‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 108 sur 127 · GENRE CINQUANTE -DEUXIÈME · texte numérisé non relu

GENRE CINQUANTE -DEUXIÈME

COnrG£Rl£. Congeria^ Parlsch.

Pl. 37. f. 9. rü n. 1 5i i6.

CARACTKREs GENERIQUES. — Animal allongé, trigone , longitudinal , inytiliforme , ayant les lobes du manteau simples et réunis dans la plus grande partie de la circonférence. Une petite ouverture antérieure pour le passage ‘du pied et d’un byssus. Deux siphons courts et inégaux, le branchial large, dilaté, garni en dedans et sur son bord de nombreux tentacules courts et pointus; siphon anal simple, quelques tentacules dispersés sur le manteau entre les deux siphons. Pied vermiforme, long, étroit, cylindracé, fendu à son bord inférieur, et portant à sa base un byssus filamenteux. Bouche petite, subtefminale; palpes labiales courtes et étroites. Deux paires de feuillets branchiaux assez épais, parenchymateux, lisses, inégaux, la paire externe la plus petite. Deux muscles adducteurs des valves : l'antérieur petit, très courte situé sous les crochets; le postérieur beaucoup plus grand et subcylindrique.

Coquille allongée, longitudinale, mytiloïde , triangubaire , ayant les bords simples parfaitement clos , si ce n'est en avant et en bas, oùs’ouvre une petite fente pour le passage du byssus. Crochets terminaux très pointus, droits ou courbés. Gharnière simple et sans dents ; ligament externe , peu allongé , saillant. Deux impressions musculaires : Tune pètite , antérieure , située au-dessous des crochets , sur une lame transverse et triangulaire; l’autre postérieure , ovale ou circulaire.

SYNONYMIE GENERIQUE. — ilytUus , Pallas , Hchroetei’, Chemnitz, Gmeîin , Georgi , de Baer, Wood, Sowerby,

LES DRElSSENtDES.

Pfeiffer, Kickx, etc. — Cangeria, Partsch, Bro\V'n5 Kôiiig, etc.

— Dreiüsena , Vanbeneden, Eichwald, Bensoii , Sowerby, Gray, Nyst , Picard, Morris. — Tichogonia, Rossmaessler, Millier, Herausgeber. — Mytüina, Mytilomia , Cantraine.

— DytliçLlmia ^ Jay.

OBSERVATIONS. Une coquille découverte par Pallas dans les eaux douces de la Russie a été mentionnée par le célèbre naturaliste sous le nom de Mijtüus 'pohjmorphm. Confondant deux espèces, l’une marine et l’autre d’eau douce, le savant naturaliste auquel la science est redevable de travaux du plus grand mérite, a fait naître la croyance qu’une même espèce de mollusques pouvait habiter à la fois les eaux douces et les eaux salées ; et , si la vérité de ce fait s’était établie par de nouvelles observations , elle aurait été la seule et la plus étonnante exception que l’on pût citer dans toute la classe des Mollusques. Le fait d un Mytilus dans les eaux douces était déjà assez extraordinaire par lui-méme pour attirer l’attention des naturalistes; et cependant, depuis Pallas jusqu'à nos jours , l’espèce retrouvée dans d'antres lieux , en recevant divers noms, a toujours été admise sans difficulté parmi les Moules.

Personne, jusqu’en 1835, n'avait cherché à reconnaître si l'animal est en effet semblable à celui des moules marines. Il était intéressant cependant do s’assurer si un genre aussi essentiellement marin que celui des Moules possède une es|)èce dans les eaux douces ; car autre chose est d’admettre une, même espèce vivante en môme temps dans les eaux douces et dans les eaux salées, ou d’admettre que des espèces différentes d’un môme genre [leuveut sc trouver à la fois dans la mer et les eaux douces On connaît un assez grand nombre de genres qui ont des espèces marines et d’autres fluviatiles; mais jusqu'ici on ne peut citer aucun exemple authentique d’une espèce de mollusque vivant indifféremment dans les eaux douces et dans les eaux salées. Les applications multipliées que l’on a faites depuis quelques années de la conchyliologie à la géologie rendaient très intéressantes les recherches entreprises à ce sujet; et on le comprendra facilement, car on aurait pu rapporter à des dépôts marins des couches formées dans les eaut douces, où l’on aurait pu croire à des méhi-ngos qui n’auraient eu aucune réalité.

