‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 43 sur 127 · Lutraria crassidens Lamk · texte numérisé non relu

Lutraria crassidens Lamk

Espèce fossile des faluns de la Touraine; elle est voisine de la variété du Lutraria solenoides , qui vit au Sénégal.

Lutraire solénoïde. Lutraria ohlonrja , Turton.

PI. 9. fig. 9. 10.

Ij. testa oblon^â j trnfisversâ., squùliJè aîbâ ^ epidermide griseo 'vestita^ transversini ru^osâ y inœquUatrrd y utroqne luterc hiantCy postico ionf’iote, supernè concuvu.

Chaîna longn, KonJelel. Hist. des poissons, p. i5,

Id. Gesner, Noniencl. aquat. p. 23r.

Concha longa, Aldrovandc. De teslaceis. p. 453.

Jd, Jonslon. Hist, nat.deexang.pl. 4.

GnnUien, Ind, lcst.,pl. 90. f A. 2.

Rumphiiis amb, pl. 4$. f. N.®

Chama magna Da Costa, Conch. Lril. p. 23o. pl. 17. f. 4.

Mya ohlonga. Gmelin. Syst. nat. éd. t3®. p. 3a2i. n* ro.

?Iactra hians, Donovan. Erit, sliells. t. 4. pl. 140.

Id. AVood. Cliaru. des coq. Invalv. Linti. Trans. t. 6. p. 104, pl, 16. f. 5. 6.

Lutraria solenoides. Lam. Syst. des anim. s. vert. p. 120.

Mactra hians, Monlagu. Testac. brlt. p. loi. n° 9.

Id, Maton etRaekell. Linu. Tians. t. 8. p. 74, n“ 12.

Lutraria solenoides. de Roissy in Buffou de Sonnini , Moll, t; 6,

MfJctra hians. Dillwyn. Cat. t. 1. p, 146. n* 38.

Latraria solenoides, Lamlv. An. s, vert. l. 5. p. 468. i. Mactrahians. Tnrlon. Conch. dict.p, 85. n® 14. f. 4r,

Lutraria ohlonga, ïurlou. Conch. bril. p. 64. no i. pl. 5. f. 6. Lntricola solenoides, Blainvillc. Malac. p. 566. pl. 77, f. 3.

Mactra hians. Gervillc. Cat. des coq. de la Manche, p. 22, n'^ 10. Lutraria solenoides. Collard des Cherres. Cat, des test, du Finisl. p. i3, n'^r.

Reeve. Conch. syst. pl. 41 f. i.

Deshayes. Encycl. méth. vers. t. 2. p. 387. n® i.

Menke. Synop. moll. p. 119.

Boucliard-Chautereaux. Cat. des moll, du Bout. p. 1 1. n’^ 10.

Deshayes dans Lam. Anim. s. vert, a* éd. t. 6. p. 90. n® i.

Lutraria hians. Thompson. Hep. on the fauna of Irel. p. 263,

Hanley, Descript. catal p. a6. iio i.

Anton. Verzeichn. der Conch. p. 3. n“ 87.

Philippi. Moll. Sicil. t, q. p. 7,

Lutraria hians, Fleming, Bril. anim. a® éd, p. 4^5.

Tliorpe. Brit. mar. conch.. p. 44. n* i.

Fossilîs : Mactra ohlonga. Brocchi. Conch. foss. snhap. t. 2. p. 536 ? Bronn. liai. tert. Gcbirge. p. 88.^

Dujardin. Mém. gcolog. sur la Touraine, p. 4^. u® a ?

Philippi. Enuin. moll. Sicil. t. 2. p. 7.

Sismoiida. Synops. mclh pedcin. foss. p. 16.

LES MACTRàCÉES.

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Ainsi que le témoigne notre synonymie , cette espèce, eonnue des anciens naturalistes , a reçu plusieurs noms spéciûques , parmi lesquels le plus ancien doit être choisi. Nous no parlerons pas des dénominations antérieures à l'immortelle nomenclature de Linné ; elles n’ont aucune valeur. Linné n’ayant pas mentionné cette espèce , il faut chercher son nom dans l’ordre chronologique dans les ouvrages de ses successeurs. Nous trouvons , pour la première fois , Tespcce qui nous occui)e figurée et décrite en 4782 , dans le tome II du grand ouvrage de Chemnitz , sous le nom de Mya oblonga. Adopté par Gmelin , ce nom ne fut point admis par Donovan. Lamarck , embarrassé sans doute en présence d’une nomenclature incorrecte , au lieu de remonter au nom le plus ancien , crut trancher la difficulté en proposant un nom nouveau , celui do Lutraria solenoides ; mais on concevra l’impossibilité d’admettre un semblable précédent. M. Turlon fut le premier, dans son Histoire des bivalves de la Grande-Bretagne ^ qui revint au premier nom spécifique. La justice exige que ce nom soit actuellement maintenu dans une bonne nomenclature.

