‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 124 sur 127 · GENRE SOIXANTE-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

GENRE SOIXANTE-QUATRIÈME

ONGUlilNE. Vmjiilina, Daudin.

Pl. i5. f. Il à 14, I

CARACTÈRES GENERIQUES. — ' Animal ovale ou oblong , ayant le manteau fermé en avant, ouvert dans la longueur du bord inférieur et percé en arrière de deux ouvertures sessiles. Pied allongé, cylindrique, vermiforme, claviforme dans la contraction. Bouche petite, transverse, garnie de deux petites lèvres terminées de chaque côté en une paire de très petites palpes labiales. Deux feuillets branchiaux de chaque côté du corps, inégaux, obliques , Texterne le plus court et le plus étroit.

Coquille longitudinale, oblongue ou arrondie, un peu irrégulière, non baillante; deux petites dents cardinales, divergentes sur la valve droite, une seule bifide sur la gauche; une nymphe subintérieure donnant attache au ligament. Impressions musculaires très grandes , presque égales ; impression palléale simple. »

VLNGXJÈMl!; I^VMILLK.

GYNONYMiK uÉNÉRiQUH. — Lovipes [iu parle) ^ Gray. — Cloiho ^ Bastérot, Broiui [in parle).

OBSERVATIONS. Une petite coquille, observée par Daudin , dans la Collection de Famne ^ fut érigée par lui en un genre nouveau , auquel il donna le nom d’Onguline. Bosc fut le premier qui fît connaître ce nou veau genre dans la petite Édition de Biiffon de Déterville. II le caractérisa très imparfaitement ; mais la figure qu’il en donne fut suffisante pour éveiller l’attention des naturalistes, et bientôt après, do Roissy d'abord, et Lamarck ensuite, ont introduit ce genre dans leurs Méthodes conchyliologiques. Roissy, avec sa perspicacité habituelle, rapproclie les Ongulines des Lucines; Lamarck, au contraire, croyant trouver à la charnière des Ongulines un ligament intérieur, entraîne le genre dans sa famille des Mactracées, entre les Érycines et les Crassatelles , loin , par conséquent , des rapports naturels du genre. Presque tous les naturalistes adoptèrent cette opinion de Lamarck ; M. de Blainville, dans le Dictionnaire des sciences naturelles, ainsi que dans son Traité de malacologie, incertain sur la valeur du genre, ne le connaissant que d’une manière imparfaite, le relègue à la fin de sa grande famille des Concliacécs.

Dans son dernier ouvrage , Lamarck modifia un peu sa première opinion. Il conserva les Ongulines dans sa famille des Mactracées; mais il l’introduisit dans un troisième groupe avec les genres Solémye et Amphidesme; nous verrons un peu plus lard en quoi pette opinion est mal fondée et ne peut être actuellement maintenue.

M. Sowerby, dans son Généra of shells, fut le premier qui reconnut exactement les caractères des Ongulines , et qui revint à l’opinion de Roissy, en les rapprochant des Lucines. A la môme époque, et avant de connaître le travail de M. Sowerby, nous nous formions une opinion semblable à la sienne-, à la suite d’un examen attentif de plusieurs individus de l’OnguIine, et particulièrement de ceux de la Collection du Muséum. Bientôt après, M. Rang nous apprit que l’Onguline, dont la localité avait été ignorée jusqu’alors , habite en abondance dans les mers du Sénégal, et que son irrégularité fréquente provient de son habitude .de creuser les pierres pour s’y loger. Dès lors, pour nous, rOnguIine devint une Lucine perforante.

Cuvier qui, dans la première édition du Règne animal, ayait complètement oublié le genre Onguline , répara cette omission dans la seconde édition,, et il entraîna le genre à la suite des Lucines , dans sa famille des Cardiacées. '

LES lAJClNES.

Jusqu’en '1842, époque à laquelle M. Duvernoy en donna ia description. l'animal du genre Onguline était resté complètement inconnu. (]e savant anatomiste publia un mémoire plein d’intérêt dans les Annales des sciences naturelles, dans lequel il dévoile . de la manière la plus satisfaisante, l’organisation de l'animal dont il est question. M. Düvernoy, qui alors ne connaissait pas l’organisation des Lucines, eut, au sujet des Ongulines, une opinion toute différente de celle de ses prédécesseurs. 11 crut voir en elles un type plus voisin des Mylilacées que des Lucines et des Mactracées.

