GENRE TRENTE-QUATRIÈME
STSrDOSMTZ:. Syndosmya. (Récluz.)
PI, 3 bis, fig. 6. 7, 8.
CARACTÈRES gènèriques. — Animal ovale-oblong, comprimé, ayant le manteau ouvert en avant et dans la longueur du bord ventral , terminé en arrière en deux siphons allongés , grêles , inégaux , séparés dans toute leur longueur ; siphon anal plus court , cylindrique ; siphon branchial très long, un peu comprimé; bouche grande, ayant les appendices labiaux très étendus, triangulaires, offrant une surface presque égale h celle des branchies; branchies inégales, triangulaires, réunies en arrière de la masse abdominale ; pied petit, triangulaire, très comprimé.
Coquille équivalve, inéquilatérale, transverse, ovale, oblongue ou subtriangulaire , mince et fragile , arrondie en avant , anguleuse , flexueuse en arrière , inégalement bâillante , plus en arrière qu’en avant ; le côté antérieur est le plus court ; crochets petits, opposés ou à peine inclinés; charnière présentant sur la valve droite deux petites dents cardinales peu épaisses, presque parallèles, et sur la gauche une seule, reçue dans l’intervalle des deux dents de l'autre valve; un cuilleron ovale ou subtrigone, suivant le bordsupérieur, et recevant un ligament interne ; deux dents latérales subégales, l’une antérieure, l’autre postérieure ; un ligament externe , petit , peu épais et fibreux ; impressions musculaires ovales, oblongues , un peu courbées; impression palléale se creusant en arrière en un sinus profond, transverse, ovale- triangulaire , à angles arrondis.
SYNONYMIE GENERIQUE. — Mactra^ Wood, Montagu, Maton et Rackett, Pulteney, Gerville, Turton. -- Laskey,
Wood, Dilhvyn, Turton, — Ligula, Montagu, Brown, Forbes, Nyst. — 7’e/Zmct, Renieri, Brocchi, Scacchi. — Abra, Leach. — Amphülesma^ Lamarck, Turton, Risso, Sowerby, Collarddes-Cherres, Bouchard-Chantereaux , Scacchi, JefFreys, S. Wood, Delessert, Fleming, Hanley, Macgillivray, Thompson, Thorpe. — Syiidoumya^ Recluz, Lovèn.
Nous avons fait remarquer, dans plus d’uno occasion , combien était défectueux le genre Amphidesme de Lamarck. Déjà nous en avons retiré une espèce, V Amphidesma corbuloides, pour la placer dans le genre Lyonsia, de Turton. Comme nous l’avons fait voir précédemment, une seconde espèce , V Amphidesma phnseolina , dépend du genre Thracie do Lerch. Il y a deux autres Ampliidesmes auxquelles nous avons reconnu tous les caractères de notre genre Mésodesme , et l’une d’elles est le Mesodesma donacillat que nous venons de décrire dans l’un des genres précédents. Mais ces quatre espèces, appartenant à trois genres bien distincts, ne sont pas les seules qui doivent sortir des Amphidesmes de Lamarck ; nous avons encore signalé , dans ce genre, une Erycine et une Lucine, dont nous aurons à nous occuper par la suite.
LES ÂMPHIDESMIDE5.
Après avoir subi des réformes aussi considérables , le genre Âmphidesme était réduit à un très petit nombre d'espèces , parmi lesquelles se trouvaient h la fois les Amphfdesmâ variegala , prismatica , Boysîi, etc. M. G. -B. Sowerby, dans son Généra of shells , a proposé le premier, de conserver le nom d’Amphidcsme à ce petit groupe , dont les éléments sont réunis , en effet , par plusieurs caractères communs , et entre autres celui du double ligament , qui a valu au genre le nom que Lamarck lui a imposé. Tel que le savant anglais l’a considéré, le genre Ampbidesme s’est trouvé encore trop étendu , d’après les excellentes observations de M. Recluz. On voit , en effet, parmi les espèces rassemblées par M. Sowerby, deux sortes de coquilles bien distinctes; les unes, telles que VAmphîdesma variegala ^ assez épaisses, suborbiculaires , les autres ( ^mp/iidesma , Boysîi ^ prismatica ^ etc.), beaucoup plus petites , très minces , transparentes et subtransverses. En examinant comparativement ces deux groupes de coquilles, M. Recluz a reconnu entre eux des caractères constamment différents, d'ou il a été conduit à proposer un genre nouveau , sous le nom de Syndosmye , et ce genre est le sixième, sorti desÂmpliidesmes de Lamarck.