Cette espèce, très commune dans tout l’Océan d'Europe , se rencontre aussi dans les régions plus chaudes des îlesduCap-VertetmèmeduSénégal. Ellehabite particulièrement vers l’embouchure des fleuves et des rivières. Les personnes qui ignorent celte particularité la chercheraient vainement ailleurs. Elle est trop connue peur mériter de notre part une description détaillée ; il nous suffira de rappeler ses principaux caractères. On la reconnaît , parmi ses congénères , à sa forme générale , courbée à la façon du Soîen cuUellus ; ovale-oblongue , elle est transverse , inéquilatérale ; le côté' postérieur est le plus long , et son bord supérieur est concave ; le bord antérieur est court , arrondi , moins cependant que le postérieur; le bord inférieur est régulièrement arqué dans toute sa longueur , et il n’est point parallèle au bord supérieur. Les valves , fort épaisses et très solides , sont très bâillantes , car elles ne se louchent que par deux points de leur circonférence ; elles sont médiocrement bombées , et leur surface , d'un blanc jaunâtre ou grisâtre, est recouverte d'un épiderme gris- noirâtre, écaillé , peu épais , qui presque toujours manque sur les crochets. La surface externe e.'^t irrégulièrement striée et rugueuse par des accroissements. Les crochets sont peu protubérants , pointus et opposés ; ils s’inclinent en avant. Le corselet est allongé, lancéolé, et présente une surface presque plane. Il n'existe aucune trace de lunule. L’impression musculaire antérieure est semi-lunaire, la postérieure est sub-circulaire. A l extrémité inférieure (le l’impression antérieure commence l'impression palléale ; parallèle au

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bord ventral . elle est remontée très haut vers l’intérieur des valves. Parvenue en arrière , elle so recourbe pour se diriger en avant ; mais dans la première partie de son trajet , elle se confond avec la ligne du bord ventral. Parvenue à la hauteur de la charnière , elle se recourbe, et se dirige obliquement vers le milieu de la circonférence de l’impression du muscle postérieur. La dent en forme de V de la valve gauche est très comprimée et presque entièrement remplie de matière calcaire. A côté d’elle , et sur le bord du cuilleron , s’élève une dent fort mince et oblique qu’il est rare de conserver entière, à cause de sa faible épaisseur. La dent en V delà valve droite est plus large et plus ouverte ; elle est accompagnée, en avant, d’une petite dent mince et étroite, relevée en crochet, qui est peut-être un rudiment de la dent latérale des Mactres. Si la Lutraire oblonguo se distingue facilement de ses. congénères par les caractères de sa coquille, l’animal offre aussi des particularités qui ne permettent pas de la confondre avec aucune autre. Ses palpes , d'un blanc laiteux , sont poiiUillées de violet; ses siphons , fort allongés et fort gros , sont rougeâtres ou violacés , et les ouvertures qui les terminent ne restent pas parallèles , mais se placent sous un angle presque droit , l’une par rapport à l’autre. Les tentacules du siphon branchial sont courts et violacés ; ils sont digités», mais à digitations courtes, pointues. Enfin , les deux siphons semblent conserver a l’extérieur une communication directe , au moyen d'une rigole profondément creusée de l’un â l’autre, dans la longueur de la courte bifurcation qui les sépare.

Lutraire ridée. Lutraria rugosa , Lamarck.

PL 10. fig. 7. 8.

L. Testa ovato transversây inœquUaterâ^ turgidulâ ^ albido^ flaves~ cente^ utroque latere hîante , postico iongiorCy cnstulis longituàinaîihus eîevatisy radiantibiis, transversus minus eJevatas decussantibits ; latere postico nudoy cardine dentihus lateralibus ^ brevibiis instructo,

Mactra rugosa. Spengler. Soc, d’hisL nat. de Copeoh. t. 5. "i* part.

