DÉFINITIONS
établir de manière qu’ils soient aussi brefs, aussi clairs et aussi complets que possible.
Ainsi un commerçant achète pour vendre et vend pour payer ce qu’il a acheté ou achètera. Les capitaux dont il dispose changent fréquemment de forme, puisqu’ils prennent alternativement celle d’espèces ou celle de marchandises; en môme temps, ils changent de mains, puisque le commeiçant prèle lorsqu'il vend à terme, et emprunte quand il achète à terme; en même temps, il reçoit comme différence entre le prix d’achat et le prix de vente un certain nombre de sommes, tandis qu’il dépense d’autres sommes en loyer, éclairage, frais de personnel, etc. Gomment poiirra-t-il se rendre raison des opérations qu’il fait ou peut faire, savoir celles qu’il lui convient de rechercher ou d’éviter, s’il ne cherche des lumières dans un bon arrangement de comptes bien établis et bien tenus? Sans doute, il peut être informé en fin d’année, par un inventaire, du résultat total de ses opérations; mais il ne peut connaître exactement les causes qui l’ont amené, ni être sûr qu’il n’a rien omis ou même qu’il n’a pas été victime de soustractions.
De même le manufacturier, qui transforme des matières premières en produits en payant des machines, des ouvriers, des frais généraux de toute sorte, qui fait subir aux capitaux sur lesquels il travaille les transformations les plus nombieuses et les plus variées, qui joint à ses opérations propres toutes celles que fait le commerçant, ne comprend les avantages ou les inconvénients de chacun des procédés qu’il emploie ou peut employer qu’au moyen de comptes bien arrangés et suivis avec soin.
11 en est de même de l’agriculteur, qui fabrique des graines, des racines, du bétail, comme le manufacturier fabrique des fers ou des tissus, en consommant des matières premières, telles que semences, engrais ou fourrages, en payant des salaires, en employant des engins et outils, et la terre dont il doit retrouver le loyer avec les autres déboursés dans la vente des produits. Nul ne peut savoir quels sont les effets de tel ou tel mode de culture, ni jusqu’à quel point est rationnel celui qu’il a adopté, s’il ne s’en est assuré par les moyens que met à sa disposition l’art de la comptabilité.
Que dire de ceux qui travaillent avec des associés auxquels ils
doivent donner raison de toutes les operations de 1 entreprise qu’ils dirigent et de leurs résultats, des directeurs d’assurances et de Ions ceux qui s’occupent de la gestion d intérêts complexes autres que les leurs? Pour eux tous, des comptes bien établis et
bien tenus sont de première nécessité.
La connaissance des principes de la comptabilité serait trèsutile à un grand nombre de personnes qui, sans être engagées dans l’industrie, sont souvent appelées à connaître, discuter et juger les affaires industrielles ; tels sont les avocats et les magistrats. 11 est bien difficile aussi aux personnes qui ignorent ces principes de comprendre et de discuter pertinemment les comptes des grandes compagnies industrielle^ et ceux des finances publiques. On peut dire que cette connaissance est indispensable à quiconque se pique d’avoir reçu une instruction generale digne de l’époque dans laquelle nous vivons.
n. — Langage de la comptabilité.
La comptabilité, comme tous les arts, a son langage propre, ses expressions tecbniques, ses instruments spéciaux. PSous allons exposer et définir succinctement les termes principaux dont elle se sert ; ensuite nous décrirons ses instruments, qui sont les
documents commerciaux et les livres.
Les comptes ont d’abord été employés à rappeler les créances qu’un particulier pouvait avoir sur les autres et les dettes dont il pouvait être grevé au profit des autres j puis on a observe que toutes les opérations que la comptabilité était destinee a rappeler, constituant des mouvements ou des transmissions de capitaux, pouvaient être ramenees a la forme de dettes et de creances. Comme toute dette doit être payee eb toute créance recouvrée, il y a nécessairement deux sortes d articles, ni plus ni moins, à chaque compte, savoir ; les articles qui constituent le titulaire du compte débiteur et ceux qui le constituent créancier. On appelle les premiers articles débiteurs et les seconds articles
créditeurs.
On divise ordinairement les livres, livrets et feuilles destinés î l’inscription des comptes en deux parties séparées par une ligne verticale. A gauche, on inscrit les articles débiteurs, par ordre