L.life C0^’QÜES
Mademoiselle Callow, dans le Conclioîogical nomencitiLor, 'tùnsi que M. Keeve, dans son ronc/io/ogî'a îco/ifca, à l’exemple do M. Sowerby, réduit le genre Pullaatra aux espèces perforantes et à quelques autres analogues, telles que le rcjius decussuia ; mais nous pensons qu’il est difficile do séparer du genre et de laisser parmi les Vénus les nombreuses espèces des mers de l’Inde qui, à rexccplion des dents cardinales divergentes, conservent les autres caractères des Pullastra.
Les Pullastra sont des coquilles ovales, transverses, quelquefois un peu subtrigones; elles sont d’une parfaite régularité, et leurs valves, peu épaisses, sont parfaitement closes dans toute leur circonférence. Toutes les espèces sont inéquilatérales; les crochets peu proéminents s’inclinent obliquement en avant et viennent dominer une lunule circonscrite par une strie peu profonde. Cette lunule est variable dans sa forme; tantôt elle est étroite et lancéolée, tantôt elle est ovalaire ou en forme d’écusson. La surface est souvent lisse mais plus souvent encore elle est striée transversalement ; les bords sont simples et entiers ; la surface interne, ordinairement blanche , présente dans la région dorsale deux grandes impressions musculaires , dont l’une , l’antérieure , est ovale , tandis que la postérieure, un peu plus grande , est subcirculaire. Du milieu du bord inférieur de l'impression musculaire antérieure sc détache une impression palléale qui se place à une assez grande distance du bord des valves, soit le bord ventral jusque près de Textrémilc postérieure, et se recourbant ensuite sur elle-même, elle dessine une sinuosité, ovale, horizontale, variable dans sa profondeur et dans sa largeur selon les espèces, et quelquefois môme dans les individus d’une même espèce, ainsi que le Tenus decussala peut en donner la preuve. Cette sinuosité diffère de celle des Psammobies , en ce qu’elle est entièrement isolée de la portion ventrale de l’impression palléale. Dans quelques espèces des mers de ITnde la sinuosité postérieure se rétrécit considérablement, et elle commence à prendre une forme triangulaire par laquelle elle se rapproche de celle des autres Vénus. Nous ie répétons , les caractères des coquilles, tels que nous venons de les exposer, seraient tout à fait insuffisants pour déterminer d’une manière certaine les limites du genre Pullastra: mais les animaux vont nous offrir des caractères beaucoup plus constants à l'aide desquels il devient possible de limiter le genre d’une manière rigoureuse.
L’animal , dans le genre Pullastra , conserve la forme générale de la coquille; il est ovale, transversc, parfaitement symétrique, et. comme à l’ordinaire , enveloppé dans un manteau membraneux , dont les lobes sont ouverts depuis !e bord inférieur du muscle adducteur antérieur des
valves jusque près de l’origine des siphons. Le ûianteau est très mince, transparent; il a quelquefois l'aspect laiteux, et il porte à sa circonférence un muscle orbiculaire assez large , qui , en s’ailachant à la coquille , y laisse l'impression palléale que nous avons décrite. Lorsque l’animal est vivant et qu’il entre- bâille ses valves, il ferme' la cavité de son manteau à l'aide d'un bord membraneux assez large, simple, dépourvu de tentacules et à peine plissé. Lorsque l'animal fait sortir son pied , il écarte ce bord qui alors s’applique exactement sur les parties latérales de l'organe du mouvement.
Le manteau se prolonge en arrière en deux siphons assez gros, réunis dans une partie de leur longueur; ces organes se présentent sous la forme d'une masse aplatie, que partage en deux portions inégales une dépression correspondante à la cloison intérieure, qui sépare leur cavité. La séparation de ces deux organes s’opère plus ou moins haut, selon les espèces : le plus ordinairement elle a lieu un peu au delà de la moitié Le siphon branchial est toujours plus gros et souvent plus allongé que l'anal. II se termine par une ouverture circulaire, sur le bord de laquelle s'élèvent de nombreux tentacules arborescents, qui se recourbent au-dessus de l'ouverture pour s’opposer au passage de corps trop volumineux. Ces organes sont disposés avec beaucoup de symétrie; il y en a de grands qui alternent avec de plus petits; souvent tandis que les grands se renversent au-dessus de l’ouverture, les plus petits prenant une direction opposée, forment une espèce de collerette autour de l'ouverture. Il y a même des espèces chez lesquelles , indépendamment des tentacules arborescents, le siphon branchial est pourvu d’une rangée de petits tentacules cyÜndracés, qui se dirigent constamment en dehors. Le siphon anal est fermé par une calotte membraneuse , percée au centre ; à la base de cette calotte , s'élève un rang de tentacules cylindracés , coniques, plus ou moins nombreux et plus ou moins longs selon les espèces.
Le pied est allongé, linguiforme, triangulaire; il est d’un blanc laiteux, très pointu au sommet; son bord inférieur est fendu, et dans presque toutes les espèces que nous avons observées vivantes ou conservées dans la liqueur, nous avons trouvé un byssus ; composé de filaments blanchâtres, mollasses, comparables à des fibres musculaires, qui auraient été détachés sans changer beaucoup de nature. Ce fait, nous l’avons observé dans le Pullaslrageographica, dans une espèce nouvelle que nous avons nommée castrensis, et nous avons vu dans plusieurs individus du Venus decussata, une fente au bord inférieur du pied, ce qui nous donne la preuve de l’existence d’un byssus dans èette eèpèce.
