GENRE QUARANTE-QUATRIÈME
V^IffÉRUFE. Venerupis. (Lamk.)
Pl. 12, fig. l6 à 21.
CARACTÈRES GENERIQUES. — Animal ovale , tr ans verse , peu épais; les lobes du manteau réunis dans le tiers postérieur et prolongés en deux petits siphons, désunis dans la moitié'de leur ^ longueur; siphon branchial plus long et plus gros que Tanal, garni à son ouverture de tentacules branchus , symétriques et inégaux. Ouverture du siphon anal rétrécie par un bord membraneux dactyliforme, percée au sommet et entourée à la base d*unrang de tentacules simples. Pied conique, petit, linguiforme et bÿssifère ; branchies inégales , subquadrangulaires , réunies postérieurement , la branchie externe est la plus petite ; bouche médiocre ; palpes labiales très petites , triangulaires , un peu plus longues que larges.
Coquille ovale, transverse, inéquilatérale , un peu bâillante du côté postérieur ; charnière étroite , présentant trois dents sur une valve ou sur toutes deux ; ces dents sont petites, rapprochées, parallèles, un peu divergentes; ligament extérieur. Impressions musculaires grandes et écartées ; impression palléale parallèle au bord inférieur, terminée en une sinuosité subtrigone horizontale et peu profonde.
SYNONYMIE GENERIQUE. — Coucka tvifidos , Gualtieri. — Donax, Linné, Chemnitz, Gronovius, Schrœter, Olivi, Pennant , Gmelin , Poli , Dillwyn , Donovan , Montagu , Maton et Racket, Turton, Wood. — Venu$, Chemnitz, Schrœter, Gmelin, Cortesi, Brocchi, Gerville, Montagu, Turton, Dillwyn. — Cxineus , Da Costa, Humphrey. — Peiricola [in parte) , Cuvier, Lamarck (o/m), Turton. — Rupellaria [in parte) , Roissy, Sowerby jun. — Venerupis , Lamarck , Férussac , Payraudeau, Rang, Menke, Philippi, Anton, Swainson, Hanley, Gray, etc. — Tellina ^ Pennant.
4^3 QUATORZrÈME FAMILLE.
OBSERVATIONS. — En traitant du genre précédent, nous avons vu omment Lamarck avait confondu dans un seul et même groupe deux sortes de coquilles parfaitement distinctes. M. Fieuriau de Bellevue , dans son Mémoire sur les coquilles lithophages des environs de La Ro- G/lal/c, eut le mérite de distinguer le premier des Mollusques confondus }iâr son savant c'antemporain. En effet , le genre qu'il nomma Rupellaire était destiné à réunir celles des Pétricoles de Lamarck qui ont deux dents à la charnière. Ce genre Rupellaire. adopté en 1805 , par M. de Roissy, dans la Conchyliologie du Buffon de Sonnini, a été conservé par Iiarnarck, non seulement dans la Philosophie zàologique^ mais encore dans VEatlrail du cours publié en 1812. Mais quelques années plus tard, Lamarck, voulant reviser et classer toutes les espèces contenues dans les quatre genres qu’il admettait autrefois, reconnut que trois genres étaient suffisants ; il supprima les Rupellaires et en introduisit les espèces dans son genre Pétricole , qu’il réduisit aux espèces à deux dents cardinales.
Depuis l’institution du genre Vénérupe dans VHistoire des animaux sans vertèbres y nous le voyons consacré dans presque toutes les méthodes , soit qu’on l’eût envisagé comme suffisamment caractérisé , soit qu'on l'eût conservé à titre de sous -genre ou de simplification des Vénus.
La plupart des conChyliologues comprennent aujourd’hui qu’il est peu important qu’un animal soit perforateur ou ne le soit pas , cette pro- ])riété n’entraînant pas à sa suite des changements considérables dans l’organisation. On remarque, en effet, que dans certains types de Mollusques , il existe des espèces perforantes chez lesquelles les caractères génériques n’out subi aucune modification importante. En coaséqu'^nce, avant d’admettre un genre, d’après ce seul fait qu’il est lilhopli-ïge, il faut constater encore chez lui des caractères particuliers. La plupart des conchyliologues prétendent aujourd’hui que les Vénérupes sont de véritables Vénus perforantes, et que le genre est par conséquent inutile. Ils ont tort et raison tout à la fois : raison , s'ils prennent pour type du genre le Venus liihophaga; tort, s'ils considèrent le Donax irus de Linné comme type de ce même genre. Car, en effet la première coquille a un animal entièrement semblable à celui des Vénus dont M. Sowerby a fait son genre PuUastra , tandis que l’animal du Donax iras présente des caractères propres à en faire un genre particulier, auquel peut s’appliquer le nom de Vénérupe. II faut donc apporter quelques modifications à la constitution du genre, et y relier celles des espèces qui dépendent des PuUastra de M. Sowerby. Si les zoologistes
LES LITHOPHAGES.
ayaient réformé le genre qui nous occupe , comme nous le proposons actuellement , il est à présumer qu’ils auraient consenti à le conserver dans leurs méthodes et à l’associer aux Pétricoles , pour constituer avec lut la famille des Lithophages.
Si nous reprenons l’histoire du genre Vénérupe , nous verrons Linné en associer une espèce avec ses Donax; bientôt après Ghenmilz en fît connaître d’autres espèces, mais il les confondit parmi les Vénus. Da Costa , dans la CouchyUologie des îles Britanniques , institua un genre assez informe sous le nom de Cuneus , dans lequel il mélanga les Venus et les Donax t et il entraîna le Donax irus de Linné. Un assez grand nombre des naturalistes qui écrivirent après ceux que nous venons de citer distribuèrent les espèces en partie dans les Donaces et en partie dans les Vénus. Quelques auteurs seulement adoptèrent les genres de M. Fleuriau de Bellevue ; plus tard presque tous les conchyliologues de ce siècle , et Cuvier lui-même , admirent le genre Vénérupe, Ce genre resta dans les méthodes jusqu’au moment où M. Sower.by, reconnaissant la plus grande ressemblance entre le Venus litiiophaga et ses Püllastra , proposa de supprimer les Vénérupes, ce qui fut adopté par un certain nombre de personnes. Cependant , ainsi que nous le disions tout à l'heure, avant d’accepter cette suppression , il fallait s’assurer si d’autres Vénérupes ne présenteraient pas de caractères propres à les faire maintenir dans un genre distinct. Pendant notre séjour dans l’Algérie , nous avons voulu comparer les animaux du Venerupis irus avec ceux des Püllastra , et nous avons observé quelques différences que nous allons exposer tout à l’heure.