Frappé de la ressemblance de l'animal de l’Onguline avec celle du Loripes de Poli, nous employâmes les nouveaux documents publiés par M. Duvernoy à combattre son opinion et appuyer celle que nous avions toujours défendue. Bientôt, après avoir fait connaître l’organisation de l’animal et les caractères de la coquille , nous passerons en revue les diverses opinions que nous venons de rappeler dans leur ordre chronologique.

L’animal de l’Onguline est orbiculaire, aplati, enveloppé d’un manteau mince , et dont les bords sont épaissis comme à l’ordinaire par un muscle orbiculaire étroit. Les lobes du manteau ont une commissure antérieure située on peu au-dessus du bord inférieur du muscle antérieur. Une autre commissure se produit en arrière, et entre elles se trouve une grande ouverture qui occupe tout le bord inférieur ou ventral de l’animal. M. Duvernoy dit qu’à la place des siphons, il existe une seule ouverture en forme de boutonnière et correspondant à la position de l’anus. Nous soupçonnons qu’une des ouvertures palléales a échappé à l’attention de M. Duvernoy, cardans les Lucines elles-mêmes , forsqu'elles sont contractées , l’une des deux ouvertures du manteau se déguise facilement entre les plis de cet organe et peut échapper à l’attention du naturaliste. 11 faut voir ces animaux vivants pour se convaincre que leur manteau a deux ouvertures postérieures. Nous attachons une grande valeur au caractère dont nous parlons , et nous engageons ceux des naturalistes qui auront occasion de revoir l’animal des Ongulines, de bien s’assurer si, en effet, il a une ou deux ouvertures postérieures. D’après ce que nous avons vu dans les Érycines et Tes Poronies , il faudrait faire des Ongulines une petite famille particulière si, en effet, l’animal n’avait qu’une seule ouverture à la partie postérieure du manteau ; si , au contraire, comme nous le croyons, les deux ouvertures subsistent , le genre devra rester dans la famille des Lucines.

Les muscles adducteurs sont très allongés , comme ceux des Lucines ;

ils sont aplatis -et ils tombent perpendiculairement vers le bord antérieur des valves. C*est au-dessous du muscle adducteur antérieur, au sommet de l’angle profond que forme ce muscle avec la masse abdominale que se voit une petite fente transverse garnie de deux petites lèvres; cette ouverture est celle de la bouche. Les lèvres dont nous parlons sont membraneuses, mais extrêmement étroites; en cela elles ressemblent à celles des Lucines; mais au lieu de se terminer par des palpes rudimentaires comme dans les Corbeilles, ces organes s’allongent un peu plus, mais ne prennent point un développement proportionné à la grandeur de ranimai.

La masse abdominale est comprimée, peu étendue; son extrémité inférieure se prolonge en un pied cylindracé, vermiforme, tout à fait semblable à celui des Lucines. Il prend la forme d’une petite massue lorsqu’il est violemment contracté et rentré dans la cavité du manteau.

Probablement gôiié par l’espace , AI. Duvernoy n’a point représenté les organes branchiaux de l'Ongulino. Peut-Ôtre aurait-il suffi de soulever un peu plus Tua des lobes du manteau pour montrer la forme et la disposition de ces organes importants. Nous sommes .donc obligé de citer les paroles de M. Duvernoy : « Les deux lames branchiales, dit-il, de chaque côté sont* disposées obliquement d’avant en arrière et de haut en bas; l’externe est sensiblement plus petite que l’interne; elles n’ofrent d'ailleurs rien de particulier dans leur organisation. » Telle est la courte description de AI. Duvernoy, à laquelle nous ne pouvons rien ajouter, n’ayant jamais vu l'animal de l’Ongulino, et ne connaissant aucun autre naturaliste qui en ait donné la description.

