GENRE TROISIEME
GASTROCHESfE. Gastrochce^ia, Spengl.
Pi. a. fig. i-Ç.
caractères génériques, — Animal cunéiforme, tronqué antérieur.enient; les lobes du jxiârxieiiu réunis et percés au pentre de l.a à'un très petit trou pour le passage du pied ;
deux siphons réunis fort allongés, et pouvant rentrer en entier dans la coquille.
Tube calcaire claviforme , droit ou contourné , libre ou inséré dans les corps sous-marins , complet ou incomplet, toujours ouyert ^ l’extrémité postérieure qui pst retrççie; il contient à l’intérieur une coquille bivalve, équivalve, cunéi-
LES TÜBIÇOLES.
forme , très bâillante , à charnière simple et linéajre , à ligament extérienr droit ; jamais de cuillerons iptepnes dans les crochets.
SYNONYMIE GÉftÉaiQUE — GexixàPholas pars ; Linné, -r— Vpérote^ Vperotus ; Gueltard. — Gastrochœna; Spengler,
— Fistiilane^ fistiilana ; Bruguières , Lamarct, Deshayes. — Fistulana^ gastrochœna ; Laruarckj Cuvier.
OBSERVATioKs. — Cherchant à appliquer, autant qu’il est en pops, pe principe de justice d’adopter les genres utiles d’après la daf-pdeleur publication , nous devons l'estituetr au célèbre Spengler un genre que la plu part des auteurs français, et nous-même â uneautre époque, avons inscrit dans la méthode sous le nom de Fistulane, Ce genre avait éié créé, dès 1783 , sous le noqi de Gastrochène , dan leiVorût acta Dantca, Spengler, en le créant, lui avait donné des caractères très naturels , et il est fâcheux que les auteurs qui en eurent connaissance ne l’aient pas aussitôt adopté. Linné avait malheureusement introduit la classe des Muliivalves, dans laquelle les auteurs qui vinrent après lui, et particulièrement Gmélin, entassèrent en asstz grand nombre, desanimaux qui n’ont entre eux aucuns rapports. Aussi, lorsque Bruguières, dans r£/icyc/o7?éc?i'e, voulut réformer ce chaos , il fut obligé de créer plusieurs genres parmi lesquels se trouve celui des Fistulanes. 11 est à présumer que Bruguières n’eut point connaissance du travail de Spengler, car sa justice l'aurait porté à adopter le genre du savant danois, plutôt que d’introduire un double emploi lâcheux dans la science. Les communications scientifiques se faisaient alors avec lenteur, et nous ne sommes point surpris de l’ignorance pu était Bruguières des travaux de Spengler. Cependant, Spengler avait reproduit son genre dans lequel il place quatre espèces^ dans le tome 3 (1793) du Jqurnal d* Histoire naturelle de Copenhague, Une année avant que Lamarek publiât son premier essai de classification des vers testacés , Cuvier , dans son Tableau élémentaire, publié eu 1798, se fondant sur des caractères zoologiques, détruisit la classe des Muliivalves de Linné et de Bruguières, et distribua les genres qui y étaient compris de manière à les meUre en rapport d’après leurs véritables caractères zoologiqiies. Dans son premier Tableau méthodique, Lamarck entrevit que les Muliivalves contenaient trois sortes d’animaux diiférens ; aussi il forma un groupe pour chacun d’eux , et dans le premier nous trouvons les genres
rHEMlÈRE EÀMILLB.
appartenant à la classe des bivalves, et que, peu de temps après, Lamarck , dans son Système des animaux sans vertèbres, classa entre les deux séries des teNtacés bivalves.