En '1835,‘M. Parlsch publiait dans les Annales du Muséum de Vienne un mémoire sur des coquilles fossiles trouvées dans les terrains tertiaires des environs de Vienne. Une étude attenlivé de ces coquilles

SKIZIEMfc FAMILLE.

fit reconnaître à ce naturaliste des caractères qui avaient échappé à ses devanciers; confondues parmi les Moules, il proposa pour elles le genre Co7igcria. A la jnômo époque, M. Vanboneden, après avoir étudié ranimai du Mytijus pohjmorphm de Pallas, s’aperçut qu’il était fort différent de celui des moules marines, et il établit pour cette espèce un nouveau genre auquel il imposa le nom de Dreissena. Bientôt ce genre fut admis par un certain nombre de naturalistes; cependant, deux années plus tard, M. Rossmaesslcr n'ayant pas eu connaissance des travaux de MM. Partsch et Vanbeneden, proposait le genre Tichogonia pour ce môme Mytilus polymorpkus de Pallas. Le genre Dreissena avait sur ce dernier la priorité, et pour un certain nombre de personnes il semblait que les genres Congeria et Dreissena pouvaient rester en mémo temps dans ta méthode. En effet, l'espèce principale du genre de M. Partsch se rapproche tellement des Isocardes par sa forme, que Ton croyait trouver dans celte coquille le type d'un genre distinct de celui de Vanbeneden. Des études plus complètes sur des matériaux plus nombreux ont fait justice de cette opinion peu fondée, et aujourd’hui l'identité des caractère.! génériques des Congeria et des Dreissena est établie de la manière la plus irrévocable. Le genre de M. Partsch devra donc subsister, car on ne peut admettre la priorité du genre Enocephalus de Münster. Quoique mentionné par nous en 1 833, ce genre est resté manuscrit dans la collection de l’auteur, et n’a pas reçu une publication suffisante pour ôtre reconnu par tous les conchyliologues. Malgré tous ces noms précédemment connus, M. Cantraine en proposa encore un autre, celui de .)fylilina, que bientôt après il transforma en Mytilomyaf dans le Bulhlin de l’Académie de Bruxelles ( 1 847]. La synonymie générique que nous avons rapportée en tête de ce genre indique de quelle manière les conchyliologues se sont partagés entre les différents noms que le genre Congeria a successivement reçus. Le plus grand nombre d’auteurs ont conservé le nom de Dreissena , et cependant nous croyons, avoc M. Uerrmannsen, que le nom de Congeria doit être préféré.

M. Gray, auquel nous avons quelquefois reproché de multiplier les divisions méthodiques , nous semble celte fois avoir raison de proposer une famille spéciale pour le seul genre Congeria. Nous avons vu précédemment par quels caractères cette famille se justifie, et ce que nous allons ajouter sur le genre contribuera à faire sentir mieux encore la nécessité de la famille.

Ayant discuté, eu traitant de la famille des Congéries, la place qu’elle doit occuper dans la méthode naturelle , nous n’avons plus à nous occuper içi de cette question, et nous allons passer immédiatement à l’ex-

LES DREISSENIDES.

position détaillée des caractères de la coquille et de l’animal du genre Congérie.

