II
P. testâ ovato^hlongâ^ angustâ, utrînque hîantissîmâ^ alha^ anticè truncatà; 'valvis tenuïssîmè irariiversîm lamellosîs; lamcllls undato^crispatîs ; ktwbonibtis brevibuSf intus caîlo producto cockUarîformi; ossîcuUs internis brevissimîs.
Habite les mers d’Europe,
Coquille très singulière, et dont nous ne trouvons nulle part ni description ni figure. Par sa forme générale, elle se rapproche du Pholas crùpata, mais plus encore du Pholas callosa de Lamarck. Elle reste néanmoins distincte de ces deux espèces, et nous l’avons fait
LES PnOLADAÏRES.
représenter, parce qu’elle offre un caractère remarquable à la charnière à laquelle on trouve des caillerons articulaires assez comparables a ceux des Lulraircs, par exemple. Lorsque les deux valves sont réunies, elles ne se touchent que par deux points de' leur circonférence. C’est le côté antérieur qui, néanmoins, reste le plus largement ouvert. Les valves sont subtrapt^zoïdales ; on voit, sur leur surface extérieure, un très grand nombre de fines lames très rapprochées, comme pressées les unes contre les antres, et qui sont finement festonnées, avec tant de régularité, que les angles des festons forment des lignes longitudinales qui descendent des crochets vers les bords. Cette structure se continue sur le milieu de la coquille, mais on voit les ondulations diminuer peu-à-peu, et les stries deviennent simples sur l’extrémité postérieure. Les crochets sont peu saillans; ils sont en partie cachés derrière une lame étroite qui ne les touche pas et qui est pour ainsi dire un rudiment de la large callosité que l’on trouve dans les autres espèces. Le bord cardinal est large et épais. Nous avons vu, dans le Pholas candida , une petite côte se contourner sur le bord cardinal , en sortant de la cavité du crochet, et venir se terminer en une sorte de dent articulaire. Nous avons vu, dans le Pholas coslala, celte côte changée en un bourrelet assez épais, terminée en une surface arrondie et raboteuse, par laquelle les valves s’appuient Tune sur l’autre. Ici, ce bourrelet a pris une exagération telle , qu’il vient s’étaler sur presque tout le bord cardinal et se projeter dans l’intérieur des valves, sous forme de grands cuillerons horizontaux, comparables à ceux des Lutraires, avec cette différence, cependant, qu’ils ne paraissent point encore contenir de ligament. Au-dessous de ces grands cuillerons, et dans la cavité du crochet, on trouve les appendices osseux propres à toutes les Pholades. Ils sont courts et épais , et paraissent réduits a l’état rudimentaire. L’intérieur des valves est lisse; l’extrémité antérieure se termine en une sorte de bec , et c’est sur la portion du bord cardinal, appartenant à ce bec, que l’on aperçoit l’impression musculaire antérieure. L’impression postérieure est arrondie , et placée très près du bord dorsal. Nous ne savons si celte espèce a des pièces accessoires à la charnière. Les valves sont larges de 26 millimètres et longues de i3.
DEUXIÈME FA3IILLE.
Pholade grande-taille. Pholas costata, pl»3. f. lo.
Ph, testa magnd^ ohîongo-ovatây costîs dcntatis elevatis undique striata; latere antlco rotundo ; scuto triangidarly std^paleUiformi^
Phoîùs costata. Lin. Syst. nat, lo* édit. p. 66g. n” ii. Lin. Syst, nat,
éd. X2.. p, iiii,
Guall. Concb, pl. io5. f. 9.
Sclirot. Einl. in Concli, t. 3. p. 537. n° 2 ,
Speng], Mena, delà soc, tl’hisl. nat. de Copenli. l. a. p. 86.
Encycl. pl. iGg. f. i. 2.
Dillw, Gat. t. I, p. 3G. n® 3,
'VVood, GCucr. Conch. p. 80. ü° 4. pl. i5, f. r.a.
Wood. Incl. test, p. 8. n° 4* pl. 2. f, 4.
Blainv. Malac. pl. gg. f, 6.
Sow. Gén, of shells. n® aS. pl, i.
Desh. Encycl. mélh. vei's. l, 3. p. 764. n® 3.
