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III. — Traitement symptomatique

Fièvre. - — - « Abaisser la température des tuberculeux, disait Lasègue, c’est commencer à les guérir. » Malheureusement le traitement de la fièvre, tout au moins par les moyens médicamenteux, est illusoire et depuis quelques années l’immense majorité des médecins ont renoncé, sauf en quelques cas exceptionnels, à chercher l’abaissement de la température à l’aide des antithermiques, tels <jue les sels de quinine, l’antipyrine, etc.

L’expérience récemment acquise a démontré, par contre, la toute-puissance dans certains cas des moyens hygiéniques, c’est-à-dire de la cure d’air et de repos.

11 y a lieu d’ailleurs de distinguer plusieurs espèces de fièvre chez les tuberculeux :

L’une est la fièvre dite de surmenage ; c’est celle que l’on observe chez les malades porteurs de lésions localisées, qui n’ont pas cessé de vivre de la vie commune. Cette fièvre cède aisément à quelques jours de repos absolu et au repos seul; c’est là le triomphe du traitement dans le sanatorium, pour les malades indisciplinés que l’on n’avait pu convaincre de la nécessité du repos, de l’influence d’une marche même modérée sur la température.

On comprend que les médicaments, quels qu’ils soient, échouent complètement quand on les emploie pour combattre cette fièvre due au surmenage cl justiciable uniquement de la suppression de la cause. Sublata causa, tollitur e/jeclus.

Plus rebelle est la fièvre tuberculeuse vraie due à la lésion pulmonaire ellemême. Cette fièvre, dont la pathogénie est complexe et résulte de l'association de plusieurs facteurs (action des toxines du bacille de Koch et des toxines des pyogènes), ne disparaît pas en quelques jours sous l'influence du repos, pas plus qu’elle ne cède aux médicaments. Néanmoins h* principe de son traitement est le même : aération continue et repos; ces moyens, joints à la suralimentation progressive qu’ils facilitent, permettent à l’organisme de lutter victorieusement contre l’infection tuberculeuse, mais il faut de longs mois pour que l’activité des bacilles s’éteigne et que la fièvre disparaisse définitivement.

Au début de la cure de repos, la fièvre s’abaisse il est vrai, mais sans disparaître complètement. Ce (pii disparait, c’est la fièvre de surmenage- bien souvent combinée à la fièvre tuberculeuse. Au bout de quelques jours, la température <pii était, par exemple, de 59 degrés à 4 ou 5 heures du soir, tombe d’un degré, pour se maintenir alors à ce niveau pendant un temps souvent fort long. Cette fièvre « atténuée » est la fièvre tuberculeuse proprement dite, dégagée de l’inlluence aggravante de la lièvre de surmenage.

Cure d'air et de repos prolongé, voilà donc les seuls moyens de combattre la fièvre tuberculeuse, quand la lutte est encore possible, c’est-à-dire quand il ne s’agit pas de malades porteurs de cavernes, en proie à la fièvre hectique à

Tl'BKRCULOSE PULMONAIRE.

grandes oscillations on de malades atteints de ces formes de phtisies galopantes qui accomplissent leur cycle en quelques mois, en dépit de tous les efforts.

Quant aux médicaments, ils peuvent sans doute briser la fièvre tuberculeuse, l’abattre pour quelques heures, mais c’est là toute l’action à laquelle ils peuvent prétendre; ils jugulent un accès de fièvre, s’ils sont donnés avant cet accès, ils l’atténuent ou l’abrègent s’ils sont donnés au cours de l’accès; mais ils sont impuissants à prévenir l’accès suivant, à si lot tes doses qu’ils soient administrés.

Encore convient-il de faire remarquer immédiatement que le plus souvent les malaises déterminés par les antithermiques sont au moins aussi désagréables pour le malade que la fièvre elle-même. L’abaissement de la température s’accompagne neuf fois sur dix de sueurs profuses extrêmement pénibles; puis, au bout de quelques heures, un frisson violent annonce l’ascension de la température, souvent à un degré plus élevé qu’avant l’administration du médicament. Vient-on à couper ce nouvel accès, la température s’abaisse encore, mais au prix des mêmes malaises renouvelés.

Pour obtenir un long répit, on serait obligé de maintenir pour ainsi dire continuellement le malade sous l’influence des médicaments antithermiques, ce qui est matériellement impossible, car leur emploi réitéré, en déterminant des crises sudorales incessantes, plonge le malade dans un état d’adynamie qui peut aller jusqu’au collapsus, sans compter Faction partiellement irritante de tous les antithermiques sur la muqueuse des voies digestives, qui enlève tout appétit au malade.

Le remède est donc pire que le mal. Abstraction faite de scs inconvénients, de ses dangers même, il ne peut donner que de mauvais résultats, car il brise le cycle normal de la fièvre. Le malade qui a un seul accès de fièvre vespérale, ce qui est le cas le plus fréquent, est exposé à voir survenir un nouvel accès, tardivement dans la soirée, si l’on cherche à abattre l’accès de l’aprèsmidi.

