GENRE DOUZIÈME
FAM'O.fiÉE. Panopœa (Mén. de la Groje).
PI. 7. fig. 1-5.
GARACTÈKES généhiquës. — Animai ovale, oblong, tronqué antérieurement, prolongé du côté postérieur en deux longs siphons, réunis sous une seule enveloppe cylindracée, épaisse, ridée et ouverte à son extrémité postérieure par deux trous inégaux. Les lobes du manteau réunis dans toute leur étendue, si ce n’est dans la troncature antérieure, où se montre une petite fente pour le passage du pied. Masse abdominale considérable , portant à l’extrémité antérieure un pied petit et rudimentaire. Feuillets branchiaux très inégaux. Coquille ovale, transverse, équivalve, inégalement bâillante sur les côtés. Charnière , ayant sur chaque valve , une dent côuique; nymphes épaisses et calleuses pour un liga-
LES PANOPÉES.
ment extérieur bombé. Impression palléale écliaucrée postérieurement.
SYNOXYMiB GÉNÉRIQUE. — Chatïia glycimevls; Aldrovande. — Mya glycimeris; Born, Graelin, Dillw., etc. — Genre Glycimeris ^ Lamk. 1799. — Panopœa Ménard^ Lamk, Cuvier, etc., etc.
OBSERVATIONS. — Adrovande est le premier qui ait fait connaître, dans son traité des Testacés, un grand individu du genre Panopée , il lui donne le nom de Chama glycimeris. Celte espèce , reproduite par Lister, a été comprise par cet auteur Judicieux dans le voisinage des Solens et des Myes. Gualtieri Ta également figurée, et Born,sans donner d'importance à la position du ligament, a placé cette grande coquille dans le genre Mya sous le nom de Myn glycîmeris, Klein a essayé, dans son Tentamen astracologicœ , d’établir un genre Glycimère, mais il fut malheureux dans cette tentative, car il confondit dans son genre non-seulement le Chama glycimeris d’Adrovande, mais encore des Lutraires et desTellines. Comme nous l’avons dit déjà en traitant du genre Glycimère, Lamarck proposa de nouveau le genre de Klein dans les Mémoires de la société d’Histoire naturelle, mais uniquement pour l’espèce d’Adrovande, que Born avait mieux fait connaître par une excellente figure. Cette dénomination de Glycimère, qui s’appliquait si convenablement à la coquille d’ Adrovande, futdélournéo et appliquée au genre Sertodaire de Daudin ; aussi on ne peut qu’approuver M. Meynard de la Groye qui, en 1807, créa le genre Panopée, et donna la figuré d’une, espèce fossile dans les Annales du Muséum. Quelques années plus tard, dans sa Philosophie zoologique, Lamarck a adopté le genre Panopée et l’a placé parmi ceux de sa famille des Solénacées; depuis celle époque, les rapports du genre furent conservés les mêmes par La inarck dans ses différens travaux. Cuvier, n’attachant que peu de valeur à la position du ligament dans les coquilles, fit des Panopées un sous-genre des Myes, et le comprit dans sa famille des Enfermées, entre les Glycimères et les Pandores. Dans ses tableaux systématiques, M. de Férussac, tout en admettant les Solénacées de Lamarck, y a introduit plusieurs genres que Lamarck plaçait ailleurs, de telle sorte que les Panopées s’y trouvent dans les memes rapports indiqués par Cuvier, entre les Glycimères et
les Pandores. La famille des Solénides de Latreiüe se rapproche, à quelques égards, de celle de M. de Férussac, mais il y met de plus les Hyalelles dans le voisinage des Panopécs, quoique ces Hyatelles ne puissent se distinguer des Saxicaves et des Bissomies. M, de Blainville a moins varié pour ce genre que pour celui des Glycimères; dans son Traité de Malacologie, il le comprend dans sa famille des Pylorides, entre les Solémyes et les Glycimères. L’animal des Panopées était resté inconnu , de sorte que l’on pouvait encore conlesler, à certains égards, les rapports du genre.
