GENRE QUINZIEME
MYE. Mya. (Linné.)
PI. 7, f. 6 à 8. pl. 8. f, I a. 4.
CARACTÈRES gènérïques. — Animal ovalaire, plus ou moins épais ; les lobes du manteau ont les bords épais, réunis, et ne laissent qu'une très petite ouverture antérieure, pour le passage d’un pied rudimentaire conique; palpes labiales pointues, étroites et épaisses , deux ou trois feuillets branchiaux de chaque côté , courts, réunis à Ifw base.
Coquille subinéquivalve, ovale, oblongue, bâillante, charnière offrant sur la valve gauche un cuilleron saillant, horizontal, et sur la valve droite, une cavité également horizontale, correspondante; un ligament interne, fixé dans le cuilleron et dans la fossette ; impression palléale profondément échancrée du côté postérieur.
SYNONYMIE GENERKiUE. — Le Tugon ; Adanson. — Mya; Linné, Chemnitz, Schroeter, Dillwyn. Chanta d'Acosta. — Mya[reformatd)s Spengler, Bruguière, Lamarck, Cuvier, etc.
OBSERVATIONS. — Le genre Mye, tel que Linné Ta circonscrit , u’a pas été connu des anciens, quoique Pline, au 35‘'chap. du livre 9 des animaux , dise que certaiues perles rousses et plus petites se trouvent dans des coquilles nommées Mya et qui habitent dans la mer, surtout vers le Bosphore de Thrace. Avant Linné , créateur du genre, Lister, dans ses animaux d’Angleterre, ainsi que dans son Synopsis cotichijlioruîn , a fait connaître, non-seulement une véritable Mye, mais encore quelques autres coquilles que Linné rangeait dans le môme genre. Une coquille, nommée Tugon par Adanson, et qui fut decouverte au Sénégal par ce célèbre naturaliste, présente aussi les. caractères de quelques-unes des Myes de Linné; mais il faut s’empresser de le dire, le genre Mya, tel qull est dans les 10® et 12® édit, du Syst&ma naiurœ, paraît plutôt un Incertœ sedis qu’un genre naturel, puisque, sur sept espèces, deux seulement appartiennent aux Myes, telles qu’elles sont actuellement réduites; deux au genre
<7^ CINQUIÈMK FAJliLLE.
Unio de Spengler, et des trois autres , la première est une Perne, la seconde une Vulselle, et la troisième une Saxicave.
Loin de chercher à réformer le genre de Linné, les auteurs qui suivirent, Schroeter, Gmelin , Dillwyn, etc., y jetèrent une confusion dont la science n’est point encore entièrement sortie, en entassant, sous ce nom de Mye, un très grand nombre d’espèces de coquilles bivalves appartenant à des genres très divers. S’il était assez facile de se rendre compte des sept espèces contenues dans le genre Mya de Linné, la tâche devient rude quand il faut débrouiller les nombreuses espèces de Gmelin , dans lesquelles la synonymie est généralement très vicieuse. Il est certain que, dans cet état du genre, les zoologistes devenaient maîtres d’appliquer le nom, tantôt à un groupe d’espèces, tantôt à un autre : c’est ainsi que Dacosta, dans ses coquilles de la Grande-Bretagne, donne le nom do Mye aux coquilles que , plus tard , Spengler nomma f/nfo, tandis qu’il nomma Chama , un genre composé des Lutraires et de Myes proprement dites. Spengler qui , l’un des premiers, essaya de réformer plusieurs des genres de Linné , le fit en observateur aussi habile que profond, et no laissa , parmi les Myes, que les coquilles qui ont un cuilleron, tantôt projeté eu avant , tantôt placé perpendiculairement sur l'une des valves; mais il eut tort d’y comprendre aussi quelques coquilles à ligament extérieur, telles que la Panopée, par exemple. Spengler eut le mérite de séparer en genre particulier, sous le nom d’t/>n'o, les Mya pictorum et i/ar</an7^/ero, coquilles d’eau douce qui n’ont avec les Myes aucun rapport, si ce n’est d’appartenir comme elles à la classe dos bivalves. Dans son travail sur le genre Mye, Spengler ne mentionne pas les Mya perna et valsella^ ce qui annonce qu’il ne mettait pas ces espèces dans son genre réformé.
