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I. — Forme commune

Le traitement de la bronchite chronique est des plus malaises à poursuivre, car la médication doit varier pour ainsi dire suivant chaque sujet.

Il comporte plusieurs indications générales que l’on peut classer ainsi :

1" Modifier la muqueuse bronchique et par suite les sécrétions; combattre l’élément congestif;

2° Faciliter l’expectoration;

5° Calmer la toux et l’élément spasmodique;

4° Traiter l’état général et prescrire une hygiène convenable au malade.

1° Les agents qui modifient les sécrétions bronchiques sont ceux qui, après absorption, s’éliminent par les voies respiratoires; ce sont, pour la plupart, des balsamiques, des gommes-résines, des plantes à huile essentielle; à cette liste s’ajoutent les sulfureux, les iodurcs.

Parmi les premières substances il faut citer particulièrement le goudron, les baumes de tolu, de Canada, le benjoin, la térébenthine et la lerpine , Yeucalyptol, la créosote, le gaïacol, etc. Toutes ont un inconvénient commun, inhérent à leur emploi prolongé : c’est l’action irritante qu’elles exercent sur l’estomac.

Le copalm, bien que très rarement employé, en raison de sa mauvaise réputation, est cependant très efficace : il agit par son essence qui s’élimine par la muqueuse respiratoire, tandis que la résine est excrétée par les reins. Dujardin-Beaumetz recommande de l’associer au goudron, pour éviter, dans une certaine mesure, les rapports nidoreux qu’il occasionne. Dujardin-Beaumetz prescrivait chaque jour quatre à huit capsules contenant chacune 50 centigrammes d’un mélange à parties égales de copalm et de goudron.

La térébenthine était très employée (en capsules de 25 centigrammes, 6 à 8 par jour) avant que la terpine l’eût détrônée. La terpine est un excellent médicament dont l’efficacité est aujourd’hui bien établie et que nous employons de préférence.

Le goudron leur est bien inférieur.

La créosote rend des services dans le traitement de la bronchite chronique; malheureusement, c’est de tous les médicaments de la bronchite celui qui exerce sur l’estomac l’action la plus irritante; or, il importe que les malades atteints de bronchite chronique s’alimentent, pour échapper au bacille de Koch qui se greffe si facilement sur une muqueuse déjà lésée !

Les balsamiques s’emploient surtout à l’intérieur, mais ils sont aussi fort utiles en inhalations. Les malades font deux fois par jour des inhalations avec des vapeurs d’eau additionnée de teinture de benjoin ou d’eucalyptus, ou d’essence de térébenthine (une cuillerée à café par casserole d’eau).

Voici quelques formules relatives à l’emploi, à l’intérieur, des médicaments précédemment énumérés :

MALADIES DES BRONCHES

Goudron

Baume de tolu

Benzoate de soude

^ âa 0 gr. 10

Pour 1 pilule, 4 par jour.

Térébenthine de mélèze

Goudron

Baume de tolu

Benzoate de soude

| aa 0 gr. 02b

Pour 1 pilule, G à 8 par jour.

Terpine

Dionino

0 gr. 005

Pour 1 cachet, 4 à G par jour.

Terpinol. . . .

Benzoate de soude Sucre

Pour 1 pilule, 6 à 12 par jour.

Terpine

Eau-de-vie

Sirop diacode

Sirop de tolu

Deux à trois cuillerées à Douche par jour: ou :

Terpine

Glycérine à 50°

Alcool à 95° S sîâ.

Sirop simple )

Mêmes doses.

L’eucalyptol se prescrit eu capsules (6 à 10 par jour). L'eucalyptol est pré férable à la térébenthine, qui peut déterminer des troubles digestifs et sur tout des lésions rénales; on réservera cette dernière pour les inhalations.

Le benjoin, à la dose de 2 grammes en teinture, donne de bons résultats

Teinture de benjoin I à 2 grammes.

Teinture de cannelle 10 —

Sirop d’écorces d’oranges amères 40 —

Vin de Banvuls 110 —

b grammes.

10 grammes.

b grammes.

10 centigrammes.

Mais il vaut mieux employer l'acide benzoïque. Nous associons habituelle

BRONCHITES C1IRONIOUES. Cl 5

ment la terpine, l’acide benzoïque et la poudre thebaïque de la façon suivante :

Terpine

Acide benzoïque pui Poudre thebaïque .