M. Duvernoy insista beaucoup sur le système nerveux et sur sa distribution. Au moment où cet habile anatomiste a publié son mémoire , on ne connaissait presque rien encore sur le système nerveux des AIollusques acéphales, ou pour mieux dire ce que l'on en connaissait était insuffisant pour généraliser son mode de distribution dans les divers ordres de ces animaux. On en était réduit au petit nombre de faits dévoilés par Poli , et complétés sur un seul genre par AlangiÜ. Ces premiers documents avaient été plus récemment augmentés par le beau travail de Aï. Garner, inséré dans le 17“ -volume des Transactions de la Société limiéenne de Londres; mais encore une fois ces matériaux étaient insuffisants pour généraliser d’une manière rationnelle les faits relatifs au système nerveux des Mollusques acépbalés. Si AI. Duvernoy eût connu le système nerveux des moules, il aurait compris sur-le-champ qu’il était impossible de rapprocher les Ongulines des Alytilacés. Les travaux anatomiques que nôus avons publiés dans l’Exploration scien-

LES LUCIDES

tifique de l' Algérie permettront enfin de faire des rapprochements plus heureux et do laisser les animaux dans leurs rapports les plus naturels.

La coquille des Onguünes est variable dans sa forme : cependant elle affecte le plus ordinairement la forme orbiculaire des Lucines : elle devient parfois longitudinale à mesure qu'ello vieillit ; car, eu suivant les stries d'accroissement chez ces individus plus longs que larges, on voit qu’ils étaient orbiculairos avant d’avoir atteints la dernière période de leur accroissement. Souvent les coquilles des Ongulines sont irrégulières , elles ont des espèces d'impressions ou de cicatrices qui se répètent d’une valve à l’autre , et qui , vraisemblablement , sont dues à la gêne que l'animal éprouve dans son accroissement, parce qu’il a l’habitude de s’enfoncer dans les pierres et de s’y creuser une demeure à la façon des Pétricolcs et des Saxicaves. La surface extérieure est couverte d’un épiderme plus ou moins épais, suivant Jes espèces; cotte surface est lisse ou irrégulièrement striée par les accroissements. Ces coquilles sont subéquildtérales ; les crochets sont petits, peu obliques, presque opposés; on n’aperçoit au-dessous d’eux aucune trace de lunule et en arrière aucun indice de corselet. Les bords sont simples, minces et tranchants ; les valves sont parhutement closes lorsqu’elles sont rapprochées : elles sont lisses à l’intérieur ; elles laissent apercevoir deux impressions musculaires écartées, très longues , presque égales, descendant très bas vers le bord inférieur et conservant une direction presque perpendiculaire. Sous le rapport de la forme et de la position, les deux impressions musculaires se ressemblent complètement; En cela , elles se rapprochent davantage de celles des espèces pour lesquelles M. Broun a établi le genre Diplodonle. Cependant elles sont un peu plus longues que dans ce dernier genre, et toutes deux sont comprises dans l’intérieur de l'impression palléale. Cette dernière impression est simple , parallèle au bord inférieur et placée tout près de lui.

La charnière a des caractères qui la rapprochent singulièrement de celle des Lucines : elle se compose de deux petites dents inégales sur la valve droite et d’une seule sur la gauche. Cependant on aperçoit quelquefois à la limite de la nymphe le rudiment très étroit d’une seconde dent. Le ligament est la partie do la .charnière qui mérite le plus notre attention. Lamarck a cru à l’existence de deux ligaments : c'est pour cette raison qu’il a conservé le genre dans la famille des Mactracées, et qu’il l’a placé dans le voisinage des Amphidesraes. Pour nous, le ligament est externe, et c’est pour cela que nous n’avons pas hésité à mettre le genre dans la famille des Lucines; en admettant deux ligaments, Lamarck considérait comme destiné à recevoir le liga-

