‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 113 sur 127 · GENRE CINQUANTE-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

GENRE CINQUANTE-CINQUIÈME

CirPIUN'£. Cypiina, Lamk.

PI. i8. f. 8. y. lo. PI. 19. r t. 2.

CARACTÈRES GENERIQUES. — Animal épais , ovale ,, ayant les lobes du manteau simples et réunis postérieurement , prolongés en deux siphons très courts, inégaux, ciliés et peu comprimés.

tÎ7f> niX-SEPÏIÈME FAMILLE.

Pied aplati , fort grand , linguiforme , tranchant et dentelé a son bord inférieur. Branchies grandes, subquadrangulaires , inégales , réunies postérieurement.

Coquille équivtilve, inéquilatérale, subcordiforme , épidermée. Trois dents cardinales sur chaque valve , rapprochées à leur sommet , un peu divergentes ; une dent latérale écartée , postérieure, quelquefois obsolète. Nymphes grandes, épaisses, et donnant insertion à un ligament externe épais et bombé.

Inipressionpalléale simple. Impressions musculaires grandes, subcirculaires, très écartées.

SYNONYMIE GENERIQUE. — PectuTiculus , Lister. — Cardia , Olafsen. — Venus, Linné, Muller, Fabricius, Born, Schroeter, Gmelin, Dillwyn , Wood, Gerville, Montagu, Turton. — Arctica, Schumacker. — Q/prfwcTjLamarck, Férussac, Blainville, Rang', Reeve , Agassiz, etc.

OBSERVATIONS, ütie coquUle figurée et décrite pour la première fois par Lister, dans son Traité des animaux d’A7igl€ter7'e, a été présentée par Lamarck comme type à’un genre auquel il a consacré le nom de Cijpiina, probablement dans l'intention de faire remarquer sa parenté avec les Vénus et les Cylhérées. Linné connut aussi la coquille de Lister, il la rangea dans son grand genre Vénus, sous le nom de Tenus isîandîca; bientôt l’opinion du maître fut acceptée par tous les zoologistes qui lui succédèrent. Müller lui-même, qui dans le Fawia suecica décrivit et figura le premier l’animal de celte espèce , ne la sépara pas des Vénus. Il est vrai qu’à cette époque les caractères génériques des Mollusques n’étaient pas appréciés aussi rigoureusement qu’ils le furent depuis. Néanmoins il esC probable que si Muller eût connu l’animal des Vénus, un observateur de sa valeur aurait été frappé des différences de l'animal de ce genre et de celui des Cyprines, et n'aurait pas manque de les signaler. La description de Muller,- la plus citée parce qu’elle est accompagnée d’une figure, ne doit pas cependant faire oublier celle plus complète d’un autre naturaliste, qui mérite à tous égards la grande réputation qui s’attache à son nom, Othon Fahrîciits. On trouve en effet, dans le Fauna groenlandica de ce.savant observateur, une description très exacte de l’animal du Venus islandica. Lorsque Poli eut fait connaître, quelques années plus tard, les animaux des Vénus de Linné, il

i;es cvclâdes.

aurait été possible, par la seule comparaison des figures et des descriptions, d’apprécier les différences qu’ils offrent avec celui du Venus îslandica. La conséquence de cette comparaison aurait été l’établissement d’un ^enre distinct; mais aucun zoologiste n’y songea, et Lamarck luimême sépara le genre Cyprine d’après les coquilles, et ne mentionna ni Fabricius ni Muller; il ne parle pas de l’animal, et les auteurs qui le décrivent ne sont môme pas cités dans la synonymie de l'espèce type du genre. Dans la première édition du Règne animal^ Cuvier n’oublia pas les documents laissés parMüller sur l’animal du Venus hîandica. Il indique bien celle espèce comme devant former un groupe dans le grand genre des Vénus; mais le célèbre zoologiste ne va pas plus loin.

Dès la création du genre, Lamarck en avait indiqué les rapports en le comprenant dans la famille des Conques, dans les Conques marines, non loin des Cyclades. Dans les Animaux sans vei'têbres^ il dit que ce genre se rapproche des Cyrenes et des Cyclades par plusieurs de ses caractères. En admettant le genre dans sa trop vaste famille des Conchacés, M. de Blainville le rapproche des Cyclades: mais nous nous demandons pourquoi le savant auteur du Manuel admet le genre Cyprine, tandis qu’il rejette les Galatées, par exemple, parmi' les sous-genres des Cyclades. Assurément les Galatées constituent un genre tout aussi bien caractérisé que lesCyprines. Le grand art de la méthode, comme l’enseigne M. do Blainville lui-même, consiste à mesurer chaque degré d’après des caractères d’une égale valeur, et, dans le cas particulier que nous citons, ce sage précepte n’a pas été mis en pratique. Latreille a été plus heureusement inspiré , en introduisant le genre Cyprine dans la famille des Cyclades. Cüvier adopta cette classification dans la seconde édition du Règne animal, et depuis cette époque deux opinions, fort peu différentes au fond, partagèrent les Conchyliologues : les uns, et c’est le plus grand nombre, conservèrent les Cyprines dans la famille des Conques marines ; les autres, avec lesquels nous nous rangeons, l’admirent dans la famille des Cyclades, à l’exemple de Latreille. Mais les deux familles, dans toutes les méthodes, ayant été con.servées dans le contact le plus immédiat, les différences d’opinions que nous apercevons peuvent être considérées comme de simples nuances sans importance.