Les coquilles du genre Congeria se présentent sous des formes assez diverses , mais qui se rattachent toujours à celles qui sont propres au genre M^Jtîlus et à ses diverses modifications. Les unes sont tout à fait mytiformes , allongées , ayant les crochets pointus , terminaux et rapprochés. Dans quelques espèces ces parties, plus courtes, sont dépassées par un côté antérieur très court , et alors elles prennent l’apparence des Modioles. Parmi les espèces a crochets pointus, il en est quel-, ques unes de fortement carénées et qui sont très bombées ; elles ont une tendance à devenir subcordiformes. Vues du côté antérieur, elles ne manquent pas de quelque ressemblance avec les Buccardes de la section des Hémicardes. Enfin il est d’autres espèces chez lesquelles l’angle antérieur des valves s'arrondit. Les crochets s’inclinent l’un vers l’autre en se contournant en spirale , et alors la coquille prend dans sa forme générale l’apparence d’une Isocarde. Telles sont dans leur ensemble les modifications qu’on observe dans la forme extérieure des coquilles que nous réunissons aujourd’hui dans le genre Congeria. Leur surface extérieure est lisse, ou marquée de stries irrégulières d’accroissement. Dans les espèces vivantes, un épiderme peu épais, jaunâtre ou brunâtre, couvre toute la coquille, sans la déborder. Cet épiderme se détache avec assez de facilité par la macération. Nous no pouvons parler de la couleur que d’après les espèces vivantes ; nous n'en retrouvons que de faibles traces sur les espèces fossiles les mieux conservées. Les espèces vivantes sont des coquilles ordinairement blanches ou jaunâtres, sur lesquelles se dessinent de larges zones iransverses et irrégulières plus ou moins onduleuses, d’un beau brun noirâtre foncé. Les variations sont nombreuses ; si d’un côté il y a des individus très pâles, d’un autre il y eu a d’extrêmement bruns, par suite de l’élargissement successif des zones transverses, qui finissent par se toucher et se confondre. Dans la grande espèce de Congérie de l’argile du bassin de Vienne {Congeria subglobosa, Parstch), nous trouvons dans les individus les mieux conservés des traces non équivoques de la coloration : tout le côté antérieur était d’un brun pâle, tandis que le côté postérieur, à partir d’une limite très nette , est d’un brun foncé produit par un grand nombre de fascies trausverses et irrégulières , séparées par des intervalles plus étroits et plus pâles. Les bords dans ces coquilles sont simples ; ils sont minces et tranchants, même dans les espèces les plus épaisses et dans les individus les plus vieux. Lorsque les valves sont rapprochées, elles sont closes assez exactement: cependant le côté antérieur, circonscrit

SEIZIÈME FAMIELE.

par un angle plus ou moins aigu, est ordinairement déprimé vers le centre, et celle dépression coïncide à une fenle plus ou moins large que laissent les valves pour le passage du pied et du byssus : par là les Congéries ressemblent à la plupart des Moules, qui ont aussi en avant une ouverture pour le passage des mômes parties, En arrière, la coquille est ordinairement fermée avec beaucoup d'exactitude ; cependant il existe une espèce dans les terrains tertiaires de la Crimée ( Mylilus apertus) qui , ainsi que son nom l’indique , a un bâillement assez large pu coté postérieur pour le passage des siphons qui probablement était plus considérable que ceux des espèces actuellement vivantes. Le côté postérieur présente vers le sommet une dépression peu profonde, dans laquelle on aperçoit un ligament externe peu épais, mais très allongé, et contenu dans une rigole en partie recouverte par les bords légèrement saillants du corselet. Le bord cardinal est simple ; il ne présente aucune trace de charnière articulée,

La surface intérieure des Congeria n’est jamais nacrée , tandis que ^ans les Moules les espèces sont revêtues à l’intérieur d'une couche nacrée plus ou moins épaisse. Quoique cette ditférence dans la nature intime du test ne soit pas en apparence d’une très grande importance, cependant il faut en tenir compte, quand ce ne serait que comme caractère empirique propre à rendre plus facile la distinction de deux genres si voisins. La surface interne des Congérie.s, ordinairement blanche, est quelquefois tachée irrégulièrement de gris ou de. brunâtre.

