nasales des maladies infectieuses. Ces déterminations sont connues depuis longtemps, mais elles n’ont été complètement étudiées que dans ces dernières années.

Les rhinites infectieuses s’observent chez l'enfant et chez l’adulte.

Chez l’enfant, on constate plus particulièrement certaines variétés :

a) Le coryza membraneux survient chez le nouveau-né ; l’origine infectieuse, très probablement streptococeique, est prouvée par la coïncidence 1res fréquente chez la mère de l’infection puerpérale.

b) Le coryza blennorragique, sur la fréquence duquel les médecins sont en désaccord, peut être soit secondaire à une conjonctivite de même nature, soit primitif. L’écoulement nasal est purulent, souvent plus ou moins mélangé de sang, parfois très abondant et d’une durée en général assez longue. Son pronostic est sérieux, car il ne détermine pas seulement la sténose nasale, mais il peut se compliquer de lésions purulentes de voisinage : pharyngite, otite, etc. On a même observé des symptômes cérébraux graves.

c) Lc'coryza impétigineux, rhinite purulente, survenant chez des sujets lymphatiques et coïncidant souvent avec de l’impétigo de la face.

d) Le coryza diphtéritique s’observe aussi très fréquemment chez l’enfant. Rappelons que, chez les nouveau-nés et les jeunes enfants, la diphtérie débute assez souvent par les fosses nasales et que toute rhinite commençante doit faire songer à la diphtérie (Glatard, thèse de Paris, 1902).

e) Enfin le coryza syphilitique, qui au début peut revêtir les allures du coryza aigu, se montre chez les nouveau-nés et affirme bientôt sa nature par l’apparition simultanée des syphilides cutanées et muqueuses.

Il résulte de ce qui vient d’être dit, touchant la fréquence de la contamination de l’enfant par les sécrétions vaginales, que l’on devra désinfecter le nez de l’enfant, dans tous les cas où la mère est infectée. On instillera immédiatement après la naissance quelques gouttes d'une solution de sublimé à 1 pour 2000 ou de nitrate d'argent à 1 pour 100.

Dans toute rhinite purulente, quelle qu’en soit la nature, il faut pratiquer, à l’aide d’une seringue en verre, des lavages du nez à Veau boriquée ou avec une solution faible de résorcine (0 gr. 50 pour 100). Dans la rhinite blennorragique, c’est le nitrate d'argent qui donne les meilleurs résultats (Rilliet et Barthez, Bouchut, Fraenkel). On se sert d’une solution de nitrate d’argent à I pour 100 que l’on porte deux fois par jour dans le nez avec un stylet garni d’ouate. On peut aussi, après avoir lavé les fosses nasales avec de I eau bouillie, insu Hier dans chaque narine une petite quantité de la poudre suivante :

MALADIES DU NEZ

Aitrate d’argent fondu pulvérisé Talc

‘20 centigrammes.

1 0 grammes.

(Lf.rmoykz.)

Afin d’éviter l’irritation des narines et de la lèvre supérieure, on a soin de les enduire de vaseline.

Après les lavages on instille, avec la seringue nasale de Marfan, quelques gouttes d'Imile mentholée à 2 pour 100 ou d'huile vésorcinée à 5 pour 100.

Lorsque la maladie tend à disparaître et que l’obstruction des fosses nasales diminue, on peut insuffler la poudre suivante (lissier) :

Acide borique pulvérisé 12 grammes.

Benjoin 5 —

lodol ou iodoforme 1 gramme.

Sous-nitrate de bismuth A grammes.

Dans le cas de coryza membraneux non diphtérique, il faut employer les instillations de glycérine boratée (10 pour 50) répétées trois fois par jour (à raison de Y ou VI gouttes, chaque fois, dans chaque narine) et insuffler un mélange à parties égales de :

Sucre de lait Aristol . .

lia parties égales.

Le coryza impétigineux s’observe dans la seconde enfance; après avoir fait tomber les croûtes, on introduit trois ou quatre fois par jour, à l’entrée des narines, dans le cas de rhinite vestibulaire, gros comme un pois de la pommade suivante ;

Lanoline, Vaseline.

Tanin. .

Calomel .

;îâ 10 grammes.

1 gramme.

ou des tampons imbibés d'eau d'Alibour coupée de 5 fois son volume d’eau (laissés en place, deux heures le matin, deux heures le soir).

Si la rhinite est profonde, après des lavages faits par saccade pour faciliter le retour du pus par la même narine, on fait renifler une des pommades suivantes :

Vaseline . .

Acide borique Dermatol. .

OU

Vaseline . .

Résorcine. .

Menthol. . .

20 grammes.

0 gr. 20

20 grammes.

1 gramme.

0 gr. 10

et l’on fait moucher l'enfant au bout de 5 à 10 minutes.

RHINITE S INFECTIEUSES.

Chez les enfants trop jeunes pour renifler, il esl préférable ( Y insuffler un mélange d'aristol et de sucre de lait (voy. plus haut) ou un des suivants :

Sozoiodolate de zinc 2 grammes.

Sucre de lait 20 — •

Oïl

Acéto-tartrate d’alumine o à 6 grammes.

