SOI
les vaisseaux utérins, riches en fihres musculaires lisses. Les capillaires du poumon ne possèdent qu’un nombre très restreint de ces fibres, l’action vasoconstrictive de l’ergotine sur ces capillaires est des plus contestables. En fait, l’action de l’ergot est des plus douteuses et s’il est dilficile de prouver que l’ergotine a réellement arrêté des hémoptysies, on sait par contre qu’elle a été impuissante dans bien des cas d’hémoptysies à répétition, finissant par entrainer la mort. Constatons incidemment que si l’action de l’ergot de seigle est douteuse, celle du perchlorure de fer est incontestablement nulle: on croyait autrefois que ce médicament peut passer dans la circulation et aller coaguler l'albumine au siège même des hémorragies; malheureusement pour les théoriciens, le perchlorure se transforme dans l’estomac en protochlorure et n’est absorbé que sous cette forme. Or. le sang qui contient des chlorures ferreux n’est plus coagulable (Rabuteau).
Si l’on croit devoir employer l’ergot de seigle ou I ergotine, il fera bon de l'associer à l’opium, au sulfate de quinine :
Extrait de ratanhia Ergot de seigle .
Poudre de digitale
pour 1 pilule; G à 8 par jour.
Extrait île ratanhia.
Ergotine
Poudre de digitale .
— de Dover. .
Extrait de jusquiami
pour 1 pilule. En prendre 6 par jour.
Poudre fraîche d'ergot 20 centigrammes.
Sulfate de quinine 10 —
pour 1 cachet. Un toutes les demi-heures jusqu’à effet.
15 centigrammes.
0 gr. 10 0 gr. 01
Extrait thébaïque I centigramme.
Ergotine . • ^ ââ 10 centigrammes.
Sulfate de quinine )
pour 1 pilule. Une d’heure en heure jusqu’à effet,.
Ergotine
Sulfate de quinine
Poudre de feuilles de digitale Extrait de jusquiame. . . .
pour 1 pilule; 5 à 10 par jour.
^ aa 0 gr. 10
| a~a 0 gi. 01
Le plus habituellement on prescrit Yergo’ine Yoon, qui représente son
G.-R. LYON. — 5e ÉDITION. 51
MALADIES DU POUMON
poids d’ergot, à la dose de 1 à 5 grammes, en injections sous-cutanées, ou bien l’ ergotinine de Tanret :
Ergotininc 1 centigramme.
Acide laelii|iie 2 centigrammes.
Eau de laurier-cerise 10 grammes.
Cette solution contient 1 milligramme par centimètre cube; on injecte un quart de milligramme à la fois, soit Y gouttes, et l’injection de cette dose peut être répétée quatre à cinq fois par jour. Le sirop d’ergotine contient un quart de milligramme par cuillerée à café.
Capitan préconise l’injection sous-cutanée d’une solution dans laquelle sont associées diverses substances: ergotine Yvon, antipyrine, sulfate de spartéinc, chlorhydrate de morphine, c’est-à-dire des médicaments vaso-constricteurs, modérateurs cardiaques et généraux, hémostatiques :
Ergotine Yvon 5 grammes.
Antipyrine 2 gr. 50
Sulfate de spartéine 50 centigrammes.
Chlorhydrate de morphine 5
Eau distillée q. s. pour volume total de 10 c. c.
On injecte sous la peau, ou mieux profondément dans un muscle, une seringue entière de cette solution (l’antipyrine rend l’injection douloureuse). On peut pratiquer une seconde injection une demi-heure après la première et d’autres encore dans le courant des vingt-quatre heures, sans dépasser quatre ou cinq seringues au plus.
Quand, en dépit des moyens précédents, l’hémoptysie persiste et se reproduit sans cesse, il faut avoir recours à Y ipéca. On emploie l’ipéca soit à doses vomitives, suivant la méthode de Trousseau, qui en donnait 5 à 4 grammes en quatre paquets, administrés de dix en dix minutes, soit à doses nauséeuses,suivant la méthode de Graves, en s’efforçant d’éviter le vomissement. On administre alors 10 centigrammes d’ipéca toutes les dix ou vingt minutes, ou à intervalles plus éloignés. On peut formuler ainsi :
Poudre d'ipéca I gramme.
Sirop diacode 6U grammes.
Sirop d’écorces d’oranges amères 50 —
Une cuillerée à soupe toutes les deux heures.
Ipéca 5 centigrammes.
Extrait thébaique 2 milligrammes.
pour une pilule. Une toutes les heures (Dieulafoy).
La poudre de Dover, qui, avec l’ipéca, contient la poudre d’opium, du sulfate et de l’azotate de potasse, peut être prescrite dans le même but par doses de 20 centigrammes plusieurs fois répétées.
HEMOPTYSIE.