Desli,' Lamk, An. s. v. 2® éd. t. 7. p. 44, n° 6,
Habile les mers d’Amérique,
Celle-ci est la plus grande espèce connue dans le genre Pholade. Nous avons vu des individus d*une taille presque double de celui que nous avons figuré. Celte coquille est mince, blanche et très bâillante d?«ns presque tous les points de sa circonférence ; les valves, en effet, ne se touchent que par la charnière et une très petite portion du bord inférieur. Cette coquille est très convexe, cylindracée, obtuse et arrondie en avant, plus rétrécie à son extrémité postérieure. Sa surface extérieure est ornée, dans toute son étendue, de cotes longitudinales , rayonnantes, partant des crochets. Ces cotes, en aboutissant sur les bords des valves, les rendent onduleux, festonnés à rexlrémité antérieure, et ils se répètent en creux dans l’intérieur des valves. Deux petites parties de la coquille restent lisses. C’est une sorte de lunule qui occupe rexlrémité supérieure et antérieure et qui est circonscrite par la première côte de ce côté; la seconde, c’est un grand corselet lancéolé limité par la dernière côte. Les côtes qui couvrent la surface sont élégamment crénelées , et leurs interstices sont occupés par des stries transverses assez régulières. Les six ou sept premières côtes, qui sont sur lo côté antérieur , sont plus étroites et plus saillantes que les autres, et les crénelures que l’on y remarque sont plus aiguës, et ressemblent assez à des écailles. Les crochets sont très proéminens, fortement recourbés ; la callosité qui les rovét se relève
TROisïiîiE r.niiixE. — xes sot^iîArfES. 83
sans les toucher et forme une lame épaisse, à rexlrémité postérieui’e (le laquelle se montre une duplicatiire profonde, terminée dcrrièi’e le crochet en une cavité conique assez profonde. Ces cavités , ainsi que celle duplicature, servent à recevoir les parties correspondantes d’une double pièce osseuse, épaisse , qui semble servir d’agrafe pour assurer la réunion solide des valves. Sur la callosité vient s’appuyer un grand écusson triangulaire, patelliforme , dont le sommet est suhcentral. A l’intérieur, les valves sont d’un blanc laiteux. On remarque, sur la partie antérieure la plus épaisse du bord cardinal , à la base des callosités, une impression ovale , oblongue, étroite; c’est celle du muscle antérieur. Vers les deux tiers postérieurs de la coquille, et tout près du bord dorsal, se trouve rimprossion musculaire poslérlciire. Elle est étroite, ovale, tronquée antérieurement. En exauriuant la callosité cardinale , on voit sortir, de i’inléricur des crochets , uu bourrelet oblique, assez épais, se terminant pai’ une surface inégale. C’est par te point seul que les valves touchent à la charnière. De l’intérieur des crochets, naissent deux grands cuillerons qui s’élargissent rapidement. Ces cuillerons sont creusés en une large gouttière, et terminés postérieurement par un cul-de-sac en partie recouvert par une sorte de cloison.
Les grands individus ont 65 millimètres de long, et 17 centimètres de large.
Les Solénacées. Lamk.
CARACTERES, — Animal allongé, transverse; les siphons plus ou moins longs, réunis; lobes du manteau séparés antérieurement pour le passage cFun pictl cylindroïcle allongé, terminé par un élargissement ou une troncature.
Coquille transverse, épidermée, bâillante aux extrémités.
Ligament extérieur ou subintéricur , charnière calleuse, ou pourvue de deux dents en crochets.
GENRES. — Solemye, Solen ^ Soleciuie.
OBSERVATIONS GENERALES. — Lamai’ck Gst Ic premier qui ait créé cette famille. On la trouve pour la première fois dans la philosophie zoologique : elle renferme les six genres Glyciraère, Solen , Sanguinolaire, Pélricole , Rupellaire et Saxicave. Ce groupement de genres est certainement peunaturel ; Lamarckne tarda pas à s’en apercevoir, et, dans l’extrait du coursjil en détacha les trois derniers genres cités, pour en former sa famille des Lilhophages : il ajouta plus tard à celle des Soicnacées le genre Panopée, nouvellement créé par Ménard de la Groje. Dans cet ouvrage de Lamarck, la famille des Solénacées est donc composée de quatre genres, et quoique, pour cette époque, elle dût paraître naturelle aux yeux des personnes qui s’occupaient uniquement des Mollusques, cependant elle ne fut pas adoptée par Cuvier qui, il faut bien le reconnaître , avait fondé ses classîOcatious sur des principes différens de ceux de Lamarck. Cuvier, généralisant ce fait commun à un gi'and nombre de Mollusques d’avoir les lobes du manteau réunis, établit sur ce caractère une famille considérable, à laquelle il donna le nom de Mollusques acéphalés enfermés. Ces Mollusques, en effet, semblent enfermés dans les lobes du manteau, soudés dans presque tous les points de leur circonférence. Mais, ce groupe considérable de Mollusques petit être utilement divisé en familles, et celle des Solénacées reste nécessaire en la modifiant. Continuant toujours à perfectionner ses travaux, Lamarck , clans scs Animaux sans vertèbres, apporta encore des changemens dans sa famille des Solénacées ; il en écarta les Sanguinolaires poulies porter dans le voisinage des Tellines; et, dès-Jors, la famille qui nous occupe se trouva réduite aux trois genres ; Solen, Panopée et Glycimère. Cet arrangement dut paraître naturel tout le temps que l’on ne connût pas les animaux des Glycimères et des Panopées. Aujourd’hui qu’ils sont connus, il faudra refaire la famille des Solénacées, et la réduire presque entièrement au genre Solen. Ce n’est pointainsi que M. deFérussac l’a comprise. Aux trois gem-es de Lamarck, il ajoute les deux genres Pandore et Sanguinolaire, ce qui est loin de la rendre'plus naturelle. C'est à peine s’il est nécessaire de discuter la famille des Solenides de Lalreille. Il y fait entrer sept genres, parmi lesquels nous remarquons les Hyalelles et les Gaslrochènes, et nous pouvons ajouter qu’à l’époque où parut l’ouvrage de Lalreille, Familles naturelles du règne animal, personne n’ignorait les véritables rapports de ces genres.
