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i62 QÜÂTRIÎÎME FAMILLE.
de Sowerby. A prendre les deux extrémités de la série, on pourrait être disposé, cooiine M. Âgassiz, à y élabür deux genres; mais ii suÛilde voir le passage qui s’établit par les espèces cordiformes s’allongeant peu-à-peu, et arrivant enfin, par une série de modifications aux espèces les plus iransverses, pour se convaincre que toutes les parties de cet ensemble sont liées d’uno manière intime ; et quand môme on aurait des termes plus isolés de la série, il sufliraii d’y trouver des caractères zoologiques de la même valeur pour les gi'ouper en un seul genre naturel.
D’après les observations de MM. Gressly et Agassiz, aussi bien que, d’après celles qui nous sont propres, les espèces du genre Ceromya vivaient de la même manière que les Pboladomyes, c'està-dire qu’elles s’enfoncaient dans la vase des rivages ou se déposaient des boues marneuses ou ferrugineuses. La fragilité de leur têt ne leur aurait pas permis de s’établir sur des fonds marins d’une autre nature ; leur coquille n’aurait pu long-temps résister au mouvement des cailloux et des galets. En réunissant , comme nous le faisons actuellement, les genres Céromye et Gresslyede M. Agassiz, on voit ce groupe se propager dans une assez grande épaisseur de sédimens inférieurs aux terrains tertiaires, depuis le grès vert jusqu’au lias. Les matériaux authentiques, que nous possédons sur ce genre, nous permettent d’en présenter la distribution suivante :
2 espèces dans la craie :
Cewmya crassicornis, Agass, Grès vert du Saxonnais en 'Chablais (Savoie).
Ceromya ptcelonga, Desb. Ceromya neocomensis, Agass. Isocardia prœlonga. Desh. dans Leymerie, Mémoire sur les terrains crétacés de l’Aube; dans le néocomieu de la Suisse et de la France.
3 espèces dans le Porlland et le Kimmeridge-Clay :
Ceromya eïegans. Desh. Des environs d’Alençon.
Ceromya injlaia. Agass. De Suisse, d’Allemagne et de France.
Ceromya excenlrica. Agass. Très commune en Suisse, en Allemagne et en France.
1 espèce dans i’Oxford-CIay ; elle n’est point décrite, et elle appartient au genre Gresslya de M, Agassiz, Nous l’avons recueillie au Vieux-Saint-Remy, département des Ardennes.
I espèce, non décrite dans la grande oolile, du Fresnoy, près Sedan.
4 espèces dans Toolile inférieure ;
LES r.LYCIMERIDES.
Ceromya plicaia, Agass. De la Suisse.
Ceromya tenera. A^ass^,{fsocard(a. Sow.) D’Angleterre, de Suisse et de France.
Une espèce nouvelle très voisine de VExcentrica , el que nous avons recueillie dans Toolite ferrugineuse d’Hayenge.
Ceromya Gregarea ?Des\i.(^Gressiya Gregarea, Agass.?). Du môme lieu que la précédente.
3 espèces dans le lias, dont deux non encore décrites du lias moyen de la Lorraine,
Ceromya latior? Desh. {^Gresslya latior? Agass.). Du lias inférieur de la Lorraine.
En les considérant uniquement sous le point de vue zoologique, les Céromyes peuvent se partager en trois groupes d'espèces: les Isocar diforme s ayant les crochets divergens ; 2" les Bucardiformes à crochets opposés; 3” les oblongues, dont les crochets sont petits, la coquille allongée, et à peine cordiforme.
Céromye élégante. Cei'omya elegans, Nob, pl, 24* f. 3. 4* 5.
C. testa cordaidy depressd^ subcarinatd ; latere antico suhplano , postîcè i/t medio carînalo; 'valvis eleganter striatis; striis ohliquis^ in carinam laie» ralem conjunctîs; striis transversis decussatis.
Habile,. , fossile aux environs d’Alençon, dans l’oolile sableuse supérieure à la grande oolile, d’après M. Boblaye.
