TU UNITE S INFECTIEUSES
Le traitement de la rhinite chronique simple mérite beaucoup d’attention, bien que l’affection soit relativement peu gênante pour les malades qui en sont atteints. C’est en guérissant la rhinite que l’on peut entraver l’évolution de la pharyngite et de la laryngite secondaires et prévenir les complications auriculaires.
L'indication de pratiquer les grandes irrigations nasales est rare, car les sécrétions abondantes n’existent que dans un petit nombre de cas. Les lavages avec une solution de phosphate de soude à la dose de 1 pour 500 ont la propriété de tarir rapidement les sécrétions et de diminuer la congestion de la muqueuse. Pour détacher les croûtes adhérentes, il est préférable d’employer les solutions physiologiques de chlorure de sodium (7 grammes par litre); on peut ajouter une petite quantité de teinture d’iode, soit 2 gr. 50 (Bresgen).
Il est inutile, il peut être même nuisible de continuer les lavages pendant ; longtemps. Lorsque la rhinite est ancienne et que la muqueuse a perdu sa tonicité, la plupart des médecins recommandent les insufflations d'un | mélange de nitrate d'argent et de poudre d'amidon. On doit commencer i avec une dose faible de sel :
Nitrate d’argent 5 centigrammes.
Poudre d’amidon 10 grammes.
et n’insuffler la poudre que d’un seul côté. Si la réaction n’est pas vive, on j pratique, au bout de deux ou trois jours, une insufflation du côté opposé.
Plus tard, on peut augmenter la dose de nitrate d’argent. Une dizaine de | séances peut suffire à restituer à la muqueuse sa coloration et sa tonicité.
Dans le même but, Bresgen recommande les insufflations de sozoiodolate de soude pur; on peut aussi toucher la muqueuse avec un stylet garni d’ouate imbibée d’une solution de nitrate d'argent (0,5 pour 100 — 1,50 pour 100) I ou de la solution suivante préconisée par Rethi :
Iode pur
todure de potassium
Glycérine
Vaseline )
Saccharine j
L huile de foie de morue chez les enfants lymphatiques, 1 arsenic, Y iode. j les alcalins chez les arthritiques, seront des adjuvants utiles du traitement local. On recommande de plus aux arthritiques l 'hydrothérapie, le massage , Yexercice.
10 à 20 centigrammes.
2 grammes.
I centigramme.
G.-n. LYO>:. — 5e ÉDITION.
MALADIES DU .NEZ
RHINITE CHRONIQUE HYPERTROPHIQUE
La rhinite chronique hypertrophique, caractérisée anatomiquement par un gonflement inflammatoire de la muqueuse, et fonctionnellement par l’augmentation des sécrétions nasales, reconnaît comme cause générale prédisposante la scrofule et comme causes locales les déviations de la cloison, les végétations adénoïdes, l’action prolongée des poussières irritantes, etc.
Elle se reconnaît aisément à l’obstruction nasale, à la perte de l’odorat, de l'ouïe, à l’enchifrènement et au nasonnement, enfin à l’écoulement abondant qui se produit par les fosses nasales. 11 est à remarquer que l’obstruction n’est pas permanente; elle disparaît à différentes reprises pour se produire nouveau. La laryngite, l’otite moyenne, sont des complications assez fréquentes de la rhinite hypertrophique.
Les pommades, poudres les mentholées, les pulvérisations à la cocaïne, ne donnent qu’un soulagement éphémère.
On peut déharasser de temps à autre les fosses nasales de leurs sécrétions par des irrigations répétées plusieurs fois par jour avec de l’eau tiède, additionnée de deux cuillerées à café par litre de :
Bicarbonate de soude lliborate de soude. .
Sa 1 OU grammes.
Le seul traitement efficace consiste à diminuer L hypertrophie par la cautérisation.
On a proposé de modifier l’état de la muqueuse à l’aide des caustiques chimiques : acide chromique, chlorure de zinc; mais c’est habituellement au <ialvano-caulère que l’on a recours; s’il existe une hypertrophie partielle faisant tumeur, on l’enlève avec le serre-nœud galvano-caustique.
Une cure à Salies-de-Béarn complète le traitement.