Nous devons maintenant apporter une attention spéciale à l'étude de je surface interne de nos Congeria. Lorsqu'on a l’habitude de voir dans les autres coquilles dimyaires les impressions musculaires imprimées sur la surface môme du test , on éprouve quelque peine à reconnaître l’impression musculaire antérieure des Congeria ^ parce qu'elle se trouve sur un point de la coquille où elle n’existe point ordinairement. En effet , une lamé transverse se développe au-dessus de la cavité des crochets , et c'est sur celte lame que se trouve l’impression musculaire dont nous parlons. Il est certain que celte impression est placée de la manière la moins favorable pour rapprocher les valves lorsque l’animal se contracte ; mais, d’un autre côté , les lamelles se trouvant très rapprochées lorsque les valves sont dans leur contact naturel , il en résulte que le muscle antérieur doit avoir des fibres extrêmement courtes , et par conséquent d'une action pins puissante que ne le serait colle d’un muscle plus gros , mais à libres plus longues et attachées sur des plans presque perpendiculaires. L’impression dont nous parlons est subtriangulaire : quelquefois elle se creuse assez profondément dans l’épaisseur

LES DHBISSÉNIDES.

(le la lamç Li-ansverse. L'impression musculaire postérieure est tr^H éloignée de l’antérieure; elle est située tout près du bord postérieur, ce qui la rend submarginale. Celte impression est ovale-obronde ; elle egt toujours simple , et, en cela , elle diffère d’une manière reniarquat)le de celle des Moules. Deux autres impressions , mais beaucoup plus petites t^ue celles dont nous venons de parler, se montrent encore dans l’intérieur des valves des Congéries ; elles sont dues aux muscles rétracteurs du pied. Le rétracleur antérieur a une petite impression sur la partie interne du bord cardinal^ à une faible distance du bord de la lame transverse. Cette impression ovale-obronde se trouve donc dans ses rapports ordinaires avec celle de l’adducteur antérieur. lien est de même do celle du rétracteur postérieur du pied : elle est plus superftcicllo , plus diffir cile à apercevoir ; mais, ainsi que dans les autres coquilles des Acéphalés dimyaires, elle forme une sorte de prolongement caudiforme à la grande impression musculaire postérieure. Sj nous insistons sur la position de CCS petites impressions musculaires, c’est afin de bien faire comprendre que les traces laissées par l'animal sur sa coquille sont celles d’un mollusque qui a beaucoup moins d’analogie avec celui des Mouleg qu’avec celui des Cyclades on celui des Buccardes. L’impression paliéale est simple ; elle est très rapprochée des bords de la coquille , et quoique l’animal soit pourvu de siphons , cette impression ne montre aucune inflexion postérieure annonçant la présence de ces organes. Cependant l’espèce fossile que nous citions tout à l’heure, le Mytilus rangé par

nous parmi les Moules à une époque où le genre Congma nous paraissait encore douteux ; cette espèce , disons -nous , présente du côté postérieur uneinflexiou de l’impression du manteau , largo et peu profonde qui semble annoncer, non pas l’existence d'un muscle rélracteur spécial, mais un élargissement notable dans les fibres musculaires du manteau.

En observant le Mytilus &//ücu/aris et quelques autres espèces analogues,, leur trouvant sous le crochet une lame Iransverse pour le mgsçle adducteur antérieur, nous avions pensé que les Congéries et ces espèces de Mytilus avaient assez d’analogie pour faire partie du môme genre, Et comme nous n’avions pas le moindre doute que le M. biloç\tl({ris est une véritable Moule, nous en avions conclu l’admission des Congéries à titre de section des Moules. Mais aujourd’hui notre opinion s’est modifiée par les faits nouveaux dont la science s’est enrichie, et ce moyen de rapprochement est en réalité insuffisant. Quelques zoologistes avaient pensé que ranimai de ce Mytilus bitocularis ofl’rirait quelques caractères génériques propres à séparer ce groupe des Moules, et à l’entraîner dans la famille des Congéries; mais l’expérience a trompé leur attente, et l'ani-

mal de ces espèces à crocliels cloisonnés ne diffère en rien de celui des autres Moules ; par conséquent cet animal est extrêmement différent de celui des Congéries dont nous allons donner la description.