Sucre de lait 10 —

Un traitement général ultérieur sera utile chez les enfants lymphatiques : Huile de foie de morue, sirop iodo-tannique ; séjour à la mer, à Salies-de- Béurn, à Challes, Cauterets, etc —

Le coryza syphilitique — auquel il faut songer quand on constate un coryza rebelle chez un enfant chétif, malingre — est justiciable du traitement général de la syphilis infantile (frictions mercurielles) et du traitement local par les lavages du nez avec la liqueur de Van Swieten dédoublée ou le badigeonnage avec :

I gramme, aa 5 grammes.

Chez l’adulte, on peut observer la rhinite au cours de la plupart des maladies infectieuses : variole, scarlatine, rougeole, fièvre typhoïde, érysipèle, diphtérie, grippe, morve, syphilis, etc.

Dans la diphtérie nasale, il faut faire de fréquents lavages avec une solution phéniquée faible et toucher les points accessibles avec le naphtol camphré; on injectera de plus le sérum antidiphtérique.

Le coryza peut marquer le début de l’érysipèle ou bien survenir dans son cours. Il doit être traité énergiquement, car il peut avoir pour conséquence la suppuration des sinus et l’otite.

De plus, l’agent infectieux, le streptocoque, peut persister, après une première atteinte, soit dans la cavité nasale, saine en apparence, soit au niveau de lésions minimes banales telles qu’une fissure de l’entrée des narines. M. 'Lissier (Annales des maladies de F oreille et du larynx, 1892) recommande de faire des lavages du nez avec une solution de sublimé à 1 pour 5000 et d’insuffler, à la suite de l’injection, une poudre composée à base de calomel.

La rhinite est moins rare, au cours de la scarlatine, qu’on ne l’écrit généralement. Tantôt il s’agit d’un coryza purulent qui peut être précoce ou tardif, tantôt d’un coryza pseudo-membraneux, qui peut d’ailleurs faire suite au coryza purulent et qui n’est pas habituellement de natitre diphtérique. Ce coryza peut s’accompagner d’autres complications (otites, mastoïdites, conjonctivites, etc.) dont le pronostic est grave. Le streptocoque est l agent de ce coryza (Chausserie-Laprée, thèse de Paris, 1900).

Le traitement employé parM. Roger à l’hôpital d’isolement d’Aubervilliers,

Calomel .

Vaseline.

Lanoline

MALADIES DU NEZ

consiste à faire des lavages du nez avec l'eau oxygénée mélangée à un volume égal d'une solution de bicarbonate de soude à 4 pour 1000. Les lavages doivent être répétés trois ou quatre fois dans la journée et au moins deux fois pendant la nuit. Après le lavage on introduit dans les narines un tampon de coton enduit de pommade mentholée à 1 pour 50 ou de pommade à la résorcinc.

Dans la fièvre typhoïde, les lésions du nez sont pour ainsi dire eons. intes; les épistaxis, qui se produisent à la surface d’érosions superficielles situées au niveau de la partie antérieure de la cloison, sont la preuve de la fréquence des déterminations nasales: des infections secondaires peuvent se produire au niveau des érosions et entraîner des abcès, des perforations. Il faut donc chez les typhiques faire la toilette du nez comme on fait celle de la bouche.

Les mêmes considérations s’appliquent aux déterminations nasales de la grippe, de la rougeole, etc.

RHINITE CHRONIQUE SIMPLE

La rhinite chronique simple comprend les nombreux cas de rhinite que l’on ne peut classer ni dans la rhinite hypertrophique, ni dans la rhinite atrophique. Bien que l’attention des médecins se soit plus complaisamment concentrée sur ces deux dernières variétés de rhinite, la première n'en est pas moins digne d’intérêt, en raison de sa fréquence notamment, puisque, sur 100 cas de rhinite, la moitié environ appartient à la rhinite chronique simple. Sur 100 cas de rhinite chronique recueillis par le D1' Tissier, 54 étaient des cas de rhinite chronique simple, 40 de rhinite chronique hypertrophique diffuse ou localisée, et G seulement de rhinite atrophique.

ha rhinite chronique simple coïncide habituellement avec la pharyngite chronique, plus rarement s’accompagne de troubles laryngés et auriculaires. Les malades viennent plutôt consulter le médecin pour leur gorge (raclement du matin, expulsion pénible de mucosités, toux, etc.), pour leur larynx (troubles de la voix) ou pour leurs oreilles (diminution de l’ouïe) que pour leur nez. Cependant, en les interrogeant et surtout en examinant les fosses nasales, on ne tarde pas à se convaincre que la cause première des accidents dont ils sont atteints réside dans le nez. Les malades accusent habituellement une sensation de sécheresse nasale anormale; ils mouchent de temps à aulre des croûtes noirâtres. La respiration est assez libre; mais l’anosmie, ou tout au moins la diminution de l’odorat, est fréquente ; elle est plus souvent intermittente que continue, lorsque les mucosités qui obstruent la fente olfactive parviennent à se détacher.

L’examen du nez montre une rougeur diffuse de la muqueuse et la présence de quelques mucosités et surtout de nombreuses croûtes adhérentes. La muqueuse n’est pas notablement tuméfiée.

L’application de la cocaïne surtout, au niveau du cornet inférieur, ne détermine pas d’une façon aussi subite qu’à l’état normal l’anémie et la rétraction de la muqueuse (P. Tissier).

L’arthritisme est habituellement la cause générale qui favorise la chronicité de l'affection.

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