II y a quelques années, le bâtiment de l’étal la frégate V Héroïne^ commandée par M. le capitaine Cécile, en croisière dans les mers delà pointe australe de l’Afrique , fit une station sur la côte Natale, à la baie des Tigres, et les oificiers, en visitant cette baie, virent à !a surface du sable saillir les siphons d’un animal mollusque; ils essayèrent d’arracher du sable cet animal, mais les siphons se rompirent, de sorte qu’ils se délermincrent à faire les fouilles nécessaires pour retrouver l’animal qui leur avait échappé. Ils virent que cet animal était une grande et belle espèce de Panopée dont ils trouvèrent plusieurs individus qu’ils curent soin de conserver dans la liqueur : Tun d’eux fut acheté par Je Muséum, pour sa collection zoologique, et M. Valenciennes le fit représenter avec exactitude et en donna les caractères génériques. Dans le même temps, un individu de la meme espèce fui communiqué à M. Qnoy, qui en envoya le dessin à M. de Blainville, qui s’empressa de le publier dans les Archives d’anatomie et de physiologie. M. Valenciennes ne se borna pas à faire connaître l’espèce vivante rapportée par M. Cécile, il joignit à son travail des recherches sur toutes les espèces connues dans le genre , et il en fît une très bonne monographie qui vient à la suite de son travail anatomique. On trouve ce travail dans le premier volume des Archives de l’histoire naturelle.
L’animal de la Panopée est ovale oblong, il est épais, très charnu ; les lobes du manteau sont réunies dans toutes leur étendue si ce n’est sur le côté supérieur oii ils laissent ouverte une petite fente pour le passage du pied. L’extrémité postérieure du manteau se teimine en deux siphons réunis en une seule masse cylindrique qui a au moins une fois et demie la longueur de la coquille : cette longueur est celle de l’animal contracté, mais il est à présumer que pendant la vie, ces parties peuvent acquérir une bien plus grande longueur. Lorsque l’on divise les lobes du
LUS l’ANOPÉES.
manteau par une section longitudinale, on trouve dans leurs cavités une masse viscérale considérable , surmontée antérieurement d’un petit pied obtus et rudimentaire. A l’extrémité antérieure de cette masse viscérale , derrière le muscle adducteur anléiieur, se trouve l’ouverture de la bouche , ovale , transverse , accompagnée de lèvres minces et larges, qui se prolongent de chaque côté en une paire de grandes palpes labiales, dont la surface interne est chargée de fines lamelles membraneuses. De chaque côté du corps , se montre une paire do branchies dont les feuillets sont très inégaux. Les feuillets internes s’étendent depuis l’extrémité postérieure de l’animal , jusqu’à la base des palpes labiales. Les feuillets externes commencent un peu au-dessus de l’extrémité postérieure de la masse viscérale , et viennent se terminer, comme les autres, tout près de l’entrée du siphon branchial. A. ces détails que nous puisons dans la figure de M. Valenciennes, nous ajouterons, d’après lui, que de chaque côté de la partie amincie et postérieure de la masse abdominale, à l’endroit oii l’intestin va s’engager dans le siphon , on voit les deux orifices des organes génitaux : un antérieur, formant une petite ouverture ovale entourée d’une papille saillante, et par derrière, une seconde ouverture plus grande, sans papille et sans bourrelet. L’œsophage, ajoute M. Valenciennes, est très court. Il se dilate en un estomac assez large, plissé intérieurement et comme divisé en plusieurs compartimons par les crêtes formées par les replis de la tunique interne. Cet estomac occupe la partie supérieure de l’abdomen, et l’intestin se contourne une dizaine de fois sur lui-méme avant de se plonger dans le siphon.