ment intérieur, un petit espace situé sur le bord cardinal en arrière de la nymphe; mais il suffira de faire tremper dans Teau un individu dont le ligament n’a pas été rompu pour s’apercevoir que l'espace en question rosie vide et forme une petite cavité revêtue de l’expansion de la tunique externe du ligament, ainsi qu’elle existe en arrière des nymphes do presque tous les Mollusques acéphales dimyaires. Pour se faire une meilleure idée de la disposition du ligament des Ongulines, il faut étudier avec un soin spécial la charnière des Lucma punctata et ligerina : on y verra des nymphes très écrasées formant des plans presque horizontaux, sur lesquels s'attache la portion cartilagineuse du ligament. Il en est de même chez les Ongulines , seulement cette nymphe est beaucoup plus petite , plus courte , et le ligament qu’elle reçoit est plus épais. Cette nymphe est limitée en dedans par un rebord légèrement saillant. Ensuite, du côté externe, la nymphe est séparée du test par un sillon, dans lequel s'attache la tunique externe du ligament. Ce sillon, profond dans les Ongulines, se continue en arrière sur la lame cardinale en une surface lisse, comme vernissée, et c’est celte surface que Lamarck a prise pour celle d’un second ligament ; mais elle n'est autre chose que la paroi do cotte cavité dont nous parlions tout à l’heure, et que l’on remarque plus particulièrement à l’extrémité postérieure du ligament des Cyrènes, des Muleltes et des Ânodontes, etc. Ainsi, le ligament des Ongulines ne présente rien d’exceptionnel dans sa structure, et rien chez lui ne s'oppose au rapprochement du genre avec les Lucines; il le confirme bien plutôt, puisqu’il a une extrême analogie avec celui des Lucines les mieux caractérisées.

Nous venons d'exposer les caractères de l’animal et de la coquille du genre Onguline. Ce que nous connaissons des Lucines va nous aider singulièrement à déterminer les rapports du genre. Par ses muscles , par son pied, par son manteau, l’animal dont il est question ressemble parfaitement à celui des Lucines ; il en diffère par des palpes labiales un peu plus allongées et des branchies dont les quatre feuillets sont détachés les uns des autres. Nous l'avons vu : si les Lncines n'ont point de palpes labiales. les Corbeilles en ont un rudiment et les Ongulines les auraient un peu plus longues. Relativement aux branchies, nous nous sommes expliqué à leur sujet, et nous avons fait voir que si deux do ces organes se montrent dans les Lucines et les Corbeilles , c’est qu'ils ont beaucoup plus d'épaisseur et qu'ils renferment en réalité autant de vaisseaux branchiaux que les quatre feuillets des autres Mollusques. C’est pour cette raison, comme nous le répétons, que nous n’avons pas hésité à introduire dans une même famille

LES LÜCINES.

des genres qui paraissent plus différents qu’ils ne le sont en réalité Il faut donc rejeter l’opinion de M. Duvernoy, par laquelle il déplace le genre pour le transporter dans le voisinage des Moules, Uion, en effet, ne justifie cette opinion ; les Moules appartiennent à un type d'organisation tout particulier dans lequel la bouche , les branchies , le manteau , les ovaires, le système nerveux, n’ont presque aucune analogie avec ces mêmes organes chex les Ongulines. Nous n’insisterons pas davantage à ce sujet, il suffira de comparer la description de l’animal de l’Onguline avec celle de celui des Moules.

Les Ongulines sont des coquilles d’un médiocre volume ; nous en connaissons trois espèces vivantes qui proviennent des mers du Sénégal , et une quatrième fossile qui s’est creusé des trous peu profonds dans les calcaires d’eau douce du bassin de la Gironde. C’est cette espèce que M. Bastérot a eu le tort de rapporter au genre Clotho de Faujas. La coquille pour laquelle Faujas a institué le genre que nous venons de cittr est très différente de celle de M. Bastérot : elle est très voisine du Petricoîa ochroîeuca de Lamarck. avec lequel nous a\^ns établi notre genre Fragilia. L'espèce de M. Bastérot, au contraire, a tous les caractères des Ongulines. et elle ressemble plus particulièrement à une petite espèce perforante du Sénégal qui n'a point encore reçu de nom. En aliribuanl ainsi à ces deux sortes de Clotbo la place générique qui leur convient, le genre lui-mème disparaît et doit s’effacer. En même temps la confusion qui s'est depuis longtemps établie entre les deux espèces que nous venons de rappeler ne peut plus subsister. M. Bronn , dans son Index patæontologicm ^ en admettant le genre Clotho de Faujas, a continué à confondre , dans un même genre, deux coquilles que nous avions séparées depuis longtemps. Ainsi quand nous citons une Onguline fossile à laquelle nous rapportons le Clotho, il est entendu que c’est de celui de M. Bastérot seul qu’il s’agit, et non de celui de Faujas.

