GENRE TREIZIÈME
PHOIiADOMlTE. Vholadomya. (6ow.)
PI. 4. fîg. 4 h 10. PI. 5. fig. I à 6.
CARACTÈRES GÉTfÉRïQüES. — Animal inconnu. Coquille mince, transverse, ventrue, cordiforme, ëquivalvc, inéquilatërale, bâillante des deux côtés 5 côté antérieur le plus obtus et le plus court; charnière simple, linéaire, sans dents 5 une petite inflexion sur le bord cardinal; deux petites nymphes donnant insertion à un ligament extérieur; impression palléale sinueuse postérieurement.
SYNONYMIE GENERIQUE, — CoHcha mgata ; Moscardo. — Cardites^ Grew. — Conchîtes ; Langius, — Bajerus,
Wolfart, — Mjacites^ Donacites; Schlotheim, Rrüger. — Phn- Jadites; Kriigcr, — Lutraiia ^ Mactra ^ Mya ^ Cardita^ Pholadomya; Sowerby. — Lamk. — Amphidesma^
Lutrarla^ Pholadomya; Zieten. — Lysianassa^ Pholadomya ; Munster, Goldfuss- — Lyslanassa, Myopsis ^ Gresslyn y Platymya^ Arcomya; Agassiz. — Pholadomya; Sow,, Nob,, etc.
OBSERVATIONS. - — Le premier indice que nous trouvons du genre Pholadomye, c’est dans un ouvrage peu estimé, avec juste raison , des naturalistes. Cet ouvrage a pouf litre : Museo Moscardo ; il a été publié à Padoue, en i656. A la page i83, on trouve, à côté d’un moule d’Isocarde, une autre coquil le fossile que l’auteur nomme Coucha rugata; elle a toute l’apparence de l’une des espèces de PholaiÏQmyes les plus répandues dans la partie supérieure des terrains jurassiques, Listei- et Grew, en Angleterre, l’un dans son Synopsis Conchyliorum , l’autre dans le Muséum de la Société royale, ont figuré des espèces qui appartiennent certainement à ce genre; depuis, il n’est guère d’Orycthographe qui n’en ait fait représenter quelques espèces, sous le nom de Cardite ou de Musculite, généralement adopté pour désigner la plupart des coquilles bivalves fossiles. Linnèn’introduisitaucune de ces pétrifications dans son Systema naturœ ; aussi , on ne les trouve dans aucun auteur systématique
LES GLYGIMERIDES.
jusqu’au momenX où on commença à sentir l’importance de l’étude des fossiles, et c’est à Lamarck et à Cuvier que l’on est redevable des premières recherches importantes et vraiment utiles sur les corps organisés fossiles; mais, à cette époque-là même, il était presque impossible de caractériser avec exactitude le genre qui nous occupe : aussi, on en trouve le petit nombre d’espèces alors connues réparti dans dilFérens genres. Les unes étaient rapportées par M. Sowerby aux Myes , aux Mactres, aux Lulraires, aux Cardites : en cela , l’auteur anglais suivait les indications de M. Brongniart. Lamarck lui-meme, trompé par l’apparence, rangea parmi les Trigonies quelques-unes des espèces du genre Pholadomye ; enfin, par un hasard des plus heureux, on découvrit une espèce vivante, et, dès-lors, on put caractériser convenablement le genre et y rapporter par analogie les espèces fossiles qui en dépendent. Cette coquille précieuse et des plus intéressantes a été découverte à l’île Torlola par M. Nicholson. Deux individus seulement sont connus dans les collections , et il en existe une valve dans celle du Muséum d'histoire naturelle de Paris. Cette espèce a été décrite et figurée pour la première fois par M. Sowerby dans son Généra of shells.
Depuis celte époque, M. Agassiz dans un travail fort remarquable qu’il a publié, en 1842 , sous le litre à'Eludes critiques sur les mollusques fossiles, a donné une monographie du genre Pholadomye dans laquelle il a ajouté deux espèces vivantes, toutes deux de la Caspienne, et rapportées toutes deux au type des Cardium par M. Eichwald, dans son Fauna CaspiO’-Caucasia.
L’animal n’est point encore connu. Toutes les coquilles sont très minces, et l’on peut juger de leur peu d’épaisseur dans les espèces fossiles elles-mêmes, car les moules intérieurs ont conservé avec une grantle netteté les côtes et les tubercules, qui se répètent toujours à l’intérieur des coquilles lorsque leur test est mince. La charnière est très simple ; elle est sans dents. On remarque seulement sur le bord, immédiatement au-dessous du crochet, une légère dépression , oîi devraient se trouver les dents cardinales, s’il en existait. Sur le côté postérieur, se montre une nymphe petite, peu saillante, creusée en- dehors et à la base d’un petit sillon dans lequel s’insère un ligament extérieur. En examinant des moules bien conservés, ou mieux encore la coquille vivante elle-même, on trouve, à l’intérieur des valves, deux impressions musculaires fort écartées; l’antérieure ovalaire est quelquefois
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étranglée dans le milieu; elle descend, le long du bord antérieur, et très près de Textrémité des valves. L’impression musculaire postérieure naît un peu au-dessous du bord supérieur, et à une petite distance de l’extrémité de la coquille : celte impression est obronde ou ovalaire. On ti’ouve aussi, dans l’intérieur de ces coquilles, une impression palléale rapprochée du bord inférieur , et qui rentre a l’intérieur sous forme d’un sinus profond, lorsqu’elle est parvenue à l’extrémité postérieure de la coquille. Cette sinuosité de l’impression palléale indique, comme on le sait déjà , que l’animal est terminé postérieurement par des siphons, et l’on peut présumer, par le bâillement considérable des valves du côté postérieur, que les siphons sont considérables. Presque toutes les Pholadonijes sont des coquilles ventrues, cordiformes, à crochets proémiiiens, opposés et très rapprochés. Le plus grand nombre des espèces sont très inéquilalérales, et c’est lé côté antérieur qui est toujours le plus court. Toutes les espèces sont plus ou moins bâillantes; Je bâillement antérieur est toujours plus petit que celui du côté opposé; ces deux bâiilemens ressemblent assez à celui des Panopées, des Mjes ou des Lulraires. D’après ce que nous venons d’exposer, on peut déjà établir les rapports du genre d’une manière assez naturelle; il se rapproche évidemment des Panopées par l’ensemble de ses caractères; mais, par la nature de son test et sou peu d’épaisseur, il a de l’analogie avec les Pholades, mais surtout avec les Anaünes.