La conclusion formelle est qu’on doit laisser tranquille le tuberculeux qui, ayant un accès de fièvre modérée (38 à 59 degrés) entre 5 et 7 heures de l’après-midi, est apyrétique le matin. Quand ce malade est au repos, il est relativement peu incommodé par son accès et peut prendre quelque nourriture une fois l’accès terminé. D’ailleurs nombre de malades font parfaitement honneur à leur dîner, bien que le thermomètre marque 58 degrés ou plus sous Faisselle.

Ce n est pas à dire cependant que la proscription des antithermiques doive être absolue. On peut, temporairement, administrer l’antipyrine aux malades dont l’accès se prolonge tard dans la soirée et met ainsi obstacle à I alimentation, ou bien encore à ceux qui, apyrétiques le matin, sont pris subitement d'un accès vers 11 heures ou midi, quand ils se mettent à table. Il suffit parfois d’une seule dose prise une demi-heure avant le frisson pour que le malade demeure apyrétique pendant le reste de la journée.

En tout cas, pour atténuer dans la mesure du possible les effets nuisibles

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MALADIKS 1)1 POI'MOX.

du médicament, il faut avoir soin de le prescrire avant l'accès à venir et non au cours de l’accès.

Nous avons envisagé jusqu’ici les cas où la fièvre est franchement inter mi tien le.

Lorsqu’elle est continue ou plutôt rémittente il peut y avoir avantage à procurer des rémissions artificiellement dues aux médicaments, pour permettre au malade de s’alimenter, car l’alimentation seule lui permettra de vaincre à la longue cette fièvre désespérément tenace; toutefois l’emploi des médicaments, dans ces cas, devra toujours être espacé.

La quinine est sans action sur la fièvre des tuberculeux; Y antipyrine, au contraire, a une action incontestable. Seulement, nous le répétons, pour éviter la brusque dépression désastreuse, chez beaucoup de phtisiques, il faut administrer le médicament avant l’accès et non pendant. Ainsi pour couper un accès qui débute habituellement à 5 heures, on peut donner une première dose de 0 gr. 75 à I gramme à midi, et une seconde un peu avant 5 heures. Si l’accès n’est pas complètement coupé ainsi, il est du moins fortement atténué et l’on arrive à enlever au malade la céphalalgie, les malaises pénibles <pii accompagnent l’accès.

L’antipvrine se prescrit en cachets, mélangée à du bicarbonate de soude ou prise avec un peu d’eau de Vichy. On peut encore l’administrer par la voie rectale (au moyen d’une poire), si l’estomac est particulièrement compromis dans son fonctionnement.

Il faut toujours interrompre l’usage du médicament, au bout de quelques jours; il agit mieux lorsqu’on le reprend, après une interruption.

La dose d’un gramme d’antipyrine peut être remplacée par 0 gr. 25 d'anlifébrine ou 0 gr. 55 de pliénacétine (Daremberg). Récemment on a proposé Y aspirine (acide acétyl-salicylique) à des doses variant de I à 5 grammes. L’abaissement thermique est très rapide et peut atteindre parfois plusieurs degrés; mais l’action de l’aspirine, comme celle de tous les antithermiques indistinctement, est strictement limitée à la durée de son emploi et, comme tous, elle présente le grave inconvénient de provoquer des bourdonnements d’oreilles, des troubles gastriques, des sueurs abondantes qui pourraient entraîner le collapsus.

L’antithermique le plus récent est la cryoyénine (0,75 à I gramme chez l’adulte, 0 gr. 25 à 0 gr. 40 de 5 à 5 ans, 0 gr. 40 à 0 gr. 75 de 5 à 15 ans), qui serait surtout utile contre la lièvre hectique.

Les lotions fraîches, suivies de frictions à l’alcool, donnent aux malades une sensation passagère de bien-être. On peut aussi pratiquer des lotions avec de l’eau alcoolisée (200 grammes d’eau de Cologne pour 800 grammes d’eau). Ces lotions amènent un abaissement thermique de quelques dixièmes de degré, elles ont l’avantage d’être toniques, facilement acceptées par les malades (Seytre, thèse de Paris, 1902).

On a proposé les applications locales de gaïacol, dans le but d’abaisser la température des tuberculeux (Sciolla). Essayés d’abord par certains médecins de Lyon, MM. Bard, Lannois, Weil, etc., ces badigeonnages ont donné quel-

Tl BERCl LOSE P1LM05A1RE.

ques résultats satisfaisants. On fait sur une étendue de 10 à 15 centimètres un badigeonnage avec 1 gramme à 1 gr. 50 ou même 2 grammes de gaïacol cristallisé que I on a liquéfié par la chaleur au moment d’en faire usage. Après le badigeonnage on recouvre la peau de taffetas gommé. Pour obtenir un effet antithermique marqué, il est nécessaire d’employer le gaïacol pur, sans assoj dation de glycérine. Son mode d’action a été attribué par Guinard à l’excitation des nerfs périphériques retentissant par voie réflexe sur les centres thermogènes; mais ce mode d’action n'est pas le seul qui puisse être invoqué, car le gaïacol est absorbé (Linossier et Lannois) ; la température baisse rapidement de 1 à plusieurs degrés à la suite de ces badigeonnages qui ne sont pas d’ailleurs sans inconvénients, car ils déterminent des sueurs très abondantes, laissent au malade un goût désagréable dans la bouche et de plus déterminent I souvent du gonflement et de l’érythème. Il est contre-indiqué de les employer ; chez les tuberculeux à la période de ramollissement et de formation des cavernes, car ils peuvent déterminer des accidents graves de collapsus et même entraîner la mort (Bard).

