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COMPTABILITÉ DES CHEMINS DE FER

Il peut être utile, pour faciliter les comparaisons, d’introduire dans le compte Caisse d’un chemin de fer une subdivision intitulée Caisse d’établissement. Ce serait cette Caisse qui serait spécialement débitée du produit des actions et obligations et créditée des dépenses de premier étalilissement.

On peut aussi ouvrir un compte intermédiaire, sous le nom de Ressources, qui remplisse les mêmes fonctions et dont le solde présente constamment la comparaison des ressources réalisées par l’émission des actions et obligations et les dépenses faites pour frais de premier établissement.

Enfin on peut, et c’est le plus court, créditer directement par Caisse le compte Premier établissement de toutes les sommes obtenues de l’émission des actions et obligations. Alors on crédite Obligations par Amortissement du chiffre total des obligations émises et on le débite par Caisse lors des remboursements, après avoir crédité Amortissement par Profits et Pertes ou par Exploitation des sommes à rembourser, au fur et à mesure des échéances.

Les crédits ouverts par les conseils d’administration peuvent donner lieu à des comptes spéciaux. Ainsi une section serait créditée de la somme que lui aurait attribuée le conseil par un compte toujours débiteur appelé Crédits; elle serait débitée des sommes dépensées, les crédits employés seraient passes au débit

du compte Premier établissement.

Les comptes d’Exploitation d un chemin de fer peuvent etre classés, quant aux dépenses, en quatre grandes divisions, et, quant aux recettes, en une seule division. Les divisions des dépensés pourront être désignées sous les noms de : Administration centrale, Exploitation proprement dite, Matériel et ateliers, Travaux et surveillance. Chacune de ces divisions forme une comptabilité entière qui se subdivise en plusieurs autres.

Ainsi la division de l’Administration centrale comprendra: 1" les appointements de tout le personnel de cette administration, à quelque titre que ce soit ; 2“ les frais généraux, tels que assurances, contributions, frais judiciaires, pensions, etc.; 3® les intérêts dus par la compagnie, notamment le service des obligations et actions; 4" quelques dépenses d’ordre, telles que l’impôt du dixième sur le prix des places, les subventions et le loyer des lignes empruntées.

L’Exploitation proprement dite comprendra: 1° le traitement de ringénieur en chef, du personnel de l’inspection, des employés des divers bureaux appliqués au service courant, ainsi que leurs frais de bureaux ; 2“ les frais de perception et de service des gares, comme appointements des chefs de gare, frais de leurs bureaux, impressions de billets, ordres de service, etc.; 3" éclairage et chauffage des gares; 4“ service des trains; 5" service du factage et du camionnage.

La division du Matériel et des ateliers comprend: 1° le traitement de l’ingénieur du matériel et du personnel de cette section; 2® tous les frais de traction, tant en personnel qu’en matériel ; 5° les réparations du matériel et tous les frais auxquels il donne lieu.

La division des Travaux et de la surveillance comprend : l°les appointements du personnel dirigeant la surveillance; 2® l’éclairage et l’entretien de la voie et des bâtiments.

Les Recettes ou produits de l’exploitation se divisent naturellement en voyageurs, excédants de bagages, arlicles de messagerie à grande vitesse, transports à petite vitesse, bestiaux, magasinage, etc.

Ce système de divisions et subdivisions des comptes étant adopté, on observera qu’il indique des services soumis à la même direction et liés ensemble, mais cependant distincts et ayant chacun une comptabilité propre. Considérons un peu les plus compliquées, celle du Matériel et celle des Travaux et surveillance.

L’une et l’autre de ces comptabilités ont dans le service auquel elles s’appliquent des matières à conserver et à consommer. La première est chargée des cokes et charbons, des graisses, de tous les matériaux nécessaires à la réparation du matériel roulant. Ce sont autant de marchandises, dont chacune peut avoir son compte séparé. Prenons pour exemples les cokes : ils sont emmagasinés en tas dans un certain nombre de gares. Le compte Cokes devra être subdivisé en autant de comptes qu’il y aura de gardiens responsables, soit un par gare de dépôt. Il y aura Cokes, gare A, Cokes, gare B, Cokes, gare C et ainsi de suite. Ces comptes seront débités des quantités entrées à mesure qu’elles entrent, mais à

ditera au même prix, a mesure des livraisons, des quaniues nv i ees.

Bien que l’ingénieur sache à peu près la quantité de combustible que consomme par voyage une locomotive marchant à une vitesse donnée, il peut tenir à le savoir d’une manière plus précise. Pour cela il suffira que toute livraison de coke à un conducteur de locomotive soit constatée sur une fiche remise au gardien du coke et annotée sur un carnet de voyage. La quantité de coke consommée dans le voyage sera portée en un chiffre sur un livre auxiliaire destiné à relever les comptes de consommation de chaque locomotive durant chaque voyage, à peu près dans la forme suivante. — « Train n®...; locomotive n“... de... à... tant de kilos de coke, tant; » et ainsi de suite.