Le genre Fistulane , introduit dans leurs méthodes par Cuvier et Lamarck, les autres auteurs l’adoptèrent aussi et c’est sous l’autorité de ces deux grands zoologistes, qu’au genre de Spengler fut substitué celui de Bruguières. Dans le BufFon de Sonnini,M. de Roissy, en adoptant le genre Fistulane, le rapprocha des Saxicaves d’un côté , et des Arrosoirs d’un autre. Ces rapports sont très naturels, comme nous l’avons vu, et il est à peine nécessaire d’y apporter quelques changemens, quoique trente ans se soient écoulés depuis la publication de l’ouvrage que nous venons de mentionner. Les rechej'chcs de plusieurs savans , et notamment de M. Defrance aux environs de Paris , avaient fait découvrir le genre curieux des Clavagelles. Lamarck le rapporta d’abord au genre Fistulane dont il le sépara dans son cours de i8io. Le genre Fistulane se trouva donc réduit à un certain nombre de coquilles renfermées dans un tube calcaire, et ce fut seulement dans son dernier ouvrage que Lamarck indiqua les espèces qui devaient faire partie de son genre Fistulane. Trompé par un caractère réellement peu important, Cuvier, dans la première édition du Règne animal , adopta à-la-fois et le ge'nre Gastrochène et le genre Fislulane. Cuvier croit que dans les Gaslrochènes, il n’existe point de tube pour contenir la coquille; mais en cela il se trompe. Tous les Gaslrochènes qui percent les madrépores pour s’y loger, enduisent leurs cavités d’une couche calcaire qui reste adhérente et ne s’aperçoit pas toujours facilement lorsque l’on extrait la coquille de la cavité qu’elle habite. Pour Cuvier, les Gaslrochènes seraient des Fistulanes sans tube ; pour nous, ce sont des Fistulanes dont le tube adhérent avait échappé à la plupart des observateurs. Cuvier place les Gaslrochènes entre les Pandores et les Byssomies, non loin des Solens, tandis que les Fistulanes sont mises dans le voisinage des Tarets. Dans ce genre Fistulane , et d’après le caractère d’un tube fermé postérieurement, Cuvier confond, avec une espèce de vraie Fistulane , plusieurs espèces de Tarets dont il n’avait vu sans doute que les tubes et non les coquilles.
Dans son Tx’aité des animaux sans vertèbres, Lamarck suivit l’exemple de Cuvier et reçut à-Ia-fois, dans sa méthode, un genre Fistulane et un genre Gastrochène. Préoccupé de l’existence du tube dans les Fistulanes, il ne compara pas les coquilles de ce
LHS TUBICOtis.
genre avec celles des Gaslrochènes, d’où est venu le double emploi que nous avons signalé depuis long-temps. M. de Blainville, dans son traité de Malacologie, M. de Férussac, dans ses Tableaux systématiques des mollusques , et M. Latreille dans ses Familles du règne amimal , tombèrent dans les mômes fautes que Lamarck. Quoique nos observations sur les Fjstulanes et les Gaslrochènes fussent publiées depuis assez long-temps , M. Rang, dans son Manuel de conchyliologie, conserva les deux genres en les caractérisant à la manière de M. de Blainvîlle , tout en faisant sentir cependant que l’un d’eux devait être supprimé- M, de Blainville en effet, avait reporté aux Gaslrochènes quelques-unes des Fistulanes de Lamarck, et n’avait réservé dans les Fistulanes qu’une seule espèce, Fistulana gregata, qui est pour nous un véritable Taret. Dans la seconde édition du Règne animal , Cuvier maintint les deux genres, mais il reconnut qu’il existait un tube dans les Gaslrochènes , et , par une conséquence naturelle , il aurait dû supprimer l’un des deux genres.