Il résulte donc, de cette dernière réforme de M. Recluz, que le genre Ampbidesme doit avoir pour type la première espèce de Lamarck , VAmphidesma variegata , tandis que les Syndosmyes réunissent les Aynphîdesma Boysn, prismatica y etc.
Avant M. Recluz , un certain nombre d’espèces de son nouveau genre étaient connues et citées dans les Catalogues des conchyliologistes. Celle qui a été mentionnée la première a été inscrite par Müller dans son Prodrome de la Faune danoise , sous la dénomination de Mya nitida. Caractérisée d'une manière très incomplète , cette espèce a été lé sujet de plus d’une erreur de la part des zoologistes qui , d'après la courte phrase de Müller, croyaient avoir des raisons suffisantes pour l’entraîner dans des genres différents. Othon Fabricius avait déjà produit quelques renseignements utiles, mais encore insuffisants. Toute incertitude à cet égard doit actuellement cesser, grâce à M. Lovèn, savant danois, , d’un très grand mérite, qui a trouvé le moyen d’accumuler un nombre considérable d’observations précieuses dans un opuscule de quelques pages, Index Moîluscorum Scandinavrœ habitantium). Ce savant observateur rapporte le Mya nüida de Müller au genre Syndosmye de M. Recluz, en y ajoutant une description qui justifie son opinion. Quant aux autres espèces, elles proviennent toutes des mers d’Europe ; il faut donc les rechercher dans les ouvrages de ceux des naturalistes qui se sont occupés dès productions de ces mers. Nous en trouvons une,
décrite pour la première fois parWood, parmi les Mactres , dans le tome YI des Transactions de ta Société linnêenne de Londres. En 1800, Laskey et Montaga font connaître d’autres espèces que le premier de ces auteurs attribue au genre Mye, et le second au genre Madré; quelques années plus tard , Montagu s’aperçut que ces petites coquilles ne pouvaient rester dans les Mactres. Aussi, dans son Supplément à son ouvrage sur les l'eslacées britanniques , publié en 1807, il établit un genre Ligule, dans lequel malheureusement il rassemble des coquilles de genres fort différents , ce que M. Recluz a démontré de la manière la plus claire , dans un très bon mémoire qu’il a publié , en 1843 , dans la Revue zoologique. Nous voyons , en eüet , réunis , sous le nom de Ligule , des coquilles dépendantes de cinq genres , et parmi elles se trouvent les trois espèces que M. Recluz attribue à son genre Syndosmye; il était donc impossible, comme l’auraient voulu quelques zoologistes, de conserver le nom de Ligule à l’un quelconque des cinq genres rassemblés sous co nom , à moins de vouloir tomber dans une confusion fâcheuse pour la nomenclature. Le genre Ligule ne fut donc adopté que d’un petit nombre de personnes , après lui avoir fait subir des réformes telles, que ic genre de ce nom coïncide à peu près avec celui de M. Recluz.
Les petites coquilles qui nous occupent ont , à l'extérieur, la forme et l’apparence de Tellines ; il faut en étudier, avec soin, la charnière pour les distinguer de ce dernier genre. M. Renieri s’en laissa imposer par l’apparence , en rangeant au nombre des Tellines une espèce du golfe Adriatique ; en cela il fut imité par Brocchi , et, beaucoup plus tard, par M. Scacclii. Bientôt les auteurs de catalogues, ayant trouvé quelques espèces scus le nom de Mya , quelques autres sous le nom de Mactra , dispersèrent des coquilles très analogues dans les deux genres que nous venons do nommer ; c’est ce que l’on remarque dans Wood, dans Dillwyn, et jusqu’en 1819, dans \e Dictionnaire conchyliologique de Turton. Lamarck, comme nous l’avons vu , avait placé les mômes espèces dans son genre Ampbidesme ; dès lors un grand nombre ^ de concliyliologues suivirent cet exemple. Il faut en excepter M. Brown, dans son Catalogue des fossiles de riialie , qui met l’espèce de Brocchi et de Renieri parmi les Erychies; ce que fait aussi M. Pbilippi dans son Enumeralio Molluscorim.
