‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 53 sur 127 · GENRE TRENTE-SIXIÈME · texte numérisé non relu

GENRE TRENTE-SIXIÈME

FKAGIIiIE. Fragilia. (Deshayes.)

P], la. f. i3. 14. i5.

CARACTÈRES GENERIQUES. — Animal ovale , subtrigone , transverse, épais ; les lobes du manteau désunis jusque près de V extrémité postérieure et garnis dans presque toute leur circonférence d’une rangée de tentacules très courts , coniques et régulière.ment espacés; deux siphons inégaux disjoints dans toute leur longueur, l’anal plus grêle et de moitié moins long que le branchial , revêtus à la base d’une couche d’épiderme et terminés par une ouverture petite garnie de huit tentacules cylindracés , gros et obtus. Palpes labiales très grandes, triangulaires; masse abdominale épaisse surmontée d’un pied petit aplati , triangulaire; branchies inégales, la paire interne tombant de chaque côté du corps, la paire externe redressée vers le dos, toutes deux se réunissant au-dessous et en arrière du pied.

Coquille ovale, subtrigone, transverse, inéquilatérale, un peu bâillante de chaque côté ; obtuse et plus courte du côté antérieur; le côté postérieur triangulaire portant un pli symétrique le long du bord dorsal. Charnière ayant deux dents courbées et divergentes sur chaque valve ; elles sont égales sur la valve droite , inégales sur la gauche ; la plus grande de cette valve 5 bilobée et cordifonne ; ligament externe petit , peu saillant; impression palléale rapprochée du bord, sinueuse en arrière ; sinuosité transverse dilatée vers le milieu.

LES TELLINIDES. 36g

SYNONYMIE GEpdiRiQrE. — TelUna , Linné, Chemnitz, Schrœtei’, Gmelin, Poli , Wood , Dillwyn , BroMii, Ttirton , Scacchi, Fleming, Philippi, Ilnniey. — Pelrlcola. Lamarck ^ Sowerby, Payraudeau, Collard-des-Cberres , Deshayes, Michelotti , Reeve, Hanley, Sismonda. — Venus ^ Fabricius. — Psammoiea, Lamarck. — Psammohia , Ikirton, Thorpe.

OBSERVATIONS. — Liniié a inscrit dans- sa édition- du S?/siema ixalurœ , sous le nom de Tellina fragilis , une coquille de la Méditerranée et de rOcéan d’Europe, qui n’offre passons les caractères des véritables Tellines; aussi le savant Olhon Fabricius, dans sa Faune du Groenland, publiée en 1780 , .rangea l'espece do Linné dans le genre Venus ; celte classification n'ctait peut-être pas préférable à la première ; mais elle prouve au moins que le naturaliste qui la proposa avait aperçu dans la coquille , dont il est question , des caractères qui la distinguent des Tellines. Cependant l’opinion do Linné prévalût, comme le témoignent les ouvrages de Chemnitz, de Scliroetcr, de Gmelin , de Poli , de Wood, de Dillwyn, etc. Si Poli eiU été moins attaché au système de Linné, il eut été en état, plus que personne, do reconnaître dans le Tellina fragilis , des caractères distinctifs ; puisqu'il en eut l’animal vivant sons les yeux et qu71 le fil représenter- assez exactement dans son. grand ouvrage.

Lamarck avait défini le genre TcUine d'une manière plus rigoureuse que ses devanciers , et à cause de cela il dut en rejeter le Tellina fragiUs. 11 lui trouva à peu près les caractères de son genre Pétricole, et dès lors il l‘y introduisit, sans s’apcrco\’Uirquerunc(îo ses variétés était déjà comprise par lui parmi les espèces du genre Psammobie. Cette nouvelle opinion de Lamarck à son lourprévalutchezun certain nombre de naturalistes, tandis que celle de Linné persista chez d’autres; et si l'on comptait les auteurs qui ont partagé l’uno ou l'autre de ces opinions , on verrait qu’ils sont en nombre à peu près égal. Parmi le petit nombre de concliyliologistes qui n’ont pas admis soit l'opinion de Linné, soit celle de Lamarck, nous devons citer Turlon et M. Thorpe, qui, dans leurs ouvrages sur les coquilles marines de la Grande-Bretagne , introduisirent le Tellina 'fragilis dans le genre Psammobie.