Nous devons excepter M. d'Orbigny, car ce naturaliste professé une opinion très différente do celles que nous venons d’exposer. Se fondant sur une observation dont nous ne voulons pas contester actuellement l’exactitude, M. d’Orbigny rapproché les Cyprines dos Cardiles, et les entraîne dans la même famille; bien loin, selon nous, de leurs rapports véritables. Les observations de Poli, dont nous avons constaté l’exacli-

DIX-SEPTIEME FAMILLE

tude, prouvent que les Cardites sont dépourvues de siphons, et qu elles ont lo manteau ouvert dans toute son étendue, exactement comme chez les Mulelles. Il faut que d'autres zoologistes aient trouvé exacts les faits exposés par Poli , car tous les classiGcatcurs , sans exception, ont admis les Cardites dans l'ordre des Mollusques à manteau ouvert. M. d’Orbigny affirme, aussi bien dans sa Paléontologie que dans son Voyage en Amérique, avoir trouvé dans les mors du Pérou une espèce de Cardite dont lo manteau a les lobes réunis en arrière et prolongé en deux siphons très courts en guise de perforations peu saillantes. Se fondant sur ce fait unique, dènt il. ne cherche pas à e,stimer la valeur, M. d’Orbigny s’en sert immédiatement pour modifier une classification qui a reçu rassentiment des meilleurs zoologistes. Il est évident que si toutes les Cardites offraient celte jonction des lobes du manteau, il faudrait en tenir compte: mais ce ne serait peut-être pas une raison suffisante pour en rapprocher les Cyprines ; car malgré l'anomalie dont il est question, la Cardite de M. d'Orbigny diffère toujours des Cy prines par les branchies, par le pied, par les palpes labiales , enfin par tous les caractères fondamentaux à l’aide desquels les familles se séparent et les genres se distinguent.

Quelques conchyliologûes admettent plusieurs espèces vivantes de Cyprines. M. Turton, entre autres, introduit dans le genre quatre petites espèces des mers d'Angleterre, qui pour nous appartiennent à d’autres genres ; on no peut donc conserver qu’une seule espèce vivante dans le genre : c’est celle qui habile les mers du nord de l'Europe et de l’Amérique, et dont Müller et Fabricius ont fait connaître l'animal.

Ce Mollusque est ovale-obrond, assez épais, subcordiforme. Le manteau qui l’envelpppo çst mince, à lobe^ égaux réunis en arrière , mais séparés en avant et en bas, depuis rexlrcraité du muscle antérieur jusqu'à la base des siphons. Un large muscle orbiculaire très plat s’étend à la circonférence du manteau; son bord externe est dépassé par le manteau lui-mème, qui se termine par un bord exsertile d'un beau jaune orangé. Simple dans presque toute son étendue, le bord du manteau est pourvu en arrjèro seulement , dans le voisinage des siphons , d’un seul rang de chaque côté de petits tentacules cylindracés.

Les siphons sont très courts, par là ils ressemblent à ceux des Cardiums; ils sont inégaux en longueur et en diamètre, ils sont complètement dépourvus d'un muscle rétracteur spécial ; seulement dans l’endroit où ce muscle existe chez d'autres Mollusques, le muscle orbiculaire prend un peu plus de largeur, ainsi que le prouve une légère inflexion que présente l'impression palléale au moment où elle touche le muscle ad-

LES CYCLADES

ducteur postérieur des valves. Le siphon branchial est très large , il est comprimé latéralement, et son ouverture est ovale. Celte ouverture est couronnée d'une seule rangée de tentacules cylindracés pointus au sommet, égaux, serrés et simples. Le siphon anal se réduit à une simple perforation, dont le grand diamètre est à peine le tiers de celui du siphon branchial; l'ouverture de ce siphon est peu saillante, elle est simple et membraneuse ; au-dessus d’elle, et en remontant vers l’extrémité du ligament, le manteau est pourvu de deux rangs de tentacules semblables à ceux qui précèdent le siphon branchial.