Depuis quelques années que l’on s’occupe avec tant d’activité, en Europe, à étudier les fossiles répandus dans les couches de la terre, les auteurs ont ajouté un grand nombre d’espèces à celles anciennement connues. Ce genre est donc important pour les géologues, car il n’est presque point de terrain fossilifère où il ne soit représenté par quelques espèces; et la plupart d’entre elles se distribuent avec régularité dans les différentes formations, et peuvent servir à les caractériser. A force de soins, nous sommes parvenu à en rassembler, plus de cent vingt espèces, et nous sommes loin de posséder toutes celles qui sont mentionnées par les auteurs. Nous sommes convaincu que des recherches plus étendues ajouteront encore un gi’and nombre d’espèces à ce genre, et qu’elles seront doublées, d’ici à quelques années. Déjà M. Agassiz en a ajouté un bon nombre qui ne nous étaient point connues , et il a rectifié plusieurs erreurs qui s’élaient glissées dans la nomenclature. M. Agassiz compte ii3 espèces de Pholadomyes , et si nous ajoutons celles qu’il n’a pas mentionnées dans sa monographie, nous
LES GLYCIMEIllDÈSi
pouvons porter à 172 au moins le nombre des espèces que nous connaissons actuellemenl; il est vrai que dans ce nombre sont comprises des coquilles dont M. Aqassiz fait des genres à part sous les noms de Myopsis et de Goniomya ou Lysianassa de M. de Munster.
On a cru pendant assez long-temps que les Pholadomyes manquaient aux terrains tertiaires. M. Sowerby en a signalé une qui appartient aux argiles do Londres. Cette même espece a été retrouvée depuis dans les sables inférieurs du bassin de Paris, aux environs de Laon , et M. Agassiz mentionne deux autres espèces dans les terrains tertiaires supérieurs de FAIIemagne.
Les terrains crétacés supérieurs ne contiennent jusqu’à présent qu’un petit nombre de Pholadomyes 5 elles deviennent plus abondantes dans les couches inférieures de ces terrains, couches désignées par les géologues sous le nom de terrains néocomiens. Elles se montrent en plus grande abondance dans la série des terrains jurassiques, etily a des espèces qui peuvent caractériser chacun des étages de cette grande série. Il en existe encore plusieurs dans le terrain que les géologues allemands ont nommé Muschelkalk. Au-dessous de cette formation, le genre Pholadomye paraissait manquer; mais MM. de Verneuil et d’Arcbiac> dans leur excellent mémoire sur les fossiles des dépôts anciens des bords du Rhin, onldécril une coquille qui appartient au genre qui nous occupe ; MM. Sowerby et Goldfussen ont égalementmenlionné chacun une espèce dans ces terrains ; de sorte qu’il est bien conslalé que le genre Pholadomye est du petit nombre de ceux qui passent à travers toutes les formations,' et vit encore aujourd’hui.
Nous ne pouvons, donner ici la liste complète des espèces d’un genre aussi nombreux que celui des Pholadomyes. Sans doute, il eût été plus intéressant de les trouver distribuées dans l’ordre géologique; mais l’étendue de cet ouvrage ne nous permet pas une aussi grande extension. Aussi, nous nous contenterons d’indiquer les principales espèces caractéristiques des terrains, en empruntant à l’excellente monographie de M. Agassiz plusieurs renseignemens d’un grand intérêt. Nous n’admellons pas toutes les opinions de M. Agassiz, et nous rejetons plusieurs des genres qu’il a proposés, qui, selon nous, présentent tous les caractères des Pholadomyes, Il faut dire qu’il y a peu de genres aussi difficiles que celui-ci et dont la synonymie soit plus embrouillée: plusieurs espèces, fondées sur des individus mal conservés, représentées par des figures très
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médiocres, sont devenues les types sur lesquels se sont d’abord appuyés les géologues pour reconnaître difFérens terrains; et il est souvent arrivé à ces personnes peu habituées aux éludes zoologiques, de se contenter d’approximations inexactes ; c’est de cette manière que, sous un môme nom, on trouve aujourd’hui plusieurs espèces rassemblées, et qu’il est très difficile de remonter à la source de Terreur pour la réparer. C’est ainsi que je remarque dans les auteurs cinq espèces, au moins, sous le nom de Fholadomya murchis^ soni ; sous le nom de Pholadomya amhigua, M. Soiverby confond, je le crois , deux espèces j M. Goldfuss représente sous ce nom deux espèces qui sont différentes de celles de Sowerby ; M. Zieten donne encore un Amhïgua qui est également différent de celle des deux auteurs que nous venons de mentionner; enfin, M. Rœmer représente un Amhigua qui a beaucoup de rapports avec une de celles de Sowerby, mais qui pourrait bien encore constituer une. sixième espèce. Ces deux exemples suffisent pour donner une idée de la confusion qui règne dans la synonymie des Pholadomyes. Nous pourrions facilement en ajouter beaucoup d’autres; mais un le! travail neserait pas ici à sa place: il doit entrer comme élément d’une bonne monographie. Une autre difficulté se présente : elle est inhérente à la nature môme du sujet, puisqu'elle résulte de la variabilité des espèces et des altérations qu’elles ont subies par le fait do la fossilisation. Les Pholadomyes sont des coquilles très n\inces ; on les trouve dans des terrains de sédiment qui formaient des boues argileuses ou calcaires avant leur solidification. Pour peu que ces terrains aient subi des compressions où des dérangemena pendant que leurs couches étaient encore molles, des coquilles aussi fragiles que les Pholadomyes ont été comprimées ou étirées dans divers sens, et il est quelquefois difficile de rencontrer quelques individus dont la forme naturelle n’ait subi aucune altération. Aussi, il pourrait arriver qiTune même espèce devînt l’occasion de plusieurs aux yeux d’un zoologiste, même exercé, dans i’impossibiliic ou il serait de reconnaître des formes accidentelles et de les rapporter à leur type naturel. Aussi, pour entreprendre une bonne monographie du genre Pholadomye et donner une distribution des espèces exempte d’erreurs graves, il faut être entouré de très nombreux matériaux, et, malgré nos efforts, nous ne pensons pas en avoir encore assez pour entreprendre un travail complet sur ce genre.
