Partie double
§ 1®^. — rmXCIPES GÉXÉBAÜX.
La tenue des livres en partie double est la seule qui permette l’établissement d’une comptabilité régulière et complète. Elle
PIlIîsCIPES GÉNÉRAUX.
mentionne d’abord le point de départ, le capital de la maison, et constate jour par jour les transformations qu’il subit sans passer aux mains d’aucun tiers, les créances et les dettes, enfin les gains ou les pertes qui l’augmentent ou le diminuent. Ainsi cette manière de tenir les livres permet, non-seulement de constater le résultat général des opérations faites entre deux inventaires, mais encore de suivre, d’étudier et de contrôler jour par jour le détail de ces opérations.
Le principe sur lequel repose la partie double est celui-ci: « Que tout capital d’industrie est confié, à la charge de pouvoir à tout instant en rendre compte. » Or, quand un capital est confié, il est dû à quelqu'un par quelqu'un et doit nécessairement figurer à deux comptes, dont l’un est créancier, l’autre débiteur. Comme l’existence de toute dette suppose celle d’une créance exactement égale, la somme de tous les articles du débit est toujours précisément égale à la somme de tous les articles du crédit et si l’on solde tous les comptes, la somme des soldes créditeurs doit se trouver égale à celle des soldes débiteurs.
On voit par là pourquoi cette manière de tenir les livres a été désignée sous le nom départie double. Eu effet, tout article y est inscrit à deux comptes, l’iin créancier, l'autre débiteur. 11 résulte de l’égalité nécessaire des articles créditeurs et des articles débiteurs, des soldes créditeurs et des soldes débiteurs, un moyen de vérification et de contiôle qu’on ne trouve ni dans la partie simple, ni dans la partie mixte. En effet, si, en relevant la somme des articles ou la somme des soldes créditeurs et débiteurs, le teneur de livres ne trouve pas deux chiffres égaux, il sait qu’il a commis une erreur, soit en passant ses écritures, soit en eu constatant le résultat, et il la cherche jusqu’à ce qu’il l’ait découverte. Si, au contraire, la somme des articles et la somme des soldes ressortent égales au crédit et au débit, a[)rès les nombreux mouvements de chiffres qui ont eu lieu, il peut considérer ses écritures comme correctes et bien vérifiées.
Dans ce système, la maison de commerce est représentée, non par son nom, mais par un compte appelé ordinairement Capital. 'fout ce que la maison possède est nécessairement marchandises, effets de commerce, créances directes ou monnaie. On peut ouvrir un compte à une personne morale appelée Marchandises, à la-
COrnCEILE-SEXECU.
3i TRAITÉ ÉLÉMENTÂIRR DE COMPTABILITÉ.
quelle le compte Capital conlie toute la partie de l’actif qui consiste en marchandises; une personne morale appelée Portefeuille sera chargée de la garde des effets à recevoir; une autre, appelée Caisse, sera chargée des espèces. Quant aux débiteurs proprement dits, ils seront désignés par leurs noms en tête des comptes qui les concernent. Pour établir l’actif de la maison, on supposera (pie le compte Capital en est créancier et que les autres comptes que nous venons d’indiquer en sont débiteurs, chacun pour la partie qui le concerne.
Les dettes elfeclives de la maison seront constatées de la même manière. Ou ouvrira un compte à chacun des créanciers connus et on supposera que Capital leur doit la somme due par la maison. Les sommes dues par billets à ordre ou lettres acceptées seront inscrites au crédit d’un compte i et au débit de Capital.
Dans ce système d’écritures, on peut observer que le passif de la maison de commerce est inscrit à l’actif des comptes, tandis que l’actif de la maison de commerce est inscrit au passif aes comptes. Ainsi les marchandises, les espèces, les effets à recevoir, les créances figurent au débit des divers comptes, tandis que les dettes, soit envers des personnes déterminées, soit envers lès porteurs d’engagements, figurent à l’actil des mêmes comptes. Mais comme, dans les écritures, le débit et le crédit sont toujours é"aiix, ou ne cherche i>as l’état de la maison dans l’ensemble des écritures, mais seulement dans la situation du compte Capital, dont le solde, toujours créditeur, hors le cas de faillite, exprime la somme que l’entreprise doit à son propriétaire et qu’il a,
comme on dit, mise dans les aflaires.
Il est d’usage de n’inscrire aucun article au compte Capital entre deux inventaires, cà moins qu’il ne s’agisse d’une somme nouvelle, prise en dehors de l’entreprise et mise dans les affaires, comme nue somme provenant d une suci.ession. Les gains et les pertes constatés, soit dans le courant des opérations, soit au moment de l’inventaire, sont portés à un compte particulier qu’on appelle habituellement Profits et Pertes et dont le solde présente, en fin d’exercice, le résultat liquide des opérations.
D’après ces données, on peut distinguer dans la partie double
trois espèces décomptés:
ppelé d’ordinaire Effets à payer
PRlNCll’ES GENERAUX.
1° Comptes du propriétaire ou des propriétaires de la maison. 11 y en a deux, dont l’un. Intitulé Capital, mentionne le point de départ de la maison au commencement de l’exercice, l’importance et la composition du capital engagé dans les affaires, tandis que l’autre, appelé Profits et Pertes, constate les gains et les pertes survenus pendant l’exercice ;
2® Comptes des objets de commerce personnifiés, tels que les comples Marchandises, Portefeuille et Caisse, qui expriment un actif, et le compte Effets à payer, qui indique les dettes dont on ne connaît pas personnellement les créanciers;
Comptes des correspondants désignés par le nom des personnes auxciuellcs la maison emprunte ou fournit positivement des capitaux.
Une fois que les divers objets et créances actives ou passives dont l’ensemble constitue le capital de la maison ont été attiibués aux comples auxquels ils appartiennent, ils ne peuvent se transformer sans passer d’un compte à un autre, ni être confiés à quelqu’un ou rendus par quelqu’un sans qu’il en s()it fait mention au compte delà personne qui reçoit ou paye, ni être perdus ou augmentés sans figurer au compte charge de constatei les
pertes et les gains.
On gagne ordinairement de deux maniérés, savoir : par la perception d’intérêts ou commissions et par la vente de maichandises à un prix supérieur au prix de revient. On diminue son capital par les dépenses que l’on fait, par les pertes résultant des faillites de ceux auxquels on a prêté ou vendu à terme, ou parce que les marchandises cjue l’on possédé ont éprouvé une moins-value. Ainsi, il y a des gains et des pertes appréciables à l’instant même: ce sont, d’une part, les intérêts et commissions; d’autre part, les frais et’ les faillites. Il y a des gains et des pertes qui ne peuvent être appréciées qu’en fin exercice, par un examen de situation, par un inventaire : ce sont les plus-values et moins-values des marchandises que l’on possède. Les gains ou pertes lésultant de la différence des prix d’achat et des prix de vente des maichandises sont constatés «à volonté au moment de la vente ou a 1 inventaire. Il est plus commode de ne les constater qu en fin d exercice, et c'est ainsi que procèdent la plupart des petites et
moyennes maisons.