Lorsque l’on cherche les motifs qui ont guidé les naturalistes dont nous venons de parler ; lorsque l’on étudie avec soin les observations consignées dans leurs ouvrages au sujet du Tellina fragilis, on se rend compte difficilement des opinions qu’ils ont adoptées ; car aucune d'elles T. I. 2“ PARTIE. 24*

ne peut se justifier, si -ce n’est celle do Linné , qui réunit en sa faveur le plus grand nombre de faits.

Si l’on compare le Tellina frogilis aux Venus , on verra d’un côté des coquilles dont le test est solide , dont les valves sont closes et qui portent constamment trois dents à la charnière; d’un autre, une coquille, ayant le lest mince, les valves baillantes, en avant et en arrière, et la charnière munie de deux dents seulement. Les Pétricoles présentent beaucoup mieux des caractères analogues à- ceux de la coquille que nous examinons; elles sont généralement milices, et leur charnière ne possède aussi que deux dents cardinales , mais dont la forme est toujours différente de celle du Tellina fmgilis. Quant aux Psamraobies, elles sembleraient avoir plus d’analogie, dans leurs caractères^ avec le Tel- Imafragilis; cependant ôn s’aperçoit, uu premier coup d’œil, que cette coquille ne peut entrer dans ce genre ; car il ne contient que des espèces aplaties , oblongues , dont la forme se rapproche do certains Solecurtes , et si nous examinons la charnière, nous y trouvons aussi deux dents, quelquefois une seule , mais dont la forme et la disposition diffèrent essentiellement déco que l’on remarque dans le Tellina fragilis. 11 nous reste à examiner maintenant s'il existe des différences suffisantes pour séparer cetlo espèce du genre ïelüne. Nous allons voir comment, dans ce dernier genre, la charnière se modifie en so simplifiant; comment les dents latérales disparaissent insensiblement , et comment enfin les dents cardinales elles-mêmes subissent quelques changements dans leur forme; mais nous verrons aussi que les Tellines restent avec quelques caractères constants, qui permettent de les reconnaître avec facilité. L'un de ces caractères, le plus saillant, consiste dans co pli irrégulier qui parcourt le coté postérieur cl vient aboutir à l'angle inférieur et postérieur des valves. Ce pli caractéristique n 'existe jamais dans le Tellina fragilis et quelques autres espèces qui doivent entrer dans le même groupe. Si la charnière est réduite à deux dents, ainsi que cela a lieu pour un assez grand nombre de Tellines, ces dents conservent néanmoins une forme qui leur est propre et qui ne se montre pas dans les véritables Tellines ; cependant on ne peut disconvenir que Linné , en rangeant le Tellina fragilis parmi les autres Tellines. a montré celte sagacité qui lui est habituelle , et au moyen de laquelle il a deviné, d’une manière surprenante, des rapports que d'autres naturalistes n’auraient pas entrevus.

Déjà la seule comparaison des coquilles des divers genres , dans lesquels les conchyliologisles ont rangé le Tellina fragilis , prouve que cette espèce ne peut leur appartenir; mais si nous venons ajouter dans

LES TELLINIDES.