A. Gilbert (Société de biologie, 14 avril 1804) a confirmé la plupart des faits qui précèdent. Il déclare n’avoir pas dépassé la dose de 1 gr. 50 de gaïacol en badigeonnages. L’abaissement thermique est très fréquent mais non constant; il se manifeste une heure après le badigeonnage et atteint le plus souvent son maximum trois heures après celui-ci. A ce moment l’abaissement obtenu est de 1 degré1 à 1°,5. Ultérieurement la température se relève, quelquefois brusquement, le plus souvent progressivement, et. au bout de cinq à sept heures après le badigeonnage, elle a repris son taux habituel.

Il faut d’ailleurs noter que le relèvement peut être excessif et que, dans certains cas, à l’action dépressive sur la température succède une hyperthermie réactionnelle qui ne laisse aucun bénéfice aux malades.

Les malades atteints de fièvre vespérale doivent faire leur principal repas à midi. Ceux qui ont une fièvre à peu près continue doivent s'alimenter avec du lait, des œufs, de la gelée de viande ou de la pulpe de viande crue.

L'alcool à doses modérées est très utile chez les fébricitants. Il est d’autant plus indiqué que l’alimentation des malades devient plus difficile et la perte des forces plus marquée. M. Jaccoud prescrit :

Poussées fébriles et congestives. — Chez un malade atteint d une poussée congestive il convient, avant tout, de rechercher les causes occasionnelles qui ont pu intervenir. Il suffit parfois chez un sujet, à tendances congestives, d’une cause minime, telle qu’un coup de froid, une émotion, un repas prolongé, une conversation animée pour provoquer la poussée; dans d’autres circonstances, d’une médication intempestive : usage d’eaux sulfureuses, abus

Vin rouge

Cognac

Sirop d’écorces d’oranges amères

Teinture de cannelle

Extrait de quinquina

100 grammes.

-iO —

MALADIES DU POUMON

de la créosote, du cacodylate de soude et de l’arrhénal, de l'alcool, delà glycérine, etc.

La connaissance des causes occasionnelles importe surtout pour prévenir le retour des poussées.

L’indication essentielle est la mise au repos absolu, car le traitement médicamenteux est des plus limités. Les antimoniaux sont encore employés par quelques médecins, bien que Laënnec ait émis des doutes sur leur efficacité. Le kermès (20 à 50 centigrammes), l’oxyde blanc d’antimoine ont été prescrits, mais c’est surtout le tartre stibié (pie l’on a utilisé. Fonssagrives le donnait à la dose quotidienne de 20 à 50 centigrammes dans une potion contenant du sirop diacode, de l’eau de laurier-cerise, etc., (pie le malade prenait par cuillerée à bouche d’heure en heure; la glace permettait d’arrêter les vomissements. M. Bucquoy emploie également le tartre stibié, mais à moins forte dose (10 à 15 centigrammes), et il obtient rapidement la tolérance; puis il réduit la dose journalière à 5 centigrammes. Si la diarrhée ou l’état nauséeux persistent néanmoins, le traitement doit être suspendu.

La médication stibiée s’adresse surtout, d’après M. Bucquoy, aux complications inflammatoires si communes à la période intermédiaire du premier au deuxième degré de phtisie.

MM. llérard et Cornil insistent sur la tolérance à laquelle parviennent les malades, (pii peuvent prendre chaque jour 25 centigrammes de tartre stibié en même temps qu’une alimentation copieuse sans éprouver la plus petite nausée, le plus léger malaise.

Les malades ne peuvent cependant arriver à s’alimenter suffisamment que d’une façon progressive, quand ils sont soumis à la médication stibiée. Le premier jour, l’alimentation ne doit consister qu’en quelques bouillons dégraissés, pris froids. Le deuxième jour, on permet deux potages; le troisième, trois; le quatrième, aux potages on associe quelques aliments légers; le cinquième jour, le malade peut faire usage de viandes rôties, et à partir de ce moment se nourrir à sou appétit. MM. llérard et Cornil ne paraissent cependant pas partisans des hautes doses de tartre stibié, puisqu’ils ne prescrivent pas plus d’un centigramme par jour :

Tartre stibié 5 centigrammes.

Extrait de réglisse q. s.

Pour 20 pilules dont on prend 5 à 4 par jour.