Depuis les observations que nous avons faites en 1824 ) lorsque nous décrivîmes les espèces de Fistulanes appartenant au bassin de Paris, nous fîmes observer qu'une môme espèce pouvait avoir un tube libre lorsqu’elle avait vécu dans le sable , et un tube inclus lorsqu’elle avait vécu dans l’épaisseur des corps sous-marins. Nous remarquâmes aussi en cassant les madrépores ou les calcaires tendres dans lesquels avaient vécu les Fistulanes, un tube très mince servant de paroi à la cavité et qui restait adhérent lorsque il avait été cassé pour extraire la coquille ; nous pouvions donc dire alors qu'en suivant rigoureusement les caractères donnés aux genres Gastrochène et Fistulane , une môme espèce pouvait être comprise dans l’un ou l’autre, selon qu’elle aura été observée plus ou moins complètement. L'inutilité de l’un des genres était dès-lors démontrée , et toutes les observations que nous avons été à même de répéter sur les espèces vivantes ou fossiles, nous ont de plus en plus confirmé dans notre opinion.
Les Gaslrochènes sont des coquilles marines dont les unes se forment un tube calcaire claviformé, libre, enfoncé dans le sable; d’autres ont la propriété de perforer les madrépores ou les calcaires tendres, et de s’y loger à la manière des autres acéphales lilhophages. Quelques-unes de ces espèces ont accidentellement un tube libre lorsqu’elles vivent dans les sables loin des endroits contenant dçs calcaires tendres; dans les espèces litbophages, la
PREMIÈRE famille.
cavité intérieure est constamment revêtue clW tube calcaire- plus ou moins épais , dont Textrémilé postérieure seulement est saillante ali-dehors. Dans les espèces à tube libre, celte extrémité J)oslérieure du tube est percée d’une ouverture étroite , ovale ou arrondie, simple. Dans les espèces incluses, l’ouverture du tube est généralement plus étroite, plus comprimée latéralement, et Ton voit ordinairement à l’intérieur deux petites ci*ôtes opposées qui indiquent la séparation des deux siphons postérieurs de l’animal. Lorsque l’on ouvre le tube libre de certaines Fisiulanes, ori est surpris de trouver à i’inléi’ieur, vers le milieu de la longueur, une cloison saillante percée dans le milieu d*une tente étroite : nous présumons que celte cloison est produite par i’aninial lors de son deimier accroissement. Ce que nous avons dit sur les Arrosoirs et sur les Clavagelles peut s’appliquer , à ce qu’il nous semble , à racci'oissemeiit des FisluIanes à tube libre ; quant à celles dont le tube est inclus, elles vivent et s’accroissent à la manière des Saxicaves, et l’on ne trouve jamais dans leur intérieur la sîngulière cloison dont nous venons de parler.
Toutes les coquilles appartenant au genfe Gaslrochène se i*econnaissent facilement et indépendamment du tube qui les renferme : elles sont régulières, équivâlves , allongées , étroites, le bord cardinal est droit, simple, sabs dents et les valves sont maintenues au moyen d’un ligament extérieur allongé et peu épais; les crochets sont presque leFniinaux : la coquille est conséquemment très inéqüilatérale. Lorsque les valves sont réunies elles offrent au côté antérieur et inférieur un bâillement considérable, très élargi antérieurement, rétréci du côté postérieur et occupant les deux tiers, quelquèFois les trois quarts de la longtieur l'olaTe de la coquille. Cotte côquil le est toujours mince, transparente, fragile, et particulièrement cellè qui habile dans un tube libi*e. Si l’on compare la grandeur de la coquille avec celle du tube, on est obligé de croire que l’animai ne doit être recouvert qu’eh petite partie par sa coquille, et cependant lorsque l’on observe l’animal , ses longs siphons ainsi que les bords de son manteau par une contratililé très grande, rentrent en entier dans l’intérieur de la coquille.