On a su par Lamarck que M.'Leach avait eu l’intentian d’établir un genre dans lequel il se proposait de réunir plusieurs coquilles
minces , ayant un ligament interne ; mais ce genre lui-même renferme des espèces de genres différents ; il était donc impossible de le conserver,
LES AMPUIDESMIDES.
Ho
à moins que d’en changer la valeur. M. Risso est le seul naturaliste qui l’ait adopté dans son Histoire naturelle des productions de l'Europe mcridionale; mais il est douteux qu'il en ait bien compris les caractères , puisqu’il en fait un groupe qui correspond au genre Lavignon do Cuvier.
Il résulte de ce que nous venons d’exposer que les coquilles , dont M. Recluza fait son genre Syndosmye, ont été successivement ballottées dans les six genres suivants : Abra, Leacli; Mactra, Wood, Montagu, Gcrville, Turlon, Dillwyn , etc.; 3/ya, MüIIer, Wood, Dillw^n, Turton ; Lï</u/a , Montagu , Brown , Forbes; Tellina , Renieri , Brocchi, Scacchi; A-mphîdesma^ Lamarck, Turton, Risso, etc.
Tel qu'il a été constitué, le genre Syndosmye se distingue, avec assez de facilité, de tous ceux qui l'avoisinent. Ce sont de petites coquilles minces , blanches , transparentes , ovales , transverses , équivalves , presque toutes inéquilatérales , ayant le côté postérieur court et pourvu d’un pli oblique, comparable à celui des Tellincs, quoiqu'il soit moins apparent. Toutes ces coquilles sont lisses , fragiles et revêtues , vers les bords , d’un épiderme d’un jaune très pâle, qui déborde le pourtour des valves.
Les bords sont minces et tranchants; l’antérieur est toujours arrondi, le postérieur l’est moins , quelquefois il se termine en un angle plus ou moins aigu ; les valves sont légèrement bâillantes , en avant et en arrière. Le bord ventral est régulièrement arqué; le dorsal est divisé en deux portions inégales par la saillie des crochets. La portion antérieure, qui est ordinairement la plus longue, s’incline obliquement en avant; la postérieure s’incüno davantage, en formant, avec la première, un angle plus ou moins ouvert. Les crochets sont petits , opposés , à peine inclinés ; ou n'aperçoit aucune trace de lunule ou de corselet.
La surface interne est blanche comme Texterieure; quelquefois elle a des réÛets subnacrés , mais le test lui-même no contient point de nacre proprement dite , comme les Lyonsies et quelques autres genres. C’est ^ par la charnière particulièrement, que l’on distingue avec facilité les co* quilles du genre Syndosmye, Dans 4)resqu8 toutes les espèces, immédiatement au-dessous du crochet de la valve droite, s'élèvent une, quelquefois deux, petites dents cardinales, parallèles, appartenant au côté antérieur. Sur la valve opposée, une seule petite dent cardinale se montre; elle est destinée à s’interposer entre les dents do la valve droite. Un cuilleron commence au môme point du bord cardinal , il se dirige en arrière , s’attache au bord supérieur et postérieur et ne fait qu’une faible saillie dans l’intérieur des valves ; en cela , il diffère de celui des Ana-
DIXIEMK FAMILLE.
tines , des Lutraires et des Mactres. Ce cuilleron , destiné à recevoir un ligament interne , est plus ou moins étroit , selon les espèces. Son bord supérieur ou dorsal s'épaissit en une nymphe courte , derrière laquelle vient s’attacher un ligament extérieur très petit. 11 est donc vrai que , dans les Syndosmyes ainsi que dans les Amphidesmes , il y a réellement deux ligaments, tandis que dans nos Mésodesmes on n’aperçoit que l’apparence d’un ligament externe , produit par l’épaississement de l’épiderme. Enfin , on avant et en arrière , toutes les espèces de Syndosmyes présentent une dent latérale plus ou moins saillante, tantôt sur chaque valve et tantôt sur une seule.