Trois phases distinctes partagent nettement l’histoire du genre Vénérupe ; quoiqu’elles empiètent les unes sur les autres , elles se reconnaissent avec facilité. Pendant la première, les opinions de Linné et de Chemnitz dominent; les Vénérupes sont distribuées entre les Donaces et les Vénus. Celte pllase, très longue, se prolonge longtemps après que d'autres opinions ont surgi ; sa dernière manifestation a lieu en 1 , dans V Index testaceologicus de Wood, ouvrage dans lequel la méthode linnéenne est suivie en toute rigueur. La seconde phase commence avec Lamarck, au moment où il crée le genre Pétricole, et avec RI. Fleuriau de Bellevue, lorsque ce savant observateur publia son mémoire plein d’intérêt sur les Mollusques perforateurs ; ainsi au commencement de ce siècle, les opinions précédentes furent peu à peu abandonnées et remplacées par celles de Lamarck surtout, qui durent leurs perfectionnements successifs à l’excellent travail de M. Fleuriau de Bellevue. Enfin, la troisième phase est toute récente ; elle est due à MM. Gray
5oo QUATORZIÈME FAMILLE .
et Sowerby, qui disloquèrent la famille des Lithophages dé Lamarck , et introduisirent les Vénérupes dans la famille des Vénus , et jusque dans le genre Vénus lui-méme. On concevra facilement comment des opinions mixtes se sont formées aux dépens des trois principales que noüs venons d’exposer; Il n’ést pas nécessaire de les reproduire ici , puisque nous les avons mentionnées en traçant T histoire des deux genres qui précèdent. Nous avons préféré une de ces opinions mixtes, parce qu’elle nous semble S'accorder mieux avec les faits connus jusqu'ici. Si l’on a compris parmi les Vénérupes quelques véritables Vénus , il faut les en faire sortir, et ne conserver dans le genre que celles de^ espèces qui se distinguent des Pétricoles et des Vénus.
Les Vénérupes soûl des coquilles qui vivent à la manière des Saxicaves ; les unes perforent les pierres * les autres se logent dans les fentes des rochers, et se suspendent par 'un byssus; elles sont ovales ou oblongues, souvent subglobuleuses; leur test est plus épais et plus solide; leurs valves sont mieux formées que chez les Pétricoles , presque toutes sont ornées de plis ou dé lames iransverses et de stries longitudinales; leur épiderme est peu apparent: en cela ces coquilles se rapprodient plus des Vénus que des Pétricoles. Les valves sont assez régulières, surtout dans les espèces perforantes; celles qui vivent dans les fentes des rochers 5e ressentent souvent de la gêne qu’elles y éprouvent , et leur coquille est divetsiforme. Les bords des valves sont épais , souvent crénelés. Les crochets sont plus ou moins saillants , selon les espèces; ils s’inclinent en avant, où l’on trouve quelquefois une lunule nettement circonscrite.
La charnière se rapproche beaucoup de celle des Pullasira; elle consiste en trois dents cardinales, rapprochées , presque parallèles, supportées par une lame cardinale plus large et plus épaisse que dans les Pétricoles ; dans quelques espèces perforantes , les dents cardinales sont plus divergentes , et il arrive que la dent antérieure est séparée des deux autres par une échancrure de la lame cardinale. Le ligament est externe; il est semblable à celui des Vénus ; il s’attache à des nymphes enfoncées sous un bord saillant du corselet.
Les impressions musculaires sont en proportion plus grandes que celles des Pétricoles ; elles sont plus écartées entre elles , se rapprochant davantage des extrémités des valves. L'impression antérieure est ovale, allongée , elle occupe la plus grande partie de la hauteur du côté antérieur. L'impression postérieure est suborbiculaire , elle partage le côté postérieur en deux parties presque égales. Quoique assez éloignée du bord , l’in^pression palléale lui reste parallèle , elle quitte l'extrémité du
LES LITHOPHAGES.
5oi
muscle antérieur et vient s’arrêter non loin de t’extrémité postérieure ; elle se reploie sur elle-même et dessine une sinuosité horizontale plus ou moins profonde, selon les espèces, et presque toujours triangulaire; cette sinuosité représente fidèlement la forme du muscle rétracteur des siphons.
L’animal des Vénérupes a incontestablement beaucoup de ressemblance avec celui des Vénus. Un manteau membraneux , opaque , mais moins épais que celui des Pétricoles , revêt l’intérieur des valves ; il est bordé d’un muscle orbiculaire large et épais, dont la circonférence sô termine en un bord formé de quatre feuillets membraneux. L'un de ces feuillets , le second , est plissé comme un jabot ; il est très extensible , et c’est lui probablement qui sécrète les lamelles transverses de la coquille,- telles qu’elles existent , par exemple, sur le Vetierupi^ iras. Dans les espèces perforantes, les bords du manteau , sans se renverser sur la coquille , sont plus proéminents au dehors , et l’on retrouve dans leurs tissus cet organe granuleux que nous avons fait remarquer dans les Pétricoles et les Saxieaves. Les lobes du manteau se réunissent dans une partie de la longueur du bord ventral; leur commissure est plus longue que celle des Vénus , elle est plus courte que celle des Pétricoles ; aussi l'ouverture destinée au passage du pied a plus d’étendue que dans ce dernier genre. Les siphons sont en proportion plus grêles que dans les Pétricoles ; pendant leur dilatation ils acquièrent la longueur de la coquille; réunis dans les deux tiers de leur longueur, ils se séparent, en formant entre eux un angle d’environ degrés ; pendant qu’ils sont réunis , ils forment une masse allongée , aplatie, sur la surface latérale do laquelle on remarque utio légère dépression qu’indique la place de la cloison qui les sépare. Le siphon branchial est un peu plus gros et un peu moins long que l’anal ; deux rangs de tentacules s^élèveht du bord de l’ouverture ; dans l'un les tentacules sont simples , cylindracés , et ils se renversent en dehors; dans l’autre, les lenUcules sont beaucoup plus grands , ils sont branchus et se renversent au-dessûs de l’ouverture sous forme d'une coupole élégante. Ces tentacules sont nombreux, placés symétriquement. Leurs nombres, leurs divisions, leurs couleurs, sont autant d’excellents caractères spécifiques.
La masse Abdominale est plus ou moins épaisse selon les espèces; elle est aplatie dans celles qui sont comprimées , plus arrondie dans les subglobuleuses ; elle porte en avant un pied médiocre , aplati , linguiforme , un peu plus grand que celui des Pétricoles , plus petit , plus étroit que celui des Vénus. Si l’espèce est perforante, le pied n’est point fendu en son bord inférieur, et il est dépourvu d’un byssus; si
l’espèce n’est point perforante , son pied est fôndu le long de son bord postérieur, et il porte à la base un byssus composé d’un petit nombre de filaments.
Une bouche étroite et petite s’ouvre à l’extrémité antérieure de la masse abdominale, au-dessous du muscle adducteur antérieur des valves ; des lèvres , moins étroites , couvrent à peine l’ouverture buccale ; elles gagnent les parties latérales du corps et se terminent de chaque côté en une paire de petites palpes triangulaires un peu plus longues que larges, assez épaisses* égales et finement plissées à leur surface interne.
Les branchies ressemblent beaucoup à celles des Pétricoles: elles consistent en quatre feuillets symétriques , deux grands appliqués sur les parties latérales du corps, deux externes d’un tiers plus petits et appliqués sur les .premiers. La paire interne commence en une pointe aiguë; qui s’avance jusqu'au voisinage de la bouche , s'engageant un peu entre les palpes labiales. Ces organes descendent en arrière obliquement et aü delà du bord postérieur de la masse abdominale. Les feuillets externes sont plus étroits et plus courts en avant , mais en arrière ils égalent les feuillets internes. Les organes dont nous parlons ont leur surface régulièrement plissée; les plis sont gros à la base, ils s’évanouissent insensiblement vers les bords libres des branchies. En arrière de la masse abdominale, les quatre feuillets se réu-nissent et s’allongent assez pour se souder au pourtour membraneux de l’ouverture interne du siphon anal et séparer la cavité de ce siphon de celle du manteau.
Toutes les espèces connues de' Vénérupes sont petites ou de taille médiocre ; leur nombre est peu considérable , ce qui tient sans doute au peu de recherches faites jusqu’ici de ces animaux qui, vivant cachés dans les fentes des rochers ou dans leur épaisseur, échappent facilement aux recherches , souvent rapides , des naturalistes voyageurs. Aussitôt que des rivages calcaires sont observés avec soin , on voit s’accroître rapidement le nombre des Mollusques lithophages. Un exemple remarquable en a été donné par M. Cuming , sur les côtes du Pérou et du Chili.