En résumé, le tartre stibié, d’après plusieurs médecins autorisés, abaisserait la température et décongestionnerait le poumon, lors des poussées fébriles.

La révulsion est aujourd’hui bien délaissée; elle conserve cependant des partisans convaincus (pii ont oublié ce qu’a dit Laënnec au sujet de l’emploi des vésicatoires : « Tous les praticiens conviendront qu’on ne s’aperçoit pas beaucoup de leur utilité chez des sujets qui présentent déjà des signes de

TUBERCULOSE PULMONAIRE

phtisie. » Il est vrai (]ue du temps de Laënnec on entretenait les vésicatoires pendant un temps indéterminé.

De nos jours on ne fait usage que du vésicatoire volant, « moyen révulsif par excellence, dit Peter, le plus rapide dans son action, le plus constamment efficace, celui dont tous les malades se félicitent, auquel ils ont spontanément recours en cas d'oppression pour en avoir antérieurement éprouvé les bienfaits ».

Pour être exempts d’inconvénients, les vésicatoires doivent être de très petites dimensions, appliqués tout au plus pendant cinq ou six heures et pansés avec soin pour que la cicatrisation soit rapide.

Aujourd’hui on utilise exclusivement les ventouses sèches qui peuvent être répétées fréquemment sans inconvénient et dont l’emploi est toujours suivi d'une amélioration momentanée.

Quel traitement convient-il en somme d'adopter chez un tuberculeux pris de fièvre et d’accidents congestifs? Avant tout lui imposer le repos absolu au lit et ouvrir les fenêtres; de plus, remplacer l’alimentation habituelle par le lait, les œufs battus dans le lait, les crèmes, le jus de viande, les grogs.

La médication slibiée ne sera employée que chez les malades encore vigoureux; mieux vaut avoir recours à 1 ipéca, que Reid considérait également comme très utile dans les phases fébriles; Daremberg fait prendre :

Sirop de térébenthine X

— de tolu f ;iâ 20 grammes.

— d’ipéca '

5 cuillerées à dessert par jour.

On prescrira également la poudre de Dower à la dose de 50 à 60 centigrammes, associée ou non au bromhydratc ou au chlorhydrate de quinine, ou la poudre d'ipéca (I à 2 grammes) donnée à doses réfractées dans une potion gommeuse. On pourra de plus prescrire une préparation ammoniacale pour faciliter l'expectoration :

Liqueur ammoniacale anisée 4 grammes.

Sirop de térébenthine 50 —

Eau de fleurs d’oranger 40

Eau 60

(Daremberg.)

Chez les femmes, les poussées congestives coïncident souvent avec la période menstruelle, elles peuvent être accompagnées d’hémoptysies; aussi prescrirat-on le repos absolu, dans les jours qui précèdent l’époque présumée des règles, l’application d’une mouche de Milan et le bromure de potassium, s’il s'agit de femmes nerveuses, dont les vaso-moteurs sont particulièrement impressionnables.

Troubles digestifs. L'importance du bon fonctionnement de l’esto-

MALADIFS DU POUMON

rnac et de l'intestin chez les tuberculeux a été reconnue de tout temps. On peut dire, sans être taxé d’exagération, que le pronostic de la tuberculose pulmonaire dépend en grande partie de l étal des voies digestives, et qu'un tuberculeux qui peut s’alimenter, qui assimile les aliments ingérés, a de grandes chances de guérison ; en tout cas, guérissent ceux-là seuls qui peuvent lutter contre l'invasion bacillaire par une alimentation.convenable. 11 faut donc se conformer scrupuleusement au conseil donné par le professeur Peter « d’entourer de soins pieux l’estomac des tuberculeux », et parmi les précautions à prendre à son égard, nous mettons au premier rang celle qui consiste à éviter les médicaments dont l’administration prolongée est susceptible de déterminer des troubles digestifs; mieux vaut en effet nourrir un tuberculeux que le droguer. Il faut, d’autre part, écarter de l’alimentation le vin pur et les liqueurs alcooliques. L’alcool n’est guère utile que pendant les périodes fébriles, comme aliment d épargne et antithermique.

Les troubles digestifs sont la règle au début de la tuberculose; ils précèdent même souvent l'apparition des autres symptômes. L’estomac est le plus souvent seul en cause à cette époque, alors que les troubles intestinaux prédominent à la période ultime.

Anorexie rebelle, vomissements, douleurs, atonie gastrique, tels sont les symptômes que l’on doit combattre.

Nous avons indiqué ce que doit être l’alimentation du tuberculeux dont les fonctions digestives s’accomplissent d’une façon normale ; il nous faut indiquer sommairement les variantes au régime, qu’implique l’existence des troubles digestifs.