L’animal des Gastrochènes est allongé, cunéiforme ; son coté antérieur et inférieur présente une troncature semblable à celle de la coquille. Les lobes du manteau, médiocrement épaissis sur les bords, sont soudés postérieurement et prolongés de ce côté en
JÆS TtTBtCOlis. 3i
deux siphon^ presque égadx soudés dans toute leur longueur , mais ayant sUr les côtés une dépression qui indique l^endroit de leur jonctiotJ. C’est à celte dépression que correspondent les crêtes saillantes dans l’ouvertui'e postérieure du tube j les bords du manteau suivent le contoUr du bâillement de la coquille et se continuant sur le côté àntérieur en une membrane assez épaisse, ferrnènt presque erilifereraent lé côté antéi'ieur en laissant vers lé centre dé la Iroucaturè Une très petite düverlure sphirictéroïde pour le passage du pied. Ce pied ressemble beaucoup à celui des Pholades; il ést très court, épais, tronqué en un disque semblable à une ventouse ; il est à présumer que ranimai s^eii sert pour sd fixer aux parois de la cavité qu’il habité; là bouche est profondément cachée entre le pied èt le muscle adducteur antérieur; elle est petite, transverse, garnie de lèvres minces et étroites, prolongées de chaque côté en une paire de petites palpes labiales lancéolées, finement striées à leur surface interne. On trouve de chaque côté du corps, deux branchies très inégales; détachées à la base du corps elles doivent flollèr dans l’intérieur du siphon branchial. La tnâssè abdominale est peu considérable et elle est en grande partie formée par le pied.
Le nombre dés éspecés connues dans le gedt’é Gastrochène n^est point encore considérable. En examinant les espèces comprises dans les genres Fislülâné ët Gastrochène des auteurs, genres que nous réunissons en un seul, suivant en cela la juste opinion de Spengler, on i-emarque plusieurs doubles emplois et d’autres erreurs qui, quoique signalées par nous dans d’autres ouvrages, doivent encore être mentionnées dans celui-ci pour mieux assurer leur rectification.
Le Fùtuianà ciaçà de Lamarck àVaît déjà reçu de Spengler un autre nom spécifique qUè son antériorité doit faire préférer ; il fâtU donc rétablir cette espèce dans les catalogues sous le nom de Gastrockœna mumia. Nous ferons la môme observation pour le Fistulana lagenula ; Spengler lui avait dohné le nom de fistulana Cormhium que l’on devra lüi restituer.
La Fistulane cunéiforme et la Fistulane en paquet, sont de véritables Tarets.
La Fistulane poire Lamk., pourrait bien être un doülilé emploi de la Clavagelle de Brocchi ; mais comme le tube seul est connu, il pourrait se faire qu’il contînt une Fistulane., et que ce fût un tube accidentellement libre du Fistulàna hians dè Brocchi.
PREMIÈRE FAMILIE
Le nom de Fistulana hians ayant été imposé à plusieurs espèces^ nous pensons que, pour éviter toute confusion synonymique,il serait utile de supprimer entièrement ce nom de la nomenclature des Gastrochènes.
Les espèces fossiles sont particulièrement répandues dans les terrains tertiaires. Il en existe aussi dans les terrains secondaires et nous en avons reconnu les traces jusque dans le Quadersansteîn qui constitue la partie la plus inférieure du Lias ; l’on trouve aussi dans les coquilles épaisses de ces terrains, des perforations qui semblent appartenir à de véritables Gastrocbcnes. Il faudrait cependant constater définitivement le fait par l’examen des coquilles, ou au moins de leur moule, et jusqu’à pi'ésent, nous n’avons pu faire changer nos présomptions en certitude.
Nombre des espèces :
Il Vivantes.
8 Fossiles.
Parmi les espèces , nous signalerons les suivantes :
Gastrochœna modiolina^ Lamk. Vivant dans l’océan d’Europe. Fossile en Italie, en Sicile.
Gastrochnœa giganlea. Vivant dans l’océan Indien. Fossile à Bordeaux et à Paris.
Gastrochœna ampullaria. Fossile à Paris , à Londres.
ESPÈCES
Gaslrocbène momie. Gastrochœna mumia. Spengl. pl. 2. f.