Quatorze espèces vivantes sont inscrites dans les catalogues. Nous en avons quatre dans l’Océan d’Europe, trois sont dans la Méditerranée, quatre autres sont à la Nouvelle-Hollande, à Van-Diemen , à la Nouvelle-Zélande. Nous en avons fait connaître deux de" la Californie , deux sont des mers de l’Inde , les deux autres sont de localités in-
connues.
LES LITHOPHÂGES.
Les espèces fossiles sont moins nombreuses , toutes celles qui nous sont connues proviennent des terrains tertiaires. Cependant AI. de Münster, dans Goldfuss, en a cité une dans les terrains de transition} mais cette coquille ne nous paraît pas du genre dans lequel l’auteur l’a comprise; elle appartient aux Cypricardes où nous la retrouverons plus tard.
II y a deux espèces dans le terrain tertiaire inférieur de Paris ; elles sont toutes deux des grès marins moyens d’Àuvers et de Valmandois. Elles sont logées dans les madrépores ou dans des galets calcaiies. Indépendamment du Venerupis Faujasi, cité aux environs de Bordeaux, par AI. Bastérot, le terrain tertiaire moyen renferme encore deux autres espèces qui ont perforé le banc de calcaire d’eau douce.
AI. Sismonda inscrit quatre espèces de Vénérupes dans son. Synopfii s des invertébrés fossiles du Piémont; mais il compte parmi elles le Cyprin cardia coralliophaga de Lamarck , qui est une Cypricarde et non une Vénérupe, 11 y a donc aussi trois espèces dans les terrains tertiaires supérieurs , et parmi elles se trouve le Fenerupis irus , la seule du genre qui soit à la fois vivante et fossile, et dont nous donnons plus bas la description.
Dans le 57® volume du Dieiîonnaire des sciences naturelles , AI. Defrance mentionne six espèces fossiles de Vénérupes : trois étaient déjà connues , les trois autres sont plutôt indiquées que décrites ; elles por tent des noms nouveaux. Alalheureusement ces indications n'élaut accompagnées ni d'une description , ni d’une figure , il est impossible de reconnaître les trois espèces dont il est question. Trop confiant dans une idenUté trompeuse de noms, AI. Defrancea rapporté le Venus coral-' liophaga de Brocchi dans la synonymie du Venerupis Faujasi de AI. Bastérot. Ces coquilles constituent non seulement deux espèces bien distinctes, mais encore elles appartiennent à des genres différents; la première est une Cypricarde, la seconde une véritable Vénérupe.
Vénérupe lamelleuse. Venerupis irus. Lamk.
PL 12. f. 16. 17. 18.
y. Testa ovato-transversâ , incequilattrali atuicè breviore , angustata , posticè lattere subangulatâ , albâ^ 'velluteolâ y aiit rubescente ; la-mellis crectis y transversis (enuepUcatis ornatâ , interstitiis longitudi^ naliter striatis; striis tenuibus ^ depressis; marginibus integris , sim~ pUcibus ; n^mpkis intns acrQ-.vioîaceis,
Concka trijîdos. Gnalt. lod. test. pl. 95. fi A,
Donax irus. Liuoé, Syst. nal. éd. lo, p. 683. û* 90.
QUATORZIÈME TAMILLE. ‘
Id. Tîduc, Syst. Dat. éd. 12. p. 1128. n® iii. > '
Cttneitsfoliatns. Dâ Costa, Brit. conch. p, 204. n® 39. pl. i5. f. 6. J)onax, Gronovius, Zoophyl, p, 268. 11® 1137.
Donax irns, Chemn. Cojidi. Cab. t. 6, p. ^^71. pl. 26. f. 268, 270. Id, Schrœter, Einî, t. 3. p. 100. n® lo, ^
TelUna cornubiensis, Pennant, Brit. zool. t. 4. p. 89,
Donax irns. Gmelin, Syst. nat. éd. i3. p. 3265, n® ii.
'Id, Poli, Test. Sicil. t. p. 83. pl. 10, f. i, pl. 19, f. 22, 23. Donax. Bruguière. Eucy, méth. pl. 262. f, 4.
Donax irns, Donovan, Brit. shells. t. i. pl.'29. L 2.
Id. Maton et Racket. Lin. Trans. t, 8. p. 77,
Jd, Pulteney in Hutch. Dorset. cat. p. 32,’ pl. 12. f. 6.
Id. Montagu, Test. brit. p. 108 et p* 673.
Id, Pennant, Brit. zool. 2* éd, t. 4. p, 200^ n* 6.
Pefrico/a. Brookes, Intr, p. 64* pl- 2. f, 22,
Donax irus, Dillwyu, Cat. l. i. p. t56. n® 2l.*P/Mr, syn, çxcl, f^enerupis irus, Lamk. An. s. vert, t, 5. p. 507. n® 3.
Donax irus, Turloh, Conch, Dict, p. 43. n® 7.
Petricola irus. Turtou. Conchyl. ins. brit. p. 26. n® i. pl, 2, f. 14, Donax irtni Gerville, Cat. des coq. de la Manche, p. 23. n'* 3. Pcnémpîs irus, Blainv. Malac. p. 559.
Id, Payraudeau, Cat. des nloli. de Corse, p. 35. n® 54. /
Id. Risso. Hist. nat. de l’Eur, roérid. I. 4. p. 363.
Donax irus. Wood, Ind. test, pl, 6, f. 21,
Venerupis irus. Collard des Ch. Cat. des test, du Finistère, p. 17. n® 3 Id. Deshayes, Encyc. méth. ver», t. 3. p. 1110. n* 2.
Id. Deshayes, Expéd, scient, de Morée, Zool. p, 91. xs 25.
Id. Deshayes dans Làmk. An. s. vert. 2® éd. t. 6. p. x63. n® 3.
Id. Philippi, Enum. moll. Sicil. t. i. p. 2t.
Scacchi, Cat. conch. reg. Neap. p. 7. '•
Maravigna. Mém. pour l’Iiist. nat. de la Sicile, p. 73.
Fleming, Brit. an. 2® éd. p. 45i.
Hanley, Dbcr. cal, p. 54.
Philippi, Enum. moll. Sicil. t. 2. p. 20.
Potiez, Gai. des moll. de Douai, p. 240.
Thompson, Report ou the Fauna of Irel. p. 262.
Forbes, Report ou the OEgean invert. p. 143,
Thorpe, Brit. mar. conch. p. 60.
Terani, Cat. degli anim, invert. p. x3.
PuUastra irus, Catlow, Couch. nom. p..4r. n® xo.
LES CONQUES
Venerupis iras. Desh. Èxplor. scient, de l’Algérie, p. 66. f, i4, 17.
Requien^ Cat, des moll. de Corse, p. 17, n® 41.
Fossilis, Rliilippi. Enum. moll. Sicil. t. 1. p. ai ; t. 2. p. 20.
S. Wood) Cat. of shells l'rom the crag. Ann. nat. hisL 1S40. p. ado.
Graieloup, Cat. zool. des foss. p. 67. 786,
Sismonda, Syn. ped. foss. p. 20.
Morris, Cal. of Brit. foss. p. 104.
Habile vivante fOcéan d’Europe , la Mediterranée; fossile en Sicile, en Italie, dans le crag d’Angleterre, et meme aux environs de Bordeaux , d’apres M. Grateloup.