la question des caractères, empruntés à l’animal, d’après la description et les figures de Poli, il deviendra bien plus évident que le TelUna fragilis ne peut rester dans aucun des genres, où Ton a essayé de le ranger. En effet, les bords du manteau, à peine exsertiles , sont garnis d’une rangée de papilles grosses et coniques , très courtes , rapprochées , et qui ne ressemblent en rien aux tentacules cylindriques et tronquées qui existent sur le manteau des Tellines. Les siphons sont fort différents dans les deux sortes de Mollusques que nous comparons; nous les verrons de deux sortes dans les Tellines ; ou ils sont très grêles et presque égaux, et alors leur ouverture terminale est simple, ou ils sont très inégaux , et l’un d'eux , le plus court, est terminé par quelques courtes digitations. Dans le TeUina fragilis, les siphons sont plus inégaux que dans le premier groupe des Tellines. et beaucoup moins que dans le second, et ces organes, plus épais, plus charnus , ont leur ouverture garnie d’un petit nombre de tentacules cylindracées.

Toutes les observations que nous venons de rapporter nous ont déterminé à créer un genre nouveau pour le TeUina fragilis de Linné; cette création était une- conséquence naturelle dè l’impossibilité où ilous nous trouvions de placer convenablement un Mollusque , dont les caractères ne s’accordent pas exactement avec ceux des autres genres connus. Ayant eu occasion, pondant notre séjour sur les côtes de l’Algérie, d’observer vivant l'animal du TeUina fragilis , nous le désignâmes sous le nom générique de Diodonte, et c’est sous cette dénomination que nous en fîmes graver la figure. Nous avons dû plus lard en choisir une autre ; car Schumacher, dans son essai d’une nouvelle classification des Vers testacés, avait proposé ce nom pour un genre, auquel il donne pour type le SoUn minutus de Linné. Ce genre de Schumacher ne pouvait être accepté , ce Solen minutus appartenant incontestablement au genre Saxicave de Lamarck; il devenait possible d’emprunter son nom au genre inutile du conchyliologue danois, pour l’appliquer à un genre mieux défini ; mais il résulterait de là quelque confusion dans la nomenclature; pour l’éviter, nous proposons à notre genre le nom de Fragilia.

Les Fragilies sont, des coquilles ovales-lransverses , subtrigones, renflées, à crochets plus saillants que dans les Tellines ; le côté antérieur est le plus court , il est très obtus et courbé en portion d’ellipse ; le côté postérieur est triangulaire, il se termine en un angle obtus, auquel aboutit une légère sinuosité des valves, mais cette sinuosité est symétrique, c’est-à-dire semblable sur chacune d’elles. Les valves ne se joignent pas exactement sur toute leur circonférence; elles

ONZIÊMK FAMll.lJ-:.

sont légèrement baillantes en avant et en -arriére; leurs bords sont minces, tranchants et simples. La surface extérieure est revêtue , principalement vers les bords, d’un épiderme mince et grisiUro, qui disparaît vers les crochets. Celte surface est ornée d’un grand nombre de fines lamelles Iransverses, plus ou moins régulières , dans l'inlerAalle desquelles on aperçoit des stries longitudinales , très fines et plus ou moins apparentes, selon les individus ou suivant les espèces.

La surface intérieure nous offre en avant, située le long du bord aatérieur, une impression musculaire d’une médiocre étendue , ovalaire , mais dont le bord interne est souvent- sinueux. L’impression musculaire postérieure est en proportion plus grande; elle est obrondo, subsemilunaire ; elle est située à une distance à peu près égale de la charnière et de l’extrémité postérieure des valves. L’impression pailéale quitte l’extrémité inférieure de l’impression musculaire antérieure, se rapproche beaucoup du bord libre des valves, l'accompagne jusqu’auprès de l’angle postérieur: puis cette impression rentre en elle-même pour former une sinuosité interne, qui se détache promptement de la portion ventrale , pour so recourber à la hauteur de la charnière , se relève ensuite pour gagner l’impression musculaire postérieure , après avoir produit une double inilexion.