La masse abdominale est grosse et épaisse; elle se prolonge en avant et en bas en un pied comprimé , linguiforme , pointu à son extrémité antérieure, ayant le bord inférieur tranchant et dentelé. Il serait falciforme et fléchi comme un genou, d'après Fabricius : la Ggure de Millier le représente tel que nous venons de le décrire. La bouche et les palpes labiales ne sont pas mentionnées par Millier, et sa figure ne représente pas ces parties. Fabricius dit quelques mots des palpes: « ad basin pcdis adhiic papilla lacera conspicitur. n II qsl à regretter que dans sa manière trop concise de décrire, il ail négligé d'indiquer la forme et la grandeur relative des organes dont il est question.

Les branchies ressemblent beaucoup à celles des Vénus et des Cythérées; elles sont grandes, inégales, subquadrangulaires, d’un jaune blond; elles sont sillonnées et finement striées obliquement; elles se réunissent en arrière du corps, et leur base perforée se montre à l’ouverture du siphon anal.

Les muscles adducteurs des valves sont fort gros, cylindracés, l’antérieur est un peu semi-lunaire; ils sont très écartés et occupent les extrémités antérieure et postérieure de l'animal; on peut les considérer comme submarginaux , car ils sont très près des bords.

Les coquilles du genre Cyprine sont généralement grandes, bombées, cordiformes, inéquilatérales, obr.ondes ou ovalaires; elles sont épaisses, solides, parfaitement closes; leur surface extérieure est lisse, couverte de stries Iransverses d’accroissement peu profondes et irrégulières; elle est revêtue d’un épiderme brun foncé ou verdâtre, épais, lustré, subécailleux, surtout du côté postérieur. Cette surface, selon la juste comparaison de Müller, ressemble à celle que couvriraient de fins crins serrés les uns contre les autres. Les bords sont toujours simples, minces, tranchants et subitement épaissis à l’intérieur. Le côté supérieur ou dorsal est convexe, il est dominé par la saillie de grands crochets rapprochés obliquement, inclinés en avant; lecorselet est à peine mar- (]ué dans la plupart des espèces, il en est quelques unes où il est nette-

D1X-SE1»TIEME FAMILLE.

nient limité par un angle aigu. Le côte antérieur est coilrt, arrondi, obtus, souvent creusé au-dessous des crochets d'un espace lunulaire, mais dans lequel la lunule n’est point circonscrite. Le côté postérieur est plus allongé, un peu moins obtus , et quelquefois sublronqué dans l’étendue occupée par le passage des siphons.

La surface interne est blanche, d’un blanc mat et crétacé. Cette surface est terne , même chez les jeunes individus ; les impressions des muscles et du manteau s'y dessinent très nettement, étant d’un blanc un peu jaunâtre. Les impressions musculaires sont très grandes, très écartées, étant Tune et l’autre très rapprochées du bord : l'antérieure surtout est marginale, tant sa partie moyenne est rapprochée du bord; celle impression n'est pas entièrement circulaire, elle est plus longue que large, son côté interne étant coupé en ligne presque droite. L’impression musculaire postérieure est circulaire, située tout à fait en arrière; elle est très rapprochée du bord postérieur. Son extrémité supérieure so continue le long du bord cardinal en un appendice long et étroit sur lequel s’attache le muscle rétracteur postérieur du pied; une impression à peu près semblable continue le muscle antérieur; seulement elle est plus large, elle est destinée à recevoir le muscle rétracteur antérieur du pied. L’impression palléale quitte le muscle antérieur du milieu de son bord inférieur, elle marche parallèlement au bord ventral, et, parvenue vers l’extrémité postérieure, elle remonte perpendiculairement et gagne la circonférence de l'impression musculaire, comme si elle devait la traverser dans son diamètre. Il résulte de celte disposition que l’espace laissé en arrière , entre le bord des valves et l’impression palléale, est plus large que celui qui e.xiste dans toute la longueur du bord ventral.

La charnière mérite une attention particulière, car c’est d’après elle que l’on peut rapporter avec certitude les espèces fossiles au genre. Il existe, en effet, des Cythérées et des Vénus dont la forme générale se rapproche beaucoup de celle des Cyprines, et nous avons fait remarquer dans ces genres la disparition graduée de la sinuosité palléale; de sorte qu’un moule sorti do l’une de ces Cythérées ou de ces Vénus, n'ayant point conservé l’empreinte de la charnière , pourrait être placé parmi les Cyprines. L’inverse pourrait donc aussi se présenter ; l’absence de l’empreinte de la charnière pourrait faire confondre une Cyprine parmi les Vénus et les Cythérées.