Espèce fort singulière qui, par sa forme générale, rappelle beaucoup celle des Bucardes de la section des Hémicardes. Elle est comprimée d'arrière en avant, tout-à-fait cordiforme, el la manière dont ses crochets se contournent sur le côté antérieur, nous avait fait croire d’abord qu’elle devait se ranger dans le genre Isocarde. Les observations de M. Agassiz, et la création du genre Céromye, nous a fait examiner de nouveau les caractères de toutes les espèces fossiles rangées parmi les Isocardes, et nous avons reconnu que celle-ci devait en sortir pour entrer dans le genre où nous la plaçons actuellement. Le côté antérieur est à peine convexe; cependant il se déprime un peu vers la circonférence, sur laquelle règne un angle obtus vers le bord inférieur des valves, plus aigu sur le crochet. Le côté postérieur est proéminent, surtout dans le milieu où il est divisé , à la jonction des valves , par une careno assez aiguë qui descend depuis le bord cardinal jusqu’au bord inférieur des valves. Un angle à peine marqué, sur le côté posté-
i64 QDATBIKME FAWILLE.
ï U ur, liniile LUI rjrancl cspnce corcliforme netlcnunil circonscrit par une icgère dépression qui suit immédiatement le côté extérieur de l’angle. Les crochets sont grands et proéminens ; ils sont un peu clivergens, comme dans les Isocardes; ils ne sont pas parfaitement égaux, celui du colé droit étant un peu plus grand que l’autre; ils forment un peu plus d'un demi-lourde spire, et leur extrémité ne dépasse pas le plan du cdlé antérieur. On voit à la base du crochet delà valve droite, et du côté interne, un sillon étroit et assez profond, qui est, comme nous l’avons vu, le caractère propre au genre Céromye. Outre les particularités distinctives que nous venons de mentionner dans cette espèce, elle se reconnaît encore par des stries très éléganlespar leur régularité; elles prennent naissance, en avant et en arrière, à une petite distance de la circonférence, et viennent se joindre obliquement sur l’angle en formant une série de chevrons emboîtés les uns dans les autres, depuis le sommet jusqu’à la base. Par celle disposition, une partie des deux côtés de la coquille reste lisse, et il arrive assez souvent que les stries d’accroissement, non moins régulières que les stries divergentei, découpent celles-ci en petits losanges d’une non moins grande régU" laiilé.
Les grands individus ont 4o millimètres de bailleur et ^7 millimètres de large.
Ccromye excentrique. Ceramya excentrîca. Agassiz. pl. 12 bis.
f. 1.2. pl. 24. f. i4'
C. leslâovato-tmvsversâ^ anticc cordütO’‘'vnitrlcosâ^poUicè depressây longi^ iudtnaîiter obsolète cordafâ; umhonihus magnh , oppositîs; latere antico îœvîgato.
Isocardia excentrica, yoMi in litterîs.
Id. Rcp.mer. Petrif. p. 106. i. pl. 7. f, 4-
Id. Broon. Letb. Geogn, t. i. p. 873. n® i.pl. 20. f. ii.
Ceromya exccntrica. Agassiz. Etudes crit. sur les Moll. foss. 2*livr. p. 2f? a. 11° I. pl, 8. 8 b. S c.
Habile fossile dans le calcaire do Porllaiid et le Kimmcridge-CIay, presque partout où CCS terrains se mollirent en Suisse, eu Allemagne, en Angleterre et en France.
M. Agassiz a donné d’excellens rehseignemens sur cette espèce, dans ses études critiques sur les Mollusques fossiles, et nous ne
LES GLYOIMEIUUES.
saurions trop engager les personnes qui font des études sérieuses sur les fossiles des terrains anciens, à consulter l’ouvrage que nous venons de citer.
Cette espèce présente un très grand nombre de variétés: elle est ovalaire, presque toujours tronquée en avant, très inéquilatérale et à valves plus bâillantes que dans la plupart des autres espèces. Le côté antérieur est très convexe, cordiforme ; le postérieur plus déprimé, aminci et subcunéiforme. Les crochets sont grands, presque terminaux, opposés, rapprochés et obliquement inclinés sur le côté antérieur qui est lisse. Le crochet de la valve droite est le plus grand, et le sillon oblique qui se voit à sa base est large et profond , surtout dans les grands individus. Ce qui rend cette espècp particulièrement remarquable, c’est que, malgré le peu d'épaisseur de son têt, il se décompose en plusieurs couches, dont les stries ont des directions différentes. On conçoit, d’après cela, comme le fait judicieusement observer M. Agassiz , que l’on pourrait facilement s’en laisser imposer par des apparences trompeuses, et créer des espèces pour de simples modifications dans la conservation du têt de celle-ci. Lorsque la coquille est bien conservée, et M. Agassiz en a fait représenter une dans un très bon état, elle est garnie de petites côtes longitudinales et rayonnantes, aplaties, assez larges, et que l’on voit descendre des crochets jusqu’à la circonférence des valves. Le côté antérieur reste lisse, aussi bien quun espace lunulaire assez grand qui occupe la partie supérieure et postérieure de la coquille. C’est au-dessous de ces côtes, et dans l’épaisseur du lêt , qu’existent des stries obliques et divergentes que l’on remarque sur la plupart des moules intérieurs. Cette espèce devient très grande. Nous avons un individu qui a 12 centimètres de large et 95 millimètres de long.