En préparant les planches de l’Encyclopédie, Bruguières poussa la reforme du genre Mya beaucoup plus loin que ne l’avait fait Spengler ; nonseulement il adopta le genre Unio, mais il reporta parmi les Mactres une partie des coquilles qui ont les cuillerons horizontaux ; il proposa un genre Perne pour le Mya pema, et reporta au genre Huître le Mya vulsella, parce que, dans cette coquille, il n’y a qu’une seule impression musculaire. En continuant la réforme de Bruguières Lamarck fut moins heureux , car il éloigne du genre, le Tugon d’Adanson, pour le mollre parmi les Anatines, dont il n’a pas les caractères, et joint aux Myes deux coquilles, dont l’une est une Corbule , et l’autre une espèce du genre Lyonsia de M. Turton. Aujourd’hui , il faut donc revenir au genre Mya, te! que Bruguières Ta fait, pour avoir un groupe vraiment naturel. Réduit do cette manière , le genre qui nous occupe a été adopté par presque tous les couchyliologues modernes , et presque tous ont accepté les rapports que La-
Ï.ES MYAIHKS. 17*i
marck lui a imposés, soit qu’ils aient admis les Myaires, soit qu’ils aient préféré l’arrangement de Cuvier, dans lequel le genre Mye devient une véritable famille. Pour le prouver, il nous suffira de dire que, dans ce genre Mye, Cuvier range sept sous-genres dans l’ordre suivant : Lutraire, Mye, proprementdito, Analine, Solémye, Glycimère, Panopée et Pandore. S'il est vrai qu’entre les animaux de ces genres, il y ait quelque ressemblance, il existe aussi des différences assez considérables pour caractériser de très bons genres naturels, surtout si aux caractères des animaux on ajoute ceux non moins importons des coquilles.
Des deux espèces de Myos, abondamment répandues dans les mers d'Europe, l’une est connue depuis long-temps dans ses caractères zoologiques. Baster le premier dans le second de ses Opéra sahseciva a donné une figure et une description satisfaisantes de l’animal du Mya arenana/Ia description de l'autre, Mya truncaiaj faite par nous dans l’Encyclopédie méthodique, nous permet de compléter les caractères zoologiques du genre.
Les animaux dos Mycs sont ovalaires, transverses, généralement comprimés de chaque côté. Les lobes du manteau, épaissis et fibreux sur les bords, sont réunis dans presque toute leur circonférence. Vers l’extrémité antérieure, on trouve entre eux une petite fente au moins aussi courte que celle des Panopées. L’extrémité postérieure du manteau se prolonge en un long siphon cylindrique, divisé en deux canaux inégaux par une cloison Iransverse : Lun de ces canaux , le supérieur, le plus petit , reçoit l’anus; le second apporte l’oau sur les branchies. Lorsque l’on ouvre le manteau dans sa longueur, on voit que sa cavité est eu partie remplie par le corps de l’animal et les organes do la respiration. Comme dans tous les autres Mollusques dimyaires, on tcouve la bouche profondément cachée entre la masse viscérale et le muscle adducteur antérieur. Cette bouche est transverse, médiocre et garnie de lèTOS assez larges, terminées de cliaque côté par une paire de palpes labiales, triangulaires , lamclleuses en leur face interne et détachées jusqu’à la base. Ces palpes labiales ne sont pas dans les mêmes proportions dans les deux espèces de Myes que nous avons pu observer. Dans le Mya inmcataj elles sont telles que nous venons de le décrire; dans le i/ya areuana , elles sont en proportion beaucoup plus grandes et plus épaisses. La masse viscérale est assez considérable; elle est ovalaire et elle porto, vers l’extrémité antérieure, un très petit pied conique, rudimentaire, et qui semble avoir été ajusté après coup au sommet de la masse abdominale : les deux espèces de Myes que nous connaissons présentent encore, dans leurs branchies, des différences assez notables. En effet, dans le Mya truncala, il y a de chaque côté, trois feuillets branchiaux très inégaux , réunis en dessous de la masse viscérale, et
dont l’extrémité libre vient Üotter à l'entrée du siphon branchial. Dans le Mya armarm^ on ne trouve que les deux feuillets branchiaux qui sont propres à la plus grande partie des Conchyfères lamellibranches. Les animaux desMyes offrent une particularité que ne présentent pas au môme degré la plupart des autres Mollusques si[)honifères. Les siphons sont très grands chez eux , et ils jouissent d’une telle contractilité, que l'animal peut les faire rentrer presque en entier dans sa coquille, et cela paraîtra d'autant plus singulier que, dans leur extension totale , ils ont souvent plus de deux fois la longueur de la coquille.