La charOière des Cyprines est fort épaisse ; elle est supportée par une lame cardinale, large, épaisse, solide, dont la base remplit une partie de la cavité des crochets; elle ne la remplit pas cependant d’une manière aussi complète que celle des Galatées. Trois dents cardinales s'élèvent

LES CYCLADES

sur la valve gauche ; elles sont inégales: l’antérieure e^t en pyramide triangulaire, allongée dans la direction de la lunule; elle est irrégulièrement dentelée ou sillonnée, surtout sur son bord tranchant. La dent médiane est comprimée, elle est oblique d’avant en arrière, et elle est séparée de l’antérieure par une fossette d'une médiocre largeur. La dent postérieure est encore moins épaisse ; elle se rapproche de la nymphe, et elle descend obliquement en prenant une longueur considérable; elle est séparée de la dent moyenne par une très large fossette triangulaire. La charnière de la valve droite offre d’abord en avant une fossette triangulaire propre à recevoir la dent antérieure. Cette fossette est plus ou moins profonde, selon les espèces ; à côté d'elle s'élève une première dent oblique, peu épaisse, séparée de la suivante par une fossette étroite dans laquelle est reçue la seconde dent de la valve opposée. La seconde dent de la valve droite est très grosse, très oblique, tantôt simple, tantôt largement canaliculée dans toute sa longueur; cette grosse dent est séparée de la nymphe par une fossette étroite et profonde destinée à la dent postérieure de la valve gauche. Une dent latérale postérieure s’élève sur la valve gauche en arrière du ligament et de la nymphe qui le supporte , elle est reçue dans une fossette correspondante de la valve droite ; cette dent est plus ou moins saillante,' selon les espèces ; elle ne manque dans aucune; il n’y a aucune trace de dent latérale antérieure comparable à celle des Cy rênes. La nymphe est généralement grosse, épaisse et saillante dans les Cyprines ; elle sert de point d’appui à un ligament externe gros et épais, fort saillant au dehors et allongé le long du bord dorsal.

Nous le disions tout à l’heure, une seule espèce vivante est connue dans le genre Cyprine ; cependant M' Turton en admet quatre autres dans son ouvrage sur les Coquilles bivalves de V Angleterre. La première, Cyprina triangularis, est une petite Cythérée très voisine du minima^ que nous avons mentionnée dans le genre Cythérée, et que M. Turton range aussi parmi les Cyprines. La seconde, Cyprina compressa, a tous les caractères des Astarlés; elle ne porte que doux dents à la charnière et elle n a aucun vestige do dent latérale poslérienro. La troisième est le Cyprina minima, qui est une véritable Cythérée, comme nous l’avons déjà dit. Enfin, la quatrième, Cyprina orbiculala, est une coquille orbiculaire, couverte d’un réseau destries longitudinales et Iransverses; elle appartient an genre Lucine. Ces espèces étant rejetées du genre, il ne reste plus que le reniis islandtca, seul type vivant du genre Cyprine. Cette espèce est propre aux mers du nord de l’Europe et de l’Amériquo. C.ommune en Islande, où elle se mange, on la Irouve aussi en Suède et

D1X>SEPTIEME FAMrtLE.

en Norwége; elle descend jusque dans les mers d’Angleterre ; elle, vit dans les mers de Groenland , à Terre-Neuve, et sur une assez grande longueur des côtes de rAmérique septentrionale. Elle est fossile dans un assez grand nombre de lieux. Muller dit qu’elle est fossile en Suède; on la trouve fréquemment en Islande, dans des terrains volcaniques, où elle a été découverte par M. Robert. M. S. Wood la cite parmi les fossiles du crag d’Angleterre, et M. Nyst dans ducragdela Belgique. Elle a été également mentionnée par M. Philippi parmi les fossiles de la Sicile.

Si l’on s’en rapportait trop aveuglément aux catalogues, on pourrait croire qu’il existe plus de cinquante espèces fossiles de Cyprines; mais lorsque l'on vient à examiner chacune des espèces, on reconnaît bientôt que plus de la moitié doivent disparaître, soit qu'elles rentrent parmi les Vénus ou les Cythérées, comme nous l’avons déjà vu en traitant de ces genres, soit qu’elles fassent double emploi et se perdent dans la synonymie des espèces qu’il faut conserver. A la suite d’un examen scrupuleux, nous conservons vingt-deux espèces incontestables. Il y en a deux ou trois qui pourraient bien dépendre du genre, mais dont la charnièrp n’est pas connue. Il faut, en conséquence, les laisser jusqu’à nouvel ordre parmi les douteuses.

Nous ne mettons même pas au nombre de ces dernières le Ctjpriua vctusta de M. Rœmer. Dans ses fossiles du Hartz, ce savant donne ce nom au moule d’une coquille ovale, transverse, qui, pour nous, est une véritable Cyprîcardc. Cette espèce est la seule qui jusqu’ici ait été mentionnée, dans les terrains paléozoïques: en la faisant passer dans un autre genre, le genre Cyprine lui-même disparaît de ces terrains.

Nous avons recueilli dans Toolithe inférieure d’Hayange (Moselle) lès moules de deux coquilles qui ont l'apparence de Cyprines : l’une a la forme générale et la grandeur du Cyprîiia islandica; l’autre, plus globuleuse , se rapproche du Cyprîna quadrata de la craie , ayant toutefois les crochets moins saillants. Avant de les admettre défmilivemenl dans le genre , il faudra rechercher la charnière que nous n’avons point vue. Deux espèces sont propres au terrain jurassique moyen de la Russie ; elles ont été découvertes aux environs de Moscou , et M. d Orbigny les a fait connaître dans le bel et bon ouvrage de MM. de Verneuil, Murchison et Kaiserling, sous les noms de Cyprina hehnerseniona et cancriniana.