Nous traitons ici d’un genre dont la place dans la méthode peut être encore débattue; il nous a paru nécessaire de présenter avec détail tous les éléments de la discussion , et c’est dans le but de l’éclairer autant que possible que nous décrirons avec soin l’animal.

La forme générale de la coquille indique celle de l’animal. Les espèces vivantes sont niytiloïdes : leur animal est donc allongé, étroit, longitudinal , c’est-à-dire plus long que large ; il se termine en avant en pointe assez aigue; son côté antérieur est aplati; il s’élargit du côté postérieur. La masse des viscères est enveloppée d’un manteau divisé en deux lobes égaux et symétriques correspondant à chacune des valves dont ils revêtent la surface interne. Mince au centre, ce manteau est épaissi à la circonférence par un muscle orbiculaire étroit, peu épais, qui suit exactement le contour de la coquille , et produit sur elle l’impression palléale dont nous avons parlé. En arrière , dans la hauteur du bord postérieur, dans la portion qui correspond aux siphons, le, muscle orbiculaire est plus épais et un peu plus large. Les lobes du manteau se joignent entre eux sur presque toute la circonférence; l’ànimal se trouve ainsi contenu dans un sac dont les ouvertures sont fort petites. La première de ces ouvertures se montre en bas ou en avant ; elle est ovale, subcirculaire ,• et elle coïncide avec l'ouverture antérieure de la coquille. Ainsi que chez les autres mollusques, elle est destinée à donner un passage au pied et en môme temps à un byssus. En arrière , le manteau présente deux autres ouvertures; elles s’offrent sous la forme de deux siphons courts et inégaux. Mais avant de décrire ces organes , nous pouvons ajouter que les bords du manteau sont simples et dépourvus de tentacules dans toute la longueur du bord antérieur. Ces bords, soudés entre eux , sont susceptibles de s’étendre assez pour laisser aux valves le moyen de s’enlr’ouvrir, et permettre à la fois le passage du pied et des siphons.

Comme nous venons de le dire, les siphons sont inégaux et l'animal les tient, l’un par rapport à l'autre, dans une direction constante. Ainsi, tandis que le siphon branchial se projette dans le prolongement de l’axe longitudinal , le siphon anal fait avec lui un angle d’environ 45 degrés. Le siphon branchial , dans la plus grande extension que lui donne l'animal , peut acquérir près du tiers de la longueur totale. Etroit à la base, il se dilate en pavillon de trompette; on voit s’élever sur son bord une série de tentacules plus ou moins serrés, maisenurts, coniques,

LES 1)KKÏSSKN1DE5.

et cepondaul très grêles. Ces tentacules ne sont pas les seuls ; quand on examine la surl'ace interne du siphon , on la trouve hérissée de tentacules plus allongés, ordinairement recourbés au sommet : de sorte que l’entrée du siphon est en réalité obstruée par un nombre considérable de tentacules, mais dont la quantité est variable selon les individus. Chez ceux qui en ont le moins , nous en comptons vingt-cinq ■ chez ceux qui en ont le pins , il en existe au moins le double. Nous avons établi cette comparaison entre des individus de môme taille et qui nous ont paru du même âge. Nous avons reconnu chez les jeunes individus un nombre toujours moindre de tentacules. Deux rangées de papilles commencent à la base du siphon branchial , se continuent jusqu'au siphon anal , et viennent se joindre au point où le manteau disparaît en arrière dans l’intérieur de la coquille. Le siphon anal est étroit, court; il aune large base, et il est semblable dans son profil à un cône déprimé ayant, le sommet tronqué près de son extrémité. Ce sommet est percé d’une ouverture d’un petit diamètre à bords simples et membraneux sur lesquels on n’apercoit aucune trace de tentacules; mais l'apimal a une manière spéciale de clore ce siphon: il ne le contracte pas comme un sphincter, mais il rapproche les deux parois et les contourne ensuite en forme d’S semblable à celle du caractère romain.