Les coquilles du genre Panopée sont généralement grandes et épaisses; elles sont ovalaires, presque toujours tronquées du côté postérieur; elles sont très bâillantes, mais beaucoup plus de ce côté postérieur que de l’autre. Dans toutes les espèces connues jusqu’à présent, la charnière est très simple; elle consiste en une seule dent cardinale , conique, étroite , courbée en crochet , dont l’extrémité est reçue dans une cavité correspondante. Une nymphe très grosse, calleuse, donne insertion dans un sillon profond à un ligament extérieur très épais, convexe, demi cylindrique. Pi’esque toutes les espèces de Panopéessont suhéquilatérales; toutes sont très convexes, bombées, à crochets proérainens et opposés. A l’exception d’une seule qui a quelques côtes longitudinales, toutes les autres espèces sont lisses, ou marquées de stries inégales d’ac-
OUATKIKMK CAMILLE.
croissement. Dans riulérieur des valves, on trouve très écartées Tune de Taulre et placées aux extrémités du bord supérieur deux {iraudes impressions musculaires , ovalaires , et subtransverses. L’impression palléale laisse, dans l’intérieur des valves, des traces très profondes , ce qui annonce que le manteau a un bord musculaire fort épais, et qu’il est très adhérent à la coquille. Lorsque l’on a sous les yeux la plupart des espèces actuellement connues, soit vivantes , soit fossiles, on observe de très grandes différences dans la sinuosité postérieure de l’impression du manteau. La forme de celte impression peut donner de bons caractères pour distinguer les espèces. C’est dans l’espèce fossile des environs de Bordeaux que se montre la sinuosité la plus profonde dans l'impression palléale : cette sinuosité diminue dans l’espèce des environs de Paris ; elle est moindre encore dans celle d’Amérique, elle se trouve on proportion plus courte dans l’espèce de la Méditerranée ; dans la Panopée arctique , elle a presque disparu , et enfin elle est réduite à une inflexion à peine apparente , dans une espèce du terrain crétacé de la Touraine, à laquelle M. Dujardin a donné le nom du Panopcca cretosa.
D’après tout ce que nous venons de dire, il est facile maintenant d’estimer les caractères zoologiques des Panopées et de déterminer rigoureusement les rapports de ce genre avec ceux qui l’avoisinent le plus.llestévideritqu’ilse rapproche beaucoup plus des Myes que des Solens par l’animal surtout; il se rapproche extrêmement du premier de ces genres; et, certainement, si l’on s’attachait uniquement à établir le rapport des Mollusques, sans tenir compte de la coquille, le genre Panopée devrait tMitrcr dans la famille des Myaircs. Mais la coquille étant une partie intégrante du Mollusque dont il est question, doit entrer pour quelque chose dans l’eslimatioa des caractères généraux, et c’est pour cela que nous comptons les Panopées au nombre des genres de notre famille des Glycimères-
On pouvait déjà présumer, d’après les caractères de la coquille, quelles sont les mœurs de l’animal qui l’habile ; on supposait, qu’à l’exemple des Myes et des Solens, les Panopées vivent profondément enfoncées dans le sable , et les observations du capitaine Cécile et des officiers de son bord, ont changé en une vérité désormais acquise à la science , les prévisions des zoologistes.
Il y a quelques années qu’on ne connaissait encore qu’un petit nombre d’espèces appartenant au genre Panopée. Une seule vi-
lï.S 1‘ANOPÉES.
vante, de la Méditerranée, se trouvait dans quelques collections. MM. Quoy et Gaimard en firent connaître une seconde des mers australes; en passant dans ce genre le Mya nonvegtca de Spengler, devint la troisième espèce. M. Sowerby en fit connaître une quatrième; c’est celle dont l’animal a été récemment décrit par M. Valenciennes : c’est le Panopœa australis. Enfin , une cinquièni.e espèce a été rapportée par M. d’Orbigny, des côtes de Patagonie ; elle a été nommée Panopœa abhreviata , par M. Valenciennes. Â ces cinq espèces vivantes il faudrait, d’après M. Valenciennes, en ajouter dix fossiles ; ce qui porterait à quinze le nombre des espèces. Ce n’est pas ici qu’il convient de discuter la valeur de chacune dVIles; nous ajouterons seulement, que ce genre ne descend pas dans le terrain oolilique, comme l’a cru M. Roemer. Les tervains les plus inférieurs où il se montre appartiennent à la craie moyenne; on le rencontre ensuite dans tous les terrains tertiaires. Dans ces terrains, les espèces y sont distribuées avec régularité et peuvent servir à les caractériser. Nous citerons les espèces suivantes ;
1° Panopœa intermedia. Desh.