La viande crue , la poudre de viande , le lait et le képhir , les œufs crus constituent une précieuse ressource dans le cas d’anorexie. Nombreux sont les malades à qui l’usage prolongé de la viande crue a permis de reprendre des forces et de revenir progressivement à l’alimentation. Si l’on veut amener les malades à accepter la viande crue sans répugnance et même avec, plaisir, il faut leur recommander le mode de préparation suivant : on prend une quantité de filet de bœuf de bonne qualité, double de celle qui doit être absorbée (300 grammes par exemple pour obtenir 150 grammes de purée de viande, après préparation). On débarrasse cette viande des nerfs, des vaisseaux, de toutes les parties fibreuses et aponévrotiques ; on la gratte avec un couteau peu tranchant ou bien sur une râpe, on pile la viande ainsi râpée dans un mortier et finalement on la passe sur un tamis très fin. On obtient ainsi une véritable purée de viande que l’on fait prendre dans un peu de bouillon dégraissé ou bien incorporée à de la purée de pommes de terre ou de lentilles, à une gelée de fruits. Ce mode de préparation est bien préférable à celui qui consiste à hacher la viande et à la rouler en boulettes; nous n’avons jamais vu les malades refuser d’avaler leur potage à la purée de viande, dont l’aspect rappelle le potage au tapioca, tandis que les boulettes sont parfois rejetées.

L’usage de la viande crue détermine parfois un peu de diarrhée, que l’on préviendra en faisant prendre au malade, avant chaque repas, une petite quantité de bismuth et de craie préparée. 'Pour obtenir des résultats sensibles avec

TI'BERCULOSE PI LMONAIHE

la viande crue, il faut arriver à en faire absorber 200 ou même 500 grammes; mais au début on n’en fera prendre qu’une petite quantité, 50 grammes par exemple, pour assurer la tolérance. On augmentera ensuite rapidement les doses.

Les poudres de viande ont été introduites en thérapeutique par M. le professeur Debove. Estimant avec raison que la grande digestibilité de la viande crue réside dans son état d extrême division, M. Debove eut l’idée de faire préparer des poudres de viande qui sont également très assimilables et qui, sous un petit volume, représentent environ quatre fois leur poids de viande crue. La viande hachée, puis desséchée à l’étuve à 05 degrés, est ensuite pilée et finalement stérilisée à 110 degrés, sans que cette dernière opération l’empêche d’être digérée. M. Debove introduisait d’abord la poudre de viande par la sonde oesophagienne; il faisait prendre, 2 ou 5 fois par jour, 25 grammes de poudre mélangée à du lait, puis augmentait progressivement les doses jusqu’à 500 à 400 grammes par jour. 11 n’est pas nécessaire d’avoir recours à la sonde, les malades pouvant avaler très facilement la poudre de viande lorsqu’elle est mélangéeà du lait, du bouillon, du chocolat. Le procédé le plus simple de préparation consiste à la délayer dans l'eau. On verse une certaine quantité de poudre dans un bol, puis de l’eau goutte à goutte, et on agite continuellement avec une cuiller, pour éviter qu’il se produise des grumeaux ; quand tout est mélangé et que l’on a obtenu un mélange suffisamment liquide, on ajoute une cuillerée de sucre en poudre et deux cuillerées de rhum, ou bien de l’anisette, du malaga, de la teinture de vanille. On peut encore incorporer la poudre de viande dans un potage aux lentilles, qui en masque très bien la saveur.

La plupart des malades peuvent prendre aisément 100, 150 grammes ou même davantage de poudre de viande, en plusieurs fois, dans la journée. Sous I influence de ce régime, on observe desaméliorations remarquables, non seulement dans les tuberculoses apyrétiques, mais parfois dans les tuberculoses avec lièvre vespérale de moyenne intensité. L’état général devient rapidement meilleur, et des lésions très avancées, des cavernes même, sont susceptibles de se réparer.

Le lait est surtout utile comme un adjuvant dans l’alimentation des phtisiques anorexiques ou bien chez ceux qui sont atteints de diarrhée incoercible. Avec la viande crue, il constitue toute l’alimentation de ces malades; beaucoup cependant ne peuvent le supporter. On le remplacera par le képhir, qui exerce parfois la plus heureuse influence sur les troubles digestifs (hypopepsie); il réveille l’appétit, relève les forces et supprime ou diminue considérablement les vomissements et la diarrhée. Lorsqu’il est pris comme aliment presque exclusif, la dose journalière doit être de trois à quatre bouteilles (képhir n° 2).

La bière, les boissons chaudes sont très utiles chez les phtisiques dyspeptiques: ceux <pii peuvent s’alimenter quelque peu se nourriront avec de la viande crue, des œufs, des viandes rôties ou grillées, des purées de viande et de légumes, des fruits cuits, du fromage, etc.