Tous les zoologistes ne sont point d’accord sur l’étendue desca-
lES GLTCI31ERIDES.
ractères qu’il convient de donner au genre Pholadomyc. Ceux que nous avons exposés en (ête de cet article, et qui résultent pour nous de l’observation de deux espèces vivantes et des impressions très nettes d’un assez grand nombre d’espèces fossiles, permettent d’introduire dans le genre un assez grand nombre d’espèces qui en sontrejêtées parquelques auteurs. Il estcertain que, quels que soient les caractèresextérieursd’une coquille bivalve, toutes les fois qu’elle sera mince, bâillante, que sa charnière sera simple et sans dents, que l’impression palléale sera sinueuse du côté postérieur, celte coquille sera pour nous une Pholadomye. Si nous prenons actuellement le genre Lysianassa deM. de Munster, 3Iyopsîs , Platymya, ' ainsi qu’une -partie du genre Jrcomya de M. Agassiz, nous chercherons en vain les caractères qui les distinguentdes Pholadomyes, à moins que l’on ne prenne ces caractères dans des accîdens extérieurs, qui pour nous n’ont aucune valeur. Nous remarquons d’abord que M. Agassiz n’admet dans le genre Pholadomye que celles des espèces qui ont des côtes longitudinales ; et les difFérens genres de ce naturaliste que nous venons de mentionner sont destinés à réunir des coquilles qui ont tous les caractères des Pholadomyes, mais qui n’en ont pas les côtes longitudinales. Il semblerait, d’après cela, que M. Agassiz a fondé des genres, non plus d’après une appréciation des caractères zoologiques des coqtiilles, mais d’après des formes extérieures, essentiellement variables dans la plupart des genres. Dans la nature actuelle, où, nous cherchons des termes de comparaison, nous trouvons des coquilles habitées par des animaux d’un même genre, ayant des caractères génériques semblables, et qui cependant sont tantôt lisses, tantôt striées transversalement, ou garnies de côtes longitudinales. Le grand genre Cardium^ par exemple, nous présente tous ces accidens ; il en estde même chez lesLucines, lcsVeuus,les Pétoncles, etc., etpersonnen’a jamais songé à démeinbrerces genres uniquement d’après le caractère des côtes longitudinales ou lransverses,ou le poli extérieur des coquilles. Ce que M, Agassiz ne ferait certainement pas dans le genre B ucarde, pourquoi le fait-il dans le genre Pholadomye? Il nous semble que la zoologie n’esl une science vraiment philosophique qu’aulanl que ses diverses parties sont coordonnées d’après les mêmes principes, et que la subordination des caractères des familles et des genres doit résulter d’une règle invariable et inflexible. Pour nous, nous ne voyons aucune difficulté à admettre dans le genre Pholadomye des espèces lisses ou des espèces à côtes, soit transverses, soit
lO’
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longiluclinaies; nous croyons môme que l’on doit y introduire des espèces aplaties et transvei ses, aussi lisses que celles qui sontcylindracées ou cordiformes; il nous suffit, en un mot, qu’une coquille nous offre les caractères que nous avons assignés au genre, pour qu’elle y trouve sa place : en agissant autrement, nous croirions manquer de tact et à ce que l’observation nous enseigne. Dans tous les grands genres, la nature est prodigue dans la variété des formes et des accidens : que l’on considère les genres Lutraire et Mactre réunis, les Lucines, les Bucardes, lesMulettes, les Huîtres, les Limes, les Peignes, les Avicides, etc., et l’on verra avec quelle facilité la nature se joue, en s’appropriant les formes les plus diverses sur des types constans d’organisation. ÎVous considérons, nous, le genre Pholadomye comme l’un de ces grands types à modifications nombreuses dans les formes extérieures, mais à caractères essentiels constans. C’est ainsi que les espèces du genre Lysianasse de M. de Munster constituent pour nous un petit groupe de Pholadomyes qui, au lieu d’avoir des cotes longitudinales ou Iransverses, les ont en forme de chevron plus ou moins ouvert. Ce qui nous détermine à ranger ces coquilles parmi les Pholadomyes, c’est qu’ellesont la charnière simple et sans dents, comme les autres coquilles du môme genre, et qu’elles sont bâillantes, exactement comme le , sont toutes les Pholadomyes. Nous cherchons en vain dans les planches de M. Agassiz quels doivent être les caractères de son genre Myopsis. Nous avons sous les yeux un assez grand nombre de coquilles de ce groupe, et nous trouvons sur des moules bien conservés l’impression d’une charnière simple réunissant les valves bâillantes d’une coquille très mince dont on aperçoit difficilement les impressions musculaires et l’impression palléale, parties que nous avons vues cependant telles qu’elles existent dans lo genre Pholadomye. Nous avions d’abord pensé que M, Agassiz avait établi son genre Arcomye pour des coquilles singulières qui devaient avoir à la charnière un caractère tout particulier, qui consiste en une côte oblique appartenant à la valve droite. Ce caractère qui se représente dans quelques espèces du genre Jrcomya se montre aussi dans des coquilles iloiU les formes sont très différentes et avec lesquelles M, Agassiz a lait ses genres Cero/nya el Gresélya» Nous ne voyons dans la plupart des espèces du genre Arcomya qu’un double emploi des Pholadomyes, car nous y retrouvons l’impression d’une charnière simple dans des coquilles bâillantes, minces, inéquiiatérales, comme les autres Pholadomyes. Quant au
LES GLYCI?lElUJ)liS.