Cette espèce , des argiles de Londres , figurée par M. Sowerby , est la même que nous avons découverte aux environs de Paris, et à laquelle M. Valenciennes a bien voulu donner notre nom.
2° Panopœa Meynardi, Desh.
Nous avons décrit sommairement cette espèce dans le Dictionnaire classique, tome xiii, page 22. C’est celle à laquelle M. Valenciennes a donné le nom de Panopœa Basteroti, Elle est fossile aux environs de Dax et de Bordeaux , et ses fragmens ont été trouvés dans les faluns de la Touraine. Cette espèce , ainsi que celle recueillie par M. Dubois de Moniperreu, dans les terrains tertiaires de la Volhynie, peuvent caractériser l’étage moyen des ter* rains tertiaires.
3® Panopœa Aldromndi, Lamk.
Habitant la Méditerranée, et , dit-on , les côtes d’Espagne. Cette espèce est la plus anciennement connue. Une de ses variétés , un peu plus petite, se trouve en abondance à l’état fossile en Italie , en Morée et dans les terrains récens de la Sicile.
QUATKIÈME FAMILLE.
ESPÈCES
Panopée d’Aldrovancle. Panopœa ÂklromndL Lamk. pl. 7.
fig* it
Testa magna J crassa^ ovato* transversa^ subœquilatera lœvigata^ utrmque hîante. Chama glYcimeris^ Aldrov, de Exang. p. 473. 474*
Bonan. Rec. part. 2. fig. 5û.
Lister. Concb. pl. 414. fig. a58.
Gualt.Iud, lest. pl. 90. fig. A.
Klein, Tent. ostrac, pl. i, fig, 72.
Born. Mus, pl. i. fig. 8. Mya glycimcris,
Chemn. Conch, t. 6. p. 33. pl, 3. fig. aS.
Sclu’ot. Einl. t. 2. p. 6tS. Mya. u° ii.
Mya glycimerîs, Gmcl, p. 3222. n° 17,
Donovan. Brit. shells. t. 4. pl. 142.
Spengler. Mém. de la soc, d’bist. nat. de Copenh. l. 3.p. 43. 11° 17,
Wood. Gener, Concb. p. 114. 11041. pl. 25. fig. r.
Panopœa Aldromndi, Ménard. Aon. du mus. t. 9. p. i3i. no i.
Mja glycimeris, Dillw, Cal. t. i. n° r, panopœa Aldromndi. Blainv, Malac. pl, 80. fig. 2.
Desh. Encyc, mélh. vers. t. 3. p. 698.
Lamb. An. s. vert. t. 5. p. 457. n® i.
Wood. Ind. test. p. i3, n° 4r. pl. 3. fig, 41.
Pbilippî, Enum, moll, Sicil, p. 7. pl. 2. fig. 2,
Valenciennes, Archives du mus. t. r. p. 33.
Testa fossiUs, Panopœa Faujasî. Ménard. Ann. du mus. t. 9, p. i3i.n02. pl. 12.
Mya panopœa. Broccbî. Conch. foss. subap. t. 2. p. 538. n® 4.
Panopœa FrtKyaii. Vaîenc. Arcb.du mus. t. i. p. i3.
Habite la Méditerranée et les côtes d’Espagne, d'après Lister. Elle se trouve fossile dans le Plaisantin, en Sicile et en Morée.