Céromye agrégée. Ceromya gregaria, Nob, pl. 12 bis, f, 3. 4« S.
C, testa ovato^oblongd y in medio 'vcntricosd^ anlich posticèque ohtusdumbonibus minimU, approximatis, in lunuîam profundam incumbtntihus ; ‘valvh inœqualibus, tenuissimis, lœvigatis,
Grcsslya gregaria, Agass. Elud. cril. sur les Moll, foss, livr. pl. 12. f. i3 a. i5 ?
Habile fossile, irès coramuuément répandue dans Toolile inférieure et ferru# giiieuse d’Hnyange, près Thionville, des environs de Metz, et le pont Saint-Vincent, Nancy. Si celte espèce est identique, comme nous le sup-
l66 CINQUIEME FAMILLE.
posons, avec le Gnsslya ^regaria de M. Agassi?, elle se troaveraît également en Suisse, dans une position géologique semblable.
Celte coquille est assez variable ; elle est ovale oLIongue, un peu baillante et obtuse à ses extrémités; elle est très inéquilalérale , subtronquée en avant, et la position de ses crochets varie, ce qui donne des proportions assez différentes aux diverses variétés que nous avons établies dans respèce. Nous avons des individus dont les crochets sont presque terminaux, et d’autres où ils sont situés vers le tiers antérieur de la coquille. Nous avons sous les yeux tous les degrés intermédiaires entre ces deux points exiiémes. La coquille est ventrue en avant, subcordiforme; son bord supérieur ou dorsal est convexe, et non rentrant comme dans plusieurs autres espèces. Le bord inférieui’ est lui-méme convexe, et l’extrémité postérieure est un peu plus étroite que l’antérieure. Les crochets sont petits, opposés; ils sont contournés en spire d’un peu plus d’un demi-tour; ils s’inclinent obliquement au-dessus d’un espace lunulaire assez profondément creusé; la valve droite est toujours plus grande que la gauche , présente aussi à la base le sillon oblique qui caractérise le genre. Le tél était très mince , et nous n’en avons jamais aperçu le moindre vestige sur les 26 ou 3o individus que nous avons été à même d’examiner; il est probable qu’il était lisse, du moins les moules n’offrent aucune trace de côtes, soit longitudinales, soit transverses.
Les grands individus ont 5o millimètres de large et 37 millimètres de longueur.
Les Myaires.
CARACTÈRES. — Animal ayant les deux lolies du inanleau presque entièrement réunis , ne laissant qu’une petite ouverture pour un pied rudimentaire; siphons réunis dans toute leur longueur, pouvant rentrer en tout ou en partie dans la coquille.
LES ItfYAlRES.
Coquille équivalve, bâillante, quelquefois close; ligament interne, fixé sur un cuilleron perpendiculaire au bord cardinal, ou sur une dent adnée qui le représente. Cette dent quelquefois détachée dans Tépaisseur du ligaineut.
