GENRE QUARANTIÈME
CA'PSX, ^Capsa. (nrnguières,.)
Pl. i3. fii;. I. 3. 3.
CARACTERE^ GENERIQUES, ^ — Animal iiiconnu.
Coquille ovale , transverse, équlyalve, subéquilatérale , un peu bâillante à ses extrémités, convexe, à crochets petits, peu obliques. Charnière étroite , portant deux dents inégales sur chaque valve, dont Tune grosse, courbée et bilobée. Impressions musculaires ovales ou subcirculaires; sinuosité postérieure de l’impression palléale courte, horizontale , large, presque entièrement . détachée de la portion ventrale de 1 im-
Li;S PSAMMOUIDKS. /ïiil
pression; ligament externe, épais, attaché à des nymphes grandes et saillantes.
SYNONYMiK oénérique. — Ckama, Lister. — Tellina, RuiViphius 5 Petîver, d’Argenville , Gualtieri , Born, Cheinnitz^ Gmelin, Wood. — Venus, Linné, Pennant, Schrœter, Gmelin, Montagu, jMaton et Rackett , Dilhvyn , Turton , Wood. — Solen^ DilUvyn. — Capsula, Schumacher. — Capsa, Bruguières, Lamarck (olim ), Roissy, Renier, Brookes, Férussac, Menke. — Sanguinolarîa (in parte), Lamarck, Boiidich , CrouchjDeshayes, Desmoulins, Anton, Dufo. — Psaminocola^ Rang. — Psanimobia , Sowerbÿ, Reeve , Hanley.
OBSERVATIONS. — Nous avoiis retracé en abrégé les divers changements que le genre Capse a subis depuis sa création. Adopté d'abord par Lamarck , de Roissy et plusieurs autres couchyliologues , il fut supprimé par Lamarck , confondu dans ses Sanguinolaires. et le nom générique, devenu sans emploi, a été appliqué à des coquilles voisines des Donaces , et que Bruguières confondait avec elles. Il n'existe donc plus la moindre analogie entre le genre Capse, tel que f on auteur Lavait créé, et celui qui se trouve dans le t. 5 de Vîîistolre naturelle des animaux sans vertèbres. Si le genre Sanguinolaire eût contenu uniquement des coquilles renfermées dans les Cap'ses de Bruguières, il eût été facile de rendre à la nomenclature sa netteté primitive ; mais le genre Sanguinolaire de Lamarck réunit aux anciennes Capses, le Solen sanguinolàins, type du genre Sanguinolaire. créé en 4799 par Lamarck lui-même. Celte réunion do deux genres distincts , en rendant la nomenclature incertaine, avait encore le defaut d'entraîner les naturalistes moins expérimentés à des erreurs nombreuses. Il était donc nécessaire de restituer à chaque genre son nom , en leur assignant des caractères qui ne laissassent plus la moindre ambiguïté sur leur valeur. Pour en venir à cette réforme utile, il nous suffit de retourner en arrière dans l’histoire de la science et de reprendre les genres Capse et Sanguinolaire à peu près pour ce qu’ils étaient à leur origine. Car, ainsi que nous Lavons vu, nous rendons au genre Sanguinolaire sôn type, le Solefi sanguinolentus , et nous reprenons pour les Capses Lespècé que Lamarck a désignée dans ses premiers travaux, le Venus deflorala de Linné.
