GENRE SOIXANTE-TREIZIÈME
OFIS , Opis, Def.
Pl, isS, fig. 3 à g.
CARACTÈRES GENERIQUES. — Aîîimal inconnu.
Coquille cordiforme , close, comprimée d’avant en arrière, le plus souvent carénée sur le côté , aplatie postérieurement , plus convexe en avant ; crochets grands, saillants, redressés,
VINGT-QUATRIÈME FAMILLE
cloiiiinant une lunule souvent grande et prot'ondéaient creusée. Charnière portant sur la valve gauche deux petites dents étroites , un peu divergentes , séparées par une fossette triangulaire; sur la valve droite, une seule dent assez épaisse, triangulaire , conique , reçue dans la fossette de la valve opposée. Impressions musculaires médiocres, ovales, obrondes, presque égales; impression palléale simple. Ligament externe.
SYNONYMIE génériqoe. — IVigoTiia (5pec.), Lamarck. — Cardi/a (■vpec.), Sowerby, Phillips, Goldfuss. — Area (spec.)^ Geinilz.
Observations. Lorsque M. Defrance songea à établir le genre Opis , un petit nombre d'espèces qui en dépendent étaient distribuées, les unes , par Sowerby, parmi les Cardites , une autre était confondue , par Lamarck, avec les Trigonies. A considérer ces coquilles dans leurs formes extérieures, il était évident qu’elles ne convenaient ni à Tun ni à l'autre de ces genres. Aucune Cardile n'a les crochets aussi proéminents en avant, et jamais on ne rencontre dans ce genre une lunule grande et profonde, comme celle des coquilles dont il est question. Ces observations s’appliquent mieux encore lorsque Ton compare les Opis aux Trigonies : aussi dès que le genre Opis a été proposé , quoique ses càractères ne fussent pas présentés d’une manière complète , il fut cependant accepté de tous les conchyliologues , surtout au moment où , ayant examiné des individus plus entiers, il nous a été possible de compléter les caractères du genre. Nous étions parvenu à dégager quel ques valves des environs de Caen , d'une manière aussi complète que si elles avaient appartenu à un terrain tertiaire : nous avons vu la charnière entière sur les deux valves, et nous avons pu ajouter aux caractères génériques ceux que donnent les impressions des muscles et du manteau. C'est eu nous aidant de ces nouveaux documents que nous avons pu déterminer rigoureusement les rapports naturels du genre ; et déjà , en traitant de la famille des Cardites, nous avons indiqué la place que nous lui réservons dans la méthode naturelle.
On ne connaît aucune espèce vivante appartenant au genre Opis ; il n’en existe môme aucune dans les terrains tertiaires. Ce genre est un de ceux dont l'existence a été bornée dans une moindre étendue que beaucoup d’autres avec lesquels il a vécu. Connu à l’état-de pétrification, il n’a pas toujours été facile d’en reconnaître les caractères,
LES CARDITES.
mais aujourd’hui que l’on a constaté la constance de la forme extérieure dans un grand nombre d’espèces , on a pu les rapporter au type dont elles dépendent, sans être obligé pour cela d’en étudier la charnière et les autres caractères intérieurs. On est même allé plus loin : la comparaison des moules intérieurs a permis de se servir de ces vestiges incomplets, pour la détermination rigoureuse d’un certain nombre d’espèces.
Les coquilles du genre Opis sont généralement allongées , beaucoup plus hautes que larges : elles sont comprimées presque toutes d’avant en arrière; ce qui les rapproche singulièrement des Bucardes de la section des Hémicardes. Elles sont bombées latéralement, et presque toujours les deux côtés sont séparés par une crête , par une carène, ou par un angle submédian, ou bien la surface est partagée en trois parts inégalés par des angles plus ou moins obtus. La surface antérieure, quelquefois tout entière, est envahie par une immense lunule; une surface postérieure , ordinairement aplatie , et , enfin , une surface latérale généralement étroite , comprise entre les deux premières et quelquefois à peine convexe. La surface extérieure de ces coquilles est rarement lisse : si les stries d’accroissement seules se montrent, elles sont grosses et irrégulièrement imprimées sur le milieu des valves ; le plus ordinairement ces stries sont remplacées par des côtes Iransverses régulières , et qui , par leur constance dans les espèces , favorisent leur détermination. Les bords des valves sont, ainsi que dans les Astarlés, tantôt simples, tantôt dentelés ; ces bords se joignent avec une exactitude parfaite sur toute leur circonférence. Les crochets sont grands et proéminents ; tantôt iis se redressent presque perpendiculairement et viennent s'opposer l'une à l’autre en formant une très faible courbtire. D'autres fois, ils se recourbent, se tournent en spirale , à peu près de la même manière que ceux des Isocardes ; ils s’inclinent en avant et viennent saillir dans la cavité de la lunule. Au moyen de celte proéminence des crochets , la lunule prend , dans les espèces où celle disposition se montre, la forme d’un cœür de carte à jouer; un bord ordinairement tranchant circonscrit la lunule, et il arrive assez souvent que cotte cavité se creuse en dedans , de maoiète à être plus large en dedans qu’à son entrée. On pourrait en quelque sorte comparer cette lunule à un moule à fondre les balles , comparaison qui n’est pas entièrement exacte , mais dont nous nous servons pour faire comprendre la forme de la cavité lunulaire. Le corselet est généralement grand : on pourrait dire qu’il occupe tout le côté postérieur de la coquille. Cependant dans un assez grand nombre d’especes , il est limité par un angle plus