Les impressions musculaires sont fort petites , très écartées entre elles ; elles appartiennent toutes deux à la région dorsale de la coquille. L’antérieure -est ovale-obrondc , elle se prolonge en haut et en arrière, au moyen d'uiie autre petite impression triangulaire , qui est colle du muscle rétracteur antérieur du pied. L’impression postérieure est arrondie, subcirculaire ; l’impression du muscle rétracteur du pied s’en détache sous la forme d’un triangle aigu, dont le sommet se prolonge au-dessous du bord cardinal , sous la forme d’une ligne étroite.
L’impression palléale va nous offrir un caractère générique précieux, surtout si nous la comparons à celle des Amphidesmes et des Lavignons. Dans les Amphidesmes , l'impression palléale, après être partie du milieu du bord intérieur et inférieur du muscle , se contourne parallèlement au bord de la coquille, et parvient vers l’extrémité postérieure , où elle s’arrête à peu près au niveau de l’extrémité du cuilleron. A ce point, elle s’inQéchit en dedans, en prenant une direction oblique, de bas en haut et d'arrière en avant , s'avance dans l'intérieur des valves aune faible distance du muscle antérieur, s'arrondit, se recourbe ensuite en ellipsoïde et vient aboutir en ligne tangentielle au bord inférieur do Timpression musculaire postérieure. L’inflexion palléaie a donc une direction qui lui est propre dans les Amphidesmes , et une forme qu’on ne retrouve plus exactement la même dans les autres genres du même groupe. Le sinus postérieur, d’une forme ovalaire a un axe qui fait un angle très ouvert avec l’axe transverse do la coquille.
Dans les Lavignons, la disposition de l’impression palléale est fort différente: la sinuosité se dilate à ce point que son bord ventral vient toucher et se confondre avec l’impression parallèle au bord inférieur. Ce caractère se montre aussi dans les Syndosmyes, mais la sinuosité est moins dilatée dans le milieu , ce qui servirait à distinguer les deux genres , à défaut des autres caractères que nous avons déjà mentionnés. Au reste, dans les Syndosmyes, l’impression palléale a un plus grand
LES AMl’HIüESMlÜES.
développement que dans les Amphidesmes ; elle part de l'extrémité inférieure de l’impression palléale antérieure ; elle se place tout près du bord ventral et l’accompagne, dans toute sa longueur, jusqu’au niveau du bord interne du muscle postérieur des valves. Là , elle se recourbe sur elle-même , et cette portion recourbée s'attache et semble se confondre avec la moitié postérieure de l’impression , qui accompagne le bord ventral. Parvenue vers le milieu de son trajet, seulement alors elle s'en détache, en produisant un angle très aigu, et c’est ainsi qu’elle s’avance jusque dans le voisinage du muscle adducteur antérieur ; elle se recourbe , remonte en arrière entre les deux muscles ; se dilate vers la cavité du crochet, et redescend ensuite obliquement, pour gagner le bord antérieur de l’impression musculaire postérieure. Dans les Amphidesmes , la sinuosité palléale est en réalité ovalaire ; elle est un peu dilatée dans le milieu, d’où il résulte que la largeur de l’entrée de ce sinus est peu différente de la longueur de son diamètre trans verse. Dans les Syndosmyes , au contraire, le diamètre de la plus grande largeur du sinus palléal est au moins trois fois plus grand que la largeur de l’entrée de ce sinus.
Tout ce que nous venons d'exposer des caractères des coquilles du genre Syndosmye, prouve, do la manière la plus évidente, que ce genre méritait d’ètro distingué , et qu’il doit rester dans la méthode. Il n’est pas moins évident que ses rapports s’établissent facilement d’un côté avec les Amphidesmes , dont il diffère par les impressions des muscles et du manteau ; et de l’autre, avec les Lavignonsou Trigonelles , avec lesquels il a plus de ressemblance que de différence. Ces rapports, aussi naturels qu'évidents , nous font admettre dans la famille des Amphidesmides do Latreille, et dans l'ordre suivant, les genres Amphidesme, Syndosmye et Lavignon. De ces trois genres, les deux derniers seulement sont connus dans la Méditerranée , et malheureusement nous n’avons pu découvrir l’animal des Syndosmyes.