La coquille dont nous venons de rappeler le nom a été connue des anciens conchÿliologues ; Lister, Rumphius. Petiver, en donnent des
t .T i DOUZl RME F AM I LLK .
figures reconnaissables Sloaiic la nienlionne flans son voyage à la Jamaïque. D’Argenville, Gualtïeri , Seba et Knorr, ont également figuré plusieurs de ses variétés. Tou^ ces auteurs, dont les travaux ont été publiés avant ceux do Linné , à une époque où la nomenclature n’était pas encore faite, désignent cette coquille sous des noms divers, tels que Came y Tellinc^ Conque, etc. Enfin, Linné la mentionna pour la première fois dans la \ S*" édition du Sijstema naiurœ , il la plaça parmi les Venus, sous le nom de Venus delîorata. Un grand nombre de naturalistes, successeurs do Linné, adoptèrent son opinion ; quelques au- -tres , ayant rencontré des variétés qu'ils ne reconnurent pas comme dépendantes du type spécifique , les rangèrent parmi les Tellines, ainsi qu’on le voit dans les ouvrages dé Born , de Chemnitz , de Gmelin ; mais ce dernier, admettant dans son catalogue les espèces de ses devanciers , sans les contrôler, produit celle-ci parmi les Tellines et parmi les Vénus , et dans ce dernier genre sous trois noms différents; de sorte que dans cette dernière édition du i^yslema natui'œ , le l^ciius deflorata est sous quatre noms difïérents.
Lorsque Bruguières prépara les planches de l’Enclyclopédic, obligé de remanier toute la conchyliologie, et voulant imposer aux genres une plus grande netteté. U s’aperçut que le l'e/it/s dejîonUa no pouvait rester dans le genre de Linné, et il reconnut rimpossibililé de ranger celte coquille dans aucun autre genre connu. A celte époque, la charnière seule des coquilles bivalves déterminait leurs rapports ; ainsi Bruguières, en rencontrant dans certaines Tellines une eharnière analogue à celle du Venus delîorata , fut conduit à les y joindre pour en fonder son genre Capse. J1 suffisait de rendre aux Tellines ces espèces , dont nous venons de parler, pour laisser aux Capses toute la valeur d’un bon genre. Lamarck l’essaya, mais il est fâcheux qu'il n'ait pas persisté dans sa première opinion.
En étudiant soigneusement les espèces réunies dans les Sanguinolaires de Lamarck , nous nous aperçûmes que ce genre avait besoin d’ôtre réformé; mais au lieu de revenir au premier nom, à celui de Bruguières, nous conservâmes le genre Sanguinolaire , en lui attribuant pour type le Venus deflorata , et en rejetant parmi les Psammobies non seulement les Sanguinokiria occidens et Uvida, mais encore le Sanguinolaria rosea, c’est-à-dire le Solen sanguinolenlus . A ces vacillations déjà nombreuses, d’autres naturalistes ajoutèrent les leurs; c’est ainsi que j\l. Rang, à l'exemple de M. do Blainvillc, comprend les.Sanguinolaircs , c'est-à-dire les Capses, dans uii genre Psammocole. M. Sowerby, ne trouvant pas ^sans doute de caraclères.siiffi.sants pour faire du
LES PSAMMOBIDES.
Venus (lellomUt un gem*e à part, il rapporte cette espèce au genre Psammobie dans son Genmi of sheîls ^ et cette opinion est admise par MM. Reeve , Hanley et quelques autres. Nous aurions dû parler aussi delà réforme, proposée en 1817, par M. Schumacher, dans son Essai d'une classification des coquilles. Ce savant observateur voulut appliquer,,en toute rigueur, les principes de Bruguière et de Lamarck, sur la détermination des genres d’après le nombre de dents de la charnière. Il fut entraîné par là à la création de plusieurs genres peu utiles, mais n’ayant pas à ce qu'il semble, à sa disposition, les docnments qui auraient pu l’éclairer sur le genre Capse de Bruguière , il le proposa de nouveau sous le nom de Capsula,
Quoique le Venus deflorala soit une coquille des plus communes et qu’elle se montre sur une très vaste étendue , depuis la mer Rouge jusqu’aux mers de Chine, et depuis ces mers jusqu’à celles de la Nouvelle-Hollande, néanmoins l’animal n’est point encore connu, et nous en éprouvons d'autant plus de regret, qu'il serait d’une grande utilité pour compléter les caractères d’un genre, qui laisse quelque ambiguité à cause des rapports nombreux qu’il a avec les Psammobies. Un observateur, qui habita longtemps les Séchelles ,d ans le but unique d’en étudier les Mollusques , s’‘imagina probablement que l'animal d’une coquille aussi commune devait être conna, et au lieu de le décrire, il s’attacha à un fait sans importance, qu’il voulut constater sur un très grand nombre d’individus. M. Dufo avait, remarqué dans le manteau une agglomération de sable , dont les grains sont réunis par une matière muqueuse. II reconnut ce fait sur tous les individus qu’il observa. Ce fait prouve seulement que l’animal , vivant au milieu du sable , en reçoit dans l’intérieur de son manteau, et que , ne s’en débarrassant pas grain à grain , il en accumule une certaine quantité, qu'il enveloppe de mucosités , et qu’il tient dans la partie supérieure de la cavité palléale jusqu’au moment où il le rejette.