De toutes les formations . la plus riche en Cyprines est la crétacée. Nous y en comptons quinze , au nombre desquelles nous ne comprenons pas les deux espèces mentionnées par M. Reuss dans son ouvrage sur la craie de Bohême : l’une , le Cyprina crassitesta^ n’est

LES CyrXADES.

point figurée, n'est point décrite d’une manière suffisante; l'autre, Cijprina oblonga nesi pas du tout Voblonga de M. d'Orbïgny. D’abord l’espèce de M. Reuss est-elle une Cyprine? Nous ne le pensons pas. Dans tous les cas , elle devra constituer une espèce distincte de celle à laquelle elle est rapportée : elle est beaucoup plus équilatérale , plus aplatio , plus large et plus tronquée du côté postérieur ; les crochets sont beaucoup moins saillants, moins obliques, elles stries Iransverses sont régulières et plus profondes.

Une seule espèce, le Cgprina rostrata, se trouve dans le terrain néocomien en Angleterre, en France et en Suisse. M. Leymerie en ajoute une seconde , Cyprina ervyensis , qui , d’après lui , se trouverait à la fois darts le grès yert et le terrain néocomien. Mais M. d’Orbigny ne l’admet que dans ce premier terrain. Sous le nom de Cyprfna kernensis, M. Leymerie sépare une espèce que M. d’Orbigny rapporte au rostrata , tandis que M. Brotm le confond avec le Cyprina angulata de Sowerby. N’ayant pas cette espèce sous les yeux , nous ne pouvons décider lequel de ces paléontologistes a raison; mais il nous semble, d’après la figure du moule, qu’elle se rapproche davantage du rostrata. Quatre espèces sont dans le gault : le regularis et Vervtjensis , d’après M. d’Orbigny, se trouveraient à la fois dans l’Aube, les Ardennes, la Meuse , dans la Drôme et en Savoie.

Une espèce, le Cyprina incerta d’Archiac , est propre au grès vert de la Belgique, connue sous le nom de Tourtia. Cinq espèces se distribuent dans la craie chloritée; plusieurs d’entre elles se montrent à la fois dans les divers bassins crétacés , et celle nommée ligeriensis par M. d’Orbigny, se rencontrant partout , peut .caractériser celte portion importante de la formation crétacée. Enfin , il y a une espèce dans la craie blanche de Royan , Cyprina elongata d'Orbigny, et une dernière dans la craie marneuse do Quedlinbourg, nommée Cyprina orbicularis parM.Rœmer.

Les espèces tertiaires sont moins nombreuses. Nous en avons déjà réformé plusieurs que Lamarck avait prises pour des Cyprines, et qui sont de véritables Vénus par tous leurs caractères. A ces espèces , précédemment signalées à la fin des Vénus , nous devons ajouter le Cyprina tridacnoides de Lamarck, qui est une grande Vénus des terrains tertiaires de l’Amérique septentrionale, décrite sous le nom de Venus deformis par Say. Le Cyprina islandicoides de Lamarck est composé de deux espèces : une Vénus , Venus umbonaria de Bordeaux et d’Italie , une véritable Cyprine qui , pour nous , est le Venus islandica : le Cyprina islandicoides doit donc disparaître complètement.

DIX-SEPTIEME FAMILLE

L’étage tertiaire inférieur contient cinq espèces : deux plmiata et Iforn.sn sont de l’argile de Londres. La troisième est des sables marins les plus inférieurs du bassin de Paris (Braclieux, Noailles , Abbecourt , etc.): c'est le Cyprina sculeîlaria, M. Nyst crut la retrouver dans Ie& sables de Kleinspauwen en Belgique. Mais la comparaison des coquilles des deux bassins nous a fait découvrir en elles des différences spécifiques , et nous nommons l’espèce belge Ctjprina Nystii , voulant consacrer à cette coquille le nom du naturaliste qui le premier Ta fait connaître.

Quoique le Cyprina islandica soit assez variable, cependant il ne l’est pas aü point que l’on puisse y admettre la coquille à laquelle M. Goldfuss consacre ce nom ; heureusement que l’excellente figure publiée par ce naturaliste permet de rectifier l’erreur qu’il a faite à l’instigation de M. Bronn. La coquille décrite par Goldfuss vient de Bunde et d'autres localités de Weslphalie, dont l’âge se rapporte très probablémept à celui des sables de Kleinspauwen , et sont parallèles aux sables de Fontainebleau. Il résulte des précédentes observations que cette soi-disant islandica doit constituer une espèce distincte à laquelle nous donnons le nom de Cyprina Bronnii^ et qu’elle ne dépend pas de terrains tertiaires supérieurs , comme l'a cru Goldfuss , mais de la partie supérieure des terrains tertiaires’inférieurs.