Les coquilles du genre Al ye sont parfailement caractérisées et très faciles à distinguer; elles sont généralement transverses, quelquefois subglobuleusos, presque toujours inéquivalves , subéquilatérales , peu épaisses et cependant assez solides ; leur tèt étant serré et compacte: elles sont baillantes, les unes de chaque côté, les autres du côté postérieur seulement. Si on place la coquille complète dans la position normale que nous avons indiquée, on voit sortir, du milieu du bord supérieur do la valve gauche; un grand cuilleron qui se porte horizontalement dans la valve droite, où il se trouve en rapport avec une cavité ayant à-peu-près la même forme que lui et occupant l’intérieur du crochet do la valvo droite. Ce cuilleron , ainsi que la cavité correspondante, donnent insertion à un ligament intérieur très puissant qui sert à maintenir les valves on contact. Le reste du bord supérieur est simple, tranchant, et no présente aucune as|)érité qui puisse concourir à consolider la charnière. Dans i&Tugon d’Adanson, le cuilleron de la valve gauche, au lieu de prendre une position horizoïUalo, s’avance obliquement à la rencontre d’un cuilleron opposé qui est également oblique. Alais, malgré cette petite différence, nous ne voyons pas qu’il soit possible de séparer cette coquille des Alyes, pour la transporter parmi les Anatincs, comme Lamarck l’a fait. Les valves des Alyes ne sont point (mrfaitement égales; la valve droite a toujours le crochet plus proéminent que l’autre, et presque toujours son bord inférieur dépasse un peu celui de la gauche. L’impression musculaire antérieure est étroite, allongée et courbée le long du bord ; la postérieure est obronde ou subsemilunaire. L’impression palléale offre , du coté [iostérieur, uue sinuosité large et profonde, dont le sommet remonte jusqu’au niveau de la charnière.
Les Aïyes sont des animaux qui vivent de la meme manière que les Panopées, enfoncées perpendiculairement dans le sable. Les trous qu’elles se creusent ne sont pas aussi profonds que ceux des Solens, et elles occupent ordinairement en très grand nombre les plages peu profondes, sableuses ou vaseuses. Nous pensons que le nombre des espèces de ce genre est plus considérable qu’on ne le suppose* Les voyageurs, rencontrant dans des
LES MYATHES.
mers lointaines des coquilles peu diffi5rentes des nôtres, négligent de les rapporter; et il esta présumer qu’une comparaison minutieuse ferait découvrir des caractères propres à les distinguer.
Quoique l’on ait cité un assez grand nombre de Myes fossiles appartenant à divers terrains, en réalité il y en a peu, parce que l’on a pris pour des espèces de ce genre des Panopées, des Pholadomyes et d’autres, dont on jugeait d’après les moules. Un examen plus attentif, des matériaux mieux choisis et plus nombreux , ont permis de faire une nouvelle distribution des Myes fossiles , et il est résulté pour nous, de ces recherches, que les véritables Myes n’existent point dans les terrains secondaires, elles ne se montrent pas môme dans le bassin de Paris; elles se rencontrent seulement dans les terrains tertiaires réceos tels que le crag d’Angleterre, et ceux plus nouveaux encore de laNorw^égc.
Dans le catalogue des fossiles de l’Angleterre, par M. Morris, on compte 13 espèces de Myes, distribuées dans divers terrains, mais en les examinant , avec une plus scrupuleuse attention , on s’aperçoit bientôt qu’il faut en rejeter le plus grand nombre, soit parmi les Panopées et les Thracies, soit parmi les Pholadomyes; après cette épuration du genre, il n’y reste plus que les Myes du terrain tertiaire. Il en est de même lorsque l’on examine les espèces du Minerai Conchoîogy.