La charnière conserve des caractères constants : elle est étroite, elle présente au-dessous des crochets deux dents égales et divergentes sur la valve droite et deux dents inégales sur la valve gauche; la grande dent de la valve gauche est cordiforme ou plutôt büobée. Dans l’une et Vautre valve les dents cardinales sont courbées sur elles-mêmes et saillantes, un peu à la manière de celles des Corbiiies. Un ligament externe, peu saillant et médiocrement allongé, s'attache à des nymphes assez grosses, très souvent taillées en biseau, de manière à offrir une pins grande surface à l'insertion de la portion interne du ligament, en sorte que, dans quelques espèces, ces nymphes pourraient être comparées à celle des Thracies. '

Pendant notre séjour en .\lgérie , nous avons observé vivant l’animal de notre nouveau genre, et nous avons pu le comparer avec celui des Pétricoles et celui des Tellines; nous Pavons trouvé différent, mais beaucoup plus du premier de ces genres que du second; nous pouvons donc affirmer que le Telliua fnt'gilis de^ Linné, Petricoîa oG/u*o/^i/c’a de Lamarck, n’estpoint du tout une Pétricole, et doit môme.appartenir à une autre famille. H n’oslpas non plus une Tellino, mais il a de nombreuses analogies avec ce genre et constitue avec lui une famille naturelle.

Vdinmal d\i Fragilia fragilis est ovale, trigone, assez épais; son

LES TELLINIDES.

manteau même est peu transparent, ses bords, épaissis par un muscle orbiculaire, sont garnis d’un seul- rang do tentacules très courts-, coniques, très rapprochés, et par conséquent très nombreux; ces bords sont disjoints dans toute la longueur du bord ventral depuis l’extrémité du muscle adducteur antérieur jusque vers l’extrémité postérieure. Les deux lobes se réunissent en une commissure consolidée par doux petits muscles croisés eu X. En dedans, sur le bord, interne du muscle orbiculaire, s'élève de chaque cote une largo valvule palléale qui vient aboutir à l'entrée du siphon branchial.

Les siphons sonlassez épaiset charnus ; ils sont complètement séparés dans toute leur longueur, ils sont inégaux en longueur et on diamètre. Le siphon branchial est le plus gros et le plus long ; une couche épidermique ridée , grisâtre, le revêt à sa base ; son extrémité libre est garnie d'une seule série de six tentacules cylindracés et obtus. Le siphon anal est de moitié plus court que son congénère'; il est d’un blanc laiteux , et l'on remarque six lignes d’un blanc opaque, parfaitement symétriques et régulières qui , en aboutissant sur le bord do l'ouverture . semblent se prolonger en autant de tentacules courts , coniques et plus épais que ceux du siphon branchial.

La masse abdominale est très épaisse ; elle est surmontée en avant par un pied petit, comprimé, linguiforme> en proportion plus petit que celui des Tellines; par sa grandeur il se rapproche de celui des Pétricoles , mais il reste plus plat et plus large.

La bouche est petite , ovale , étroite , garnie de deux lèvres courtes , (jui se changent de chaque côté en une paire de très grandes palpes membraneuses, coupées en triangle, presque équilatérales ; cependant elles sont un peu plus longues que larges, elles couvrent le pied et une partie de la masse abdominale; en arrière, elles se prolongent et laissent glisser eptre elles l'extrémité antérieure du feuillet branchial interne.

Les branchies sont disposées comme dans les Laviguons, c’est-àdirc que les deux feuillets sont à côté l’un de raulre. L’interne , le plus grand, s’applique sur la masse abdominale et descend dans la cavité du manteau; l’externe, souvent plissé dans sa longueur, se relève vers la région dorsale. La surface externe de ces organes est lisse ; il faut les examiner, . en s’aidant de la loupe, pour y découvrir des stries transverses très fines, produites par les vaisseaux branchiaux. En arrière du pied , les brancliies , d’un côté , se joignent â celles de l'autre et s’avancent au devant de l’ouverture du siphon anal ; elles y rencontrent un pourtour membraneux, auquel elles se soudent; elles contribuent de cette manière à séparer la cavité du siphon anal de celle du manteau.