LES CONQUES
La bouche est petite, ovale, obrorde, profordétrent cachée audessous du muscle adducteur antérieur; elle est garnie de deux petites lèvres étroites et courtes. Ces organes se terminent de chaque côté en deux palpes labiales, triangulaires, courtes, un peu plus longues que larges, et attachées à l’anima! par leur bord le plus étroit.
L’appareil branchial consiste en deux feuillets branchiaux de chaque côté; ces feuillets sont subquadrangtilaires ; ils sont larges, régulièrement plissés , inégaux ; les feuillets externes étant un peu plus petits que les feuillets internes, ceux-ci sè prolongent en avant, se terminent en une pointe aiguë, qui, en s’interposant entre les palpes labiales, aboutit jusqu’au voisinage de la bouche. Dans le Pullastra geographica^ par exemple, cette extrémité de la branchie interné s’avance entre les lèvres jusque sur les bords de la bouche. En arrière du bord postérieurde la masse abdominale, les feuillets branchiaux d’un côté se réunissent à ceux de l’autre ; ils se prolongent un peu en arrière , tombent au-devant de l'ouverture du siphon anal, et se soudent au pourtour de ce siphon, de manière à intercepter toute communication entre sa cavité et celle du manteau.
Toutes les Pullastra sont des coquilles littorales; elles habitent les plages sableuses, à une faible profondeur sous l'eau. C’est ainsi que dans la Méditerranée, par exemple, toutes les espèces connues restent dans une zone de dix à quinze brasses de profondeur. Nos observations et celles de M. Forbes le constatent d’une manière positive. Quant à la distribution géographique des Pullastra , on peut dire qu’il y en a partout, depuis les mers polaires, où on eh rencontre quelques espèces seulement, jusqu'aux mers tropicales, où elles deviennent d’une grande abondance. Nos mers tempérées et la Méditerranée en contiennent cinq ou six espèces , dont les animaux conservent les caractères constants que nous avons exposés précédemment. Ces coquilles sont ornées pour la plupart de très vives couleurs , extrêmement variables; aussi on ne pourrait guère les employer à la détermination des espèces , si ce n’est en les considérant sur un très grand nombre d’individus. Mais le moyen le plus sûr pour reconnaître des espèces en apparence très voisines consiste dans l’observation des animaux, et particulièrement de leurs siphons. Ces organes, en eü'et, ont non seulement des couleurs différentes dans chaque espèce, mais les tentacules dont ils sont pourvus présentent aussi les différences (jui se retrouvent invariablement dans tous les individus.
Dans l’état actuel des observations il est très difficile de donner des renseignements bien précis sur la distribution des espèces fossiles , et
iJlIiNZlEiMË FAMILLE.
on le concevra sans peine, puisque pour la constatation irrévocable du genre , il faut pouvoir examiner non seulement la charnière , mais encore l'impression palléaie. Si cet examen est facile pour des especes du terrain tertiaire, il devient, si ce n’est impossible, au moins très difficile dans celles des terrains secondaires. Ainsi , nous comprenons pourquoi M. d'Orbigny. dans sa Paléontologie française , a réuni en un seul genre les Vénus, les Cythérées, les Arthémis , parce qu on effet on est obligé de juger de cos genres par la forme générale, et nous. savons, pour l’avoir prouvé un grand nombre de fois , combien ces caractères de la forme sont insuffisants. A défaut de la coquille mémo, si difficile à examiner dans les terrains secondaires, l’observateur doit recourir aux moules lorsqu’ils sont nets , et surtout lorsqu’ils offrent des traces de la charnière. Par ce moyen on peut quelquefois reconnaître les caractères des coquilles bivalves et décider si un genre descend plus ou moins bas dans la série des terrains secondaires.
Nous avons vainement tenté de rapporter à leurs véritables genres la plupart des espèces fossiles citées dans les terrains secondaires ; une confusion inextricable s’est introduite peu à peu ; il a suffi aux paléontologistes d’un moule, d'une coquille , ayant une forme oblonguo un peu comprimée pour qu’ils en fissent une Vénus ou une Pullastra. Dans de semblables déterminations , ne s’appuyant sur aucune observation certaine delà charnière, de l'impression des muscles et du manteau, beaucoup d’erreurs ont été commises : il est presque impossible aujourd'hui de les réparer. Plusieurs naturalistes confondant en un seul tous les genres de la famille des Conques , ont tenté de restaurer le genre Vénus tel que Linné l'avait institué, lis ont réuni sous une dénomination un peu vague des objets fort différents ; il en est résulté une sorte de confusion dans la distribution des espèces dans les couches de la terre : ce sont partout des Vénus, là où il pourrait y avoir des Cylhérées, des Dosinies ou des Pullastres. Au milieu do tant de causes d’erreur , il nous est bien difficile de compter les espèces de chaque groupe et d’en indiquer la distribution; il faudrait réunir en une seule collection les types de toutes les espèces publiées, les étudier avec un nouveau soin , soumettre les douteuses à de nouvelles études et admettre . dans les listes de distribution les espèces incontestables. Les ouvrages seuls des paléontologistes sont insuffisants pour accomplir cette lâche difficile de remettre chaque espèce à sa place , car dans ce genre Vénus , ils ont confondu non seulement les divers genres de la famille des Conques , mais même des genres qui lui sont étrangers , des Pkoladomyes , des Carclium . des Lucines , etc. .Continuer à traiter la paléontologie