‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 22 sur 127 · GENRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

GENRE QUATORZIÈME

CEROMTE. Ceromya, (Agass.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES.— Animal incoiinu.

Coquille ovale ou cordiforme , très inéqullatérale , inequivalve; la valve droite un peu plus grande que la gauche; crochets plus ou moins grands , rapproches, opposes; test très mince; impressions musculaires peu saillantes : la postérieure arrondie ; Impression pallcale largement sinueuse du côté postérieur; charnière simple et sans dents; une côte sinueuse , et remontant obliquement de rhitérieur sur le bord cardinal de la valve droite; ligament très probablement intérieur.

SYNONYMIE GÉNÉRIQUE. — Isocardia. Woltz, Rœmer, Goldfuss, etc. — Ceromya et Gresslya, Agassiz,

Lorsque nous avons exécuté les travaux préparatoires pour cet

l6o QUAXRlfeME FAMILLE.

ouvrage, nous avons reçu l’opinion des palœontologistes et des conchyliologLies , et nous avons rangé, parmi les Isocardes, les coquilles avec lesquelles M. Agassiz a formé plus lard le genre Céromye : nous avons adopté ce genre, en y apportant cependant quelques modifications. Eclairé par les observations du savant zoologiste dont nous venons de parler, conduit aussi par la comparaison du moule en plâtre de Flsocarde vivante avec les moules naturels du nouveau genre de M. Agassiz, nous avons été bientôt convaincu de la validité de ses caractères , et nous l’avons admis dans les rapports que lui indique M. Agassiz, c’est-à-dire dans le voisinage du genre Pholadomye. M. Agassiz restreint son genre Céromye aux seules espèces très enflées et cordiformes dont les crochets sont généralement grands et opposés, comme dans quelques-unes des Pholadomyes les plus épaisses-, et il rejette dans un autre genre, auquel il donne le nom de Gresslya, des coquilles qui ne dificrent des premières que par leur forme générale, qui est plus oblongue et moins cordiforme. Sans doute M. Agassiz n’aura pas connu des formes intermédiaires entre les deux genres qu’il a proposés, et il est probable que, s’il les avait eues sous les yeux, il aurait supprimé l’un de ces genres.

Toutes les coquilles que nous réunissons dans le genre Céromye sont connues à l’état fossile seulement, et presque toutes appartiennent à la grande série des terrains jurassiques. Elles offrent même ce fait assez singulier, qu’on ne connaît jusqu’à présent que leur moule intérieur, et que c’est d’après lui seul que l’on peut caractériser le genre; mais l’on peut juger d’après lui, aussi bien que d’après les empreintes, que les coquilles, quoique parvenant quelquefois à de grandes tailles, étaient formées cependant d’un tôt excessivement mince, dont les valves i*éünies par un ligament peu puissant, ont souvent été dérangées, et c’est à la suite de ces dérangemens que souvent on a pu observer des impressions très nettes de la charnière. Lorsque les valves n’ont pas été dérangées, on s’aperçoit qu’elles n’étaient point parfaitement égales, et que l’une d’elles, celle du côté droit, était un peu plus grande que l’autre. Malgré la finesse de la pâte calcaire qui le plus souvent a rempli ces coquilles, on n’aperçoit que très dilficiiemeut les impressions musculaires et l’impression du manteau. Ces parties sont cependant indiquées, faiblement à la vérité, sur un grand individu du Ccrojnya exçentrica, et elles ont la plus grande analogie avec ce qui se voit dans les Pholadomyes, c’est-à-dire, que l’impression

LES OITCIMEUIDES.

musculaire anlérieurc osi. allonf^ée cl éiroite, le long du bord anlérieur de la coquille, tandis que la postérieure, rapprochée du bord supérieur, est presque circulaire. L’impression palléale suit le bord inferieur des valves à une petite distance, et se reploie en arrière pour former une sinuosité postérieure fort large, arrondie et peu profonde. Ce qui distingue particulièrement le genre qui nous occupe, c’est la disposition de la charnière, dont on ne peut se faire, du reste, une juste idée qu’en on prenant une empreinte sur un moule bien net et bien conservé. Sur le moule, on aperçoit que le crochet de la valve droite a un sillon profond qui prend son origine vers l’impression musculaire postérieure, s’avance obliquement, s’approfondit sous le crochet, et enfin se termine au-dessous de lui. Ce caractère se montre idenliqucment semblable dans les coquilles nommées Gresslyes par M. Agassiz. Lorsque, au moyen de l’empreinte, on a remis en saillie ce qui était en creux dans le moule , on voit que celle valve droite était munie d’une côte oblique, à peine saillante à son origine, mais s’épaississant à mesure qu’elle s’avance vers la charnière, sur laquelle elle se place sous la forme d’un S italique très allongé, dont la convexité est en dehors. Sur la valve gauche , le bord cardinal est simple, mais il se relève un peu vis-à-vis de la cote de la valve droite, et il nous paraît probable qu’étant légèrement concave, il a dû s’appuyer en dedans, à la manière du cuilleron des Myes, et non contre l’autre valve, comme cela a lieu dans les Pboladomyes. Dans tous les moules que nous avons été à mémo d’étudier, if nous a été impossible d’apercevoir la moindre trace du ligament, de sorte que ce caractère essentiel du genre manque absolument ; mais nous supposons qu’il a dû être placé, soit partie à rinlérieiir et à rexlérieur, comme dans les Thraciesjsoil loul-à-faità rintérieur, comme dansions les autres genres dont les valves sont inégales (Mye, Corbule, Pandore, Périplôrae, Anatine, etc.), li suit, de ce qui précède, que nous considérons le genre Céroniye comme un type intermédiaire entre la famille des Glycimérides et celle des Myaires.

Les Céromyes sont des coquilles bâillantes, un peu moins cependantque la plupart du Pboladomyes; il y en a même quelquesunes qui sont closes, presque aussi exactement que les Isocardes. A les considérer dans l’ensemble de leur forme, on voit les Céromyes passer insensiblement de la forme comprimée d’arrièie en avant des Héniicardes jusqu’à celle de coquilles oblongues et Iransverses, comme celles des Venus, appartenant au sous- genre PuUastra

Page 1