Le cœur est situé, comme à Tordinaire , dans la région de l’animal qui correspond à la charnière de la coquille. Contenu dans un péricarde d’une médiocre étendue, cet organe est fusiforme, charnu, soutenu par l'intestin qu’il enveloppe, et garni de chaque côté d'une oreillette triangulaire, à parois membraneuses, excessivement fines.

Le nombre des espèces connues dans notre nouveau genre est peu considérable , trois espèces vivantes et autant de fossiles. Mais, parmi ces dernières , il en est une qui a son analogue vivant , de sorte que le genre contient seulement cinq espèces. Sous le nom de Petricola renïncosa, M. Krauss , dans son ouvrage sur les Mollusques de l’Afrique australe, a fait connaître une espèce, c’est la troisième du genre, qui a la plus grande analogie avec l'une des espèces fossiles qui se trouve dans les Faluns de la Touraine;

Les espèces fossiles sont propres aux terrains tertiaires ; il y en a deux dans l'étage moyen , une seule dans l’étage supérieur ; mais cette dernière descend aussi dans l’étage moyen et se mêle aux deux autres.

Des trois espèces vivantes, l'une est des mers d'Europe et de la Méditerranée; l’autre est du Sénégal, et la troisième est du cap de Bonne-Espérance. Les Mollusques de ce genre vivent sur les plages basses et vaseuses ; souvent elles se creusent des trous dans l'argile, d’où elles ne peuvent jamais sortir. Par celte manière de vivre s’explique la petitesse relative de l’organe du mouvement, réduit à beaucoup moins de mouvements que celui des Tellines..

Fragilie de Linné. Fragilia fragilis, Deshayes.

PI. 12. f. 13. 14. 16.

D, testa ovato^trîgona f transversâ ^ incerjuilaterali, tnrgidulâ ^ alhâ ad apicern intùst/ue Jlavescente ^ \ramversîm striato-himeMosâ ^ longitu^ dinnliter snhstriatây striis teuulssimis ; iatere ontico breviore ^ lotundato ^ postico stihrostrato ; cnrdine bideutnto ^ altero deuie- cordijormi tnnximo wstructo, Dt^ntibus înteralibus nntlîs.

ToUinaJrngilis, Linné. Sy.**!. liât, ed. 10. p, 674, n® S;.

Id 1 inné. Sysf. nat. ed. la, p. 1x17, u® 49»

T'euns fragdis, O, Fabricius. Faim. Grocnl, p. 41^ 4i4*

Tellina frngUis. (llienini'z. Loücli. Cab. t, 0. p, 95. pi 9. f. S4.

Id. S('htœit*r. E.iil. l. a. p. 646. n® 6.

Id., Gnu'lin. Syst. nat. ed. i3, p, SaSo. ti* 6.

/</, Poli. Test. ntr. Sit il. I k p, 43. pl. i5. f. aa. a4.

LES TELUNIDES.

Id. ülisses. Trav, of Nap. p. 478. n" io5,

Id, Wôod. Gener. Conch. p. 148. n® 7. .

{à, Dillwyn, Cat. t. 1. p. 78. n® 14.

Petricola ùchryleucn, Lamarck. Anim. s. vert. Û 5. p. 5o3, n" a. / Psammotea tarentina. Lamarck. Anim. s. vert. t. 5. p, 5i8, ri® 7. TeUina fragiiis. Tiirlon. Conch. Dîct. p. 166. n“ i. f. 18.

'Tellina ju^osa. Rrown. Wern, Soc, I. a. p. 5o6. pl. L a. Psnmmobia frogilis. Turlon. Coneb. ius. Brit. p. 88. n® 4. pl. 7. f. 1 1. la,'

Id. Sowfirby. Généra of shells. n* i5. f. 4.

Petricola ockroleuca, Fayraudeau. Cat. des Moll, de Corse, p. 34. n* 5o. pl. X . f. 9. to.

Tellina fragilis. Wood. Ind. test. pl. 3. f. 7.