Une seule espèce est particulière au crag , elle est à la fois en Belgique et en Angleterre : c’eàt le Cyprina rustica, Flem., Tenus rnsticaj Sowerby, à laquelle Goldfuss a aussi donné le nom de Cyprina Lajon- Aaîrit;M. Nyst celui de Cyprina iumida , et presque en même temps M. Vanbeneden celui de Cyprina Defrancii.

Enfin, nous avons à mentionner une dernière espèce, le Ke/ms islandica ^ Lin. Elle est fossile dans le crag d'Angleterre et de Belgique; elle apparaît dans ce terrain pour la première fois , et c’est son analogue qui vit encore aujourd’hui et dont nous allons présenter la synonymie.

Nous ne mentionnons aucune espèce dans’ l’étage tertiaire supérieur, Cependant Brocchi . Lamarck , Defrance , en citent plusieurs ; et plus tard, M. Bronn [Italiens tertiar Gebilde) en a mentionné jusqu’à sept espèces dans les terrains subapennins. Mais ce savant naturaliste a reconnu depuis que ces coquilles dépendent du genre Vénus , et il les y a replacées dans son Index paîeontologicus.

LES CYCLAOES. ^85

Cyprine d’Islande. Ç'ijprina islandica . Laink.

PI. 18. f. 8. 9. 10.

C. Testa ovato^turgidâ, cordatà ^ inœquilaterâ , anticè rotundatâ ^ posticè obscure sabangulatâ , intiis albo-cretuceà ^ extàs epidermide fusco 'uirente, nitido ^ striato 'vestitd; cardine lato y soHdo; dente anterioTC pjtramidali , triangulari.

Lister, An. ang. p. 173. pl. 4. f. 22.

Pectunculus maximus. Lister, Conch. pl. 272. f. 108.

Venus islandica, Linné, Syst. nat. éd. 12. p. ii3r. n“ 124.

Olafsen. Voy. en Islande, l. i. p. 37. n® 98. pl. ii, f. 8.

Pennant, Zool, Brit. t. 4* P* 2o5. pl, 56.

Pectunculus major, Da Costa, Coneb. Brit. p. i83. pl. 14. f, 3.

Venus Bucardium. Born, Mus. p. 63. pl. 4, f. ii.

Venus Müll. Fau. suec. Prod. p. 246. n® 2977.

Millier, Zool. suecica. t, i. p. 107. pl. 28,

Chemu. Concli. t. 6. p. 34o.pl. 32. f. 34t, 342,

Fabricius, Faim. Groënl. p. 411. n® 412. »

Schroef. Einl. f. 3.p. 123.

Karslen, Mua. Lesk. t. i. p. i63.

Gmel. p. 3271. n® i5.

Donov. Brit. Shells, t. 3. pl. 77.

Wood, Lin. Trans. t. 6. p. 166..

Montagu, Test. Brist. t. i. p. 1x4.

Maton et Racket, Lin. Trans. t. 8, p. 83..

Dillw. Cat. t. I. p. 176. n®42.

Lamarck, An. s. vert. t. 5. p. :T56. n® 2.

Arctica 'vulgaris, Sebum. Nouv, syst. p. ï45. pl. i3. f. 3.

Turtün, Conch. Dict. p. 238.

Cyprina arctica, Turlon, Conch. Brit. p. i35. n° i.

Bond. Ëlepi. of Conch. 2® part. p. 11. f. 33.

Venus islandica, Gerv. Cal, des coq. de la Manche, p. 25.

Cyprina islandica. Blainv. Malac. p. 552. pl, 70 bis. f. 5.

Croiich. III. Introd. p. x3, pl. 7. f, 2.

Flem. Brit. An. p. 443. n® 5io.

Venus islandica. Wood, Ind. pl. 7. f, 41.

Ciiv. Règ. an. 2® éd, t. 3. p, 147.

Desh. Ency. méth. "Vers. t. 2. p. 46. n® 1,

Sowerby, Généra of shells. Cyprinn. f. i. 2. Cyp, 'vulgaris.

DIX“SEPTIÈME ^'AMILLE.

Desb. daus Lamk. An. s. vert, éd. t. 6. p. ^90, n* 2.

Bouch. Chant. Cat. des coq. du Boul, p. 20.

Forbes, Malac. Mon. p. 47,

Anton, Verz. der Coucb. p. 10. *

Jeff. Mar. Moll, at Oban. Conch. mag. p. 4.3,

Gould. Inv. of Massach. p. 82.

Reeve, Conch. syst. t. i. p. 90. pl, 65.

Sow. Coucb. Man. p. i34. f. 116.

Hanley, Descr. cal. p. g5.