11, pe nous semble pas nécessaire de décrire une fois de plus une coquille aussi connue que celle-ci, nous ferons remarquer seulement qu’elle est susceptible d’un grand nombre de variations dans sa forme et dans sa couleur ; les lames qui la recouvrent sont plus ou moins saillantes , selon quo l’animal a été plus ou moins gêné dans ses accroissements. Nous avons des individus qui , sans être roulés j ont leurs lames presque entièrement effacées ; d’autres , au contraire , où elles sont d’une grandeur remarquable , surtout sur le côté postérieur. Presque tous les individus sont blancs ou d’un blanc jaunâtre ou grisâtre , quelques uns sont d’un jaune fauve, assez intense, quelques autres sont rosés sur les crochets, et d’autres, enfin, sont d’un rose pourpré, quelquefois intense.
Cette coquille est très commune , surtout dans la Méditerranée.
QUINZIÈME FAMILLE, lies Conques. Nobis.
CARACTÈRES DE LA FAMILLE. — Animal ovale ou obrond, ayant les lobes du manteau réunis postérieurement, simples ou frangés et prolongés en deux siphons inégaux, réunis à la base ou dans toute leur longueur. Ouverture du siphon anal portant des tentacules simples et cylindracés, celle du siphon branchial les ayant tantôt simples , tantôt digités ou br^nchus, ou n’en possédant aucune trace. Pied triangulaire, aplati, tranchant sur ses bords portant quelquefois un byssus.ià la base. Bouche
5o6 \^Ul>'2ïÈMk FAMILLE,
petite, ovale, transverse, garnie de lèvres courtes et étroites se prolongeant de chaque côté en une paire de palpes médiocres, triangulaires, un peu plus longues que larges. Feuillets branchiaux grands, aplatis, subquadrangulaires, appliqués Tun sur l’autre et se réunissant en arrière du pied.
Coquille libre, régulière , close , dents cardinales de deux à quatre, quelquefois une seule dent latérale, ligament court, extérieur.' Deux impressions musculaires grandes et écartées. Une impression palléale, parallèle au bord inférieur et offrant en arrière une sinuosité médiocre ovalaire le plus' souvent triangulaire et oblique.
GENRES. — Pxdlastra^ Venus, Gratelowpm.Cyiherea, Thetis, Dosinia, CyçUna.
Le mot Conque^ que nous conservons pour l’appliquer aujourd’hui à une famille asspz réduite de Mollusques acéphales , était employé autrefois d’une manière beaucoup plus générale^ Les anciens Conchyliologues donnaient le nom do Conque à toutes les coquilles bivalves indistinctement et même à un certain nombre de coquilles univalves , en restreignant l’étendue de cette dénomination au moyen d'épithètes particulières. Dans ses divers essais de classification , Linné adopta la dénomination de Conque , mais il l'appliqua uniquement aux coquilles bivalves, auxquelles il joignait les coquilles multivalves. La science, successivement enrichie de nouvelles découvertes, ne pouvait conserver très longtemps des dénominations aussi vagues, et Lamarck y substitua celle de Conchifères pour désigner tous les animaux à coquilles bivalves, et Cuvier celle de Mollusques acéphalés , distinguant ainsi, par un choix heureux du nom , tous ceux des animaux qui n’ont pas une tête apparente.
Lorsque Lamarck divisa les animaux en familles naturelles , il pro’ posa dans la classe des Acéphalés une famille particulière sous< le nom de Conques ; cette famille est celle dont nous allons nous occuper. Elle subit d'abord quelques modifications dans les mains de son auteur, et d’autres zoologistes, en l’adoptant ensuite, lui firent éprouver des changements considérables qu’il ne sera pas sans intérêt de rapporter brièvement.
Dans l’origine ( Philosophie zooioqiqtie ), la famille des Conques ren-
LES CONQUES
fermait neuf genres dans i'ordre suivant : Venerwardia, Lucina, Feniw, CyctaSj Cytheræa, Galalea, Donax, Capsa^ TelUna. D’après ce que nous connaissons déjà de quelques uns des genres que nous venons d'énumérer, il est facile de s’apercevoir qu’ils ne sont point dans leurs rapports naturels; aussi Lamarck ne tarda pas d’adopter quelques changements salutaires dans la constitution de cette famille. En 1812, il la partagea en Conques fluviatiles et en Conques marines : dans la première section sont les genres Cyclas et Galatea; dans la seconde se trouvent les genres Venericardia^ Lucma, Vejivs, Cythereat Cypn'na, Donacilla^ Donaco, Capsa et TeUina. II y a ipi doux genres de plus , Cyprim et Donacüta. Lamarck ne resta. pas satisfait de l’arrangement de la famille des Conques , et il la modifia profondément dans son dernier ouvrage. Il y trouva les principaux élémçnts de sa famille des Nympbacées , de sorte qu’en conservant Iq môme nom et la même division en fluviatiles et marines , la famille dos Conques se trouve réduite-à sept genres, Cyclas, Cyrena , Galathea dans les fluviatiles, Cyprina, Cylherœa^ Venus, Vemricardia dans les marines.
. Tandis que Lamarck faisait de louables efforts pour faire apercevoir lys rapports naturels des genres, tandis qu’il cherchait à . conserver à ses genres .eux-mêmes une étendue qui leur assignait des caractères d’une valeur déterminée, d’autrçs conchyliologues entraînés par des idées diflérentes , moins mûries aux rayons d’une saine philosophie, cherchaient à multiplier les genres et en déterminaient les rapports non d’après l’ensemble des caractères,, mais d’après un seul emprunté à la charnière. C'est ainsi que M. Schumacher, voulant réduire l’étendue du genre Vénus , consacra ce nom générique aux Cythérées épipeuses et à celles des espèces pour lesquelles Poli créa son genre Arthemis. Ce genre ne répond ni .aux Vénus, ni aux Cythérées de Lamarck; ce dernier conservé a pour type Je Venus meretrix de Linné , de sorte que déjà le genre Cythérée se trouve sous deux noms différents. Il est encore reproduit une troisième fois sous la dénomination de Trigona et une quatrième fois sous celle de Circe. Quant aux véritables Vénus, M. Schumacher les démembre aussi en plusieurs genres, sous les noms de Mercenaria , Tapes et ÂntigoTia. On croirait que ces genres démembrés des Vénus de Linné sont rapprochés dans l’ordre méthodique , il n’en est rien ; ils sont disséminés , séparés les uns des autres par d’autres genres avec lesquels ils ont fort peu d’analogie.
Dans le temps que Lamarck publiait le 5® volume de ses -4namaïa sans vertèbres, M, de . Blainville proposait, dans le Dictionnaire des sciences naturelles , une famille des Concliacées infiniment plus étendue
5io8
QUINZIÈME famille.
que celle de Lamarck, reufermant dix-neuf genres, divisés en deux groupes, non plus d’après l’habitation, mais d’après la position du ligament. Quelques années plus tard-, M. de Blainville, dans son Traité de Malacologie , conserva la même famille; mais il la divisa d’après ce caractère de la présence ou de l’absence des dents latérales de la charnière ; et comme ce caractère a réellement peu de valeur pour indiquer des rapports naturels, U en résulta des rapprochements très inattendus entre des genres qui n’ont entre eux qu’une analogie très éloignée. Ainsi, nous trouvons les Mactres elles Érycines à la suite des Cardium, des Lucines, desCyclades; les Crassatelles et les Vénus dans le même groupe, les Ongulines à la suite des Corbules, desVénérupes et des Coralliophages.