MALADIES DI POUMON

D’ailleurs il faut se garder d’ètre systématique et ue pas trop se laisser guider par des idées théoriques dans le choix des aliments; souvent le plilisique digère le mieux les aliments qui semblaient a priori devoir le moins lui convenir, ce qui prouve la grande part que joue l’élément psychique dans les troubles gastriques et surtout dans l’anorexie. L’anorexie des phtisiques tient surtout à trois grandes causes qu’il ne faut pas perdre de vue, si l’on veut être de quelque utilité aux malades ; ce sont : l’abus des médicaments, le manque d’air, la fièvre. Il est aisé de remédier aux deux premières. Quant à la fièvre, elle peut tomber sous l'influence prolongée de la cure d’air et de repos. En tout cas, chez un tuberculeux qui perd l’appétit, il faut immédiatement supprimer les médicaments susceptibles d’irriter l’estomac, comme la créosote, l’arsenic, etc.; il faut en outre recommander, si cela n’a déjà été fait, le séjour continu au grand air, le massage, les frictions, les inhalations d'oxygène.

L’anorexie peut être exclusivement la conséquence de l’état neurasthénique, de la dépression où sont plongés les malades, conscients de la nature de leur maladie et convaincus, à tort, de son incurabilité. Dans ce dernier cas,

I inlluence morale du médecin est considérable; il peut réussir à faire manger ses malades en leur répétant sans cesse que leur guérison est entre leurs mains, pour peu qu’ils consentent à s’alimenter. Chez cette catégorie de malades, le gavage est utile, comme chez ceux qui, désireux de s’alimenter, ne peuvent le faire, la vue des aliments provoquant chez eux des nausées et des spasmes œsophagiens. On introduit par la sonde, chaque jour, un ou deux litres de lait, des œufs, de la viande crue ou de la poudre de viande. Il importe seulement de ne pas introduire dans l’estomac des quantités d’aliments supérieures à celles (pic sa capacité digestive lui permet d'assimiler.

L influence des médicaments sur le réveil de l’appétit est, des plus discutables. Parmi les amers recommandés, l une des meilleures préparations est la macération de quinquina calisaya (8 à 10 grammes pour un litre d’eau) dont on fera prendre deux tasses par jour, une avant chaque repas; on peut encore prescrire le colombo en macération (4 grammes), ou le quassia amara associé à la rhubarbe (1 gramme de quassia cl 25 centigrammes de rhubarbe dans un verre d’eau froide; prendre deux ou trois verres à bordeaux de cette macération dans les vingt-quatre heures).

Pidoux, Fonssagrives employaient journellement la teinture de noix vomique à la dose de X à XV gouttes avant chaque repas ou les gouttes amères de Baumé (Il à VI), la teinture de fèves de Saint-Ignace, etc. On pourra prescrire par exemple :

Teinture de badiane

— de fèves de Saint-lgnact

X gouttes avant chaque repas.

On a vanté récemment le persulfale de soude (sel très altérable), à la dose de 0 gr. 10 — 0 gr. 20 :

10 grammes.

Pcrsulfatc de soude

TUBERCULOSE PULMONAIRE

2 grammes.

I cuillerée à soupe, une demi-heure avant chaque repas.

M. Letulle a récemment expérimenté, avec M. Ribard, à l'hôpital Boucicaut. une méthode thérapeutique qui consiste dans l’excitation de la sensation de In i m au moyen de l’action du froid (Société méd. des Hôpitaux, mars 1 S08 ) . Pour appliquer le traitement, on remplit un sac de toile grossière avec 2 kilogrammes de « neige carbonique » et, afin de protéger la peau contre l’action directe d’un froid trop intense, on enveloppe ce sac d’une couche épaisse d ouate. Le sac est appliqué sur la région épigastrique, deux fois par jour, avant les repas, et laissé en place pendant trente minutes environ chaque fois. La neige carbonique s’évapore assez lentement pour permettre, avec 2 kilogrammes, de faire deux applications le même jour. Le seul inconvénient de la cr ij mo thérapie est son prix de revient.

Les vomissements des phtisiques sont provoqués le plus souvent par la toux et surviennent immédiatement après le repas. L’indication thérapeutique première réside dans le traitement général de la tuberculose. Sous l’influence combinée de la cure d’air, de la cure de repos, l’état général s’améliore, la toux devient plus rare et les vomissements s’espacent ou disparaissent : d’autre part, les malades qui savent discipliner leur toux peuvent diminuer par cela même la fréquence de leurs vomissements. Souvent cependant, l'intervention médicamenteuse ne peut être évitée, et pour qu’elle soit efficace, il est nécessaire de se rappeler dans quelles conditions surviennent les vomissements provoqués par la toux : les malades toussent parce qu ils ont mangé et vomissent parce qu'ils ont toussé (Marfan). En d’autres termes, l’excitation des filets gastriques du pneumogastrique amène la toux par voie réflexe et celle-ci à son tour provoque le vomissement; l’estomac est donc le point de départ de la toux et des vomissements consécutifs. Les moyens que l’on a employés sont fort nombreux : on a utilisé autrefois le bromure de potassium (2 grammes par jour; Guider, Ferrand), le valérianate d'ammoniaque (Gucneau de Mussy), l 'eau de laurier-cerise (Fonssagrives). Gueneau de Mussy prescrivait la belladone \ il faisait prendre au malade, après le repas, une ou deux des pilules suivantes :

Extrait mou rtc quinquina 0 gr. 10

— de belladone 0 gr. 01

Pour I pilule.