Onguline couleur de laque. U^igulina l'uhra^ Daudin.

PI. 15. fig- 11 à 14.

U. Testa œqmlaU-rà , rotuncîato-Ienticulari, aliquatitîspei subtnmsversâ 'vcl oblon;^d ^fuîvo~fusca^ uitüs rnbescente , triinsvershn irregnîatiter rugosâ; mnbonibus tninimis^ vi.v obliquis ^ opposicis.

Onguline coiiN'Ur d« laque, Daudin, Bo.se*., BtifL, de Déterv , Moll, t. 3, p. pL 20. f. r, 2.

De Roissy, Ruff. de Sonn. Moll. t. 6. p. 374. pL 66. f, 4.

YlNGTlKAIli FAMILLE.

Oken, Lehrb, der Natnrg. t. r. p. 229,

UnguUnaoblongaçXtransversa. Lamk. An, s. vert. 1,5. p. 487, u®

Scliwcigger, Nalurg. p. 703.

Sowerby, Généra of shclls, Ungultna,

Blainv. Dict sc. nat. l, 32. p. 345.

Blainv, Malac, p. 562. pl. 73. f. G. Onguline transverse.

Cuvier, Règne anim. 2* éJ. p. 149.

Meiike, Syu. Moll, 2*^ éd. p. 11 g.

Crouch. III. iiilr. lo Lamk. Coiicli. p. 8. pl. 4. f. 7.

Rang, Mau. des Moll. p. 32 r,

Unguïinu tninsvcrsa. Desb. Encycl. inélli. Yers. t. 3. p. G65,

Desli. dans Lamk. Au. s. vert, 2^ éJ, t, 6. p. 120.

Reeve, Conch. sysl. I. i. p. 66. pl. 46.

Swainsüi), Malac. p. 37 i . f. 1 1 7.

Duveruoy, Méin. sur l’an, de TOng. Ann. sc. nat, 2® sér, l. 18, p. iio. pl. 5. f. 1, 2, 3.

Dfth. Obs, sur les Ong, Anu. sc. nat. 2® sér. t. 19. p. 5.

Ungtilina transversa, Sow. Jun. Conch. Man. p. 9.85, f. 88.

Hanley, Descr. cal. p. 40,

Poticz et Mich. Gai. des Moll, l, 2. p. 25ü.

DesU. dans Cuv. 3® éd. pl. 104. f. 3.

Habite le Sénégal.

Coquille très variable dans sa forme. Tantôt elle est orbiculaire, tantôt sublransverse , et quelquefois elle devient longitudinale. Lorsqu’elle était très rare dans les collections , il a été possible de constituer deux espèces avec ses deux principales variétés, ainsi que l’a fait Lamarck dans son Histoire des animaux sans vertèbres. Après avoir examiné les individus de la collection du Muséum , ceux do la collection de Lamarck, nous avons reconnu quils appartiennent à un môme type spécifique, et nous les avons réunis sous une môme dénomination. Depuis , cette Onguline a été découverte au Sénégal par M. Rang. Elle a été répandue assez abondamment dans les collections , et il est devenu facile à tous les observateurs de constater qu’en effet les deux espèces de Lamarck doivent se réunir en une seule.

Cette coquille se distingue facilement parmi ses congénères : elle est peu bombée; sa surface est irrégulièrement ridée ou striée par des accroissements; elle est couverte d’un épiderme tenace d’un brun plus ou moins foncé. Ses crochets sont petits, ils partagent le bord dorsal en deux parties presque égales; la charnière est étroite, et la description

LES LUCINES

que nous en avons faite précédemment a été empruntée à l’espèce qui nous occupe. Les valves sont d’un rouge de laque à l’intérieur. En dehors, elles sont d’un brun rougeâtre dans les individus les plus pâles, et cette couleur passe insensiblement au brun le plus foncé. Les individus que l’on rencontre le plus habituellement ont 24 millimètres de haut et 25 millimètres de largeur; ceux qui sont longitudinaux conservent la même largeur et ont jusqu’à 32 ou 33 millimètres de hauteur.

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