‹ Traité élémentaire de conchyliologieChapitre 19 sur 54 · PL · texte numérisé non relu

PL

Cardita hinulata^ Sowerby, Min. Concli. pl. ù32. f. r, 2.

Lycelt, Quart. Journ. geol. soc.^ t. 4, p, 189.

D’Orbigny, Prodr. de pal. p. 276.

On la trouve en môme temps en France, en Angleterre; il en est de môme de VOpis Irigonalis [Astarte trigonalis^ Sowerby), que l’on rencontre aux environs de Salins , en France, et à Dundry, en Angleterre.

Une espèce non moins intéressante est la suivante ;

Opis diluiaia , Desh.

Pl. 23. fig. 6. 7.

C’est elle qui , avec le depressa de Munster, se rapproche le plus des Hémicardes; elle est, en effet, comprimée d’avant en arrière; sa surface est partagée en deux portions inégales par une carène très saillante élégamment dentelée ; le côte antérieur est le plus considérable : il est bombé en avant et creusé à ea partie supérieure d’une lunule peu profonde et cordiforme; le côté postérieur est un peu cunéiforme ; un corselet étroit et profond est nettement séparé par un angle. Les stries sont peu apparentes sur le côté antérieur, elles sont fines et profondément sculptées sur le côté postérieur. Les valves s»ont si exactement jointes dans le seul individu que nous possédons , qu’il nous est impossible de dire si les bords de la coquille sont simples ou crénelés.

Le nombre des Opis diminue un peu dans la partie moyenne des terrains oolitiques; nous comptons sept espèces seulement dans le terrain oxfordien. Parmi elles, nous retrouvons la coquille figurée par M. Phillips sons le nom de similis , et à laquelle M. d’Orbigny adonné le nom d'Qpis'Phillipsiana.

LES CÀRDITES.

Opis Phiîlipsiana ^ d’Orbigny.

P]. 23. fig. 8. 9. ■

Cardita simiUs, Phillips, Oeol. of Yoilis. p. loo. pl. 3, f, 23.

Opis simiiis, Desb. dans Lanik. An. s. verl. a* éd. t. 6. p. 5ao.

Id, Bronn, IinJ, pal, p. 847,

Opis PhilUpsuina, D'ürbiguy, Piodr. de pal. p. 362.

C’est elle que nous avons fait figurer sous le nom de similis : elle est une des plus caractéristiques du terrain oxfordien, car on la rencontre en Angleterre, en France, àTiouville, et à Vieil-Saint-Remy dans les Ardennes. Une rectification nécessaire a été faite par M. d'Orbigny, au sujet de l'Op/s excavata de M. Buvignier; il y a, en effet, dans le Supplément du terrain oolîtique du nord de V Allemagne, de M. Roemer, une espèce du coral-rag qui avait reçu ce nom avant la publication du mémoire de M. Buvignier. M. d’Orbigny a proposé le nom û'Arduennensis à la coquille de M. Buvignier.

Nous trouvons cinq .espèces seulement dans le coral-rag ; peut-être ce nombre serait-il réduit à quatre, si l'on venait à constater l’identité de deux espèces qui paraissent extrêmement voisines : ce sont les Opis excavata, Roemer, et il/oreansia, Buvignier, M, Roemer a connu le moule intérieur seulement, et d’après sa forme il a rapporté les plus grands avec les coquilles que l’on trouve à Saint-Mihiel et à Sampigny, dans le coral-rag à Dicérates. Deux espèces ont été mentionnées par M. Goldfuss , et maintenues parmi les Cardites : il les a rapportées , selon son habitude, aux espèces de Sowerby, sous les noms de hinulala et de cardissoides. En comparant soigneusement ces coquilles , on acquiert bientôt la certitude qu’elles constituent des espèces très distinctes : ainsi le lunulata de Goldfuss est toujours plus large , son angle postérieur est moins aigu , la lunule est moins profonde et les crénelures des bords beaucoup plus fines. Nous proposons pour elle le nom d’Opîs a (finis; elle est propre, jusqu’ici, au coral-rag deNattheim, dans le Wurtemberg. Quant à l’autre , rapportée au cardissoides , elle présente des caractères bien distincts; et comme elle porte trois carènes divergentes à sa surface extérieure, nous proposons pour elle le nom d’Opis tricarinata. Il règne toujours du doute au sujet de l'Op/scardissoides de M. Defrance. Quelques paléontologistes pensent que cette espèce est la môme que le lunulata, Sowerby; mais lorsque l’on vient à comparer les figures, on trouve des différences très considérables, surtout dans la lunule; et pour admettre ce rapprochement, il faudrait supposer dans l’individu de M.* Defrance une mutilation que le dessi-

T. II

1 3o VINGT-QUATRIÈME FAMILLE.

nateur n’auraifc point aperçue ou qu'il aurait restaurée à sa façon. Dans tous les cas , et quelque interprétation que l’on veuille donner à celle du zoologiste français, il est impossible d'admettre son identité avec celle do Goldfuss. Nous rappellerons encore ici la rectilication que nous avons faite au sujet du CardSum paradoxum de M. Buvignier; nous replaçons celte espèce parmi les Opis , en lui conservant son nom spécifique. Elle est l’une des plus grandes connues; son côté postérieur est plat et même un peu concave, ce qui la rapproche beaucoup des Hémicardes, et l’on comprend très bien qu’avant de connaître parfaitement la charnière , il était facile de se tromper sur le genre dans lequel l’espèce doit se ranger.

Entre les terrains coralliens et la craie, aucune espèce d’Opïs n’est mentionnée jusqu’ici dans les argiles de Kimmeridge ou dans le calcaire de Portland. H est à présumer que des observations ultérieures viendront combler celle lacune et montreront la continuité du genre sans aucune interruption.

Nous comptons neuf espèces dans le terrain crétacé. M. d’Orbigny en mentionne une seule dans le terrain néocomien , mais il en existe une seconde dont nous avons des débris , des environs de Neuchâtel en Suisse; elle a infiniment de rapports avec le Hagardiana de M. d’Orbigny, que l’on rencontre plus spécialement dans le gault.

Deux espèces seulement dans les couches du gault : elles sont toutes deux do la Savoie ; mais l’une d’elles, l'Opis Sabaudiana se trouve aussi dans le département de la Drôme.

Cinq espèces sont répandues dans la craie chloritée : plusieurs sont des environs du Mans ; d’autres sont propres au grès vert du midi de la France; et enfin l’Opis Truellei de M. d’Orbigny se trouverait à la fois à Saintes , à Rouen et en Bohême : car c’est à elle que nous rapportons VArca bicornis de M. Geinitz (Opis bicornis de Reuss). Nous mentionnerons une dernière espèce, ïOpis .pusüla de Reuss, qui jusqu’à présent n’a été rencontrée que dans la craie de Bohême.

Si l’on compare ce que nous venons de rapporter sur la distribution du genre Opis avec ce que M. Bronn en a dit dans son Index palœontologicus, on reconnaîtra de notables différences , puisque ce naturaliste n'a définitivement admis que quatorze espèces : il en a relégué plusieurs, soit dans les Aslartés, soit dans les Cardites. II n’a pu par conséquent présenter le tableau véridique de la distribution des espèces , puisqu'il n’a pas admis parmi elles celles du muschelkalk et du lias, et que , du reste , il n’a pas discuté suffisamment les espèces anciennement inscrites dans les ouvrages de Sowerby et de Goldfuss.

LES CARDITES,

Page 1