G, %'aoinâ tereti clavatâ^ recta, tennissîmâ, fragîli ^ testa 'valvîs elongatîs , auticè contortis, uncînatis , regularîter strîato-p 'Cicatis,
Upérote membraneux droit, Ouettard, Mém. div. 1774» t« 2, p. 128. no 4. pl. 71, fig. ir.
Gastrochœna. , Nov, act. dan. t. a, p. 174. f. i. 7.
Gastrochœna mumia, Id. Joiirn. d’hist. nat. Copenh, t. 3. pag. 20, pl. 2. f. I. I a.
Fav. Conclu pl. 5, f. K.
Eucycl.pl. 167. f. 17 à 28,
Chœna mumla. Schum. Essai classif. p. 94.
Fistulana^ Cîava. Lamk. An, s. v. t. 5. p, 435, n“ i. ^
. Blainv, Malac. pl. Si , f. 3.
LES TUBICOLKS.
FUlidana dam. Sow. Ocn. of sliells, iIq 27,, f, i-5.
hl. Dcsli. Encyd. métli. vers, t, 2. p. i/|0, ^
Id, Lamek. Au. s. v, 2®éJ. l. 6. p. 3o7 u® i.’
Haliite l’Océan de l’Inde,'
Le tube est libre comme celui des Arrosoirs , et il est souvent recouvert de {çrainsde sable agglutinés à ses parois. îi est très mince , d’un blanc laiteux, et l’on observe, dans presque tous les individus, des rides transverses, circulaires, irrégulières sur l’extrémité antérieure. Ce tube est droit, claviforme, quelquefois un peu courbé à son extrémité postérieure qui est la plus étroite. L’extrémité antérieure est terminée en calotte demi sphérique. L’ouverture du tube n’est point comprimée, et elle n’est point bécarinée à l’intérieur comme dans la plupart des autres Gastrochènes. Dans son Généra of shells , M. Sowerby a rapporté une observation très intéressante et dont ^ Aspergillum vaginifernm avait déjà donné un exemple. Comme M. SoTverby, nous avons vu, dans le tube du Gasirochœna muima, une cloison Iransverse percée au centre d’une fente ovale, et nous croyons pouvoir expliquer sa présence de la môme manière que dans l’Arrosoir.
Dans l’intérieur du tube , on trouve une coquille bivalve singulière. Elle est étroite, allongée, cunéiforme, très largement bâillante dans toute l’étendue du bord inférieur. Les valves sont minces, blanches, diaphanes. Leur extrémité anlorieui'e est allongée et fortement recourbée de manière à former une sorte de capuchon au-dessus du bâillement des valves, lorsque celles-ci sont réunies. A partir du crochet, la surface extérieure des valves est partagée en deux parties presque égales par un sillon oblique. La partie supérieure et postérieure est plus transparente; on y voit des stries d’acci’oissement concentriques, disposées comme dans les Soicns. Sur la partie antérieure et inférieure , les stries sont transverses et les dernières bordent le bâillement des valvej. Les crochets sont très petits, à peine saillans, à peine dépassés par le côté antérieur. Ce coté, lorsque les valves sont réunies, forme une surface presque plane, dont le milieu se relève en une crête peu saillante. Celle surface est séparée du reste, sur les cot^s, par un angle obtus. Cet angle, ainsi que la surface antérieure, sont ornés de stries et de fins sillons rayonnans. La surface intérieure est lisse; l’impression musculaire postérieure est allongée; l’antérieure est petite et arrondie, et placée obliquement sur la partie courbée des valves. L’impression palléale forme une sinuo-
rnrMîKivK FAMUxr.
site postérieure étroite et pi'ofonde. Le bord cardinal est droit; il est simple dans la valve gauche. On aperçoit une petite dent rudimentaire sous le crochet dans la valve droite. Dans l’une et l’autre valve, un petit sillon extérieur sur le bord cardinal, indique la position du ligament.