Laënnec et Monneret employaient le tartre stibié: mais ce dernier médicament peut déterminer une dépression qu’il faut éviter chez les malades déjà très abattus par la vue du sang et anémiés par l’hémorragie.
On ne dépassera pas la dose de 0 gr. 05 et on associera du tartre stibié à l’opium :
Tartre stibié 5 centigrammes.
Sirop diacode 40 grammes.
Sirop d'écorces d’oranges amères 00 —
Une cuillerée à café toutes les deux heures.
Les médicaments que nous devons citer maintenant n’ont qu’une action secondaire ou même douteuse sur l’hémoptysie ; tels sont les astringents végétaux et minéraux.
On a préconisé le tanin, en pilules, 10 centigrammes par pilule; 50 centigrammes à 2 grammes par jour; Y acide gallique, aux mêmes doses, en potion
ou en pilules :
Acide gallique ....
Ergotine
Glycérine
Sirop simple
pour 1 pilule; 5 à 6 par joui
Ergotine Bonjean . . .
Acide gallique
Sirop de térébenthine .
Une cuillerée à bouche d’heure en heure.
Acide gallique 10 centigrammes.
Ergotine J v
Poudre d'ipéca \ aJ J
— de digitale 1 centigramme.
pour 1 pilule; 5 à G par jour, etc.; le ratanhia sous forme d’extrait (2 à 5 grammes) en potion, ou de sirop: la térébenthine (1 à 4 grammes d’essence en capsules de 25 centigrammes); la lerpine (1 gramme à 1 gr. 50).
L’usage des acides minéraux, notamment de l’eau de Rabel (acide sulfurique alcoolisé, employé de 2 à 4 grammes en potion), de la limonade chlorhydrique, ne repose sur aucune donnée sérieuse. On attribuait — hypothétiquement — aux acides minéraux une action constrictive sur les vaisseaux, comme aux astringents.
Les propriétés hémostatiques du chlorure de calcium ont été mises récemment en lumière.
2 grammes.
50 centigrammes.
120 grammes.
0 gr. 10 0 gr. 05
MALADIES DU POUMON
On utilise ce sel à la close de 2 à 4 grammes par jour :
Chlorure de calcium Sucre de lait. . .
pour un paquet; 4 par jour dans une infusion de tilleul,
ou :
Chlorure de calcium
Sirop d’opium
— d’écorces d’oranges amères Eau distillée
q. s. pour 150
4 grammes.
Une cuillerée à soupe de deux en deux heures.
L’action coagulante du foie et son action dépressive sur la circulation artérielle (Gilbert, Carnot, Mairet, Vires et Chivos), a été également utilisée. On sait que les hémorragies multiples, si fréquentes dans les affections hépatiques, peuvent être attribuées à la perte de ces propriétés par le foie malade. Or, le foie est altéré par différentes causes au cours de la tuberculose; il paraissait donc légitime d’expérimenter Y opothérapie hépatique contre les hémoptysies. On prescrit 10 à 12 grammes d’extrait total desséché, en pilules, tablettes, cachets ou délayé dans du lait, du bouillon, ou bien encore en lavements (Thèse de Berthe; Paris, 1898).
Le plus récemment employé des remèdes contre l’hémoptysie est Y extrait de capsules surrénales, avec son principe actif, Y adrénaline. L’extrait de capsules a été prescrit à la dose de 1 gr. à 1 gr. 50, en lavement (0 gr. 50 par lavement). Quant à l’adrénaline on l'a utilisée en injections sous-cutanées (Souques et Morel) à la dose d’un demi-centimètre cube de la solution normale au millième. Ces auteurs ne conseillent pas d’employer des doses plus élevées, lesquelles exposeraient à des inconvénients plus ou moins graves : céphalée, vertiges, angor pectoris, nausées, vomissements.
Quant aux injections de sérum gélatine (à 1-2 pour 100) à la dose de 50-100 centimètres cubes, il convient de ne les employer qu'avec prudence si l’on n’est pas sûr de leur stérilisation, car d’assez nombreux cas de tétanos sont survenus à la suite de leur usage.
La digitale a une action incontestable dans l’hémoptysie, avec accompagnement de palpitations violentes, d’un éréthisme cardiaque manifeste. En raison de la lenteur de son action, la digitale ne peut être employée à titre de médicament d’urgence; elle est surtout utile quand l’hémoptysie se prolonge, mais ne doit pas être employée quand l’hémoptysie s’accompagne de lièvre, les tuberculeux fébricitants supportant mal la digitale.
Lorsque l’hémoptysie, par son abondance et sa longue durée, a déterminé une dépression intense, que l’état syncopal existe en permanence, il faut employer tous les moyens susceptibles de stimuler le système nerveux, c’està-dire Y alcool à petites doses, sous forme de grogs, Yéther en injections sous-
HÉMOPTYSIE
cutanées, la sparléine (4 à 5 centigrammes par injection), Y huile camphrée au 10e ( l à 5 centimètres cubes en injections).
