‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 8 sur 127 · DEUXIEME FAMILLE I — LES PHOLADAIRES · texte numérisé non relu

DEUXIEME FAMILLE I — LES PHOLADAIRES

Les Pholadaires. Lamk»

CAiiACTiiRÊs. — Animal claviforme, ou vcinniforme; les lobes du manteau re'unis, si ce n’est antérieurement, pour le passage d’un pied court et tronqué, prolongés en arrière,’ en siphons toujours réunis. Branchies étroites, prolongées dans les siphons, et libres à leur extrémité.

Coquille très bâillante de chaque côté, libre ou contenue dans un tube calcaire; charnière sans ligament, des apo^ physes dans les crochets.

GENRES. — CloUonnairCy Tarât ^ Téi'édme, Pholade,

OBSERVATiOîvs. — Tous les auteurs n’ont pas également senti la valeur des caralères distinctifs de la famille précédente et de celle-ci. Lamarck, lui-méme , en les créant , ne les sépara pas d’une manière convenable. En effet, danslaPhilosophie zoologique, où Ton trouve, pour la première fois , la famille des Pholadaires, elle est composée de quatre genres : Pliolade, Taret, Fistulane et Arrosoir. Il ne la rectifia pas dans l’extrait du cours, mais y ajouta un cinquième genre, celui des Clavagelles. Lamarck, plus lai’d, sentit bien quo sa famille des Pholadaires devait être rectifiée ; mais il ne reconnut pas l’ensemble des caractères qui seuls peuvent la distinguer, et dans son dernier ouvrage, il la réduisit à deux genres seulement : les Pliolades et les Gaslrochènes. Nous avons vu, en traitant du genre Gaslrociiène , le double emploi fait par Lamarck, et nous avons donné la preuve, non - seulement qu’il fallait réunir ces deux genres Fistulane et Gastrochène , mais ^encore les rapprocher des Clavagelles plutôt que des Pholades. Quant aux deux genres Taret et Térédine , compris , par Lamarck, dans la famille des Tubicolés, nous observerons bientôt, dans leurs coquilles, tons les caractères principaux do la famille des Pholadaires.

Cuvier, dont la classification est fondée d’après d’autres vues que celles de Lamarck, a fait , dans la première édition du Règne

animal, une grande famille des Enfermées j pour tous ceux des Mollusques dont les lobes du manteau sont réunis dans presque loulc leur étendue. Les genres Phpiade , Taret et Fülulane, sont placés à la flu de cetfe famille, à la suite des Myes et des Solens.

Dans l’arrangement de la famille des Plioladaires, M. de Férussac a été moins heureux que ses prédécesseurs^ car, après avoir adopté les deux genres Pholadc et Gastrochène, il y ajoute, par analogie avec ce dernier, les genres Saxicave et Hyalclle. Sans doute, ces deux genres oui des points de contact avec les Gastrochênes, mais ils doivent former un petit embranchement latéral destiné à joindre le groupe des Tubicolés à celui des Lithophages.

Dans ses familles naturelles, Laireille saisit un peu mieux les caractères dos genres dont nous nous occupons, mais les exagéra, selon nous, en réduisant la famille des Pholadaircs au genre Pholade seul, et en comprenant, d’une part, les Gastrochènes dans la famille des Solénides, elles autres, dans cèlle des Teredinites, représentant exactement celle des Tubicolés de Lamarck.

Avant la publication de l’ouvrage de Latreille , nous avions déjà indiqué, dans notre ouvrage sur les Fossiles des environs de Paris, ainsi que dans le Dictionnaire classique d’histoire naturelle, les changemens importans que l’on devait faire subir à ces deux familles des Tubicolés et des Pholadaires. M.,[de Blainvillo suivit nos indications dans son Traité de Malacologie, et néanmoins, contrairement à notre opinion, il laissa encore quelques genres dans des rapports peu naturels. En proposant des changemens aussi cousidéi'ables dans la famille des Pholadaires, M. de Blainville trouva convenable de lui imposer un autre nom, et proposa celui d’Adosmacées qui, exprimant le caractère principal do la la famille (a^tap-cç sans ligament) , aurait été préférable si , par son antériorité, le nom donné par Lamarck ne devait être préféré. M. de Blainvilie proposa de mettre cinq genres dans sa famille des Adesmacées, Ce sont les suivans : Pholade, Teredine, Taret, Fistulane et Cloisonnaire. Le genre Fislulane se retrouve ici, parce que M. de Blainvilie ne Fa pas compris de la même manière que Lamarck et les autres auteurs. Il lui a donné pour type le Fistulana gregatay qui n’est point une Fislulane ou un Gastrochène, mais un véritable Taret. Aussi , il suffît de supprimer ce genre P^istulane de la famille qui nous occupe pour la rendre complète et naturelle.