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adouci et concentrique à Fangle qui circonscrit le côté postérieur. Mais cette partie reste toujours un peu saillajite, et quelquefois elle est limitée de manière à simuler une seconde lunule , située à l’opposé de la première, niais non creusée comme elle. Le charnière çst, de toutes celles que no,us connaissons . la plus compriuïée , la plus rétrécie d'avant en arrière. Le bord cardinal s'étale habituellement dans toute la largeur supérieure du bord de la coquille. Ici , au contraire, il se trouve considérablement resserré, non seulement par le développement inusité de la lunule , mais encore par la saillie considérable des crochets et leur compression dans le sens anléro: postérieur. Lu lame cardinale est devenue un triangle à sommet fort aigu, et c'est dans un espace ainsi limité que les dents de la charnière ont dû se sculpter ; aussi cette charnière est réduite, sur la valve droite, à une seule, grande dent, très aplatie latéralement , fort sailjante et subpyramidale. Elle est séparée , de chaque côté, par une petite fossette dont la postérieure est un peu plus large que l'antérieure : ces fossettes , très étroites et médiocrement profondes, en isolant complètement la dent cardinale , contribuent à la faire paraître plus saillante. La valve gauche offre, au milieu une. fossette profonde et étroite , triangulaire, destinée à recevoir Ja grande dent de la valve opposée. Cette, fossette est bordée de chaque çôté.par uue dent lamelliforme, très comprimée, peu saillante, et qui est reçue dans la fossette correspondante de la yalve droite. En arrière de cette charnière, on trouve une petite nymphe aplatie, très peu proéminente, et destinée à donner insertion à un ligament externe, court- et peu épais. Nous devons ajouter qpe jamais les dents cardinales ne sont obliques i elles sont perpendiculaires, et divergentes . en proportion de l’espace qu'elles occupent. La surface intérieure présente deux petites impressions musculaires , presque égales , subçirculaires et Lrès rapprochées du bord. L’antérieure est quelquefois un peu excavée; la postérieure, au contraire, repose assez souvent sur un plan ,un peu saillant en dedans. Une impression palléala, simple et étroite, toujours parallèle aux bord^ , s’étend d’une impression musculaire à l’autre. Pour gagner Pimpression musculaire ppsiérieure , l'impression palléale ne se dévie pas, elle conserve dans tout son trajet une largeur égale, ce qui annonce que chez l’animal le manteau était fendu sur tout son pourtour et qu'il n’était point prolongé pn arrière par des siphons.
Nous avons pensé d’abord rapporter au genre qui nous occupe un petit groupe de coquilles décrites, et figurées pour la première fois par M.^de Munster sous Je nom de Lunulaçardium. Nous jugions alors ces coquilles par leur forme extérieure : le rapprochement que nous pro-
LES CARDITKS. •
jetions était fondé sur l’existence, dans ce groupe, d'une lunule grande et profonde. Mais la charnière, dans ces coquilles, n’est point celle des Opis: elle se rapproche beaucoup de celle deS Cardium , et par conséquent les Lunulacardium sont devenus pour nous un groupe du genre dont nous venons de parler. Les Opis véritables no se sont rencontrées jusqu’ici dans aucune portion des terrains paléozo'iques. Le premier exemple que l'on en rencontre a été signalé par M. Klipslein parmi les nombreuses espèces do coquilles découvertes dans le Muschelkalk du mont Saint-Cassian. La charnière do cette coquille est inconnue, niais il est incontestable que par sa forme générale elle se rapproche considérablement des espèces de la grande oolUe des environs de Caen. M. Klipslein a fait lui-mÔme ce rapprochement, tout en conservant sa coquille dans le genre des Cardites , à l’exemple de Sowerby. M. d'Orbigny l’en a retirée pour en faire une Opis , et nous croyons que son exemple doit être suivi. Cette Opis du Muschelkalk est la première et la plus ancienne d'un genre dans lequel sont réunies actuellement trente-huit espèces qui se répartissent dans toute la série jurassique et des terrains crétacés. Nous allons en indiquer la distribution d’une manière précise.
Une seule espèce est connue dans le lias, M. d'Orbigny lui donne le nom d’Opts Carusensis : elle est inscrite dans son Prodrome de 'paléontologie; elle provient du lias de Saint-Amand , département du Cher. Il est à présumer que la môme se retrouve à Fontaine-Éloupefour, département du Calvados; mais l’extrême concision , ou plutôt l’imperfection do la description.de M. d’Orbigny ne nous a pas permis de nous assurer de l’identité .parfaite de ces deux coquilles provenant d’un© môme formation.
Dans Toolite inférieure, une seule espèce est également mentionnée sous le nom d'Opis Sarthacensis p mais il faudrait savoir actuellement si en réalité les couches du département de la Sarthe, attribuées à Tdolite inférieure , sont de cette formation , car plusieurs géologues lés rapportent à la grande ooUle. A celte espèce il faudra joindre VOpis similis [Cardüa similis, Sowerby). Celle-ci a été le sujet de plusieurs erreurs. Elles -proviennent, sans aucun doute, de la médiocrité des figures de M. Sowerby et de l'insuffisance de sa description. M. Phillips lui-même s'y est laissé tromper, et son opinion a déterminé la nôtre lorsque nous avons publié l’explication des planches de cet ouvrage. II existe dans le terrain oxfordien une coquille très voisine de celle dè M. Sowerby, et ce sont ces espèces qui souvent ont été confondues.
Le nombre des espèces s’accroît considérablement dans la grande
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colite; nous comprenons dans celte série de couches les terrains bajocims et bathoniens de M. d’Orbigny. Les espèces , au nombre de dix , ne méritent pas une égale attention; presque toutes sont propres à des localités restreintes , elles ne se répandent pas sur de ^andes surfaces , comme if arrive souvent pour beaucoup d’autres espèces ; quelques unes font exception.
Opù hinulaîa^ Desh.