gcni e Plafymya^ il paraît se distinjjuer un peu mieux des Pholadomyesj par ce caractère qui, pour nous, n’a pas une grande valeur, mais qui, à la rigueur, peut être pris eu considération: il consiste en une cote oblique intérieure dans chaque valve, parlant de Jû charnière et allant mourir insensiblement vers les impressions musculaires postérieures. Ces côtes, que l’on retrouve dans plusieurs genres à coquilles très minces, et notamment dans plusieurs espèces de Solens, pourraient indiquer un genre particulier s’il y avait à la charnière des traces évidentes d’un caractère plus important qui accompagnât celui-là. Dans les Plalymja la charnière était simple et sans dents comme dans les Pholadomyes, et ce motif nous paraît suffisant pour joindre encore ce genre à tous ceux que nous avons mentionnés.
Nous donnons ici le nombre et la distribution des espèces.
Trois espèces vivantes: une des petites Antilles ; deux de la mer Caspienne.
Trois espèces tertiaires : deux du terrain tertiaire supérieur d’Allemagne ; une du terrain tertiaire inférieur du bassin de Paris et de Londres, Pholadomya margaritacea^ Sow.
Vingt-et-une espèces dans la craie: neufdans la craie supérieure etglauconieuse ; six dans la craie moyenne ou grés vert; et six dans le terrain néocomien.
Parmi ces espèces, nous citerons les Pholadomya u/n^o/za^«,Desh., decussata, Agass., qui sont propres à la craie supérieure, les PAo/adomya aodulifera^ Munst., Æj/nareX*», Pusch., qui sont propres aux grés verts de la Hongrie, de la Scanie, de Quedlinbourg ; enfin les Pholadomya langii et ncocomensis^ qui sont propres aux terrains néocomiens de la Suisse et de la France.
Quaranle-el-une espèces dans les terrains portiandiens du Kimmeridge-CIay et du Coral-Rag.
Parmi ces espèces, nous citerons : le Pholadomya donacina de Votz, qui caractérise le Porlland, en Suisse, en Allemagne et en France; Vacuticostatay Sow., qui est propre au Kimmeridge en France, en Allemagne, en Angleterre et en Suisse.
Le Pholadomya cancellata se trouve à-la-fois dans le Porlland et le Coral-Rag supérieur, en France, en Allemagne et en Suisse ; enfin le Pholadomya ovalist Sow., se trouve en môme temps dans la Porlland et le Kimmeridge-Clay, en France, en Allemagne et en Angleterre.
Vingt-huit espèces dans le terrain oxfordien.
j5o QUATRIEME FAMItLE.
Le Pliolaiomya œqualisy Soiv., ainsi que le Pholadomya angus^ tata du môme auteur caractérisent ce terrain en France, en Allemagne et en Angleterre.
Quarante-quatre espèces dans la grande colite, l’oolite inférieure et Je lias. Parmi ces espèces nous devons signaler :
Le Pholadomya producfa, Sow., qui se trouve à-la-fois dans la grande colite et foolite inférieure d^Angleterre et de France.
Le Pholadomya Jîdiculay que Ton rencontre plus spécialement en France, en Allemagne et en Angleterre, daasl’oolile inférieure.
Le Pholadomya semicostata. Desh., que l’on rencontre plus spécialement dans le lias, en France et en Angleten’e.
Il y a plusieurs espèces qui passent dans les divers membres de cette formation.
Le Pholadomyarcticulafay qui passe du lias supérieur dans l’oolite inférieure.
Et \e Pholadomya fidicuîa, qui remonte de l’oolite inférieure dans la grande oolilc.
Dix-neuf espèces dans le muschelkalk. Nous citerons seulement :
Le Pholadomya jnusculoides àe Schlolheim,que l’on trouve dans tous les lieux où se montre cette formation.