Pendant toute la durée de la période hémoptoïque, 1 alimentation consistera exclusivement en bouillon, lait, œufs, potages. L'alcool sous toutes les formes doit être prohibé (sauf l’exception indiquée plus haut). Les liquides seront froids, mais non glacés. Sabourin accuse les boissons glacées de produire des réactions congestives dangereuses.
Une deuxième variété d’hémoptysie est celle qui survient au cours d une I tuberculose déclarée, s’accompagne de fièvre, et annonce la fonte du parenchyme. Dans ces cas le pronostic est grave, le traitement souvent inefficace.
L’immobilisation absolue du malade, l’aération continue sont, avec une légère révulsion et l’emploi du sulfate de quinine, les moyens de choix à opposer à cette hémoptysie. On donnera la quinine à petites doses (0 gr. 10-0 gr. la) fréquemment répétées.
La troisième variété d’hémoptysie tuberculeuse, celle qui apparaît à la période des cavernes et qui est causée par l’ulcération d’un vaisseau est en général rebelle à toute médication; le seul moyen rationnel est l’emploi de Yerqotine ou de \ ergot inine , qui peuvent agir sur les gros vaisseaux pourvus de libres lisses en assez grande abondance.
Hémoptysies des cardiaques. — Chez les cardiaques, l’indication essentielle est de prescrire, en cas d’hémoptysie, les toniques du cœur pour
! parer aux troubles circulatoires. On prescrira donc la digitale, la caféine, les révulsifs cutanés. Le malade sera soumis au régime lacté et prendra un purgatif drastique (eau-de-vie allemande).
Les hémorragies des cardiaques, qu’elles soient le fait d’une thrombose ou d’une embolie, sont rarement inquiétantes par leur abondance ; leur pronostic est grave surtout parce qu elles indiquent que l’asystolie est menaçante.
Hémoptysies des arthritiques. — Ces hémoptysies, admises par certains médecins, sont niées par les autres, en tant que manifestations de l’arthritisme et rattachées à la tuberculose. Leur traitement doit consister surtout dans l’emploi des moyens révulsifs . du régime lacté (pii diminue la tension artérielle et favorise l’élimination des toxines vaso-constrictives. On peut encore administrer les alcalins sous forme de carbonate ou de benzoate de lit bine.
Les hémoptysies supplémentaires des règles peuvent être également rattachées le plus souvent à une tuberculose latente. Quoi qu'il en soit, il faut s’efforcer d’instituer un traitement préventif, quelques jours avant l’époque présumée des règles. Pendant les jours qui précéderont cette époque, on fera prendre chaque jour un pédiluve très chaud et chaque soir une pilule d'aloès de D gr. K) pour produire une dérivation vers l’intestin et 1 utérus, les ovaires. Daremberg conseille le bromure de potassium :
MALADIES DU POUMON
Eau ‘200 grammes.
Bromure de potassium 10 —
Teinture alcoolique de digitale L gouttes.
2 cuillerées à soupe par jour.
B. — Hémoptysie chez l’enfant.
Le principe du traitement est le meme que chez 1 adulte :
Repos absolu au lit; alimentation légère (lait et laitage, œufs).
Ou pourra prescrire la limonade sulfurique; V ergot ine, soit en injections sous-cutanées, soit par la bouche :
'Ergot ine . . .
Sirop de digitale Eau de tilleul .
1 cuillerée à soupe toutes les deux heures.
Les opiacés, plus énergiques que l’ergot, ne peuvent être employés avec sécurité qu’à partir de (S ou 10 ans : on les associera utilement à la digitale.
Poudre de feuilles de digitale (infusion ou macération) . 0 gr. 15
dans
Eau 120 grammes.
Extrait tliébaïque 0 gr. 02
Sirop simple 50 grammes.
1 cuillerée à soupe toutes les deux heures.
L'ipéca, à dose nauséeuse, peut être employé, comme chez l’adulte, dans les cas d’hémoptysie abondante.
Le chlorure de calcium s’administre à la dose de I gr. 50 à 2 grammes en potion. Quant au sérum gélatine (à 1 ou 2 pour 100), on peut l’utiliser à la dose de 40 à 50 grammes. Encore faut-il être absolument sur de sa stérilisation.
2 grammes.
1 5 grammes
DYSPNÉES
Bien que le traitement de la dyspnée se confonde avec celui des maladies qui la déterminent, nous croyons devoir passer en revue les différentes causes de dyspnée, car celte énumération prête à quelques considérations pratiques intéressantes.
11 est des cas où la cause de la dyspnée ressort avec évidence des circonstances au milieu desquelles elle se produit ; telle est la dyspnée symptomatique des alfections du
DYSPNÉES.