RHINITE ATROPHIQUE
La rhinite atrophique doit être distinguée de l'ozène par l’absence fréquente de fétidité et la nature des lésions qui sont d’origine vasculaire (rhinite scléreuse), tandis que dans l'ozène l’atrophie résulte d’une cirrhose épithéliale.
Cette variété de rhinite peut être localisée et dans ce cas elle résulte soit de la compression, soit d’une inflammation avec lésions des vaisseaux.
Généralisée, elle peut être une lésion sénile ou bien le stigmate d’un ozène guéri, ou bien encore reconnaître la syphilis pour .cause.
Elle se caractérise par des sécrétions purulentes, épaisses, se concrétant en croûtes adhérentes. Le pharynx inférieur est atteint simultanément ainsi que le larynx dans
OZÈ.NE. ,j63
un tiers des cas; les voies lacrymales, la trompe d'Eustache sont fréquemment intéressées.
Les fosses nasales présentent un élargissement anormal, l’examen révèle l’atrophie des cornets, la présence des croûtes, etc.
La guérison est à peu près impossible à obtenir. On conseille les lavages avec l'eau salée; chez les ozénateux guéris, on fait des insufflations de la poudre suivante :
lodol \
Tanin ^ iîTi parties égales.
Acide borique. . i )
(P TlSSIEfi.)
OZËNE
L’ozène a été considéré pendant longtemps comme une complication des rhinites scrofuleuses, syphilitiques, etc. ; on admet aujourd’hui qu’il s’agit d’une affection spéciale, d’origine microbique, dont l’agent causal est d’ailleurs encore indéterminé, bien que l’on ait fait de nombreuses tentatives pour l’isoler. Abel décrit un « bacillus mucosus ozenæ » ; Lôwenberg, de son côté, a cru avoir trouvé l’agent spécifique de l’ozène; plus récemment Belfanti etSerafino ont trouvé constamment chez les malades atteints d’ozène un bacille qui se rencontre non seulement dans les sécrétions et les croûtes, mais encore dans l’épaisseur de la muqueuse. Les caractères qu’ils ont assignés à ce microbe le rapprochent tellement du bacille de la diphtérie que l’on peut le considérer, sinon comme identique à ce dernier, du moins comme étant d’une espèce voisine. En prenant cette hypothèse comme point de départ, Belfanti et Gradenigo ont été conduits à expérimenter l’action du sérum antidiphtérique dans les cas d’ozène.
En réalité, il n’existe pas de traitement spécifique de l’ozène; la médication est purement symptomatique et permet seulement de faire disparaître la fétidité, qui est d’ailleurs la manifestation la plus gênante de la maladie.
Il faut avant tout enlever les croûtes; dans ce but, on procède à un nettoyage, sous le contrôle du miroir, à l aide d’un stylet garni d’ouate et d’une pince, après badigeonnage préalable de la pituitaire avec une solution de cocaïne au 20e ou d’adrénaline an 1000e; ou bien on emploie le moyen qui a été proposé par Gottstein : on enroule autour d’un stylet de l'ouate hydrophile, de façon à former un tampon cylindrique de la longueur et de la grosseur du petit doigt : ce tampon, imbibé d’huile mentholée, est introduit dans le nez obliquement de bas en haut et d’avant en arrière. Au-dessous de ce premier tampon, on en place un second, puis un troisième, et l’on remplit ainsi tonte la cavité nasale. On procède de même de l’autre côté et on laisse ces tampons en place pendant dix minutes à un quart d'heure.
Il se produit une sécrétion de mucus qui décolle les croûtes et dont la plus
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grande partie est expulsée avec les tampons. Les croûtes qui restent sont Facilement enlevées par les lavages.
Ceux-ci se font soit avec le siphon de Weber, soit mieux avec la seringue anglaise. Il est préférable, au début, d’employer Veau bicarbonatée (une cuillerée à bouche de bicarbonate de soude par litre) ou Veau salée (2 cuillerées à café de sel fin par litre). Il faut avoir soin de faire le lavage de telle façon que le liquide ressorte par la même narine, sans passer par l’autre fosse nasale ni tomber dans la gorge.
Il faut employer avec circonspection les lavages pratiqués avec des solutions antiseptiques : acide phénique, formol à 1 pour 2000; phénosalyl, chloral à 1 pour 1000, etc.