Cette coquille est Tune des plus grandes bivalves connues; elle est ovale, transverse, obtuse à ses extrémités. Elle est presque inéquilalérale , et ses valves convexes ont des crochets saillans et opposés. Le côté postérieur est généralement un pou plus étroit que ranlérieur, et son bâillement est bien plus considérable que celui du côté opposé. Le bord cardinal est presque droit; il offre, sur chaque valve, et immédiatement au-dessous du crochet, une dent
L£S FANOPEES.
cardinale, conique, l'edressée, un peu recourbée dans sa longueur, et légèrement comprimée laiéralement. A côté de celte dent, se trouve une fossette peu profonde, dans laquelle vient se placer le sommet de la dent opposée, lorsque les valves sont réunies. La surface extérieure est lisse et marquée de sillons irréguliers d’accroisseraens. A fintérieur, les valves sont blanches, quelquefois un peu rosées vers le centre. Dans les vieux individus , l’impression palléale est profondément empreinte dans répaisseur du test, et le bord, fortement épaissi eu dedans, ressemble à un gros bourrelet un peu déprimé. La sinuosité postérieure de l’impression du manteau est triangulaire , obtuse au sommet ; et si l’on fait passer une ligne qui partage ce triangle en deux parties égales, celte ligne divisera la coquille transversalement en deux moitiés presque égales. M. Valenciennes a distingué une variété principale, dont les valves, plus larges et plus quadrangulaires, sont beaucoup plus înéquilalérales. Dans cette variété, c'est le côté postérieur qui est le plus court. Nous pensons que l’on doit considérer comme autant de variétés les individus fossiles pour lesquels M. Majnard de la Groye a fait sou Panopœa FavjasL Généralement plus petits, ces individus sont aussi plus minces que ceux que l’on a vivans. M. Valenciennes les distingue particulièrement parce qu’ils n’ont pas celte troncature oblique qu’on remarque sur le côté antérieur des vieux individus vivans. Mais si l’on étudie les stries d’accroissement de ces vieux exemplaires , on s’aperçoit [bientôt que, dans le jeune âge, cette troncature n’existe pas. Nous avons des individus fossiles de diverse taille, et parmi eux, il s’en trouve un qui, appliqué sur un grand individu vivant, offre, dans le contour de ses valves, la môme forme et les stries d’accroissement de ce grand individu. Nous avons observé, parmi les fossiles rapportés de Ja Morée par M. Virlet, un très grand fragment de Panopée, qui annonce que la variété fossile acquiert une taille et une épaisseur aussi gi’andes que dans la variété vivante. Les individus de taille moyenne ont i3 centimètres de long et 23 centimètres de large. Lorsque les valves sont réunies, la coquille a 90 millimètres d’épaisseur.
Panopée de Ménard. Panopœa Menardi, Desli, pl. 7. lîg. 2. 3.
Testa ovato’ohlonga iransvcvsa^ inœqiiilatera antice latiore, obliqué suhtrun^ cata, mx hiautc^ postice rotundata, kîantissima^ 'valvis ad apicem irregiilariter pîicatïs ; sînu palîii profundissîmo.
l4o (JUATRIÈME VAMILLK.
Desh. Dict. class. d’hist, nat. t. i3. p, 22. i8a8.
Panopœa BasterotL Valenc; Arch. du mus. t i, p, ai.pl. 6. fig. a. a. b.
Habite fossile aux environs de Bordeaux et dans les fatuns de la Touraine» Nous avions depuis long-temps donné une description sommaire de celte espèce dans le Dictionnaire classique d^histoire naturelle , lorsque M. Valenciennes lui imposa un autre nom que nous ne pouvons accepter, puisqu’il en existe un autre antérieur de plus de dix ans. Cette coquille se distingue avec la plus grande facilité de toutes les autres espèces du même genre ; elle est ovale, oblongue, Iransverse, inéquilaiérale ; son côté antérieur est le plus court : ce côté, dans les vieux individus, est plus large et plus dilaté que le postérieur. L’extrémité postérieure est arrondie ; elle est fortement bâillante, tandis que sur le côté antérieur, l’écartement des valves est beaucoup plus étroit. Les crochets sont assez saillans; ils sont opposés et peu inclinés en avant. Le bord cardinal est droit; il offre à chaque valve une petite dent cardinale, étroite et comprimée ; la nymphe est grande, épaisse, et en proportion plus allongée que dans le Panopœa Aldromndi; elle est moins subitement tronquée à son extrémité antérieure. L’impression musculaire antérieure est plus longue et plus étroite que la postérieure; la sinuosité palléale est très profonde, car, si l’on fait tomber une ligne perpendiculaire depuis le crochet jusqu’au bord inférieur, cette ligne rencontre le sommet de celle sinuosité; celle espèce reste toujours d’une taille beaucoup plus petite que la Panopée d’Aldrovande et sa variété fossile. Son lest est en proportion plus mince ; aussi, il est fort difficile d’avoir bien entière cette coquille, rendue très fragile par la fossilisation. Le plus grand individu que nous ayons , et qui est aussi un des plus grands connus, a 60 millimètres de long et i3o millimètres de large; lorsque les valves sont réunies, la coquille a 4s millimètres d’épaisseur.