Kuster, Cheniii. 2® éd, Veu, p, 5. pl. i. f. 1,2.

Callow, Conch. Nom. p. 3i. n“ i.

Thomps. Rep. oflheFauna oflreland. p. 261.

Lovèn, Ind. Moll. Scand. p. 38. ,

Màcgill. Moll, of Scotl. p. 210 et 257.

Thorpe, Brit. Mar. conch. p. 81.

Agassi/., Coq. tert. p. 49. n® x. pl. i3. f. 6, 7.

FossHis. Nyst, Coq.- foss. de Belg. p. 147. n loi. pl. 9. f. i. f'ènus œqualis, Sow. Min. coucb. pl. 21.

Cyprina œqualis, Phil. Eiium. Moll. SIcil. t. r. p. 89.

Cyprina maxima. Wood, Cal. foss. shells froin the crag. Ann. nat. bist. t. 6. p. 249.

Cyprina augulata. iSyst, Rech. sur les foss. d’Aiiv. p. 9. n® 84.

Cyprina islandicoides, Nyst, loc. cit. p, 9. u® 33.

Cyprina islandica. Hisioger, Lethea suec. 2® Sup. p. 9.

Id. Philippi, Enum. Mull. Sicil. t. 2. p, 3i.

Cyprina 'vulgaris. Mçrris, Càt. of Brit, foss. p. 86.

Cyprina œqualis. Agassiz, Coq. terl. p. 52. n'* 2. pl. i3. f. 5.

Habite tout l’Océau septentrional en Europe et eu Amérique.

Fossile en Norwége, eu Suède, en Scauie, en Sicile, dans les terrains tertiaires supérieurs; en Angleterre, eu Belgique, daus le crag.

Nous ne pouvons citer l’ouvrage do M. Pusch dans notre synonymie , parce que nous soupçonnons que ce naturaliste a eu sous les yeux une Vénus et non une Cyprine. Pusch rapporte , dans sa Synonymie, non seulement le Fe?ius islandica de Brocchi , et le Cyprina islandicoides de Bastérot , qui sont de véritables Vénus , mais encore le Cyprina islandica de Lamarck et le Fenu^ œqualis de Sowerby ; ces citations ne s’accordent guère avec la figure de l’espèce qui , d’après la charnière , nous semble une Vénus voisine de Vumbonaria. Nous en pouvons juger avec d’autant plus de facilité que nous avons reçu récemment de Lobersdorf une coquille semblable à celle de M. Pusch , et elle ne diffère

LES CYCLÂDES,

pas de Vumbonaria de Bordeaux. Nous devons celle communication à M. de Hauer, qui possédé la plus riche colleclion des fossiles terliaires de l'Autriche et de la Transylvanie. Sou^ le nom de Gyprina œqualis , M. Goldfuss a décrit et figuré une coquille de la Westphalie, qui appartient bien au genre, mais qui n’est pas de l'espèce à laquelle il la rapporte: celle Cyprine doit constituer une espèce distincte, ainsi que nous l’avons déjà dit précédemment. M. Bronn a commis de nombreuses erreurs dans la synonymie qu’il donna du Venus Brocchii dans lè Lethea geognostica, avec laquelle il confond le Gyprina islandica et d'autres espèces: on conçoit d’après cela comment il se fait que pour M. Bronn l’espèce se rencontre partout, dans tous les terrains tertiaires ; mais depuis l’auteur a rectifié sa synonymie dans son Index pahontologicus.

Nous ne décrirons pas de nouveau celte espèce si bien connue , et cependant avec laquelle d’autres ont été si souvent confondues. Cette confusion n’était pas possible entre des espèces vivantes , puisqu’il n’en existe pas d’autres , mais elle s’est produite entre des coquilles fossiles légèrement étudiées dans leurs caractères essentiels. Nous avons toujours évité ces erreurs , ainsi que le constatent les tableaux que nous avons publiés en 1831, dans la première édition des Principes de gêologk de M. Lyell.

Nous aurons quelques remarques à ajouter au sujet de la distribution de cette espèce. Elle apparaît pour la première fois dans le crag d’Angleterre et de Belgique; l’âge do ce terrain, déterminé par les fossiles qu'il contient, le place entre les dépôts de l’étage moyen et ceux de l’étage supérieur. Dès cette époque l’espèce était confinée dans les régions boréales jusqu’au delà de la limite de la région tempérée ; elle ne se montre pas dans lés terrains tertiaires supérieurs du midi de l’Europe. Quoique citée dans les terrains subapennins, elle n’y existe pas, mais la continuité de son existence se manifeste par sa présence dans les terrains terliaires du Nord. En même temps elle apparaît dans les terrains quaternaires de la Sicile; ce qui prouve que, entre son origine et le moment où elle se répand dans ce pays, les conditions de son existence sont changées. Les continents se sont agrandis , les mers se sont approfondies , et l’espèce, se propageant en suivant des lignes d’égale température, a gagné les grandes profondeurs des mers du midi de l’Europe, et elle est ainsi parvenue jusque dans la Méditerranée, accompagnée d’un assez grand nombre d'espèces. Cette population , presque littorale au nord , devient pélagienne vers le midi , attachée qu’elle est à celte loi de la distribution des êtres qui les soumet dans