Sur les six espèces vivantes que nous connaissons, nous en signalerons quatre à l’attention des Géologues.
r Mya arenaria, vivante dans l'Océan d’Europe, fossile en Islande et dans le crag d’Angleterre.
2° Mija tru7ïcata, vivante dans l’Océan d’Europe, fossile en Islande, en Norvège et dans le crag,
3® Myaovalis, vivante dans les mers d’Angleterre, fossile dans le crag {^fyapullus, Sow.).
Mya Tugon^ vivante au Sénégal , fossile en Morée, dans les terrains subaponnins.
Indépendamment des quatre espèces précédentes, qui sont à-la-fois vivantes et fossiles, il y en a cinq autres fossiles seulement, et qui , comme les premières, appartiennent aux terrains tertiaires supérieurs.
Mye tronquée. Mj'a truncata, Linné. PI. 8. f. i à 4-
M. testa ovalo^ 'vvntvîcosây postnius trimcatây alho^gnseâ lutesceiite' s'inu paUiilatOy vix cxcavato] dente caidînaliy ohH<iuè pusteriiis porrecto^ rolundalo, întegerrirno,
Mya truncata. Lin. Syst. nat. la. éd. p. ma. Gmcl. 3317. n° i.
r.i^nuibiR rAMitf.F.
Sthrûel. ♦ in Conch. t. 2. p. 600. 11° r.
Fabr. Faim. Groenl. p. 404. n® 406.
Linné. Fauu.Suec. a® éil, p. i5i5.n®ai2G.
Spengîer, Mem, de la soc. d'hisl. nat. de Cnpenli. l, 3, p, 28 5.
List. Concl», pl. 4^8. f. 269.
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Olivi, Adriat, p. 95. n° 2.
Penn. Brit. zool. 4. pl. 41,
Encycl, p. 229. f. 2. a. b.
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Brookes, Inlr. of. Conch. pl. i f. 10.
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/</. Lamk. an. s. v. 2®, éd, t. 6. p. 73. n® i.
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/i/. Ind, tesf, p. 10. n® r, pl.
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S. Wood. Cat. of sbells from the crag. Ann. nat. hist. décembre 1840,
Habile les mers d’Europe, tempérées et septentrionales... fossile dans les terrains lerliaîres récens de la Norwége et dans le crag d'Angleterre.
Coquille ovale oblongue , incquilatérale, sensiblement inéquivalve; la valve droite est la plus grande; siibéquilalérale; lecdté antérieur arrondi, le côté postérieur plus court, est tronqué, et il laisse un large bâillement , par lequel sortent les siphons postérieurs de l’animal ; les crochets sont assez proéminens , un peu obliques; les bords sont minces, simples et tranchans; sur la valve gauche, s’avance horizontalement un large cuilleron , dont la plus grande part!, est destinée â donner insertion au ligament des valves; sur le côlé postérieur de cecuilleron, on remarque un pli oblique, qui est probablement un reste des dents cardinales, qui se montrent sur la charnière des autres coquilles bivalves; sur la valve opposée, dans l'intérieur du crochet , se trouve une autre cuilieron, dont les bords sont saillans, et sur lequel s’attache également le ligament desvalves. La coquille
TT.S MVAinES. 177
d’un blanc grisâtre ou jaunâtre, sale en dedans. L’impression musculaire antérieure est allongée, étroite, et occupe presque toute la longueur du bord près duquel elle est située; l’impression musculaire postérieure est petite, ovale, obronde, et on la remarque à l’angle postérieur et supérieur des valves, tout près du bord de la troncature. L’impression palléale offre, du côté postérieur, une sinuosité large et peu profonde. Cette coquille a 60 millim. de large et 35 de long, A rextcrieur, lo Myatruncata est d’un blanc sale, grisâtre ou jaunâtre, etc.; l’on remarque, à la surface, des stries irrégulières d’accroissement , cachées vers lo bord inférieur, sous un épiderme d’un jaune verdâtre, mince et aiduc ; du côté postérieur, cet épiderme, fortement soulevé sur les bords de la troncature, devient plus épais, s’étend sur les siphons, et les revêt dans toute leur étendue. La figure que nous avons donnée do cette espèce représente cette disposition de l’épiderme.