Trois espèces dans la formation paléozoïque inférieure, comprenant le Carbonifère, leDevonien et Je Silurien : ces trois espèces sont :
Le Pholadomya cuneata, Sow., qui est propre aux terrains carbonifère et silurien de l’Angleterre; et \e Pholadomya mimsferi, Verneuil ; Radiata Go/<^qui se rencontrent dans le terrain dévonien de TEifel,
En terminant ce qui a rapport aux généralités du genre Pholadomye, nous devons ajouter que nous sommes heureux de partager l’opinion de M. Agassiz sur le soin et la rigoureuse exactitude qu’il faut apporter à la détermination des espèces fossiles, surtout dans un genre aussi difficile que celui-ci. De cette détermination résulte, en effet, comme conséquence d’une haute importance, la distribution exacte et véritable des espèces dans les couches de la terre. Revenons aux espèces qui nous ont servi d’exemple d'une grande confusion de synonymie, et que nous avons signalées précédemment. Admettons pour un moment, sous les noms de Phola~ domya Murchissoni oi ambigua , les ou six espèces que l’on a confondues dans chacune d’elles, ctaussitôt nous allons voir passer
LES GLYCIMEUIDES.
ces espèces dans presque tous les terrains; ce seront autant d’erreurs qui se seront propagées sous le manteau d'une zoologie sans critique : Que l’observation et la critique, se prêtant un mutuelappui, fassent rentrer ces espèces dans leurs véritables limites, et nous les verrons restreintes à un petit nombre de couches terrestres.
Voici une autre^ observation qui nous est suggérée par les coupures artificielles, selon nous, que M. Agassiz a fait subir au grand type des Pholadomyes. L’étendue des genres n’est point une chose indifférente, même au point de vue de l’application de la zoologie à la géologie, et nous allons en trouver un exemple remarquable dans le genre qui nous occupe. Tel que l’a restreint M. Agassiz, le genre Pholadoraye commence au lias, et remonte à travers toutes les formations, où il laisse des espèces en plus ou moins grand nombre, et se montre encore dans les mers actuelles. Ajoutez à ce genre les espèces lisses et ovalaires dont M. Agassiz a fait son genre Myop~ jij, et a l’instant meme vous voyez le genre PboUdomye pénétrer dans les couches qui sont sous le lias, et s’avancer jusque dans le terrain silurien le plus inférieur. Si , comme nous le croyons et comme nous l’avons déjà dit, le genre Myopsis est artificiel et doit rentrer dans celui des Pholadomyes, il n’est point indifférent, comme on le voit, que celte réunion se fasse, puisqu’il en résulte ce fait intéressant que le type si remarquable des Pholadomyes est du petit nombre de ceux qui ont assisté pour ainsi dire aux premiers phénomènes de la création des êtres, et ont persévéré à travei's toutes les phases qu’a éprouvées notre globe terrestre, et ont pu s’approprier aux conditions actuelles d’existence. Si l’on ajoute encore au genre Pholadomye les Lysianassa les Plaiymia et la plus grande partie des Arcomya^ la distribution du genre éprouvera d’autres changemens encore ; il prendra plus d’importance dans des couches où il paraissait en avoir beaucoup moins. La distribution géographique, elle-méme, subira des modifications importantes selon que l’on aura accordé au genre plus ou moins d’étendue.
ESPÈCES
Pholadomye blanche. Pholadomja candida, Sow. PI. 4* fig.
Testa ovato^transversâ^ inflatâ^ suhcylindvaceâ y tenuîyfragilly hîaîînây can~ àidà^ inœquîlatcraU'j laterc antîco hrevissimo; '\)ahis costidis 'variànlibus y stries transçersis clalhratis; cardine angustOj subinftexOysimpUci »
QÜATUlbiE FAMILLE.
Sowerhy. Généra of shel(5. Genre Pholadomya.
Beeve. Concb. syst. t. i. p. 5o. pl. 32.
Desb. Encycl. inclh. vers, t. 3. p. 356.
Agassiz. Eludes cril. sur les Moll, foss, p. 6a. n® i.
Habile l’ile Torlola.
Espèce rare et curieuse, la première vivante qui ait été connue : elle est ovale, transverse, obtuse à ses extrémités, très convexe, et subcylindracée dans le milieu. Les crochets sont peu saillans, opposés; ils se touchent, et celui de la valve gauche est percé de manière à recevoir celui de la valve droite qui peut ainsi se mouvoir davantage. Lorsque les valves sont rapprochées, elles laissent entre elles un bâillement assez considérable aux deux extrémités de la coquille. Celui du côté postérieur est plus considérable queTantérieur, La coquille est très inéquilatérale, les crochets élani placés vers le quart de la longueur totale; aussi le côté antérieur est très court, et, vue de ce côté, la coquille est cordiforme. La surface extérieure est ornée de douze à quinze côtes longitudinales qui descendent en rayonnant des crochets, et viennent aboutir sur toute la longueur du bord inférieur. L*extrémité antérieure et le côté postérieur restent lisses. Des stries transverses d’accroissement irrégulières traversent les côtes longitudinales, et les découpent en grosses granulations obtuses et subquadrangulaires. Le test est tellement mince que ses accidens extérieurs se reproduisent assez exactement à Tinlérieur. Le bord cardinal ou supérieur est linéaire. On remarque, immédiatement au-dessous des crochets, une légère inflexion à la place où seraient les dents cardinales si elles existaient. En arrière du crochet, se relève une nymphe d’une médiocre épaisseur, mais assez longue et donnant insertion à un ligament externe. La surface intérieure laisse voir deux impression s musculaires, dont l’antérieure, fort élrgite, descend sur presque toute la longueur du bord antérieur de la coquille. L’impression postérieure est obronde; l’impression palléale montre une large sintiositq postérieure qui ne pénètre guère que jusque vers le tiers de la longueur totale. Cette coquille mince, transparente comme celle des Anatines, a un reflet subnacré. L’individu figuré par M. Sewerby a 4o millimètres de long et 8o de large.
hhs GLYCiMüKIDËS.