Id. Gray dans Wood. Ind. lest, suppl. f. 6.

Id. Collard des CheiTCs. Cat. desTestulu Kinist. p. 16. u® x.

Id. Deshayps. Eorycl. méth. vers. t. 3. p. 747. n® a.

Id. De.shayes. Expéd. scient, de Morée, Zool. p. 90. n® a3.

Id» Deshayes dans Lamk. Anim. s. vert, a* éd. l. 6, p. 157. a.

Id. Scacchi. Cat. conch. reg. Neap. p. 5.

Id. Phdippi. Ennm. Moll. Sicil, I, i. p. ay. ii* la.

Id. Maravigna. Méiu. p. LHist, nat. delà Sicile, p. 74* n® n. Petricola ochroleticn. HanJey. Ind. testac. p. 5a.

Id. Fleming, Brii, anim. p. 4'34. d®478.

Id. Môlter. Index Moll. Grjeiil. p. ao.

Id. Reeve. Conch. syst. t. i. p. 74, pl. 5i. f. 4.

Id. Philippi. Enum. Moll. Sicil. t. a. p. aa. n® la. PsammobiafragiHi.T\\M'\\t.TtT\X.m^T. eoiich. p. fia.

Petricola ochroUucA. Thompson. Krp. on lhe faun. of Irel. p. afia.

Id Catlow. Conch. nom. p. 19. n® i 3.

Pi.aminotea tarentina. W’ooà. Ind. testac. a® suppl.pl. ii f. 56.

Tellina fragili.s. Hanley. Tlie.s. conch. 6* part. p. SiQ, n® i9i,pl.56.

f. 14. pl. 60. f. 149.

Füssids.

Tellina fragilis, Pilippi, Enum. Moll. Sicil. I, i. p. 3o, n® 10 ; t. a. p. a3. U® la.

Petricola fragilis. Micheîotti. Brevi ceiini d’alcuni brac. et aceph. p. 36. Id. Sismonda. Synops. anim. ped. foss. 1* éd. p. ao.

La synonymie de cette espèce en retrace l’histoire et donne la preuve de l’incertitude des naturalistes à son sujet. Linné, avec sa sagacité

ordinaire , la range parmi les Tellines , avec lesquelles elle a , en effet, beaucoup de rapports.' Lamarck au contraire, mal inspiré cette fois, la réunit aux Pélricoles, se confiant trop exclusivement aux caractères de la charnière. Par un double emploi malheureux , il la reproduit une seconde fois parmi les Psammotées , démembrement inutile des Psammobies. Ces opinions, accueillies par quelques zoologistes, les partagent en trois catégories; ceux qui, avec Linné, reçoivent l'espèce dans le genre Telline; ceux qui, avec Lamarck, l’admettent dans les Pétricoies; enfin ceux en plus petit nombre qui la rangent parmi les Psammobies. L’opinion préférable est celle de Linné . et nous l’acceptons en la modifiant, en créant pour l’esiièce un nouveau genre très voisin des Tellines.

Le Fragilia fragilis est une coquille ovale subtrigone, plus bombée que la plupart des Tellines , et n’ayant jamais le pli irrégulier qui les caractérise. Le côté antérieur est obtus , le postérieur se termine en un angle assez aigu; un faible bâillement se remarque aux deux extrémités de la coquille; les crochets sont petits , peu saillants, à peino obliques; la surface externe est couvmied'un grand nombre de lamelles courtes et fines, transverses, plus ou moins serrées, selon les individus. Celte surface présente aussi une très grande quantité de fines strias longitudinales ruyonnantes , plus apparentes sur les côtés que sur le milieu des valves. Celte coquille est blanche, teintée do jaune orangé, très pâle à rintérieur et sur les crochets. ■

Cette espèce est du petit nombre de celles qui , vivant dans les mers d’Europe, passent â l’étal fossile des terrains tertiaires supérieurs dans les moyens.

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