Pans son Traité de Malacologie, M. de Blainvüle a donné )o
L£S SOLKNAGEES.
nom de Pyloridées à une famille qui représente presque complètement celle des Enfermés do Cuvier. Vingt genres y sont l’assem-' blés, et parmi eux, dans Je voisinage des Mjes, nous trouvons les Solens et quelques-uns des démembremens de ce genre. Il est évident que M. de Blainville a confondu, dans ses Pyloridées, des genres qui ont des caractères extérieurs très différens, et qui étaient assez connus , pour qu’il dût les séparer dans des familles de moindre étendue. Âinsi, le groupe des Myes, par exemple, est bien différent de celui des Solens , et celui-ci diffère d’une manière notable du groupe des Saxicaves , et surtout des Gaslrochènes. Depuis l’ouvrage de M. de Blainville, Cuvier, dans la seconde édition du Règne animal, a persisté dans la conservation de sa famille des Enfermés, et nous avons fait voir, en discutant , dans l’Encyclopédie méthodique, la valeur de ce groupe et des genres qu’il renferme, qu’il fallait conserver la famille des Solénacées, mais non lou!rà-fait telle que Lamarck l’avait instituée. Aujourd’hui , on* a de nouveaux élémens pour discuter , d’une manière plus approfondie , et la famille et les genres qu’elle renferme.
Nous avions d’abord pensé qu’il iallaîL introduire, dans la famille des Solénacées , les six genres : Glycimère, Solen , Solemye, Panopée,PboladomyeetSolecurte ; mais aujourd’hui, nous croyons nécessaire de réduire le nombre de ces genres , et nous proposons de conserver les trois genres Solen , Solemye et Solecurte. Nous ferons remarquer que dans les Glycimèrcs , les Panopées et probablement aussi les Pholadomyes, l’animal so rapproche beaucoup de celui des Myes, non-seulement par la grandeur des siphons, mais encore par la petitesse rudimentaire du pied , pour lequel le manteau ne laisse qu’une très petite ouverture. Dans les Solens, au contraire, le pied est grand et il sort par une ouverture proportionnée du manteau , tandis que les siphons sont en proportion plus petits que dans les Myaires. Il est vrai que dans les Solecurtes , le pied et les siphons ont des proportions bien différentes de ceux des Solens. Aussi , il sera peut-ôlre nécessaire, par la suite, d’établir, pour ce genre lui seul, une petite famille intermédiaire entre celle des Solénacées et celle des Myaires; il faudra voir aussi si ce genre Solecurte ne se rattache pas aux Solens par quelques espèces avec les coquilles desquelles M. de Blainville a fait son genre Solelelline. Ce dernier genre nous paraît plus voisin des Tellines proprement dites , et des Psammobies que des Solens ; et, à considérer les rapports naturels, ce genre doit venir se pla-
cer comme un emljranchoment laîf^ral pour lier les Solens aux Tellines, Il nous reste à parler du (lenre Solernye. Ce genre a aussi une organisalion propt e ; car Icsliranchics ressemblent à des plumules étalées sur les parties latérales du corps, taudis que le' pied est toul-à-fait comparable à celui dès Solens, et les siphons sont fort courts. Quant à la coquille, elle est largement épidermée , ce qui a lieu aussi dans d’autres genres avoislnaus; mais ce qui la distingue le plus, o’est qii’elle a un ligament snbiulérieur , taudis qu’il est externe dans les aulrês genres de la ifiéme famille. Mais nous avons vu, en parlant du ligament dans les généralités, que la position de celte partie avait réellement peu d’importance pour la classification , et qu’il ne fallait là considérer que comme caractère générique.
Les Solénacées ont une manière do vivre qui leur est particulière. Ces animaux choisissent les plages sableuses., et ils y creusent des trous perpendiculaires, quelquefois très profonds, dans lesquels ils se meuvent avec une grande rapidité, au moyen de leurs pieds. Ce pied a une disposition très appropriée à ses inouvemens. Il se termine par une espèce de disque qui, lors de son élargissement, s’appuie sur les parois du trou cylindrique habité par l’animal, et c’est en s’appuyant sur ce disque, et en usant ensuite de la grande contractilité de son pied, que l’animal s’élève ou descend avec une extrême rapidité. Ces moeurs des Solens sont bien connues des pêcheurs qui savent avec quelle rapidité il faut saisir l’animal lorsqu’il vient faire saillir ses siphons à la surface du sable ou il est enfoncé.