Pholadornye à côtes nombreuses. Pholadomya multlcostata, Agassiz. PL 4* fig* 7- 8.
Testa ovato-iransversà, a/iticè latîore, InœquUatcraliy cost'is angustîsj inœqiia- VihiLSy radiatîs ornatà; latere antico hreviorcyobtuso, postico acutliuculo; umbomùus approximatUy magnis,
Rœraer. Pelr, p. i3i. n® 14. pl. 9, f. i5. Ph» acuticosta,
Bronn. Lelh. Geogn. pl. a8, f. 18.
Goldf, Pelr. (. 2. p. 271. pl, 4.
Agassiz. Éiuü. crit. sur les moll, foss. p. S2, pl. 2. f. 3. 4. pl. 3. f. 10, Pb, muîticostata.
Habite.... fossile dans les marnes et les argiles du Kimmeridge-Clay, en France, en Allemagne et en Angleterre.
Jusqu’à présent, cette espèce ne s’est rencontrée que dans la formation kiinméridienne qui forme, comme savent les géologues, la partie supérieure des terrains jurassiques. Celte espèce peut servir à caractériser les couches dont il est question; car, jusqu’à présent, elle n’en a pas dépassé les limites. Nous ne connaissons que le moule intérieur; mais nous savons, par l’exemple de la Pholadornye vivante , que ce moule reproduit les accidens extérieurs avec assez de fidélité. Cette coquille est ovale, Iransverse, très renflée dans le milieu et du côté antérieur, plus amincie et plus pointue du côté antérieur. Les crochets sont grands et saillans; aussi, vue de face du côté antérieur, celle coquille est cordiforme. De ces crochets partent en rayonnant vingt-quatre à trente côtes, qui se portent, quelques-unes sur le côté antérieur, et les autres viennent aboutir sur le Lord inférieur des valves. Il n’y en a Jamais sur le côté postérieur qui reste lisse. Ces côtes sont inégales pour le volume et pour leur écartement. Les trois ou quatre plus grosses sont fort écartées , et occupent le ventre de la coquille ; celles qui sont sur le côté antérieur sont plus petites et plus rapprochées; mais, depuis l’extrémité antérieure jusqu’à la postérieure, les côtes se multiplient rapidement, mais elles s’amoindrissent à mesure que leur nombre s’accroît , et elles disparaissent insensiblement vers l’extrémité postérieure. Les côtes dont nous venons de parler sont minces et étroites ; elles ressemblent à des crêtes tranchantes posées sur une surface lisse. Quoique nous ayons des moules intérieurs de cette espèce empreints dans une pâte très fine, nous ne trouvons sur eux aimune trace des caractères intérieurs que peuvent fournir
l54 QUATRIÈMK FAHltLË.
les impressions musculaires et celles du manteau. Cette coquille a 6o millimètres de long et 38 de large.
Pholadomye donaciforme. Pholadomya donaciformis. Desh, PI, 4* fig. 9- 10.
Testâ transversdj ovato^suhtrîgonâ jinœquiïateraîijventricosâ y ohîîquè trun~ catâ , transvevslm siîlcaiâ.
An eadem specîes? Amphidesma donaciforme» Zieten, Pétrif, du Wurt, p. 84. pl. 63, f. a.
Lutraria donacina. Rœmer. Pétrif. du Wurt. p. 12 t . n. 2. pl. 9. f. 14.
Habile.... fossile dans le lias supérieur en Lorraine, en*Bourgogne, en Allemagne , en Angleterre.
La 6gure de M. Zieten ne s’accordant que très imparfaitement avec l’espèce que nous avons fait figurer, nous no la mentionnerons qu’avec beaucoup de doute. M. Zieten renvoie à une figure de l’ouvrage de M. Philips (pl. 12. f. 5). La figure de M. Philips a bien quelques rapports aussi avec notre espèce, mais elle s’çn distingue néanmoins par de très bons caractères; et nous sommes loin de partager l’opinion des deux auteurs que nous venons de citer, au sujet du genre dans lequel ils placent leurs espèces; car il n’offre rien ni dans sa forme, ni dans ses auU'cs caractères, qui s’accorde avec ce qu’on connaît du genre Ainphidesrae. La coquille à laquelle nous donnons le nom de Pholadomye donaciforme est transverse, ovale, oblongue, tronquée antérieurement et extrêmement inéquilatérale ; ce qui détermine quelque ressemblance en tre sa forme et celle de la plupart des Donaces, Le côté antérieur est extrêmement court; il est aplati et il dépasse à peine les crochets. Ceux-ci sont grands, cordiformes, opposés et peu inclinés antérieurement. Le côté postérieur s’atténue assez rapidement: il est cunéiforme, arrondi, et, dans les individus qui n’ont point été comprimés, on voit de ce côté un bâillement semblable à celui des autres Pholadomyes. Toute la surface extérieure est chargée de gros sillons transversGS, simples, arrondis. Dans la plupart des individus, les sillons s’amoindrissent vers le corselet et vers la lunule, de sorte que ces parties restent lisses. Nous avons un individu qui vient des lias supérieurs des environs de Bourmon , dans la Haute-Marne ; il a conservé une portion de son lest, et il est plus mince qu’une feuille de papier très fin. Outre les sillons dont nous avons parlé, on trouve encore, à la surface, quelques stries très lines d’accrois-
LES GLYCIMERIDES.
sement que Ton aperçoit à i’aide d’un fort grossissement. Cette espèce, parfailèment caractéristique des couches supérieures du lias, a 25 millimètres de long, et 4^ de large.