M. Rang chercha à améliorer la classification de M. de Blainville; il était difficile qu’il le fît avec succès , voulant ajouter encore de nouveaux genres à ceux admis dans lé Traité de Malacologie. Vingt-deux genres se comptent dans la famille des Concbacéës de M. Rang; il y introduit le genre Iridine, dont il fait une section particulière: le reste de la famille est divisé en plüsieurs sections d’après la présence ou l’absence des denl-s latérales , d’après la régularité ou rirrégularité de la coquille; et sous ce nom de coquilles irrégulières, M. de Blainville et M. Rang entendent les coquilles lithophages de Lamarck. Nous l'avons dit, il est très difficile de rendre haturelles ces immenses familles contenant près de la moitié de la classe des Acéphalés ; aussi elles ont été abandonnées, et il est à présumer que M. de Blainville lui-même , connaissant les faits nouveaux dont la science s’est enrichie, ne conserverait plus une famille aussi étendue que celle dont nous venons de parler.
Lamarck ayant diminué l’étendue de la famille des Conques , nous avons suivi l’exemple de ce savant zoologiste , en réduisant encore la même famille, lorsque nous l’introduistmes dans notre classification de V Encyclopédie ; en effet, nous en avons détaché les Conques fluviatiles pour en former une famille distincte. A cette époque, les Conques étaient réduites pour nous aux trois genres Cyprîne , Vénus , Astarte. Nous fondant sur cette observation que la charnière des Cythérées est modifiée insensiblement pour prendre les caractères de celle des Vénus , nous avions supprimé ce genre Cythérée , l’admettant seulement à titre de section des Vénus. Les Fullastra, les ArthemiSf nous présentant les mêmes transitions avec le grand type des Vénus , nous ne les admettions plus comme genre, mais, ainsi que les Cythérées, à titre de sections de Vénus. Lorsque, plus tard, nous pûmes contrôler les travaux dé
LES CONQUES
Poli par des observations directes, nos opinions furent successivement modifiées, et nous aperçûmes la possibilité de constituer quelques bons genres aux dépens des Vénus. En effet, d’un côté, nous voyons des animaux ayant les siphons réunis à la base, divisés au sommet dans le tiers ou la moitié de leur longueur, et d’un autre, des animaux ayant leurs siphons réunis dans toute leur longueur. Voilà donc deux groupes parfaitemeilt distincts i dans l'un se rangent les Venus et les Pullastra , dans l’autre les Cythérées et les Arthémis. Mais une grande difficulté se présente au sujet des Cythéréesj car quelques unes, telles que le Cytherea chione , ont les siphons réunis dans toute leur longueur, tandis que d’autres, en conservant une charnière identiquement semblable, ont les siphons désunis au sommet. Nous citerons le Cytherea venetiana , par exemple. Auquel des deux caractères devra-t-on donner la préférence? Si , à l'exemple de Lamarck, on se laisse guider par les caractères de la coquille , il est évident que Ton entraînera parmi les Cythé,rées deux sortes d’animaux qui se distinguent parfaitement. Si, an contraire, on veut décider la séparation des espèces d'après les carac^ tères des siphons, il faudra donc attendre que les animaux de toutes les espèces soient connus avant de pouvoir les classer, ce qui laissera de l’incertitude pour bien des années encore dans cette partie importante de la classificalion. Nous disons très importante , non à cause du nombre des genres, mais parce qu’ils sont extrêmement riches en espèces; que ces espèces se distribuent dans toutes les mers, et, à l’état fossile, descendent dans un assez grand nombre de formations. Sans perdre de vue Vd Paléontologfe pratique , il est indispensable d'indiquer d’abord là valeur des genres et de les circonscrire au moyen de caractères , qui ne permettent aucune ambiguïté. La difficulté que nous venons de soulever resterait insoluble si l’on voulait persister d’une manière absolue dans Tune ou Lautre opinion. Dans l’intérêt bien entendu de la science , nous croyons devoir admettre un genre Cylhérée, essentiellement caractérisé par les coquilles, et néanmoins solliciter de la part des observateurs le plus grand nombre possiblè de renseignements sur les animaux de toutes les espèces de ce genre. Il viendra, sans doute, un moment où pourront se concilier des caractères qui aujourd’hui semblent se contredire.
M. d’Orbigny, à la famille de Conchacées de Lamarck, a substitué celle des Vénusidées dont il a emprunté le nom à M. Gray, se réservant le droit bien naturel de l’arranger suivant ses propres idées de classification. Nous trouvons trois genres seulement dans cette famille de M. d’Orbigny; les Pétricoles, les Vénus et lesThétis. Nous avons dit
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précédemment pourquoi les Pétricoles doivent rester dans la famille des Lithophages ; quant au genre Vénus , M. d’Orbigny lui rend à peu près Télendue que lui avait donnée Linné, c’est-à-dire qu’il y réunit leà genres Cytiterea et ÂJ'themis. Par une conséquence naturelle# M. d'Orjoint aux Vénus tous les genres qui en ont été démembrés par Schumacher. Quant au genre Thetis , nous en traiterons un peu plus tard; seulement il faut remarquer une sorte de contradiction entre la classification de M. d’Orbigiiy et les faits dont il a donné connaissance dans son Histoire des Mollusques de l’Amérique méridionale. En effet-, M. d’Orbigny a connu les animaux des trois genres qu’il rassemble ; il dit lui-même que le$ uns ont les siphons disjoints, les autres à. demi réunis, et enfin d'autres les ont réunis dans toute leur longueur t il semble dès lors qu’il était facile à M. d'Orbigny de grouper en trois genres les animaux dont il parle ; mais comme les caractères dos siphons ne s’accordent pas avec ceux des coquilles, il donne la préférence à Ces derniers, contrairement aux principes qui l’ont guidé dans d'autres parties de sa classification. ^
Il est aujourd’hui hors de doute , d’après les observations de M. Philippi, auxquelles nous pouvons ajouter tes nôtres, que le genre Astarte ne doit pas rester dans la famille des Vénus, ün manteau complètement ouvert, un pied fendu, l'absence des siphons; tous ces caractères reportent ce genre dans la famille des Cardites.
Pour terminer Thisloire de la fandlle des Conques.de Lamarck, il nous reste à examiner la classification nouvelle, proposée par M. Gray, dans la 15® partie des Procès*verbaux de la Société zoologtgjte de Lon~ dres. Et d’abord pourquoi M. Gray commence-t-il la classe des Conchifères -par la famille des Vénéridesî Nous avouons ne pouvoir le deviner. Jusqu’ici tous les classificateurs , quels que soient les principes de leurs méthodes , ont toujours été entraînés par la nature des choses à placer la famille des Vénus vers le milieu de la série des Mollusques acéphalés dimyaires. Que l’oii prenne la méthode de Cuvier ou celles qui en découlent, qu’on la compare à celle de Lamarck et de ses disciples, et dans l’une et l’autre la famille des Vénus est vers le centre du grand groupe des acéphalés dimyaires ; quels que soient les caractères que l’on choisisse pour fonder l’ordre méthodique, il en résulte toujours ce fait remarquable, que les Vénus se rangent naturellement à la place que presque tQus les naturalistes leur assignent. Ainsi , ni dans les animaux , ni dans leurs coquilles , nous n’apercevons les raisons qui ont déterminé le savant anglais dans le choix de sa nouvelle méthode ; et si ce zoologiste possède de nouveaux éléments de classification fondés sur
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des découvertes récentes, nous le conjurons, au nom delà science et de ses plus chers intérêts , de les divulguer dans le plus brçf délai.