GENRES. — - MySf Corhule^ Neœi'a,
OBSERVATIONS GENERALES. “ La famille des Myaires a été proposée pour la première fois par Lamarck dans sa Philosophie zoologique ; il y réunissait alors les trois genres Mye , Panopée et Analine ; plus lard, dans l’extrait du cours, il réduisit cette famille aux deux genres Myeet Anatine,parce qu’il fit passer je genre Panopée dans la famille des Solénacées. Lamarck ne fît plus d’autres changemens dans cette famille, et il la maintint dans les mêmes rapports, dans tous ses ouvrages ; il la mit entre les Solénacées et les Mactracées, et c’est là, en effet, où elle doit se trouver d’après l’eusemble de ses caractères. Cuvier, dans les deux éditions du Règne animal, réunit cette famille à celle beaucoup plus étendue, à laquelle il donne le nom d’Enfermés. M, de Férussac a pensé qu’il était convenable d’ajouter deux genres à la famille des Myaires de Lamarck, mais il n’a pas été heureux dans le choix qu’il eu a fait; il propose d’y faire entrer les genre Lulraire et Solémye. Nous avons vu que ce dernier genre appartient à la famille des Solénacées, et bientôt nous ferons voir que les Lutraires doivent dépendre de la famille des Mactracées. M. Laireille, dans ses Familles naturelles, a supprimé le genre Solémye des Myaires de M. de Férussac, et a eu tort, selon nous, d’y conserver les Lutraires. Lorsque nous traiterons de notre famille des Osléodesmes, nous exposerons d’une manière plus complète que nous-ne pouvons le faire ici, les observations qui nous ont conduit au démembrement du genre Analine de Lamarck et à la réforme de sa famille des Myaires.Trois genres nous paraissent avoir des caractères assez analogues pour être réunis actuellement dans la famille des Myaires; ce sont : les Myes, les Corbules et les Neœra.
Les animaux des trois genres, que nous venons de mentionner, ont les lobes dû manteau réunis dans une grande partie de leur étendue. On y remarque, vers l’extrémité antérieure, une petite fente pour le passage d’un pied rudiiiientaire ; les deux siphons réunis, plus ou moins prolongés terminent l’aniiiial du côté pos
FA3ULLE.
térieur. Quoique souvent très allongés lorsqu’ils sont entièrement développés, ces siphons sont très contractiles et Tanimal peut les rentrer presque entièrement dans sa coquille. Dans ces trois genres, la niasse abdominale d*un volume relatif assez considérable porte à son extrémité antérieure un pied très petit, réduit à Tétât rudimentaire ; dans les Corbules , ce pied est un peu plus grand et la fente du manteau est un peu plus étendue. Si nous comparons actuellement les coquilles, nous les trouvons plus ou moins bâillantes, presque toutes inéqnivalves, inéquilatérales ; la charnière les caractérise d’une manière toute particulière. Dans les Myes, un grand cuilleron de la valve gauche tombe perpendiculairement dans la cavité de la valve droite, dans laquelle se montre une cavité occupant une partie du crochet, et c’est sur ce cuilleron et dans cette cavité que s’insère le ligament. Aux dépens des Corbules, M. Turton a fait, il y a quelques années, son genre dont les espèces participent à-la-fois des caractères desMyes et des Corbules; elles appartiennent cependant à ce dernier genre. Les Corbules , dont nous connaissons actuellement cent vingl-et-une espèces, offrent un très grand nombre de modifications, parmi lesquelles celles du Corbula complanata et quelques autres espèces analogues, conduisent vers les Pandores.
Aux deux genres, Mye et Corbule, nous en ajoutons un troisième, créé depuis quelques années par M. Gray, pour un petit nombre d’espèces confondues parmi les Corbules, parce que le caractère principal avait échappé aux observateurs. On sait que dans les Corbules la dent cardinale de la valve gauche est saillante sur le bord , à la manière de celle des Myes ; cette dent est reçue dan une cavité de l’autre valve au fond de laquelle se fixe le ligament, Si on rompt par la pensée celte dent, et qu’elle reste néanmoins en place dans Tépaisseur du ligament, on aura le caractère au moyeu duquel M. Gray a séparé des Corbules le genre Neœra. Lorsque nous avons observé, pour la première fois, l’osselet des Analines, desPériplomes et de quelques autres genres voisins, nous les avons réunis dans une seule famille, parce qu’en effet tous ces genres offrent un ensemble de caractères qui les rapprochent; mais depuis on a trouvé un osselet mobile dans un genre qui appartient à la famille des Cbamacées. Un autre genre très voisin des Pandores a eu effet aussi ce caraclùi e singulier, de sorte que l’on ne pounait plus s’en servir aujourd’hui d’une manière aussi absolue, sans rompre des rapports naturels fondés sur un ensemble de ca-
LKS MYAIUES.
racl ères plus iœportans que celui dont nous parlons , pris isolément; il en est de môme du genre Neœra qui conserve trop le faciès général des Corbulespour en être détaché et transporté dans la famille des Ostéodesmes.