Id. f^raelitï p. 326r. 11" 23.

Chemnitz, Conch. 0. pi ai. f a35 Encvflop. pl. aSj. f. a. a. b.

Mttura rugosa. Dillwyii. Cal. l r. p. 145 n“ 34, î-aniarck. Anim. s. verl. t. 5, p, 3.

LES MACTRaCÉES.

Rowiîirh. Klrm. of Conoh. a* part, pL 7. f. 14. hutricaln rngosa. Rîainville. Malac. p.

yiactrn rugo^n Wood. Iiut. Ifslap pî. t’, 33.

Lntraria rugnsn. De.*>have.s. Knc. mélb. vers. t. 2. p. 38;. n'’ 3.

Menke. Synop. inoll. p. i rp.

. Deshayes. TaW. compar. dans Lyell. g<‘ol. I. .3. App. p. 2.

Id. daii'5 Lamarck. Anini. s, verl. t. p. 91. n® 3.

Kanley. Dcscript, ratai, p. 26. n" 3.

Fnssllis Sisinonda. Syriop. mrlh, pedrm foss. p. 17- Deshavrs. Exped. -srient. de Moréé. zool. p. S8. 11“ i5.

Dujardin. Mrm. gôM. snr la Toiirainr, p 45. n® i.

En inscrivant celle espèce dans son Histoire des oniyiuiux sans vertèbres , Lamarck dit qu'elle est commune clans l'Océan d'Europe. Il est vrai cependant que jusqu'ici elle est restée rare dans les collections, et elle n'a été mentionnée dans aucun des catalogues qui ont pour objet de faire connaître les espèces de nos mers ; elle n’est dans aucun dés catalogues d’Angleterre : la même absence se remarque dans ceux de la Suède et de la Norwège. Les catalogues de France ne la mentionnent pas davantage, et jusqu'ici elle ne se trouve dans aucun des nombreux ouvrages, publiés sur les productions de la Méditerranée; on pouvait donc supposer d'après cela que Lamarck avait commis une erjeur au sujet de l'habitation de l’espèce^ et la plupart des conchyliologues la supposaient originaire des mers de l'Inde. Nous-même avons été longtemps dans cette croyance. Cependant nous pouvons l'affirmer, actuellement le Lutraria rugosa habile la Méditerranée , sur les côtes de l’Algérie, particulièrement à Bône, vers l’embouchure do la Seybouse. Son analogue fossile se trouve assez fréquemment aux environs d'Asti , dans les sables jaunes de la formation tertiaire subapennirîe.

Lé Lutraria rugosa est l’espèce qui se distingue avec le plus de facilité ; ovale , oblonguc , inéquilatérale , obtuse et arrondie à ses extrémités, elle est moins bâillante que la précédente espèce: elle est ])liis renflée que la plupart des Lutraires; d’un fauve grisâtre en dehors , elle est blanche en dedans ; les crochets sont médiocres, lisses îMi sommet ; à une faible distance naissent un grand nombre de petites côtes longitudinales, étroites, peu écartées , quelquefois très rapprochées, mais qui, dans leur disposition générale, sont très variables, ('es Cüles longitudinales croisent à angle droit des stries Iransverses moins régulières et moins apparentes. Le côté antérieur ainsi que le postérieur sont dépourvus de côtes et de stries; ils sont lisses.

Le bord cardinal est épais ol solide , le cuilleron est grand , profond , sublriangulairc , très proéminent à Tintérieur, la dent en forme de Y, très comprimée et presque ontièrement remplie. En avant s’élève un rudiment assez considérable do la dont latérale antérieure. Du côté postérieur la dent latérale est beaucoup plus grosse , et ressemble déjà à celle de quelques Mactres. Les impressions musculaires sont fort grandes ; l’antérieure ovale, semi-lunaire, descend dans toute la hauteur du côté antérieur ; la postérieure est circulaire très rapprochée du bord dorsal; l’impression palléalo est plus rapprochée du bord ventral de la coquille que dans les autres espèces; elle s’avance très en arrière, et parvenue au niveau du bord postérieur de l’impression musculaire, elle commence seulement à s'inüéchir en dedans; elle remonte obliquement et s'arrête eh arrière de la charnière. Le test de cette espèce est épais et solide. Les individus fossiles sont en général plus grands que les vivants.

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