Cependant nous ne devons pas oublier que M. Bouchard-Chantereaux, dans son excellent Catalogue des Mollusques du Boulonnais^ a mentionné l’animal d’une petite espèce de Syndosmye de l’Océan, mais malheureusement il le décrit d’une manière très brève. Cependant nous connaissons, par cet observateur consciencieux, plusieurs caractères importants de cet animal au moyen desquels nous pouvons le rapprocher des Lavignons. C'est ainsi, par exemple, que son manteau est ouvert dans les sept huitièmes de sa longueur; épaissi sur ses bords, il est garni de trois rangs de très petites papilles blanchâtres; les siphons sont longs, séparés entre eux et diaphanes; les feuillets branchiaux
sont très inégaux , très petits , triangulaires , prenant naissance au tiers postérieur de la base du pied ; ils sont réunis postérieurement avec ceux du côté opposé. Malheureusement M. Bouchard -Chantcreaux laisse ignorer si ces feuillets branchiaux ont la disposition que nous avons fait remarquer dans les Lyonsies et les Thracies, et que nous retrouverons encore dans les Lavignons. La bouche est très grande et le pied sécuriforme est légèrement granuleux à son extrémité. Quanta ce dernier caractère , nous no l’avons jamais observé dans les Lavignons , ni dans aucun autre mollusque acéphale. M. Bouchard, qui a conservé dans l’eau de mer l’animal vivant d’une Syndosmye, l’a vu ramper sur les parois d’un bocal ; probablement en appuyant le plat du pied contre cotte paroi , comme nous l’avons vu faire aux Erycines et aux Poronies..
Ce que M. Bouchard-Chantereaux nous apprend de l’animal des Syndosmyes , nous confirme dans les observations au moyen desquelles nous pouvons savoir, par l’inspection des coquilles , si , dans certains genres , l’animal a les siphons réunis ou disjoints. Nous n’attribuons pas à ces observations plus de valeur quelles n’en méritent; nous savons qu’elles souffrent des exceptions assez nombreuses, et cependant, d’après Ce que nous connaissons des Tellines et des Lavignons, nous aurions pu annoncer d’avance que, chez les Syndosrayes, les siphons doivent être inégaux et désunis dans toute leur longueur.
Jusqu’ici le genre Syndosmye est peu considérable en espèces. Dans le mémoire que nous avons cité de lui , M. Recluz en décrit huit de vivantes et une neuvième incertaine , empruntée à Vlthistralion conchyliologique de M. Brown; à ces huit espèces, il faut joindre les deux décrites par M. Lovèn ; l’une d’elles est le Mya nilkîa, de Muller, comme nous l’avons vu. Ce qui est remarquable, c’est que toutes ces espèces , sans exception , sont propres aux mors de l’Europe , ce qui est dû probablement à des recherches plus assidues , entreprises par les naturalistes qui habitent le vieux continent.
M. Recluz n’a connu qu’une seule espèce qui eût son analogue fossile, c’est celle qui habile les côtes de l'Algérie; il existe cependant d’autres espèces dont les analogues fossiles sont cités. M, S. Wood en mentionne deux autres, les Syndosmya alba et prismalica ^ qui, vivant sur les côtes d’Angleterre , sont fossiles dans le crag du même pays. M. Nyst, dans son excellent ouvrage sur les Fossiles tertiaires de la Belgique, mentionne également deux espèces sous le nom de Ligula; elles senties mêmes que celles de M. XYood, et proviennent d’un terrain des environs d’Anvers, du même âge que le crag d’Angleterre. La
LES AMPIIIDESMIDES.
liste des espèces fossiles ne se borne pas aux trois espèces que nous venons de mentionner ; nous en connaissons sept autres , ce qui porte à un nombre égal les espèces vivantes et fossiles du genre Syndosmye.