Pour 1 pilule. En prendre 4 à 6 par jour.

La créosote se donne en pilules :

Créosote 0 gr. 10

Savon amvgdalin q. s.

Pour 1 pilule, 8 à 10 par jour, ou en lavements :

Créosote de hêtre 10 grammes.

Décoction de bois de Panama à 2 pour 100 00 —

Une cuillerée h café dans un verre d’eau tiède en lavement (0,50 de créo- I sote).

Les vins créosotés, qui ne sont d'ailleurs plus employés dans le traitement de la tuberculose pulmonaire, ont le grand inconvénient de provoquer des troubles digestifs.

Les sulfureux agissent par leur hydrogène sulfuré qui s’élimine au niveau de la muqueuse bronchique; les préparations artificielles de soufre sont inférieures aux eaux sulfureuses naturelles, dont nous parlerons ultérieurement;

; les eaux transportées s’emploient en boissons et en inhalations.

Pour les inhalations en emploie surtout les eaux de Challes, Enghien,

■ Labassère. En boisson on donnera l’eau de Bonnes ou l’eau de Challes à la dose de deux cuillerées à bouche dans du lait chaud écrémé.

Les sulfureux congestionnent la muqueuse bronchique ; aussi ne faut-il les } employer qu’à la période de déclin de la bronchite, quand la sécrétion résiste aux balsamiques; « ils agissent à la façon des cautérisations sur les plaies atones. Ils forcent les vaisseaux de la muqueuse bronchique, parcourant un tissu conjonctif modifié par l’œdème chronique, à abandonner leur mode de |î circulation torpide, à caractère veineux dominant, pour un régime de pleine et active circulation » (Rcnaut).

Les iodures sont surtout efficaces dans la bronchite des emphysémateux, des artério-scléreux. L’iodure fluidifie les sécrétions et en facilite le rejet; mais il a des inconvénients que l’on ne peut toujours éviter; il supprime l’appétit, il détermine souvent l’intolérance (phénomènes d’iodisme): aussi faut-il le manier prudemment. 11 est bon d’en interrompre souvent l’usage, de le donner par exemple pendant trois ou quatre jours de suite, puis de le reprendre seulement au bout d’un laps de temps égal; la dose utile varie de ! 20 centigrammes à 1 gramme pro die. Il est avantageux de l'associer à de l’extrait théhaïque ou de la belladone.

j Sa 10 centigrammes.

1 centigramme.

MALADIES DES BRONCHES

On prescrit par exemple :

Eau distillée 200 grammes.

Iodure de potassium 2 à 10 —

dont on fait prendre une cuillerée à bouche le matin dans du lait.

ou :

Eau distillée . . . .

Iodure de potassium .

Extrait de jusquiame — de belladone.

500 grammes.

10 centigrammes.

Une cuillerée à bouche le soir, au coucher, quand le malade a des paroxysmes de dyspnée nocturne;

ou bien encore :

Iodure de potassium 20 grammes.

Sirop de bourgeons de sapin 150 grammes.

- — diacode 200

— de térébenthine 100

Une cuillerée à bouche avant chaque repas.

Le sirop iodo-tannique pourra également être employé avec avantage dans certains cas; l’iode uni au tanin est un excellent tonique musculaire des bronches (Renaut).

Pour combattre l’élément congestif, on peut faire usage de Yergotine, et de Y ipéca à faibles doses: M. Renaut (de Lyon) fait prendre de la terpine pendant les quatre premiers jours de la semaine et. pendant les trois derniers jours Uergotine et l’ipéca. L’ergotine est administrée en suppositoire :

Beurre de cacao q. s.

Ergotine Bonjean 50 centigrammes.

Poudre d'opium brut 8 à 10

Extrait de jusquiame 1 centigramme.

Pour un suppositoire, à introduire chaque soir dans le rectum; quant à l’ipéca, il est donné en sirop composé :

Sirop de gomme

— de tolu .

— d’ipéca .

100 grammes.

4 cuillerées à bouche par jour dans une infusion chaude.

On a récemment proposé Yhydrastis canadensis (Sânger) sous forme d’extrait fluide, donné à la dose de XX à XXX gouttes, répétée quatre fois par jour.

BRONCHITES CHRONIQUES

A l’aide des médications balsamiques et vaso-constrictives alternantes, on exerce une action efficace sur les glandes et sur les muscles lisses des bronches.