Mye tugon. Mya tugon* Desh.
jW. testa rotundaio^globosâ, tnœquîhierali^ postlcè truncatd hiante, stri/s longitudinaïibus transversisque decussatd, aîbà fiagili pellucldd^ ceqtii^ valvi.
Le Tugon, Adans. Voy, nu Séiicg. pl. 19. f. 2.
Mya anatina, Chemn. Condi. t, C. pl. a. f. i3 à ifi .
Srhrol. Einl, t. 2. p. 6i5, Mya, 4,
Mfa guinensh, S]ien§ier, Mém. de la soc. d’hi.st. nal. de Copenli. t. 3. p. 34. n® 9.
Gmel, p. 3221. n® ii.
Encycl. mélh. vers.pl. 229, f, 3. a. b.
nnatina,Woo{\, Gen. Conclu p. 9 1. u° 6.
Id, Dillw. Cal, t. i, p. fi.
Anatina ^ohulosa, Lamk. An. s. vcrl. I. 5,*p. '|fiî, *
Mya tugon. Desh, Encycl. mélh. vers. I, 2. p. 59'.*. 3.
Id, Deslu Lamk. An, s. verf, 2® édit. t. 6, p. 79. n° 5.
Wood. Ind. test, n*» 6, pl. 2, f. fi.
Var. Slrüs exîUoribus. Mya glohosa, Wood. Gen. Conclu p, 6.^ pl. 21, f. 4.5. 6.
Id, Dillw, Cat. t. t. p. \ II*' 7.
Jd, Wood. Tncl. lesl. p, 10. n® 7. pl, 2, f, 7.
(Foss.) Myn ornnta, V.asi. foss. de Bord. p. 95. pl. 4. f. 22.
Desh. Kxpéd. sc. de Morée. ZooLp. 8S, n* ifi.
Habile le Sénégal... Foss. aux environs de Bordeaux , dans le 2*^ élage . tertiaire, et , en Movee, dans les terrains subapennin.':.
CINQUIÈUF. FAMH.LK.
Coquille singulière, que l.anuirck rapportait à son genre Analinc, mais qui , par ses cararlèros, se rapproelio beaucoup plus des Myes. Nous devons ajouter cependant que nous la maintenons dans ce genre, temporairement, car il serait possible que Tanimal présentât des caractères suffisans pour l’établissemeiU d’un genre particulier-
Cette coquille est arrondie, globuleuse, très renflée, équivalvo, et' très inéquilatérale ; son côté postérieur est extrépiement court ; il est subitenieut rétréci , tronqué dans son milieu, et les valves offrent un bâillement ovalaire assez étendu, dans toute la longueur de la troncature. Les crochets sont assez grands, proéminens, et ils semblent inclinés du côté postérieur, à cause de leur obliquité extrême. Les bords sont minces et tranchans. Sur le bord supérieur, imniédiatoment au-dessous du crochet, se montre sur chqquc valve un cuilleron étroit et profond , sur lequel s’attache le ligament. Au lieu de s’avancer horizontalement dans rinlérieur des crochets, comme dans le Mya irancata, ces cuillerons prennent une position oblique, qui est réellement intermédiaire entre colle qu’affeelent les cuillerons des Lutraires et celui des Myes. La surface extérieure offre un assez grand nombre de petites côtes très menues, qui descendent obliquement des crochets jusque sur les 'bords des valves. Ces côtes constituent un réseau irrégulier par leur entrecroisement avec des stries transverses d’accroissement.
Cette coquille est d’un blanc laiteux, et l’on remarque en dedans une impression musculaire antérieure, longue et étroite, une impression musculaire postérieure, arrondie, immédiatement en arrière du cuilleron, et enfin, une impression palléalo qui paraît simple, mais qui, en réalité, est faiblement sinueuse dans toute la longueur de la troncature des valves.
Cette coquille , assez rare, a 35 millim. de largeur, 30 de longueur et 26 d’épaisseur.