Les lavages seront répétés, à raison de deux par jour, tout au début; plus tard, une seule fois par jour. La pression du liquide devra être modérée (40 centimètres environ); le malade respirera la bouche ouverte, sans parler, ni tousser, ni avaler; il aura soin de ne pas se moucher immédiatement après la douche nasale (pour éviter la pénétration de matières septiques dans la trompe d’Eustache).
Les irrigations seront suivies d’une pulvérisation huileuse faite à l'Iiuile mentholée :
Menthol 1 gramme.
Eucalyptol 10 centigrammes.
Huile de vaseline 00 grammes.
ou de l’introduction dans chaque narine d’une assez grande quantité (gros comme une amande) de pommade boriquée et mentholée :
Menthol 20 centigrammes.
Acide borique 2 grammes.
Vaseline blanche 50 —
L introduction sera renouvelée 4 ou 5 fois par jour; le malade ne devra pas se moucher avant 5 ou 10 minutes.
Lermoyez recommande en outre de faire dans la journée deux à trois insufflations d'un mélange d'acéto-tartrate d'alumine cl d'acide borique :
Acéto-tartrate d’alumine 11 grammes.
Acide borique 10 —
Ces insufflations sont faites au moyen d’un tube en caoutchouc.
Mayer, d’Amsterdam, a prescrit d’autre part des insufflations de nitrate d argent ;
Nitrate d’argent 1 centigramme.
Poudre d’amidon 10 grammes.
La poudre d’acéto-tartrate d’alumine et d'acide borique a pour effet d’eméclier le retour de la fétidité.
Il est utile enfin d’employer les badigeonnages avec un topique modificateur: solution iodo-iodurée au 500e, glycérine iodée au 40e ou glycérine phéniquée au 20e, etc.
Tel est le traitement qui donne les meilleurs résultats; mais bien d’autres encore ont été proposés.
L ’éleclrothérapie à l'aide du galvanocautère ou Yéleclrolyse cuprique interstitielle ont été employées. Plus récemment MM. Boudin et Collet (de Lyon) ont utilisé les courants de haute fréquence à tension élevée et en applications monopolaires à l’aide d’un manchon de verre liés étroit pouvant pénétrer dans les fosses nasales. La séance a une durée de 2 minutes environ; on répète l’électrisation deux fois par semaine d’abord, puis tous les huit jours ensuite. M. Garnault a préconisé le massage vibratoire , dont il ne peut être question ici.
Certains médecins, Cozzolino, Tissier, ont recours au curettage des sinus.
S’appuyant sur ce fait que la lésion génératrice de l’ozène est une lésion du système ethmoïdal, représentée le plus souvent par un ou plusieurs foyers d’ostéite nécrosante, siégeant soit au niveau de la partie intra-nasale de l'ethmoïde, soit au niveau des sinus et plus particulièrement du sinus ethmoïdal, Tissier conseille d’atteindre les foyers osseux à l’aide de la curette tranchante, après cocaïnisation préalable. Le curettage devra être précédé d’un nettoyage minutieux; on badigeonnera le foyer avec une solution phéniquée, et, après le curettage, on le touchera avec la teinture d’iode pure ou la glycérine iodée au trentième. Il est souvent utile de tamponner pendant vingt-quatre heures avecla gaze iodoformée. Si la lésion occupe le sinus sphénoïdal, on pratique le curettage après avoir agrandi l’orifice du sinus et l’on fait suivre le curettage d’un lavage au sublimé à 1 pour 5000 et d'un attouchement iodé.
Le traitement général doit jouer un grand rôle dans le traitement de l’ozènc. Cette maladie n’est pas seulement une affection locale, elle s'accompagne de troubles généraux déterminés par les auto-intoxications répétées dont la pituitaire est le point de départ.
La muqueuse, dont le pouvoir d’absorption est considérable, absorbe continuellement des toxines ; d’autre part, une partie des croûtes tombe dans l’estomac et détermine des troubles digestifs; il en résulte que les malades sont atteints d’anorexie, de diarrhée, présentent une teinte jaune paille, etc.
Le fer, Y arsenic, les préparations de quinquina, le sirop iodo-tannique, Y huile de foie de morue doivent être prescrits.
Le traitement sera complété par une cure aux eaux sulfureuses ou aux eaux chlorurées sodiques, suivie d’un séjour au bord de la mer.
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