Les coquilles appartenant au genre Capse sont ovales , transverses , subéquilatérales, beaucoup plus épaisses et beaucoup plus bombées que les Psammobies et les Sanguinolaires : la forme en est peu variable. Le côté antérieur est arrondi , le postérieur l’est aussi ; cependant il est obscurément anguleux. Le bord inférieur est presque droit ou médiocrement bombé ; le supérieur est partagé en deux portions inégales par hi saillie des crochets; ceu-x-ci sont peu proéminents , ils s’inclinent sur le côté antérieur où l’on n’aperçoit aucune trace de lunule. Sur le côté postérieur se montre un très gros ligament , externe , convexe , très allongé, adhérant solidement à des nymphes épaisses, peu proéminentes
ab*
T. I. 2* mTlE.
mais profondément séparées par un sillon, dans lequel s'insère la tunique externe du ligament. Les bords de eés coquilles sont simples, tranchants; lorsque les valves sont réunies, elles présentent en avant et en arrière un faible bâillement. La surface externe est tantôt lisse, tantôt couverte de stties et de côtes longitudinales et râyonnantes.
La charnière est plus épaisse que celle des Psammobies ; néanmoins lo bord cardinal reste étroit, èt il est peu saillant au dessus de la cavité de^ crochets. On remarque . sur la valve droite deux dents inégales; l’antérieure est petite et presque perpendiculaire ; la postérieure est très grosse, très oblique et profondément bifide; sur la valve gauche c'est le contraire qui a lieu; la dent antérieure est grosse, épaisse, cordiforine ; lu postérieure est petite et très oblique. Celte charnière, comme oh voit, ressemble beaucoup à colle des Psammobies ; la différence consiste dans la grosseur relative des dents cardinales, qui, dans les Capses, prennent un volume quelles n’acquièrent jamais dans les autres genres voisins. La surface interne présente deux grandes impressions musculaires très écartées , et occupant, l’une et l’autre, la région supérieure de la coquille. L'impression musculaire antérieure est ovale; la postérieure est presque circulaire ; l’une et l’autre sont superficielles. De l’extrémité inférieure du muscle antérieur, se détache une impression palléale, qui se rend vers l'extrémité postérieure des valves, en restant parallèle au 'l)ord inférieur ventral; mais cette impression se porte très haut dans l’intérieur dos valves, laissant entre elle elle bord une large xone, un peu plus étroite en arrière qu'en avant. Parvenue au niveau du bord antérieur de l'impression du muscle postérieur, la portion ventrale de l’impression palléale s’arrête, s’infléchit sur elie-môme et alors commence une sinuosité horizontale, qui se porte en avant, et atteint quelquefois la hauteur delà charnière. Dans quelques espèces, cette sinuosité n'est pas entièrement détachée de la portion ventrale de l’impression du manteau ; elle se confond avec elle dans le tiers ou la moitié de sa longueur environ. Dans les Psammobies, la sinuosité postérieure se confond avec l’impression ventrale dans presque toute son étendue, il existe cependant quelques exceptions par losquellos les deux genres se rattachent l’un à l’autre.