Si nous détachons l'animal de sa coquille, nous le trouvons üé à son test par deux muscles adducteurs fort inégaux : l'un, antérieur, très petit, triangulaire, fort aplati, est attaché sur l'impressiou que nous avons fait remarquer sur les lames transverses des crochets ; l’autre, beaucoup plus grand, estsubcylindriquc ; il est tout près de l’extrémité postérieure de l'animal .elle siphon anal vient s'appuyer sur lui , ainsi que dans tous les autres Mollusques dimyaires.

La masse viscérale est allongée; elle est cependant plus ramassée que dans les Moules , car elle est destinée à réunir un plus grand nombre d'organes ; elle produit une saillie assez notable dans l’intérieur du manteau; elle se prolonge eu arrière, prend la forme d’un cône obtus , et s'avance ainsi jusque vers l’eulrée du siphon branchial lorsqu’elle est dilatée par l’accroissement des organes delà génération.

A l’extrémité antérieure de cette masse abdominale et au-dessous du muscle adducteur anterieur, se trouve une ouverture buccale lransver.se, ovalaire et assezgrande. Deux lèvres membraneuses, transparentes, garnissent cette bouche en se prolongeant do chaque côté du corps en une paire de petites palpes labiales , plus longues que larges, triangulaires, pointues et très différentes de celles des Moules,. semblables au contraire à celles des Vénus et des Cyclndes, Ces palpes , parfaitement égales,

T. I. PAKTIE. |I*

SEIZIEMK FAMILLE.

.soiil couverlès (Je lamelles Iransverses, et elles sont fixées aux parties latérales du corps par leur côté le plus court.

Le pied a une forme toute spéciale dans le genre qui nous occupe ; il ressemble beaucoup à celui des Aloules, mais il a non moins d’analogie avec celui des Saxicavcs et même des Gastrochènes. Au moment où les organes de la génération sont en turgescence, le pied semble partir d'un large crypte assez profond , circonscrit de tous les côtés par le gonflement des organes en question. Ce pied est vermiforme, allongé, subcylindracé, et susceptible de mouvements très divers; il contient, comme celui des Moules et des Saxkaves, un organe propre à la formation du byssus. Les filaments de ce byssus se détachent d’une fente assez profonde qui règne dans presque toute la longueur de la face inférieure du pied. A mesure que ranimai vieillit, il ajoute de nouveaux filaments à ceux que contient déjà son byssus, et cet organe est implanté à la base du pied , dans un crypte membraneux qui sort de la partie fibreuse de l’organe locomoteur. Lorsque nous décrirons l’animal des Moules, nous ferons connaître l’appareil musculaire assez compliqué qui sert au mouvement du pied, dans l’épaisseur duquel le byssus est solidement engagé. Dans les Congeria une partie de cet appareil manque, et les muscles propres du pied sont tout a fait semblables, pour le nombre et la disposition, à ceux des autres Mollusques acéphales dimyaires. Cependant nous devons l’ajouter, c’est avec les Gaslrochènes que les Congêries ont le plus de ressemblance à cet égard. A mesure que le pied se développe, ses parois deviennent assez larges pour embrasser toute la masse abdominale comme dans un sac. Chez les Mollusques à pied vermiforme, tels que les Clavagelles et les Gastrocliènes , les parois ont une si faible importance, qu'elles ne peuvent revêtir la masse abdominale, et alors les fibres se transforment en avant et en arrière en une paire de tendons grêles qui vont s’attacher à la coquille en passant à travers la masse des viscères. Nous observons une disposition semblable chez les Congêries^ les muscles rélracteurs antérieurs se détachent de la base du pied et remontent parallèlement l'un, à l'autre, passent derrières les lèvres, et vont s’allacher à la coquille un peu au-desSous du muscle adducteur antérieur. Les muscles rétracteurs postérieurs du pied sont un peu plus épais, un peu plus divergents; ils sont noyés dans les organes de la génération, et ils vont se terminer à la coquille en avant du muscle adducteur postérieur.

L.orsque, par un accident quelconque, le byssus d'une Congérie a été brisé , l’animal rampe avec son pied sur les corps solides , portant sa coquille horizontalement, exactement comme le ferait un Mollusque

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