Panopée intermédiaire. Panopœa iniermedùu Desh. pl. y.
fig. 4- 5.
Testa ovatOy transversa angusta , inœquilatera; utroque latere obtnsa^ postice hianiissima, ad apteem îrrcguîariter plicata,
Corbuîa dubia. Desh, Coq. foss. de Paris, t, i, p. 59, n” 2 1. pl. 9, fig. i3, il.
Mya intermedia, Sow. Min, Conch, pl, 4*9. f»g. 'i*
Eadem spccîes? Mya plicata, Sow. loc. cit. fig. 3.
Eadem specîes? Panopœa Faujasi, Sow. Min. conch. pl. 60a. fig. 1. 2.
Panopœa. Deshayesii. Yalenc. Arch. du mus, t. i. p. 20. pl, 4. fig-
LES GLYCiaiERlDtS. l4l
Habile... fossile aux euvirous de Paris, et se trouve aussi eu Angleterre, dans les argiles de Loudres.
Nous avons indiqué autrefois cette espèce d’après un seul fragment qui, encroûté et privé de dents cardinales, nous avait paru appartenir à cette section des Corbules, dans laquelle la dent cardinale a beaucoup de ressemblance avec celle des Mj'es ; mais depuis long.-temps nous avons rectifié l’erreur que nous avons faite , lorsque nous eûmes découvert, dans la riche localité de Chaumont, un individu complet de la même coquille, et qu’à force de soins et de précautions, nous sommes parvenu à le vider complètement du sable qui le remplissait. Nous possédions cette belle espèce depuis plusieurs années, lorsque M. Sowerby, l’ayant rencontrée dans les argiles de Londres, en donna une figure, sous le nom de Mya intennedia. Plus lard , M. Sowerby reproduisit un individu uu peu plus grand de la même coquille, et le confondit avec le Panopœa FaiijasiL M. Valenciennes, dans sa monographie des Panopées, voulut bien donner notre nom à cette curieuse espèce de Panopée , et nous sommes très flatié de l’honneur qu’il a voulu nous faire; mais, uous étant imposé la règle rigoureuse de conserver aux espèces le premier nom qui leur est donné, nous rendons à celle-ci la dénomination que, le premier, M. Sowerby lui imposa.
La Panopée intermédiaire est une coquille ovale oblongue; elle est, en proportion, l’espèce la plus étroite; elle est iuéquilalérale, et sou côté antérieur est toujours le plus court. Les crochets sont médiocrement protubérans; ils sont opposés , et, immédiatement au-dessous d’eux, on trouve, sur le bord cardinal, une dent très comprimée, et à côté une fossette plus éli'oile et plus profonde que dans les autres espèces. Le bord supérieur est droit; la nymphe est petite , courte , peu saillaute , ce qui prouve que , dans cette espèce, le ligament n’avait pas tant de solidité que dans les autres. L’impression musculaire'antérieure est très allongée, comme celle des Pholadomyes ; la postérieure est ovale obroiide. La sinuosiTo postérieure du manteau est triangulaire , assez large, et remonte dans l’intérieur des valves jusqu’au milieu de leur longueur. Cette coquillea45 millimètresde longueur, 90 de largeur, et 35 d’épaisseur.
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