Les Capses sont des coquilles qui n’atteignent jamais une bien grande taille; elles vivent à la manière des Tellines et des Psammobies; s’enfoncent perpendiculairement dans le sable des rivages à une faible profondeur sous l’can, dans des limites que n’atteignent jamais les grandes marées. Toutes jusqu’ici habitent les mers chaudes; nous n’en connaissons qu’un petit nombre d’espèces; deux vivantes et une fossile.
Î.ÈS PSÂ^t^TOÉiDES , 435
L’espèce fossile provient des terrains tertiaires moyens, des environs de Bordeaux; elle y est, à ce qu’il paraît, extrêmement rare, car elle n’est mentionnée par aucun des naturalistes qui se sont occupés des fossiles de cette localité extrêmement riche. Cette espèce est d’autant plus intéressante, qu’elle ressemble beaucoup au Tenus deporaia , dont elle ne se distingue que par un angle postérieur plus accusé, et des stries longitudinales beaucoup plus fines.
Cwpse ridée, Capsa deJlorata.T>e9ib.
, PI. 13. f. 1. 2. 3.
C, testa ovatâ, ventricosâ ^ inœquilnteraii^ ntroqne latere ohtusd ^ postice ohtnsissim^ angulatâ, longitudinaliter rugosâ^ albâ 'l'ci violaceo rttbroseâ pictâ et radiatâ, inths posternu violaceâ.; nymphis 'violaceo nigris.
Lister, Concli. pl. 424,4^^5. f. 272, 273.
Rumphins, Mus. amb. pl. 45. f. C.D.
Petiver, Mus. amb. pl. 17, f. 9, i5.
Sloane, Voy. à la Jamaïque, t. 2. 9.264. n* i. 265; n* 8 D’Ariîenville. Concb. pl, 25. f. À.
Gualtieri, Ind. ïesl. pl. 86. f. R.C.
Seba, Xbes. t. 'à. pt 86. f. 17.
KnoiT,VcrgD. t. 2. pl. 20. f. 5; l. 4. pl. 3. f- 3 ; t. 5. pl. 9. f. 3 , pl. II. f. 2.
Venus dejlorata, Liimé, Syst. nat, éd. 12. pl. ii33. 11“ iSa.
Id. Peuuaiit, Zool. Bril. t. 4. p. 96. pi. 57. f. 54.
Born, Test. Mus. Vind. p. 3i.
Favanne, Coucb. pl. 49. f. P.
Chemu, Coneh. l 6. p. 93. pl. 9. L 79 à 81.
Venus dejlorata. Schrœl. Fini. t. 3. p. i3i et p. iSo no Bo Id. Herbst, Verm. pl. 40^*
TèîUna rosea,Qtm^\. p. 3238, h*' 58.
Venus dejîorata, Gmel. p. 3274. n* 24.
Venus versicolor, Gmel. p. 328 t. n® 65.
Venus purpuraCa. Gmel. p. 3289. n“ 100.
Capsa. Brug. Ëiicycl. pl. 281. f. 3. 4.
Venus dejlorata. UUsses. Trav. ofNapL p, 485. n® i33.
Capsa rugosa. Lam, Mérti. de la Soe. d’hist. nat. de Paris, t. t. p. 84. Jd. Lamk. Syst. des Au. s. vert. p. 125.
Venus dejlorata, Moutagu. Test, biit. p. i23.
là. Maton et Eack. Lin. Trans. t. 8. p. 85. n* i5.
Capsa ru^osa, Eoissy, Buff. Moll. t. 6. p. 355. pl. 66. f. 2.
Teltina rosea. Wood. Gen, conrh. p. 175. n® 58. ^
Capsa rugosa, Brookes, Intr. of conch. p, 66. pl. 3. f. 28.
Venus dejlorata. Dillwyn. Cal. l. i. p. 186. n* 65,
Capsula ru»osa. Schum. Nouv. syst. p. i3o. pl. 9. f. i.