Des valves, longues de 3o millimètres et larges de 6 , sont contenues dans un tube long do lo centimètres et large de lo millimètres à la base.
Gastrochène modioline. Gastwchœna diihia. Desli. pl. a.
lîg. 4* 5.
G, 'oaghiâ pyrifonni, contortâ, crassâ intus, ad aperturam hlcarinatâ; testa t\ . ovato^ohîongd, angttstâf transversîm striata ^ antice sînuatâ; natibus promînuUs latere antico hrci>îssîmo, ,
dubia. Tenu. Brit. zool, 1812. t. 4, pl. 47. f. 19.
Dacosla. Condi. brit. p. 234. n®58,
Mjtiius J 'Encycl. métli, pl. 219. f. 4, b, pessîma,
Pholas hians. Brocebi. Conch. foss. subap. p. 592, pl. ii, fig. T\,a,b» Mytilus amhîguusi Dilhv, Cat. t. i. p. 3o4. n° 9,
3Iya dubla» Donov, Coucb, t. 3. p, 108,
Dorset. Cal. p. 27, pl. i, f. ir.
Maton et Back. p, 33 ,
'tVood. Conch, p, 102. pl. 25. t 2. 3.
Pholüs Mans, Corlesi. Sag»i. Geol. p, 4o. n'* 4,
GasirochcBiia modiolina, Lamck. Auim. s. vert. t. 5. p, 447. ji*' 3.
Sow, Généra of shells. Gasirochœna, f, i. 2.
FîsUdana hîans, Besli* Encycl. mctli, vert, t, 2. p. i4i, n® 3. it/j'rt dnbia de Gerville, Cat. des coq. de la Manche, p. ii. n" i. Gastrochœna modiolina, Coll, des Cherres, Cat. des lest, du départ, du Fi-nist. p. 9; n®.
Gastrochœna modiolina, Boucli, Chanlcreaux. Cat, des Moll, du Boulon,
Desh, Lamk. Air. s. vert. , 2® edit. t. 6, p, 49, n® 3.
Habite dans l’Océan européen. Fossile en Italie, en Sicile , etc,
Kous avions d’abord pensé qu’il serait utile de conserver à cette espèce le nom de Gastrockeena Mans / mais nous étant aperçu que ce nom entraînerait avec lui quelque confusion synonjmique, nous avons préféré celui donné par Peniiant, parce qu’il est le plus ancien. Nous ratlâclions à celte espèce, comme on peut le voir par notre synonymie , plusieurs de celles des auteurs. Si l’on s’en rap-
LES TUniCOLES.
portait trop à la li^nre tlii Pholas hians tic Brocchi, on pourrait ne pas admettre avec nous Tidcntità do l’espèce fossile et de la vivante 5 mais dès que l’on est prévenu que la figure de l’auteur italien représente une variété plus étroite , on np peut plus avoir de doute à ce sujet.
Le tuBe du Gastrochène modioliuc est allongé, pyriformej assez épais, souvent rugueux ; le plus ortlinairemcnt' il est inclus dans répaisseur des huîtres ou d’autres coquilles épaisses.* Il s’enfonce aussi dans les pierres calcaires. L’ouverture de ce tube est très rétrécie, un peu comprimée latéralement, et l’on trouve, à l’intérieur , sur les parois les plus larges et les plus rapprochées, deux carènes opposées, indiquant la séparation des siphons.