M. jGray divise en deux sous-familles cette, première famille, des Vénérides. Sous le nom de Merëtricina , la première sous-famille correspondant assez exactement au genre Cythérée de Lamarck, contient huit genres. Dan^ la seconde sous-famille Fenusina, comprenant à la fois les genres Venus, Venerupis et Petricola de Lamarck, M. Gray y admet dix genres. Sur les dix-huit genres cçntenus dans la famille des Vénérides , trois nous sont déjà connus. Ce sont les Capses, les Pétricoles et les Vénérupesj nous n’aurons donc pas à les examiner de nouveau, nous les mentionnerons seulement à la place où ils sont dans la série pour faire comprendre dans son ensemble la famille dont nous nous occupons. Vpiçi dans quel ordre sont disposés les genres de la famille des Vénérides.
Première sons-famille,. Meketbicina : 1° Dosinia, Meretrix, 3“ Cuneus, Grateloupia., 5° Trigona. ù'^ Dione, 7® Circe, 8® Venus,
Deuxième sous-famille. Venüsixa : j)® Mercetiqria, \ Anomalocardia, 'H® Cyprina, W' Chione, 13® Tapes, 1 4® iîupe^/ana , 15® Clementia, 1G“ Glaucmome , 17® Capsa, 18® Petricola,
Examinons le plus brièvement possible chacun de ces genres, et voyons si nous devons les admettre tous ou en rejeter une partie.
1“ Dosinia. — Dans un ouvrage presque oublié et qui devrait être plus souvent consulté, un naturaliste cminenl, ScopoLi, a ajouté plusieurs genres à ceux de Linné, et ces genres, quoique brièvement exposés, se reconnaissent avec facilité parce qu’ils sont fondés sur de bons caractères. M. Gray est le premier qui ait rappelé au souvenir des conchyliologups V ïntrfiduçtmi à l' Histoire naturelle publiée en 1777 par Scopoli. Notre auteur, dès cette époque , avait déjà reconnu les caraolères des coquilles avec lesquelles Poli ht plus tard et d’une manière plus complète son genre Arlhemis , genre que Lamarck confondit avec les Cythérées. On reconnaît chez Scopoli un observateur exercé et plein de sagacité; il caractérise son genre par quatre dents à la charnière, dans les deux valves, et il ne (e confond , pas ^avec les Cythérées de Lamarck , qu'il laisse dans les Vénus. Nous devons donc , à l’exemple de M. Gray, restituer au genre sop premier nom , et à ce nom dUrthemis substituer celui de Dosinia, par respect pour la loi de la priorité.
S** Meretrix. — Lamarck avait d'abord donné ce nom à un démenir brement des Vénus de Linné, auquel il substitua plus tard celui de Cytherea. Le nom de Çytherea sera toujours préféré, nous le croyons ,
parce que les zoologistes aiment à respecter la liberté du savant qui , dans le cours de ses travaux , s'applique à les améliorer et substitue une dénomination meilleure à celle qu’il regarde comme mauvaise. M . Gray ne se borne pas au changement du nom , il modifie le genre en le réduisant aux seules espèces voisines du CÿUiérea meretrix.
3*" CnNKüs. — Ce genre Cuneus n’est- pas celui de Da Costa. On se rappellera^ sans doute, que dans sa Cmthyliologie britafiniquej Da Costa institua un genre Cuneus pour y rassembler des Donaceset des Vénus. Rejeté, ce genre tomba dans l’oubli. M. Megerie, en ^811 , reprit ce nom depuis longtemps abandonné , et l’appliqua à un groupe d’espèces rapportées aux Donaces par Lamarck , et qui a pour type le Venus meroe. Si , lorsque f animal en sera connu , le Donax meroe doit quitter le genre Donax, il est à présumer qu’il rentrera dans les Cylhérées , car il en présente la plupart des caractères.
4“ Gbateloopii. — Ce genre diffère peu des Cythérées , surtout du groupe des Corbicules ; mais sa dent postérieure divine , et surtout l’impression paUéale, noüs déterminent à le conserver;
5® Trigona. — M. Megerle est le créateur de oe genre; nous n’en connaissons pas l’animal , mais la coquille ne différant de celle des autres Cythérées par aucun caractère considérable, nous ne l’admettons pas actuellement, et nous le faisons rentrer dans le genre d’où il a été extrait.
6° Dioxe , Megerle. — Ce genre , s’il était admis , aurait pour type les Cÿtherea Qiione ei Dîone de Lamarck. En quoi ces espèces diffèrentelles des autres Cythérées?
7®’Ciiice, Schumacher. — Nous serions plus disposés à adopter ce genre ; il est destiné à réunir toutes lès èspèces de Cythérées aplaties , dont le Cÿtherea scripta peut donnôr une idée. Dans ces espèces , l’impression palléaleest simple, d'où l’on pourrait conclure que l’animal est dépourvu de siphons postérieurs ; mais avant d’adopter le genre , il faut se souvenir des Cardium , chez lesquels l’impression paltéale est simple, quoique l’animal soit pourvu de deux siphons courts; il faut aussi ne pas perdre de vue ce fait important, que dans les Cythérées on voit le sinus palléal s’amoindrir insensiblement et disparaître enfin dans les espèces du genre Ciccé de M. Schumacher. Nous pensons qu'avant de l’admettre on de le rejeter définitivement , il faut attendre des observations suc l’animal et le laisser provisoirement parmi les Cythérées.
8® Venus , Linné. — ^ Le dernier genre de la sous-famille est celui des Vénus. Ce genre, tel que M. Gray le comprend, ne ressemble pas à
LES CONQUES
celui de Lamarck, et moins à celui de Linné; il est réduit aux espèces voisines des Kenus verrucosa et puerpera , c’est-à-dire que dans ce groupe M. Gray réunit des coquilles à trois dents cardinales divergentes et à peu près égales. Nous allons trouver dans la seconde sous-famille les autres genres qui continuent les modifications proposées par M. Gray dans le genre Vénus.
9" Mercenaria, Schumacher. — Proposé par M. Schumacher, nous comprenons difficilement pourquoi M. Gray l'a adopté; en effet, il a pour type le fVnus mercenaria , qui a trois dents à la charnière , et dont tous les autres caractères s’accordent avec ceux des Vénus proprement dites.
10“ Anomalocardia, Schumacher. — Ce genre de Schumacher mériterait plutôt d’ôlro conservé que le précédent , si l’on voulait oublier toutes les modifications que présente- la charnière dans le grand type des Vénus; il est destiné aux espèces qui ont deux dents cardinales et une sinuosité palléale très courte. Ce genre est pour nous inadmissible dans l’état actuel de la science.
1 r Cyprixa, Lamk. — Tous les conchyliologues admettent ce genre, et nous suivons leur exemple ; mais doit-il faire partie de la famille des Conques? C’est la question qu’il conviendra d'examiner. On a une bonne figure de l’animal du Cyprina Jslnndica clans le Faitna suecica de MüUer. Ce Mollusque se rapproche beaucoup do celui des Vénus, mais il en est assez différent pour entrer dans une autre famille; ainsi les siphons sont ires courts et rapprochés de ceux des Cardhm. Le siphon anal a à peine le quart du diamètre du branchial ; l’un et l’autre sont garnis de tentacules simples ; ils sont dépourvus d’un muscle rétracteur. Si l'on vient à comparer cet animal avec celui d’une grande espèce de Cyrène, telle que le Zeildnica , par exemple , on observe entre eux de nombreuses ressemblances; aussi nous n’hésitons pas à comprendre les Cyprines dans la famille suivante , celle des Cyclades,
12“ Chione, Megerle. — Nous ne comprenons pas plus l’ulilité de ce genre que celle des Mercenaria et des Ânomatocardia. En quoi les Keîms Di/sera, Gullma, etc., diffèrent-elles des autres Vénus? Nous connaissons les animaux de ces espèces , ils ne diffèrent pas génériquement de ceux des Tenus verrucosa , puerpera , été.