Sangttinolaria rugosa. Lam, An. s. vert. t. 5. p. 5i i. n® 4« y entis dejlorata. Turton. Conch. dict. p. a4o. n® 19.
Sanguinoïar'ta rugosa. Bond. £lem. of Coiicb. 2* part. p. 5. f. 8.
Id. Cfouch. Intr. Lamk. Cooch. p. 10. pl. 5. f. 6. >
yenus dejlorata. Wood, Ind. test. pl. 8. f. 64.
Sanguinolaria nigosa. Desh. Eiicycl. niélb. vers, t- 3. p. 9a5. n® i. Psammobia rugosa. Sow. Généra of shells. n® 35. f. i, 2.
Sanguinolaria rugosa. Desh. dans Lamk. An. s. vert. . 2* éd. t. 6. p 167 Dufo, Ann. sc. nat. 2* sér. t. 14. p. 220.
rn^osa. Reeve, Conch. sysL t. i. p. 76. pl. 53. f. n 2. id. Hanley, Descr. cat. t. i p. 56.
Il y a peu de coquilles plus communes que celle-ci; elle est répandue dans tout l’océan de l’Inde , depuis la mer Rouge jusqu’aux mers de la Chine. Elle est très intéressante à cause du nombre considérable de ses variétés, car elle varie à la fois dans ses formes, dans ses accidents extérieurs et dans ses couleurs. Si l’on ne possédait qu’un petit nombre d’individus, il serait possible d’établir avec enx plusieurs espèces, ce qui est arrivé à Gmelin; mais en réunissant un grand nombre de variétés , on a sous les yeux le tableau des transformations de l’espèce, et il intéresse le zoologiste qui cherche à se rendre compte de la valeur des caractères spécifiques dans la classe des Mollusques acéphalés.
Les variétés dans la forme générale sont les moins nombreuses ; ordinairement ovale, transverse et inéquilatérale , cette coquille devient presque équilatérale; son côté postérieur se rétrécit; le bord ventral, presque toujours droit ou peu convexe , s’arrondit insensiblement et la coquille finit par être proportionnellement beaucoup plus large que d’habitude. La surface externe est couverte de stries longitudinales . rayonnantes: elles commencent par être fines, régulières, serrées les unes près des autres; dans une série d’individus, ces stries grossissent, s’écartent un peu et restent simples, mais bientôt des stries plus grosses sont entremêlées de plus petites, et enfin on arrive à une dernière variété dont la surface est couverte de grosses côtes rayonnantes, régu-
LES PSAMMÜBIDES. 437
lières, tantôt striées, séparées par des interstices simples, tantôt simples avec des intervalles striés.
Quant aux couleurs, elles sont très variables et indépendantes des variétés précédentes. Il y a des individus blancs, ayant une large tache violette sur le côté postérieur; d’autres qui sont jaunâtres d'abord sur les crochets, puis sur toutes l’étendue des valves, cette nuance devient foncée dans une série d’individus et parvient au jaune orangé. Les variété roses se montrent de la même manière , enûn les variétés violettes ne sont pas les moins nombreuses. Les unes sont d’un violet pourpré , avec des zones blanches, transverses; les autres sont d’un violet plus foncé, plus uniforme, mais presque toujours interrompu par de beaux rayons blancs plus ou moins variables; mais chez tous les individus on trouve les nymphes et le côté postérieur teintés d’un violet obscur.
THEIZIÊME FAMILLE.
lloiiaeides. ÆMonaeMœ, Fleming.
CARACTÈRES. — Animal transverse peu épais, inéquilatéral ^ trigone , ayant les lobes du manteau égaux , disjoints dans la longueur du bord inférieur et bordé de tentacules; siphons inégaux ; le branchial le plus court est garni de tentacules branchus. Pied allongé très aplati, triangulaire, abords tranchants; palpes labiales petites, étroites, oblongues, triangulaires; branchies très inégales, l’interne allongée depuis la bouche jusqu’à la région anale; l’externe, de moitié plus courte, et se prolongeant en haut par un bord mince et large.