Cuvier, dans la dernière édition du Règne animal, ne tira au-

LES FQOL.\DÂIR£S.

cun parti de ces indications, et se contenta d’ajouter à sa famille des Enfermées les genres Gastrochène et Teredine dont il n’avait pas parlé précédemment.

Quant à M. Rang, différant en cela de ses pi'édécesseurs , dans son Manuel de Conchyliologie, il réunit en une seule, sous le nom de Tuhicoîésy les deux familles dont nous venons de parler, et, aux genres déjà mentionnés , il en ajouta un autre sous le nom de Jouannetia pour un petit démembrement peu nécessaire, selon nous, des Pholades subglobuleuses et coralliophages. M. TiuHon avait aussi proposé un genre pour être ajouté à la famille des Pholadaires. Ce, genre, décrit et figuré dans le Généra of shells de M. Sowerby, ne peut être accepté, car il présente tous les caractères distinctifs des Pholades , et se joint à ce dernier genre par plusieurs nuances insensibles.

Nous le répétons, la présence d’un tube n’est point le caractère essentiel pour les genres de la famille dont nous nous occupons, cette partie accessoire, existant ou non selon certaines circonstances, soit individuelles, soit spécifiques. Le caractère prédominant dans les Pholadaires, c’est l’existence, dans tous les genres de ce groupe, de cuillerons implan tés dans l’intérieur du crochet; c’est aussi l’absence constante d’un véritable ligament destiné à tenir en rapport les deux valves d’une môme coquille. Ces caractères sont d’accord avec Ceux des animaux, et c’est de celte manière que doivent être établis les groupes naturels dans une bonne méthode.

Vivant dans la Méditerranée , le genre cloisonnaire est acluellement mieux connu. Le tube seul existe dans plusieurs collections; mais, d’après la nature et les caractères de celte partie, il est certain, pour tout zoologiste familiarisé avec les études do la conchyliologie, que ce genre ne peut être placé loin des Tarets. Quant au genre Teredine, bien connu aujourd’hui , depuis que nous en avons développé les vrais caractères , malgré sa singularité, il doit rentrer dans la famille des Pholadaires, montrant le passage évident entre les Tarets et les Pholades.

Les animaux de la famille des Pholadaires so reconnaissent à la longueur do leurs siphons ordinairement réunis; à l’étroitesse do leurs branchies , fiotlantos à leur extrémité postérieure dans l’intérieur du siphon branchial. Le pied est très court, tronqué, et une fente peu considérable du manteau lui donne passage. Les muscles adducteurs des valves sont d’un médiocre volume, et celui du côté

DKliXlÈME FAMILLE.

antérieur vient s’appuyer sur les callosités cardinales de la coquille. Les coquilles sont quelquefois libres, quelquefois insérées à rextrémité d’un tube, ou retenues dans son intérieur. Toutes ont le bord cardinal contourné en dedans, et ce n’est que par ce point du bord que les deux valves se touchent. A riulérieur des crochets, on observe constamment des appendices osseux courbés, plus ou moins élargis , auxquels on a improprement donné le nom de cuillerons. Dans presque tous les genres, il existe une ou plusieurs pièces postérieures , destinées à cacher et à garantir le bord cardinal et les parties molles de l’animal qui le dépassent.

Les genres de la famille des Pboladaires sont tous marins et se mettent à l’abri, les nus en s’enfonçant dans les argiles, ou sous les vases durcies, les autres dans la pierre, et quelques-uus attaquent les bois plongés dans la mer et les détruisent avec rapidité.

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