Pliolaclomye sémicostulee. Pholadomya semicostaia. Desh. PL 5. fig. 6,
Testa oi^ato’transversd y In mcdlo turgîdà.postich 'siihnrcuatâ , înœquîlatevaliy in medio qttadrî costatâ^ costîs divaricatîs ^ nodulosisf latere antico breviy ohtuso; umbonîbus turgtdîs ^ decussatis.
Habile.... fossile dans les lias de la Lorraine.
Coquille ovale, transverse , ayant le bord supérieur droit et le bord inférieur régulièrement arqué en demi-cercle , de sorte que sa projection géométrique ressemblerait assez exactement à un demi-cercle. Cette coquille est très enflée dans le milieu, elle est très inéquilatérale. Le côté antérieur occupe à peine le tiers de la longueur totale; le côté postérieur s’amincit assez l’apidement , et , à l’extrémité de ce côté, les valves sont bâillantes, les crochets sont grands et cordiformes, opposés et très rapprochés. De leur sommet partent quatre côtes longitudinales, écartées, qui descendent en rayonnant et aboutissent au milieu du bord inférieur , de sorte que tout le côté antérieur, et presque toute la moitié postérieure de la coquille restent lisses. Sur les crochets, se montrent des stries d’accroissement iransverses; ces stries, en découpant les côtes, établissent un treillis assez gros et assez régulier. Nous avons fait représenter celle espèce , à cause de sa forme; car nous ne savons jusqu’à présent si , par son abondance , elle peut concourir à caractériser la formation basique dans laquelle nous ne l’avons vue que rarement aux environs de Nancy.
Cette coquille est longue de 5o millimètres, large de 75 et épaisse de 4o-
Pholadomye ombonelle. Pholadomya umbonata^ Desh. PL 5.
fig. I.
Testâ siihmargarîtaceây ingond, transversîm împîicatd, costuUs hngiiudinalibus ySiibgranosis ornatà; umbonibiis eîalisj magnis, covdatisi lattre antico brevîssimo , postîco depresso, obtuso.
An eadem} Pholadomya nuda^ Agassiz. Elucl. sur les molli foss. p. 64. 11. i3. pl. 2., b. f, 9. 10. II.
QUATUIÈME 1-AMlLLE.
An trigonla arcuaia"^ Lamk. Aiiim. s. vert. cdit. t. 6. p. 52i. n. r6. Habite.... fossile dans le sable vert, en I^eleique.
Nous devons la connaissance de celte espèce h noire ami, M. Ducliaslel qui, comme on le sait , s’est livré pendant de longues années à la recherche des fossiles des terrains crayeux de la Belgique : cette coquille a de l’analogie avec le Pholadomya margaritacea qui est propre aux terrains tertiaires inférieurs ; cependant, elle s’en distingue constamment : elle est sublriangulairc, presque aussi longue que large ; il y a môme une variété courte, dont les deux dimensions sont égales; elle est très inéquilatéraie, tronquée du côté antérieur : ce côté, aplati légèrement , se relève dans le milieu où il est comme pincé. La coquille est légèrement aplatie de chaque côté ; elle est cependant subcordiforme et sa partie la plus ventrue est du côté antérieur; Je côté postérieur est déprimé, il est arrondi et forme avec le côté inférieur une courbure uniforme ; le côté supérieur est occupé par un grand corselet lisse, lancéolé, dont la surface est circonscrite par uc angle peu marqué. Les crochets sont très grands, ils se relèvent considérablement et dépassent de beaucoup le bord supérieur des valves; ils sont opposés, pointus , rapprochés, cl a leur sommet, naissent dix à douze côtes grêles rapprochées, granuleuses, qui descendent en rayonnant jusque sur le ventre de la coquille , et disparaissent insensiblement sans atteindre le bord inférieur. Outre ces côtes, le test présente encore des plis iransverses, nombreux et assez réguliers entre lesquels se montrent des stries fines d’accroissement; ces plis et ces côtes disparaissent presque complètement sur les deux extrémités de la coquille. Nous avons vu un individu chez lequel il reste uue grande partie du test ; ce test, aussi mince qu’un papier fin, est subnacré et brillant. La longueur de cette espèce est de 45 millimètres et sa largeur varie de 45 à 5o; son épaisseur est de 3o millimètres.
Pholadomye rétuse. Pholadomja refusa. Desh. PI. 5. fig. 2. 3.
Testa ovafo^ohlongd^ inœquilaterali^ anticc hrevissimà, obtusàyposticè dilatatâ^ infernè arcuatd, ventricosâ ^ corai otmiy transversim plicatâ y costis angus^ tlsy îongitudinalibtis , decussatà,
Tholadomya cancellata. Agassiz. Etud, sur les Moll. foss. p. 128. 70.
pl, 7, e. f, 4-9.
Habite.. .7 fossile dans le coral-rag supérieur.
Cette espèce se rencontre assez communément dans les couches
LFS GLYCIMERIDES.
supérieures du coral-ragj elle est ovale, oblongue, légèrement courbée dans sa largeur; elle est extrêmement inéquilatérale; ses crochets sont presque terminaux comme ceux des Modioles et à peine dépassés par un côté antérieur fort court ; le côté postérieur est dilaté dans les vieux individus; il s’amincit assez rapidement, et il est toujours bâillant; le bord supérieur ou cardinal offre constamment un grand corselet lancéolé, lisse, qui s’étend depuis les crochets, jusqu’à l’extrémité postérieure. Ce corselet est nettement séparé du reste de la surface par un angle assez aigu. Les crochets sont grands, opposés et fort aigus; de leur sommet partent en rayonnant huit à dix côtes longitudinales, très étroites, qui ressemblent plutôt à des angles surbaissés qu’à des côtes; elles sont traversées par des plis Iransverses plus ou moins réguliers selon les individus , généralement assez gros et disparaissant sur le côté antérieur ainsi que sur le postérieur; ces plis, plus réguliers sur les crochets, forment avec les côtes longitudinales un treillissement assez régulier et qui ne manque pas d’élégance. La forme de celte espèce rend assez difficile la mesure de sa longueur si l’on fait tomber perpendiculairement une ligne des crochets au bord inférieur; cette ligne est beaucoup plus courte que celle qui mesurerait le côté postérieur; la largeur des grands individus est de 5o millimètres.
