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DEUXIÈME PARTIE

I. — Applications de la partie double aux grandes entreprises.

On peut comprendre sans peine comment les principes de la partie double s’appliquent dans toutes les maisons où une seule personne suffit à tenir tous les livres et même dans les maisons où les livres auxiliaires sont confiés à un petit nombre d’employés. Mais lorsqu’il s’agit de maisons immenses, comme quelques banques, où les livres occupent jusqu’à des centaines de personnes, comme les chemins de fer où la même comptabilité doit constater toutes les opérations qui naissent de fadministration d uncapita d’un milliard ou davantage, il est absolument indispensable de recourir à des moyens dont les maisons ordinaires n’ont pas besoin. Il est clair, en effet, que nul comptable ne pourrait suffire à l’inscription détaillée au journal de toutes les opérations d entreprises aussi considérables.

On a imaginé divers procédés fort simples qui ont permis d appliquer la partie double aux plus grandes entreprises comme aux plus petites. Essayons d’indiquer comment on procède à mesure que s’agrandit l’entreprise dont on tient les comptes.

Lorsque les comptes d’une maison acquièrent du développement, on commence par partager les livres entre les employés. L’un tiendra le livre de magasin, l’autre le livre d’effets à recevoir, l’autre la main-courante ou le grand-livre, tandis que le

î^S THAITE ELEMENTAIRE DE COMPTABILITE.

chef de la maison ou le principal comptable tient le journal.

Lorsqu’un livre prend trop d’importance et qu’un employé ne peut plus suffire à le tenir, on divise ce livre. Ainsi, pour le livre d’effets à recevoir, on affectera un registre à ceux payables à Paris, un autre à ceux payables dans les départements et un autre à ceux j)ayables à l’étranger, ün pourra sans peine subdiviser encore ces trois subdivisions, s’il est nécessaire, et subdiviser encore chaque subdivision en distinguant les billets des lettres de change, ou bien en considérant les noms des cédants et en inscrivant ceux qui commencent par telle ou telle lettre sur un registre particulier.

Ainsi, dans les maisons où il y a plusieurs caisses, chacune d’elles a un livre de caisse particulier, et dans les maisons même où il n’y a qu’une caisse, une personne chargée des menues dépenses reçoit de temps en temps pour y suffire une somme de l’emploi de laquelle elle rend compte chaque semaine, chaque quinzaine ou chaque mois, époque où les dépenses de la petite caisse, comme on l’appelle, sont totalisées et inscrites en une seule somme au livre de caisse proprement dit.

Dans les maisons où les opérations sont assez nombreuses pour qu’une branche seulement suffise à occuper un certain nombre d’enijiloyés, on aura autant de mains-courantes que de branches d’occupations et toutes ces mains-courantes iront se centraliser en un même journal.

Pour que les employés chargés des mains-courantes puissent travailler sans interruption sans que ceux de la comptabilité générale chargés de relever les opérations constatées aux mainscourantes cessent d’opérer librement, ou a imaginé d’alfecter deux registres à chaque main-courante, l’un pour les lundis, mercredis et vendredis, l’autre pour les mardis, jeudis et samedis. Le lundi, pendant que les opérations du jour sont constatées sur la maincourante, la comptabilité générale relève au journal celles du samedi précédent. Le mardi, les opérations sont insciites sur le registre où se trouvaient celles du samedi, pendant que le comptable chargé du journal relève sur l’autre registre les opérations du lundi et ainsi de suite pendant’toute l’année.

On dit à tort en ce cas que les mains-courantes sont tenues par pair et impair, comme si Tun des deux registres était ^aflecté

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