13“ Tapes, Megerle. — Ce genre correspond exactement à celui que plus tard M. Sowerby a nommé IhdlaHra. Quoique le nom de Tapes soit moins heureux que celui choisi par M. Sowerby, il doit cependant rester à cause de sou antériorité.
Nous passons sous silence le genre Rupellaire ou Vénérupe , nous on avons traité dans la famille précédente.
T. l. -A* PAHTtF..
1 4° Clementia, Gray. — La coquille qui sert de type à ce nouveau genre de M. Gray ne diffère en rien des autres Vénus, si ce n’est qu’elle est très mince , blanche et papyracée ; assurément ces caractères sont insuffisants pour la création d’un bon genre.
1 5" Glaocosomie , Gray. — Nous ne connaissons pas encore l’animal de ce genre intéressant , vivant dans les eaux douces , ayant une charnière à trois dents ; il nous semble se rapprocher des Cyrènes et des Cyclades, c’est pour cela que nous le rangeons dans la famille suivante.
Enfin, la famille des Veneridœ se termine par les deux genres Capse et Pétricole ; ils nous sont connus et nous y renvoyons le lecteur.
Tel est l’ensemble de celte grande famille de M, Gray; l’examen auquel nous nous sommes livré nous démontre qu'elle renferme un assez grand nombre de genres inutiles et quelques autres qui ne sont pas à leur place. C’est ainsi que nous sommes conduit à n'admettre que sept genres dans la famille des Conques : six de ces genres sont parfaitement connus; le septième nous paraît nécessaire pour réunir quelques espèces voisines des Dosinia , mais qui n’ont jamais que trois dents à la charnière de chaque valve.
Les animaux réunis dans la famille des Conques offrent quelques caractères généraux à l’aide desquels tous les genres se rattachent les uns aux autres , quoique par la diversité de plusieurs autres caractères plus apparents que profonds , ils semblent dépendre de plusieurs groupes distincts.
Le manteau , dans tous les animaux de la famille des Conques, offre les caractères que nous avons reconnus à cet organe dans les précédentes familles. Les deux lobes , désunis dans presque toute la longueur du bord ventral , sont dépourvus de tentacules , mars ces tentacules sont remplacés par un bord membraneux , plus ou moins profondément plissé. Dans le Pullastra, par exemple, ce bord est presque simple et il tombe comme un voile au-devant de la grande ouverture du manteau. Dans les Vénus, les Cylhérées, les Dosinies. ce bord membraneux est profondément plissé, et les plis d'un côté s’emboîtent exactement dans ceux de l’autre.
Les siphons présentent des caractères très divers. Dans quelques Cythérées, par exemple , ces organes sont réunis dans toute leur longueur; ils le sont également dans les Artémis; ils se disjoignent au sommet dans d’autres Cylhérées ; celte disjonction devient plus profonde dans les Pullastra, dans les Venus, et dans ce dernier genre il est même des espèces dont les siphons sont séparés j usqu’auprès de la base . Sous le rapport de la jonction et de la disjonction des siphons , on
LES CONQUES
observe dans la famille des Conques presque tous les degrés; il ne faut donc point attacher à ce caractère plus d'importance qu’il ne mérite, et, par conséquent, on manquerait à la philosophie de la classiOcalîon si l’on voulait la fonder sur ce caractère unique. Nous voyons aussi des variations considérables se manifester dans la forme des tentacules qui terminent le bord libre des siphons. Chez les PuUastray par exemple, le siphon branchial est pourvu de tentacules digités, comparables à ceux des Donaces, des Mésodesmes, des Pétricoles et dçs Vénérupes. Dans les Cylhérées , au contraire, ces tentacules-sont simples, cylindracés; ils le sont également dans les Vénus, et ils manquent totalement chez les Artémis, Le siphon anal offre des caractères plus con stants. Son pourtour se prolonge en une calotte membraneuse , percée au sommet , à la base de laquelle s’élève un rang de tentacules simples et cylindracés. Les Pullastra, les Vénus, les Cylhérées, nous présentent cette disposition , tandis que chez les Dpsinies le siphon anal reste simple comme le branchial.
Si nous ouvrons le manteau, nous trouvons dans tous les animaux de la famille des Conques une masse abdominale plus ou moins comprimée, terminée en avant par un pied triangulaire à base large, ayant les bords tranchants et susceptibles de mouvements très divers. Dans le genre Dosinie, le pied est un peu ditférent ; il a quelques rapports avec celui des Pétoncles , étant taillé en forme de fer de hache; cependant son extrémité antérieure s’étend sous la forme d’une petite langue triangulaire, plus petite, mais semblable à celle des Vénus et des Cythérées. La bouche est petite , et dans tous les genres dont les animaux sont connus elle est accompagnée de lèvres étroiles, courtes, terminées de chaque côté en une paire de palpes labiales petites , triangulaires , un peu plus longues que larges.
Les organes branchiaux sont semblables dans tous les genres connus : ce sont deux grands feuillets subquadrangulaires qui s’appliquent sut les parois de l'abdomen ; les feuillets internes sont un peu plus grands , par leur extrémité antérieure iis remontent jusqu’au voisinage dé la bouche. En arrière de la masse abdominale, les organes branchiaux se réunissent et viennent se fixer au pourtour de l’ouverture intérieure du siphon anal.
En pénétrant plus avant dans la structure des animaux de la famille des Conques , nous leur retrouvons à tous sans exception un caractère qui n’est pas sans importance. Le coeur occupe la place où il se trouve dans les autres Mollusques acéphalés , il correspond à la charnière de la coquille ; il est constitué comme à l’ordinaire d’un ventricule subglo-
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bilieux et de deux oreillettes. Mais en arrière, au moment où il donne naissance à l’aorte postérieure, il se dilate en une seconde poche musculaire, qui semble être un second ventricule annexé au premier. De plus, un caractère commun à tous les animaux de la famille des Conques se trouve dans l’organe dépuraleur. Poli avait remarqué dans le Cuüierea Chionc un organe contenant de très gros grains d'une matière solide, transparente, jaunâtre , et il crut avoir découvert , dans cet organe , celui qui est destiné à sécréter et à préparer la matière calcaire de la coquille. Mais l'opinion de Poli est justement contredite par un assez grand nombre d'observateurs, les uns croyant voir un véritable poumon dans l’organe en question ; les autres, avec plus de raison , le comparant aux reins des animaux vertébrés , et le considérant par conséquent comme un organe de dépuration. L’organe dépuraleur se présente sous dès aspects très divers dans toute la série des Mollusques acéphalés: mais dans la famille des Conques il a ce caractère spécial de contenir dans ses parois des granulations pins ou moins grosses des matières solides qu’il a sécrétées.