Pholadomye petite lyre, Pholadomya fidicula, So-w. PI. 5. fig. 3 .
TeHâ ovalO’^tvansvcrsâ ^ inœquiîateraU, anticè brevlssîmâ, longitudinalîter multicostellald' coslulh aliquantîsper uudulatîs , ohtusis; îatere postico ob-^ tuso^ hiante,
Sow. Min. Conclu pi. aaâ.
Bronn, Lelhœa geogn. t. i. p. 38a. pl, ao. f. i8.
Agassiz. Elud. ciit. sur les Moll. foss. p. 60. n® ii. pl. 3,- e, f. 10 à i3.
Habite..;, fossile dans l’oolite inférieure, en Normandie, en Lorraine, en Allemagne et en Angleterre.
Avant que M. Sowerby n’eût établi son genre Pholadomye, il avait réparti, comme nous l’avons dit, différentes espèces dans les Cardiles et les Lutraires. Lorsque plus lard il rassembla dans son nouveau genre toutes les coquilles qui pouvaient y entrer, il s’y trouva un Cardita lyra et un Lutraria lyra. L’une de ces deux espèces devait nécessairement changer de nom, et c’est pour celle-ci, autrefois Lutraria lyra que M. Sowerby a proposé celui à^Phola-
l58 QUATRiiHE FAMIttE.
domya fidlcuîa cpie nous avons adopté. Nous pensons que c’est cette espece que Lister a figuré dans son Synopsis conchyliorum (PI, 509, fig. 63); sa coquille vient du Languedoc, mais nous ignorons dans quelle partie de cette province française elle a été recueillie. Plusieurs especes ont été confondues avec celle-ci par la plupart des auteurs qui en ont parlé; c’est ainsi que la coquille, figurée sous le uomàePh.Jidicuîa par Rœmer, constitue une espèce très distincte de celle du naturaliste anglais ; il en est de mémo de celle de Goldfuss qui diffère également de celle de Rœmer et de celle de Sowerby : enfin le fidicula de M. de Ziélen est encore différente des deux précédentes. Voilà donc quatre espèces qui portent un même nom, et parmi elles une seule, celle de Sowerby, doit le conserver. Cette coquille est ovale, Iransverse, son bord inférieur est arqué régulièrement, le supérieur l’est aussi, mais à un bien moindre degré; elle est très inéquilalérale, obtuse aux extrémités ; le côté antérieur est très court, et il est à peine du quart de la longueur totale. Du sommet de ses crochets parlent en rayonnant un grand nombre de petites côtes longitudinales, obtuses, quelquefois rendues onduleuses par des accroissemens Iransverscs, elles s’arrêtent brusquement de chaque côté, de manière à laisser lisse tout le côté postérieur et une portion notable du côté antérieur; les crochets sont très sailians, cordiformes, opposés et très rapprochés, la coquille est ventrue, subcylindracéc dans le milieu et fort bâillante du côté postérieur. Cette espèce est constante dans Toolite inférieure, elle peut servir à caractériser cette formation; les grands individus ont 55 miliimèU'es de long et 90 de large.
Pholadomye treillissée. Pholadomya decussata, Agassiz, PI. 5.
fig- 5-
Testât ri oxfndf veniricosâf cordiformî^ in(tquîlaieraU,anticctruncatâ,pîanU“ latâ^postlcèobtusâ^infernè arcuatâ; lateré antico bîcatînato ; vahis Ion-gîtudinaîlter costatis , transveî'sim plicîs obsoletîsy decussatis.
Agassiz. Etudes crit. sur les Moll. foss. pl. 4. 5g. 9.
Habite... fossile dans la craie (grès verlj en France et en Angleterre.
Cette coquille se rencontre assez abondamment dans diverses localités du département de la Sarllie et d’Angleterre dans Je sable vert; elle est très enflée; ses crochets sont grands et cordiformes, opposés et à peine infléchis sur le côté antérieur. La coquille est extrêmement inéquilatérale ; son coté antérieur très court , est
tES GLYCTMERIBES.
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tout-à-faitaplali, et la carène obtuse qui le circonscrit en dehors est la partie la plus épaisse de toute la coquille; cette carène contient, en dedans de Tespèce qu’elle circonscrit, un angle peu saillant, et limitant un espace lunulaire très grand et presque plat; le côté postérieur de la carène est suivi d*une faible dépression longitudinale, et c’est après elle que commencent à se montrer quatre à six côtés longitudinales, partant en rayonnant des crochets et aboutissant au bord inférieur. Toute la surface est découpée plus ou moins profondément par des plis transverses qui se montrent particulièrement sur les parties les plus saillantes du test; Tangle antérieur, la carène et les côtes sont divisées par ces plis qui deviennent obsolètes dans les intervalles; l’entrecroisement des plis et des côtes produit à la surface un Ireillissement assez grossier, qui a valu à l’espèce le nom que lui a donné M. Agassiz. Les individus de taille moyenne ont yS millimètres de large, 70 de long et Go d’épaisseur.