I. un des moyens les plus simples et les plus sûrs consiste à donner au moment du repas deux à trois gouttes de laudanum ou bien la morphine (une cuillerée à café d'une solution de 1 centigramme dans 50 grammes d'eau ; Peter); la morphine associée à la cocaïne :

MALADIES DU POUMON

Chlorhydrate de morphine o centigrammes.

de cocaïne 5 à 10 —

Eau distillée 150 grammes.

par cuillerées à café de cinq en cinq minutes après le repas.

L'extrait tliébaïque associé on non à l’acide chlorhydrique :

Acide chlorhydrique 1 gramme.

Extrait tliébaïque o centigrammes.

Eau 100 grammes.

Une cuillerée à bouche à la lin du repas.

Evvald associe la morphine, la cocaïne et la belladone :

Chlorhydrate de morphine . .

— de cocaïne . . .

Teinture de belladone. . . .

Eau distillée de laurier-cerise

20 centigrammes.

5 grammes.

X à XV gouttes.

G. Séc a constaté la disparition des vomissements sous l'influence de la teinture d'iode (Y à X gouttes) que MM. Roque et Cartier ont de nouveau vantée :

Teinture d’iode Chloroforme .

V gouttes au moment du repas dans un peu d’eau.

Pécholier a préconisé U acide plié nique associé aux gouttes noires anglaises :

Acide phénique pur déliquescent 2 grammes.

Gouttes noires anglaises 0 grammes.

• » grammes.

IV gouttes trois fois par jour, avant les repas, dans un peu d’eau sucrée. M. Empis, 1 a strychnine :

Strychnine I centigramme.

Alcool 1 gramme.

1 à o cuillerées à bouche.

M. Tripier recommande Yalcool pris en petite quantité après les repas.

On a récemment proposé d’utiliser les propriétés anti-émétiques du menthol’, voici la formule que propose Mariait .

TUBERCULOSE PULMONAIRE. 783

Alcool rectifié Il) grammes.

Menthol 5

Y oit VI gouttes dans un peu d’eau au commencement de chaque repas

M. Chauffard formule ainsi :

Chlorhydrate de cocaïne. . .

Eau distillée de laurier-cerise

Menthol

Alcool

X à XX gouttes en une seule fois.

M. Mathieu prescrit le menthol à la dose de 0 gr. 15 à 0 gr. 25 en suspension dans un julep gommeux de 150 grammes.

M. de Crésantignes recommande les petites doses de menthol (0,05 - 0,05); maintenir la solution dans l’eau, par la teinture de saponine :

Menthol 0 gr. 05 à 0 gr. 05

Teinture de saponine. 5 grammes.

Glycérine 5

Eau distillée q. s. pour 125 —

On peut également utiliser, et c’est l’un des meilleurs moyens, l’eau chloroformée étendue d’une quantité égale d’eau ordinaire (2 à 4 cuillerées à bouche espacées de dix en dix minutes), ou bien encore Veau bromoformée (Mathieu); l'eau, par le contact prolongé et une agitation fréquemment répétée, peut dissoudre 2 gr. 50 à 5 grammes de bromoforme par litre (Richaud). M. Mathieu formule ainsi :

Eau bromoformée 100 grammes.

Sirop de codéine 50 —

Quelquefois l’ingestion de petits morceaux de glace après le repas suffit à empêcher le vomissement.

Au lieu d’employer les anesthésiants gastriques, on a eu recours aux moyens thérapeutiques dont l’action porte sur les filets pharyngés du nerf vague. Woillez faisait badigeonner le pharynx de ses malades avec une solution concentrée de bromure de potassium; depuis la découverte des propriétés anesthésiantes de la cocaïne, on emploie exclusivement celle-ci (badigeonnages du pharynx avant ou mieux après le repas, avec une solution au vingtième; Lescarret, Orv).

Des différents moyens indiqués, les plus efficaces sont : la glace, l’eau chloroformée ou bromoformée, le menthol, la cocaïne. Il faut être très modéré dans l’emploi des préparations opiacées qui ont l’inconvénient de produire l’anorexie.

Ajoutons qu’il ne faut pas négliger le traitement des troubles digestifs,

10 centigrammes.

10 grammes.

50 centigrammes.

15 centimètres cubes.

MALADIES DI POl MON.

mémo quand le vomissement paraît provoqué nettement par la toux, et que I on atténue souvent ces troubles digestifs par le seul fait de la suppression des médicaments irritants pour l’estomac (créosote, arsenic, etc.).

La révulsion à l'aide de pointes de feu appliquées au creux épigastrique, de pulvérisations d’éther (Jaccoud), de chlorure de méthyle, ont paru diminuer parfois la fréquence des vomissements.