Coquille transverse, trigone, régulière, cunéiforme, à volves égales, closes, à bords simples ou dentelés; ligament externe court. Charnière étroite portant deux dents cardinales sur chaque valve et quelquefois des dents latérales ; deux impressions musculaires, l’une ovalaire, la postérieure subcircu^
43§ ^WULLE.
laire, toutes cle\ix danç ]a Région supérieure de la coquille; impression palléale offrant en arrière une sinuosité ovalaire peu profonde, horizontale.
— Dojmx,
L*opjnion des çpnchyliologues a subi jusqu’ici un petit nombre de variations au sujet du genre Donace. Linné lé mettait en contact avec les Mactres et les Bucardes , et cette classiûcation prévalut jusqu'au moment où l’ouvrage de Poli eut une influence marqué^ sur Tesprit des classificateurs. Lamarck connut tard l’ouvrage du zoologiste napolitain; aussi il conserva , dans ses premières méthodes, un arrangement analogue à celui de Linné. Cependant, ep 1809, il commença à rapprocher les Donacesdes Teîlines dans sa famille des Conques, et quelques années après , il créa la famille des Nymphacés, dans laquelle les Donaces sont définitivement entraînés loin des Bucardes et des Mactres, et placées dans des rapports plus naturels , mais qui ne sont pas encore l’expression réelle des caractères que présentent ces animaux. Poli, en rejetant la classification linnéenne , trop confiant dans des observations peu approfondies, cru^ voir eptre les anijnaux des Teîlines. et des Donaces une ressemblance si parfaite qu’il proposa de les joindre en un seul genre qu’il nomma Peronea. Sans contrôler les observations de Poli par d’autres faits mieux observés , tous les naturalistes conservèrent dans leurs méthodes le genre Donace: mais tous aussi, convaincus de son analogie avec les Telünos, .le-comprirent dans la même famille , et ç’est en cela que depuis plus de trente ans la méthode s’est trouvée invariablement fixée. Cependant des changements sont devenus nécessaires.; ranimai, des Donaces , étudié avec plus de soin , nous a offert des différences considérables, non seulement avec celui des Teîlines mais aussi avec tous ceux des autres genres qui nous sont actuellement connus. Dès lors nous avons senti la nécessité d’établir pour ce genre une famille distincte, à laquelle nous avons conservé le nom de Dona^ cideg, emprunté k M. Fleming.
La famille des Donacides de M. Fleming n’est point semblable .à la nôtre , elle correspondrait plutôt en partie à notre famille dés Tellinides , cér à côté des Donaces elle contient les genres Capse et Tolline , c’est-à-dire deux genres, qui n'ohl qu’une analogie éloignée avec celui des Donaces.
Ne conpaissant qu’un seul genre qui puisse entrer dans la famille des Donacides , le? eewtères de famille ee trouveni dw empruntés
LES. DONACIDES,
à ce genre unique, et par. là ils deviennent communs à l'un e|.à l’autre groupe. Il serait possible cependant que d’autres genres vinssent plus tard se joindre à celui des Donaeçs, et dès lors, il n'est pas inutile d’insister sur les caractères généraux de la famille.
, L^animal est transverse, généralement fort aplati; il est attaché à sa coquille par deux muscles adducteurs, d’une médiocre grandeur, et situés l'un et l'autre vers la région dorsale supérieure. Un manteau mince et transparent à lobes égaux, bordé d'un muscle orbiculaire, tombe de chaque côté du corps et revêt l’intérieur de la coquille. Les bords de ce manteau sont garnis sur presque toute la circonférence d’une rangée de tentacules, qui, dans le genre Donace, sont tronqués et dilatés au sommet; mais d’autres, Mollusques pourraient appartenir à la même famille sans être , pour cela , munis de tentacules semblables à ceux du genre que nous venons de citer. Les lobes du manteau sont ouverts depuis le bord inférieur du muscle adducteur antérieur des valves jusque près de rextrémi|é postérieure du bord ventral. La commissure postérieure est consolidée par deux petits muscles , croisés en X.