1) 1 X-SK PT l K M K F A M ! L I . K .

fîes limites assez étroites à riiabitation de zones d'éga^les températures. 11 a suffi que dans rémersion des terrains de la Sicile il y en eût de pris à de grandes profondeurs pour qu’ils apporjtassenl à la surface celte Cyprma isîandka^ que l’on croit spécia.Ie aux mers du Nord, mais qui par le fait peut se trouver partout où règne la basse température qui lui est nécessaire. La constatation de l’identité des indivîdus fossiles déjà Sicile, avec ceux qui vivent dans les mers du Nord, a semblé à M. Agassiz un fait d’une importance propre à prouver le refroidissement général de l’Europe pendant la période glaciaire. Pris dans son isolement , le fait dont il est question ne donne pas la prouve du phénomène recherché par M. Agassiz. La période glaciaire, telle que les géologues la déterminent,. a été d’une très longue durée : d’après eux la température moyenne aurait été plus basse de quatre ou cinq degrés. Un phénomène d’une telle intensité a dû avoir une action profonde sur tous les êtres vivants; tous ont dû se déplacer vers le midi et laisser de nombreuses traces de leur migration. On n"’en trouve aucune cependant ^ et ce fait du Cyprina islandka de Sicile , cité avec tant d’empressement et d’éclat par M. Agassiz , n’a rien de plus extraordinaire qué beaucoup d’autres semblables et dus à la cause toute simple que noua exposions tout à l'heure.

Cyprliie scutellaire, Cyprina sciiteîlaria ^ Desh.

PI. 19, f. 1. 2,

C, Testa magnâ^ ovatii , cordiformi , subdepressâ^ irregulariter striatd^ posticè subangidatâ \ latere postico angnlo obtuso eircumdaco; umhonibus magnis ,• obUqitis approximatis ; dente Innari angùsto , prcelongo apice irregulariter crenato^ dente lateraîi postico maxima^ in alierâ i?alvtdâ nuUo.

Cytherea senteUaria^ Lamk. Ann. du Mus. t. 7. p. i33, n® r.

là. Defr. Dict. sc. nal. t. 12. p. 421.

Cytherea scnteiinria, Lamk. An. s. vert. t. 5, p. 58i. n° 3.

Cyprma scutellaria. Desh. Dict. class. d’hisl. nat. t, 5. p. 282.

Cyprina scutellaria. Desh. Coq.foss. de Paris. 1. 1. p. i2 5, pl.20. f. i , 4t

Desh. Ency. inélh. Vers, t, 2. p. .'j6. n® 2.

Desh. daus Lamk An. ÿ. vert. 2* cd. t. 6. p. 33o. n" 3.

Habite... Fossile dans les sables inférieurs du bassin de Paris, Bracheux, Abbecourl, Noailles, près Beauvais, elc.

M. Nyst a mentionné cette espèce dans les sables de Kleinspauwen en Belgique, mais elle n’y existe pas ; ce savant naturaliste ayant pris

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pour elle une espèce qui en est très voisine. Nous avons sous les yeux les coquilles des deux localités , et nous leur trouvons des différences constantes. Le Cyprina scutellaria est une assez grande coquille qui acquiert la taille et à peu près la forme du Cyprina islandica; elle est ovale, inéquilatérale, subcordiforme , mais moins gonflée, plus aplatie de chaque côté. Au-dessus d’un côté antérieur, court et obtus , s’inclinent des crochets saillants , très obliques et très rapprochés. Le côté postérieur est subtronqué; il est circonscrit par une cote très obtuse, accompagnée d’un pli déprimé , peu profond ; cette côte et ce pli par tent du côté postérieur des crochets et descendent obliquement vers l’extrémité postérieure de la coquille. La charnière est large et épaisse; la lame cardinale est courte et sinueuse dans le milieu ; la dent antérieure est longue , étroite, triangulaire, son bord libre est irrégulièrement dentelé. La dent médiane de la valve gauche est toujours bifide; les lobés résultant de la bifurcation sont inégaux, l’antérieur est le plus gros. Celle bifurcation n’existe pas dans l’espèce de M. Nyst. La dent latérale postérieure de la valve droite est très grosse ; elle est séparée du bord par une rigole étroite et profonde dans laquelle est reçue une portion correspondante du bord de l'autre valve un peu plus saillant, mais dépourvu de dent. L'impression palléale est simple, mais elle ne reste pas parfaitement parallèle au bord, car le bord s’élargit en arrière , ce qui n’a pas lieu dans l’espèce de Belgique.

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