En dépit des divers moyens qui viennent d’être énumérés, les vomissements persistent souvent ou même deviennent de plus en plus fréquents et rappellent les vomissements incoercibles de la grossesse. Il faut dans ce cas soumettre le malade à la diète lactée, lui donner de la glace pilée, du champagne frappé, la potion de Rivière, l’eau chloroformée :

E:m distillée UiO grammes.

de menthe 50 —

— chloroformée saturée 150 —

Plusieurs cuillerées à bouche par jour.

Les injections de morphine réussissent parfois à calmer ces vomissements incoercibles, mais le véritable traitement à leur opposer est le lavage de l'estomac joint au gavage.

Le lavage fait avec de l’eau très chaude additionnée de bicarbonate de soude ou d'eau chloroformée supprime souvent les vomissements, mais ses effets sont moins sûrs que ceux produits par Y alimentation artificielle. On introduit par la sonde du lait additionné de jaunes d’œuf et de poudre de viande. M. Debove a constaté que le passage de la sonde peut suffire à arrêter les vomissements sans qu’il soit besoin du lavage; les aliments introduits par la sonde sont gai dès, alors que le malade vomit tout ce qu'il essaye d’ingérer.

Il importe de continuer l’alimentation artificielle longtemps encore après la disparition des vomissements, car les rechutes peuvent se produire après la cessation du traitement et compromettre une amélioration acquise au prix de nombreux efforts.

Quand on reprend l’alimentation normale, on fait prendre des aliments exigeant peu ou pas d’efforts de mastication : des potages épais (bouillies), des potages au riz, de la viande pulpée, des œufs, des hachis, des cervelles, des huîtres, des crèmes, etc

Le repas du soir devra être moins copieux que celui du matin. Une infusion aromatique chaude esl souvent utile à la fin du repas.

Lorsqu’il existe des douleurs gastriques très vives et d’autres signes indiquant l'hyperpepsie avec hyperchlorhydrie, il faut opposer à cette variété de dyspepsie le traitement habituel ; c’est-à-dire l'alimentation par le lait, les œufs, la viande crue ou la poudre de viande, les alcalins à hautes doses, le pansement au bismuth.

S'il existe de la dilatation atonique de l’estomac avec haleine fétide, fermentations intenses, il peut être utile de faire le lavage de l’estomac avec de

TUBERCU LOSE PULMONAIRE.

l’eau bouillie additionnée d’acide salicylique (2 grammes par litre). On pourra prescrire la solution d’acide chlorhydrique après le repas.

Le traitement de la dyspepsie terminale est au-dessus des ressources de la thérapeutique. Il importe de savoir cependant qu’à une époque très avancée de la phtisie, on peut encore rendre de grands services aux malades à l'aide du lavage de l’estomac. Nombre de phtisiques, présentant du ramollissement pulmonaire ou même des cavernes, mais dont les fonctions intestinales ne sont pas compromises, sont atteints d’anorexie absolue et de vomissements dus uniquement au séjour dans l’estomac des crachats déglutifs.

Le lavage fait le matin permet d’évacuer un liquide puriforinc, analogue à celui qui remplit le crachoir. De Cérenville a cité des exemples très nets de cotte action particulière du lavage dans la tuberculose.

La constipation chez les phtisiques se traite par les laxatifs habituels et surtout par les lavements.

La diarrhée doit être combattue dès son apparition. Le phtisique atteint de diarrhée doit cesser immédiatement l'usage de tous les médicaments qu'il prend : il se nourrira avec des œufs, du jambon, des viandes blanches râpées ou de la gelée de viande, des purées, du riz, etc. Quant à la viande crue, elle est parfois bien supportée, alors que dans d’autres cas elle entretient ou augmente la diarrhée.

Comme boisson, il prendra de l'infusion de thé ou de l’eau additionnée de cognac.

Le régime lacté exclusif est parfois le meilleur régime; le lait sera additionné d’eau de chaux. Le képhir, déjà signalé, est à la fois un excellent aliment et médicament dans la diarrhée des phtisiques : on emploie dans ce cas le képhir n° o.

La diarrhée n’est pas toujours due à des ulcérations intestinales; il existe parfois une lientérie due à l’absence de digestion des aliments par le sue pancréatique; dans ce cas, la pancréatine peut rendre des services :

Bicarbonate de soude 0 gr. 40

Pancréatine 0 gr. 50

Pepsine 0 gr. 20

Diastase 0 gr. 10

Pour 1 cachet, un au milieu de chaque repas.

Les deux grands symptômes de l’entérite tuberculeuse, ulcéreuse, sont la diarrhée et la douleur : les préparations opiacées sont indiquées pour combattre l’une et l’autre; on usera donc avec avantage du laudanum, de l’élixir parégorique, de la poudre de Dover, du diascordium, etc.; mais il ne faut pas abuser de ces différentes préparations qui ont parfois l’inconvénient de favoriser la rétention dans l’intestin des matières en fermentation, qu’il importerait, au contraire, d’évacuer. Aussi faut-il de temps en temps prescrire quelques verres d’eau purgative, et dans l’intervalle employer la craie lavée. n.-n. lyox. — 5" édition. 50

MALADIES DU POUMON

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