Nous avions pensé a une autre époque que le genre Pandore devait être compris dans la famille des Mjaires. Notre opinion s’est modifiée depuis l’étude que nous avons faite sur le vivant des animaux de ce genre; nous avons trouvé dans ce dernier des différences suffisantes pour qu’il devienne le type d’une petite famille voisine de celle-ci.
Ce qui précède justifie le rapprochement des trois genres que nous rangeons actuellement dans la amille des Myaires; ils se lient par un ensemble de caractères qui ne permettent pas de les distribuer dans d’autres groupes.
Ce serait ici qu’il conviendrait de discuter la valeur des caractères, à l’aide desquels quelques naiuralisiesont donné une très grande étendue à la famille des Myaires ; d’après eux , il suffit qu’un mollusque acéphale ait les lobes du manteau réunis dans la plus' grande partie de leur étendue pour qu’il soit introduit dans la famille des Myaires; il en résulte que celte famille, sous un nom emprunté à Lamarck, représenterait en réalité un groupe auquel Cuvier a donné le nom d’Enfermés. En conséquence du principe posé , Cuvier n’excluait de ce groupe aucun mollusque ayant les lobes de manteau réunis, tandis que les naluralisles, dont nous parlons, réservent quelques autres familles fondées sur d’autres caractères, quoique celui de la clôture du manteau leur soit plus applicable qu’à aucun autre. Dans cette extension, de la famille des Myaires, il a fallu réduire à une moindre valeur des caractères qui, judicieusement employés par Lamarck, font conduit à former de petites familles, il est vrai, mais qui du moins ont l’avantage d’étre plus naturelles. C’est ainsi que M. Agassiz , par exemple, dans ses éludes critiques, fait rentrer dans la famille des Myes un grand nombre de genres dont les uns se rapprochent des Panopées, les autres des Anaiînes, ce qui prouve que ce naturaliste ne tient aucun compte de la position du ligament dans les genres qu’il réunit.
M.D’Orbigny, dans sa Paléontologie française, a suivi cet exemple de M. Agassiz, il est même allé plus loin que lui, puisqu’il rassemble dans la famille des Myaires les sept genres; Solen, Legiiminaria, Panopœa, Pholadomya, Glycimeris, Mya et Lutraria. Ce
que nous avons dit du plus grand nombre de ces genres, dont nous avons déjà traité, doit suffire pour faire rejeter de la méthode naturelle de grandes familles dans lesquelles se trouvent évidemment plusieurs types très distincts; celui des Solens, par exemple, par la forme du pied, Ja position submédiane de la bouche, la longueur relative des siphons, sera toujours nettement séparé de celui des Myes. En etfet , dans ce dernier groupe, la masse abdominale est grosse, le pied est rudimentaire, placé au sommet, la bouche est tout-à-fait antérieure, les siphons sont plus longs, etc., sans parler des différences que montre la disposition des branchies; maison ne passe pas brusquement d’ungroupeà faiilre, il se présente des modifications intermédiaires se rattachant, les unes au type des Solens, les autres à celui des Myes; et c’est poui’ marquer cet état transitoire qu’il est nécessaire d’établir autant de familles qu’il y a de degrés naturellement indiqués par un ensemble de caractères.
Nous avons déjà eu occasion de manifester notre opinion à l’égard de plusieurs des genres nouvellement proposés par M, Agassiz, dans ses études critiques sur les Mollusques; ce savant les introduit presque tous dans la famille des Myes. D’après noire opinion, aucun de ces genres ne doit en faire partie, plusieurs doivent rentrer dans le genre Pholadomye , comme nous l'avons vu; d’autres devront se ranger dans la famille des Ostéodesmes, et c’est alors seulement que nous les mentionnerons pour en discuter la valeur.
Les Myaires vivent de la même manière que les Splénacées et les Glycimérides ; les animaux de cette famille s’enfoncent quelquefois en très grand nombre dans les sables des rivages et à une faible profondeur sous la mer. Chaque individu se creuse un trou dans lequel il est placé perpendiculairement, de manière à ce que l’extrémité des siphons vient affleurer la surface du sable. Ces animaux ont peu de mouvement, et il est à présumer qu’une fois sortis de la cavité qu’ils habitent, ils ont de la peine à y rentrer n’ayant qu’un organe faible et peu propre à creuser le sable.
LBS MYAIRES.