Chez les Donaces , les siphons ressemblent beaucoup h ceux des Mésodesmes , cependant avec quelques différences qu’il est nécessaire de noter. Ces organes sont inégaux, mais contrairement à ce que, nous avons vu chez les autres Mollusques , c’est le siphon branchial qui est le plus court et son ouverture est garnie de tentacules branchus, semblables à ceux des Mésodesmes. Le siphon anal est complètement isolé de son congénère; il est pliis allongé et un peu plus grêle.
Le pied est allongé, comprimé, pointu, tranchant sur ses bords; par sa base , il se continue avec pne masse abdominale très aplatie, à l’extrémité antérieure et supérieure de laquelle se trouve une bouche étroite, transverse, accompagnée de cliaque côté d’une paire de palpes labiales triangulaires, petites, étroites, adhérentes par le plus petit côté du triangle ; mais , du reste , libres et flottantes dans la cavité du manteau. Ces palpes labiales , comparées à celles desTelIines, sont proportionnellement de moitié moins grandes , et nous les avons trouvées dans de semblables proportions dans toutes les espèces de Donaces que nous avons eu occasion d’observer. Mais le caractère le plus important, celui sur lequel nous insislprons davantage, est fourni par les organes de la respiration ; car, par leur ensemble , ils rappellent ceux des Mésodesmes. et ils n’ont rien de ceujc des Tellines. Les feuillets branchiaux sont très inégaux , ils ne sont j>oint l'un à côté de l'autre, mais Tun au-dessus de l’autre; l'extrémité antérieure du
4 4 0 T H E iZ 1 È M E FA M I IJ ;Ë .
feuillet interne so prolonge entre les palpes labiales, et ce feuillet se [)rolonge jusqu'au-devant de l’ouverture interne du siphon anal. Le feuillet externe est de moitié plus court; il ressemble à celui des Psammobies; mais son bord externe se prolonge davantage, à peu près comme dans les Mésodesmes. Tels sont les caractères extérieurs que présente l’animal qui sert de type à la famille des Donacides. Nous verrons, en traitant du genre, que d'autres caractères intérieurs s’ajoutent à ceux que nous venons d’exposer, et confirment la séparation dés Donaces en une famille distincte.
Les coquilles ont un caractère particulier, elles sont beaucoup mieux fermées que celles de tous les genres qui précèdent; par là elles avoisinent celles du type des Vénus ; elles s’en rapprochent également par leur épaisseur, par le brillant de leur surface externe, ainsi que par l'épiderme subcorné qui s’étend sur leur bord. Ces coquilles ont le (ôté postérieur court et tronqué; les valves sont jointes par un ligament court, peu épais, et qui est loin d’offrir la solidité de celles des Psaminobies, par exemple, et même des Tellines. La charnière est variable; le plus souvent elle est munie de deux deaU cardinales sur chaque valve; mais ces dents sont courtes, ordinairement simples et assez épaisses, La charnière porte aussi, dans un grand nomLre d’espèces , des dents latérales ; mais ces dents ne sont point constantes ; on lés voit disparaître insensiblement, et Lamarck avait prcîposé d'appliquer le nom de Capseà ces espèces de Donaces, dépourvues de dents latérales. Pour juger définitivement de la valeur de ce genre Capse de Lamarck , il faudrait connaître l’animal de l'espèce type ; mais la science ne possède aucun renseignement à son sujet.
Les animaux appartenant à la famille des Donacides habitent les rivages de. presque toutes les mers ; ils vivent dans le sable , s’y enfoncent perpendiculairement , la bouche en bas, de manière à pouvoir aspirer l’eau au moyen de leurs siphons , qui font saillie à la surface du sol