Syndosmye blanche, Syndosinya alba, Récluz.
PI. 8 bisA. 6. 7. 8.
s, testa ovato-oblongâ albu^ nitidâ, soîidiusculâ , transvershn temiîter striata y stihlcevigatâ ^ inarginc supero ac postico^convexiuscidâ; latere postico breviore^ anguîato ^Jlcxtioso, extremitate subrotundato; dentibus cnrdinaîibus crassiuscidisy dentibus îateraîibus vaîidisyremotiusculis ceqiddistantibus,
Mactra aîba, Wood. Lin. ïrans, t. 6, p. 174. pl, i8. f. 9, 12,
Liguîa Boj-sii. Moulagu. ïeslac. brit, p. 98, pl. 3. f. 7.
Mactra Boysii. Pullney. Dorset. Cat. p. 33, pl. la. f. 7.
2d, Matou, et RackeU, Liii.Traus. t. 8, p. 72. u* 10, pl. i. f. 12.
Id. DillwyD. Cal, t, i.p, i43.u® 28,
Id, Turtun. Coneb. Bict. p. 84, n** 12.
Id. Gerville. Cat. dcaMoIl, de la Manche, p. 21. n® 6.
Amphidesma Boysii. Laniarck. au. s. vert, t. 5. p. 491.
Id, Sowerby, Généra of sliells,
Id. Turlon. Bril. biv. p. 53. pl. 5. f. 4. 5,
Id. l’oucliard-Chauter, Cal, des Moll, du Boul, p. i4* n 17- Ligida Boysii, Crown. Coucli. brit. andircl. p. i. pl. i4* f. 3. Amphidesma album. Fleming. Brit. an. p. 433. u® 470 Id, Macgillivray. Moll. au. of Scoll. p. 292. n® i.
Amphidesma Boysii. Hauley. Descr. cal. t. i. p. 4^.
Id. Tbotnpsou. Reporl ou lhe faim, of Irel. p. 261.
Id. Thorpe. Bril, mar. coueb. p, 55.
Ligida Boysii. Forbes. Rep. on OEg. iuvert. p. 14a.
Syndosmya alba.'Bk.tt\\u. Rev. zoûl. 1848. p. 362.
Id. Lovèu. lud. Moll. Scand. p. 44. u® 3ii.
Fûssilisy Amphidesma album. S. AVood. Cal, of shelU foss. from llie crag. Ann. nat, hîst. 1840. u® 37. p. 246. u® i.
Ligula alba. Nyst. Foss. de la Belgique, p. gS. pl. 3. f, 14.
Le mémoire do Wood , dans lequel cette coquille a été nommée pour la première fois , î* été communiqué , en 1 80 1 , a la Société linnéenne de Londres , et publié , l’année suivante , dans le tome 6 des Transactions de cette Société. En 4 803 , Montagu décrivit et figura de nouveau
la même espèce sous le nom de Ligula Boysii; ce nom prévalut chez le plus grand nombre des conchyliologues français ou anglais; cependant il était juste d’appliquer à celte espèce la loi invariable delà priorité ; c’est ce que Ol d’abord M. Fleming , en l’admettant parmi les Ampliidesmes , et ce que ne manqua pas de faire aussi M. Recluz, en l’introduisant dans son genre Syndosmye.
Cette petite coquille est ovale, oblongue, transverse, peu épaisse; elle est brillante et paraît lisse ; cependant, examinée sous un grossissement suffisant, on la trouve couverte de fines stries transverses , irrégulières, produites par les accroissements. Les crochets sont petits, opposés y peu inclinés , et le bord supérieur, tant en avant qu’en arrière , est convexe. Le côté postérieur est plus court, obliquement tronqué, infléchi par un pli semblable à celui des Tellines; l’angle inférieur et postérieur est arrondi et obtus; le côté antérieur est arrondi. Les fossettes cardinales sont obliques , étroites, épaisses; les dents latérales sont grandes, proéminentes, triangulaires, épaisses, écartées de la charnière et également distantes. Celte petite espèce vit dans tout rOcéan européen , et elle se trouve fossile dans le Crag en Angleterre et en Belgique.