Si nous résumons les faits que nous venons d’exposer, il est facile de s’apercevoir que tous les animaux que nous réunissons dans la famille des Conques se rattachent entre eux par la similitude des organes les plus importants. Ainsi , les bords du manteau , la bouche et les palpes qui raccompagnent, les branchies, le cœur, l’organe dépuraleur, ont la plus grande ressemblance ; tandis que les dilférences so montrent dans des organes d’une moindre importance, tels que les siphons , les tentacules , dont ils sont pourvus , ainsi que la forme générale du pied. Nous pouvons donc considérer comme naturelle une famille dans laquelle sont rassemblés des animaux chez lesquels la somme des ressemblances remporte de beaucoup sur celle des différences. Les coquilles , dans la famille que nous examinons, ont, ainsi que les animaux, des caractères communs et d'autres caractères plus restreints qui permettent de les diviser en genres assez nettement circonscrits. C’est dans cette famille que se trouvent réunies les coquilles les plus richement colorées et les plus diversement ornées. Par leur nombre considérable , elles deviennent l’ornement des collections. Toutes ont un ligament externe; les unes sont ovales , transverses ; les autres sont subtrigones , et elles passent insensiblement vers la forme orbiculaire qui se maintient dans quelques genres; les unes sont fort aplaties, chez le plus grand nombre elles sont médiocrement bombées ; les crochets sont proéminents , inclinés en avant au-dessus d’une lunule, ordinairement superficiels, mais toujours nettement circonscrits.
LES C0:!sQ[}ï^^.
Les bords des valves sont ordinairement simples , épaissis , et lorsque les valves sont jointes , il n’exisle aucun entrebûillement , soit en avant , soit en arrière. Les Vénus, couvertes de stries longitudinales, ont quelquefois les bords finement crénelés ; il y a même un petit groupe d’espèces , chez lesquelles le bord dorsal porte des stries obliques dans le voisinage de la charnière. Le lest, dans les coquilles de la famille des Conques , est généralement épais et solide; une espèce de Vénus, ayant le test très mince , présentant une exception presque unique , M. Gray a cru devoir en faire un genre particulier sous le nom de Clementia. La surface interne n'est jamais nacrée ; le plus souvent elle est d’un blanc pur ; mais il est des espèces qui se distinguent par des couleurs brillantes et variées , qui se montrent à l’intérieur de leurs valves. Cette coloration intérieure se manifeste aussi bien chez les Cythérées que chez les Vénus; elle se rencontre aussi, mais plus rarement, dans les Dosinies. Sur la surface interne se trouvent deux impressions musculaires , assez grandes , situées l’une et l’autre dans la région dorsale ou supérieure. Une impression palléale accompagne le bord ventral, le suit parallèlement et se contourne en arrière en- une sinuosité qui est plus souvent courte , subtrigone, quelquefois ovalaire et subhorizontale, comme dans les Pullastra, d’autres fois oblique de haut en bas, comme dans les Dosinies et les Cythérées. Cette sinuosité diminue progressivement dans une série d’espèces , et on la voit disparaître entièrement dans le Cytherea scripta , par exemple ; et c’est pour cette raison quo M. Schumacher a fait de cette espèce le type d’un genre Circe , conservé par M. Gray. Danslo groupe des Vénus, un phénomène semblable se présente, et nous y avons attaché d’autant moins d’importance, qu’ayant examiné les animaux de quelques espèces dépourvues de sinuosité, nous les avons trouvés en tout semblables à ceux des autres Vénus. Nous admettons dans la famille des Conques le genre Thétis de Sowerby ; noos le considérions autrefois comme un groupe particulier des Vénus. Ce genre a été distingué par la forme toute particulière que présente l’impression du manteau. Cette impression, au lieu de suivre une ligne oblique, comme dans les Vénus et dans les Cythérées , remonte presque perpendiculairement vers la région des crochets; elle est très large à la base, pointue au sommet, et elle semble s'éloigner de tout ce qui est connu dans le type des Vénus. Cependant on admet dans le genre Vénus une coquille très intéressante , nommée Tenus incompîa par M. Philippi, et dans laquelle la sinuosité palléale présente la plus grande analogie avec celle des Thétis. C’est par ce fait que nous réponilons à la question de M. d’Orbigny, qui, dans sa Paléontologie fraii-
çahe , ne comprend pas pourquoi nous avions relégué le genre du paléontologiste anglais parmi les nombreuses sections du grand type des Vénus. Nous ferons remarquer aussi le caractère tout particulier que présente la sinuosité palléale dans les Dosinies et dans le genre C]icHna. Cette impression est allongée, étroite, à sommet très aigu, et elle parcourt très obliquement tout le limbe intérieur des valves Par celte forme, les genres que nous venons de citer se reconnaissent avec facilité et se distinguent très nettement des Cylhérées et des Vénus.
Si nous examinons la charnière dans les coquilles de la famille des Conques , nous lui trouvons des modifications â l’aide desquelles Lamarck a circonscrit plusieurs genres, qui semblent devoir se maintenir dans la méthode. C'est ainsi . par exemple, que les Cythérêes ont trois dents cardinales à la charnière, et de plus une dent antérieure, située dans la longueur de la lunule. Cette dent lunulaire est susceptible de nombreuses variations. Très apparente dans le plus grand nombre des Cythérées, on la voit diminuer insensiblement ^ et celte diminution est tellement graduelle, qu’il est quelques espèces incertaines entre les Cythérées et les Vénus; ce qui nous avait fait pencher autrefois vers celle opinion, que le genre Cythérée ne se distingue pas suffisamment du grand type des Vénus de Linné. Dans les Vénus et les Pullastra, la charnière ne porte jamais plus de trois dents. Dans les Pullastra, les dents sont presque parallèles . dans les Vénus elles sont divergentes ; mais ce caractère a réellement bien peu d’importance, et Ü existe de nombreux passages qui rattachent ces deux genres. Les Pullastra ont la coquille généralement plus mince, et ce caractère ne peut avoir qu’une foible importance , et ne doit être employé qu’avec une extrême réserve. Les trois dents des Vénus ne sont pas d’une constance absolue; il existe des espèces épaisses et bombées, chez lesquelles une des dents a disparu ; il n’en reste plus que deux. De ces espèces à deux dents M. Schumacher a fait son genre .^ïioma/ocardm, genre inadmissible à nos yeux , car l’animal ne diffère pas de celui de Vénus. Dans le genre Grateloupia, la charnière a subi des modifications très intéressantes: la dent lunulaire existe comme dans les Cythérées; il y a trois dents cardinales régulières, mais en arrière de la troisième, on en trouve trois ou quatre autres petites qui vont graduellement en diminuant. Indépendamment de ce caractère tout à fait spécial, on en trouve un autre, qui ajoute à la valeur du genre. II se remarque dans la forme particulière de l’impression palléale; nous insisterons sur ce caractère en traitant du genre en particulier.
Toutes les coquilles de la famille des Conques sont marines , presque
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toutes habitent les plages sableuses , et ne s'éloignent pas beaucoup des rivages ; elles vivent enfoncées perpendiculairement dans le sable, à la surface duquel elles viennent ouvrir leurs siphons. On les trouve en grande abondance dans les régions équatoriales, leur nombre diminue à mesure que l’on s’approche davantage des régWs polaires. On en cite à l’étal fossile dans presque tous les terrains ; mais à moins d’avoir des impressions bien nettes de charnière , il est difficile de décider si certaines espèces, rapportées à cette famille d’après la forme générale, en dépendent réellement. Nous pouvons affirmer que le genre Dosinia ne se trouve à l’état fossile que dans les terrains tertiaires. Quant au genre Grutetoupia , il provient aussi des terrains tertiaires , mais le type vivant de ce genre n’est pas encore connu. Quant aux Cylhérées, aux Vénus et aux Pullastra , elles descendent d'une manière authentique dans les terrains crétacés et jurassiques , et le type des Vénus, lui seul, descend encore plus bas. Au delà nous ne connaissons pas ce genre d’une manière bien certaine.