2° La médication expectorante a ses indications, mais il convient de ne pas faire abus des vomitifs.

Au début du traitement le vomitif est parfois utile; on prescrit l 'ipéca. D’autre part, quand la congestion pulmonaire accompagne la bronchite et que le malade est un homme vigoureux, on peut prescrire pendant un ou deux jours le tartre stibié, à doses fractionnées :

Julep gommeux 120 grammes.

Tartre stibié 10 centigrammes.

Une cuillerée à bouche toutes les deux heures. Chez les individus âgés on emploie plutôt le kermès, la scille, le polygala.

Voici quelques formules relatives à l’emploi des expectorants :

Onium pulvérisé

d a V ■ ' > aa 0 gr. 01

Extrait de jusquiame 0 gr. 025

Chlorhydrate d’ammoniaque 0 gr. 05

Pour 1 pilule, 4 par jour.

Le kermès s’emploie en potion à la dose de 5 centigrammes à 20 centigrammes.

20 centigrammes.

4 grammes.

50 centigrammes.

50 grammes.

Par cuillerée à bouche toutes les deux heures.

Kermès

Sucre

Gomme adragante. . .

Sirop de fleurs d'oranger Eau distillée

La scille s’emploie seule ou associée à l’ipéca :

Poudre de Dover

— de scille

— d’eucalyptus

Pour 1 cachet, 5 par jour.

| ;îâ 0 gr. 10 ad libitum.

7)° Les calmants de la toux sont les mêmes médicaments que ceux utilisés dans la bronchite aiguë, c’est-à-dire Vopium, la belladone , le datura. Veau de laurier-cerise. La forme pilulaire, pour les opiacés, est celle qui répond le mieux aux nécessités d’un emploi prolongé. On doit se souvenir, d’autre

MALADIES DES BRONCHES

part, que l’opium exerce à la longue une action fâcheuse sur l’estomac, aussi convient-il tic l’employer souvent en suppositoires.

Contre la dyspnée on emploiera les applications de ventouses, parfois les inhalations d'oxygène. Dans certaines formes (catarrhe sec) les bromures sont parfois utiles :

Sirop d'écorces d’oranges

Prendre chaque soir une cuillerée de ce sirop (Renaut).

Les vaporisations agissent également sur la toux; on emploiera des infusions de feuilles de coca ou de l’eau additionnée d’essence de thym, d’euca-

4° Le traitement général et hygiénique ne doit jamais être négligé. S’il convient de prémunir les malades contre l'impression du froid humide, les variations de température, il faut aussi s’efforcer de les aguerrir par les frictions sèches ou alcooliques et même par Y hydrothérapie (affusions froides sur le thorax). Les bains chauds fréquents, à 58 degrés, sont un excellent moyen de décongestion chronique.

Ceux que leur situation rend indépendants devront passer l’hiver sous un climat tempéré, dans l’une des stations méditerranéennes suivantes (Hyères, Cannes, Saint-Raphaël), ou bien à Pau, à Dax, Arcachon. En été, ils gagneront les stations d'altitude modérée (pii avoisinent le lac de Genève. Le séjour au bord de la mer ne convient pas aux bronchitiques.

Il importe que les malades consacrent quelques heures à la marche, tout en évitant les fatigues excessives; ils doivent éviter les milieux où l’air est confiné, rempli de poussière ou saturé de fumée de tabac.

On a recommandé récemment Y aérothérapie. On se sert des appareils de Waldenburg et de Dupont, (pii permettent au malade d’inspirer dans l’air comprimé et d’expirer dans l’air raréfié; le courant aérien facilite l’expectoration et permet aux bronches de reprendre leur élasticité.

Les agents de la médication générale varient suivant l’état constitutionnel des sujets. Aux scrofulo-tuberculeux conviennent Yiodure de fer, Yhuile de foie de morue, les amers , le quinquina. Les balsamiques sont contre-indiqués chez eux, car ils diminuent l’appétit.

Chez les neuro-arthritiques Y arsenic sous forme de liqueur de Fowler ou d’eau de la Bourhoule est particulièrement indiqué. On peut également utiliser Y arrhénal :

Arrhénal 1 gramme.

Eau distillée 20 grammes.

— de punch . . .

— diacode. . . .

Bromure de strontium

lyptus, etc.

X gouttes au milieu de chaque repas.

BRONCHITES CHRONIQUES

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