Ces détails sont utiles pour savoir ce que consomme chaque conducteur et chaque locomotive; mais la comptabilité du materiel ne s’occupera que des quantités livrées pour en créditer le compte Cokes et ses subdivisions dans chaque gare de depot.

Le reste de la comptabilité du matériel ressemble en tout à celle d’un atelier de construction et n’est, en réalité pas autre. Comme nous en avons parlé longuement, nous ne nous en occuperons pas davantage.

La division Travaux et surveillance a dans ses attributions tous les matériaux de réparation de la voie, tels que rails, traverses, coussinets, etc. Ces matériaux sont répandus tout le long du chemin en las égaux qui rendent les récolements faciles. On donne à chacun d’eux un magasin fictif en divisant la voie en autant de sections qu’il y a d’employés responsables des divers

matériaux.

Soient, par exemple, des rails. On en débite, lorsqu’ils entrent, les diverses sections, n«® 1, 2, 3, etc., au prix de revient déterminé comme pour les cokes. Ils se trouvent d’ailleurs comptés et

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La division des recettes se rattache, comme service, à celle de l’exploitation proprement dite. Chaque receveur est débité du nombre de billets qui lui sont remis pour chaque destination de la ligne. Il est crédité de ceux dont il remet le prix, et le solde de son compte indique l’importance et l’espèce des restants à celui qui contrôle. Les reçus d’excédants de bagage sont détachés d’un livre-souche, ainsi que les lettres de voiture délivrées aux chargeurs de marchandises, bestiaux, etc. Comme les reçus et lettres de voiture reviennent, aux gares d’arrivée, au pouvoir de l’administration, elle a entre les mains des moyens de contrôle sûrs et rapides.

Le montant des lettres de voiture à recouvrer sur les destinataires des marchandises confiées à un chemin de fer se trouve constaté par le débit des employés qui les ont délivrées. On les crédite par ceux de la gare qui doit recevoir, et ceux-ci sont crédités lorsqu’ils ont remis les marchandises , soit qu’ils versent les fonds produits par la lettre de voiture, soit que ces fonds restent dus par un destinataire en compte avec la Compagnie.

Tout colis chargé sur un train est inscrit, avec son numéro et sa destination, sur la facture délivrée, au moment du départ, au conducteur du train ou à l’employé spécial qui est chargé du soin des colis. A l’arrivée, la livraison du colis aux employés de la gare est constatée sommairement, de telle sorte que ces comptes, où les détails sont très-nombreux, ne présentent nulle difficulté.

Les compagnies de chemins de fer ont des comptes les unes avec les autres ; elles en ont avec les gros expéditeurs de marchandises, avec leurs entrepreneurs, avec leurs fournisseurs et avec la Banque de France. Ce sont autant de comptes courants ordinaires, qui ne fournissent matière à nulle observation.

La direction de la compagnie peut être intéressée à savoir ce que coûte et ce que rapporte telle ou telle section d’un chemin de fer, et cela est indispensable lorsque les 'compagnies se trouvent, comme les six grandes compagnies françaises, associées à l’État pour une partie de leur réseau. La comptabilité de chaque section se dégage sans peine, quant aux recettes et quant aux dépenses spéciales, de la comptabilité organisée comme nous l’avons indiqué. Il reste nécessairement un peu d’arbitraire dans la répartition des frais généraux. Il faut enfin qu’un travail spécial soit

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fait dans chaque bureau de recette, pour savoir la part qui revient à chaque section. Un voyageur, par exemple, prend à la gare du Nord un billet de Paris à Seiilis. Il faut séparer, sur le prix de ce billet, ce qui appartient à la ligne principale et ce qui appartient à la section de Chantilly à Senlis. Un tableau dressé à l’avance et un compte spécial rendent cette séparation facile.

Ainsi se détaille au besoin en un nombre énorme de livres, livrets, fiches et factures, la comptabilité de l’exploitation d’un chemin de fer. Sa comptabilité générale est relevée d’après les feuilles où se trouvent résumées chaque jour les comptabilités distinctes et diverses qu’elle doit centraliser.

Toutes les dépenses courantes doivent être soldées par les recettes de l’exploitation, comme les dépenses d’établissement par le produit des actions et des obligations. Les excédants se passent par Dividendes ou Réserve et de telle façon que décide l’assemblée générale des actionnaires. — Il n’y a point autrement de compte Profits et pertes.

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