La coquille est hianclie, diaphane, ovale, allongée, très inéquilatérale ; les valves rapprochées, leur bâillement occupe près des trois quarts de la longueur totale. La surface extérieure est couverte de stries transverses, fines, irrégulières; la surface intérieure est lisse, et l’on aperçoit deux impressions musculaires inégales. L’antérieure est fort petite et placée vers l’extrémité antérieure du bord cardinal ; la postérieure est plus grande , arrondie ; elle est placée dans l'angle obtus que forme l’extrémité postérieure du bord cardinal, en se joignant au bord postérieur. L’impression palléale présente une sinuosité postérieure triangulaii'c et peu profonde. Les crochets sont médiocrement sailians, subcordiformes , très rapprochés, et l’on remai’que en avant d’eux un petit enfoncement lunulaire. Le bord cardinal est droit, simple ; quelquefois l’impression musculaire antérieure y produit une petite callosité , surtout dans les vieux individus. Un sillon extérieur, presque aussi long que le bord, donne insertion à un ligament externe, étroit et allongé, les crochets sont dépassés par un bord antérieur très court, for-? niant une sorte d’oi'eillette triangulaire, qui, lorsqu’elle est jointe à celle de la valveopposéo, forme le bord anterieur arqué de l’ouvertui’e de la coquille.
Les valves ont 20 millimèti’es de large et 9 de longueur.
Gastrochène géant. Gastrochœna gigantea, Desb. planche 2,
fig. 6. 7. 8.
G, 'vaginâclavatà, închisà, ad aperturam crassâ, bîcarlnatâ. Testa ^ ovatp ohlongâj teniUj frag'dl, eleganter striato^lamellosd, 'valde hiante; inarginc antico recto, umbonibiis non tenninaUbus.
FisUdana glgantea. Desh. Kncyi, méth. vers, l. 2. p, 142. n“. 5,
TREMIKRE FAMTLT,E.
Habile les mers de Pliidc, la mer Rouge, dans les masses madréporiques.
Fossile en Égyple (Lefèvre).
Il existe tant de ressemblance entre cette espèce et la fossile des environs de Paris, à laquelle nous avons donné le nom de Fistulana 'proifignyi^ que Tou serait porté à les confondre, si Ton ne faisait une minutieuse attention à tous leurs caractères. Leur étude, sur un plus grand nombre d’individus, nous porte actuellement à les séparer. Ce Gaslrochène est le plus grand du genre ; son tube est toujoui's inclus dans Tépaisseur des masses madréporiques; il est mince , fortement attaché aux parois de la cavité dont il revêt les parois. II s’épaissit vers son extrémité postérieure, et il se termine par une ouverture ovale munie à finlérieur de deux crêtes latérales qui lui donnent de la ressemblance avec la forme d’un buit(8) de chilFre. Cette extrémité du tube fait quelquefois saillie en dehors, La cavité est ovale , oblongue, pjriforme ; elle contient une coquille bivalve régulière , subeuoéiforme, mince, blanche, transparente , très bâillante en avant. C’est principalement lorsque les valves sont réunies qüe ce bâillement paraît dans toute son étendue. Une valve, prise isolément, est subtrapézoïde , ovalaire, ayant son extrémité postérieure un peu en bec. Le bord cardinal est presque droit ; il est simple , plus étroit sous le crochet, et un peu onduleux dans cet endroit. La surface extérieure est couverte de stries sublamelleuses , rapprochées, assez régulières, et qui suivent exactement les contours. Le crochet est court, peu saillant, et son extrémité vient s’appuyer sur le bord cardinal. Ce sommet est placé presque à Texlrémité antérieure; il est dépassé cependant par une petite portion du côté antérieur, comme dans les Modioles. Ce qui distingue le plus essentiellement celte espèce de la fossile, c’est que le côté antérieur est presque deux fois plus allongé dans cette dernière. A l’intérieur, la coquille est d’un blanc luisant , et il faut faire miroiter la lumière sur cette surface pour bien voir les impressions des muscles et du manteau. L’impression du muscle antérieur est étroite et s'allonge presque parallèlement au box'd de la troncature. La postérieure est grande, ovale, subtrigone , et l’impi ession palléale offre une profonde sinuosité dans laquelle est inséré le muscle rétracteur des siphons. Cette belle espèce a 5o millimètres de long et 23 de large. Nous avons vu des individus plus grands.