GENRE SOIXANTE-QUATORZIÈME
ASTARTÉ. Astarte^ Sow.
CARACTÈRES GENERIQUES. — Animal subti’igone, aplati, subtransverse, le plus souvent subéquilatcral; les lobes du manteau divisés d’avant en arrière, sans la moindre trace de siphons, une simple bride servant à séparer le canal anal. Bouche médiocre ; lèvres larges , prolongées de chaque côté en une paire de palpes allongées, triangulaires, étroites; les lamelles qui en couvrent la surface se continuant sur une portion des lèvres. Pied médiocre, triangulaire, aplati, fendu le long du bord inférieur. Quatre feuillets branchiaux, inégaux, trapézoïdes, se prolongeant en pointe en arrière du bord de la masse abdominale ; deux muscles adducteurs écartés , presque égaux , ovalaires ou subcirculaires.
Coquille trigone ou suborbiculaire, transverse , parfaitement close, épaisse et solide, ayant en avant une lunule plus ou moins profonde. Charnière ayant deux dents fortes, divergentes sur la valve gauche et deux très inégales sur la valve droite. Impression palléale simple ; deux impressions musculaires écartées, ovales ou subcirculaires> Ligament externe assez épais,
SYNONYMIE GENERIQUE. — Veuxis (spec. ), Linné, Montagu, Chemnitz, Gmelin , Schroeter, Dillwyn, Wood. — Crassina^ Lamarck, Férussac, Turton, Crouch, Schweigger, Menke, Michaud, Scaccbi. — TelUna^ Poli, WoQà.^Cypricardia^ Lamarck. — Tvidonia^ Schumacher. — ^Macira^ Montagu, Turton. — Goodaliaf Forbes, S. Wood, Hyndman, Fleming, Morris, Thompson.
Observations. — Dès l'année 4 688, Lister, dans son triple Traité des animaux d’Angleterre, publia la figure et une description sommaire de la première espèce connue d'Astarté ; elle est à l’état fossile. Depuis, une
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espèce vivante a été inscrite par Linné dans son grand genre Fenus, et, bientôt après, la même coquille fut représentée par Chemnilz dans son grand ouvrage de conchyliologiç. Tous ceux des naturalistes qui adoptèrent la classification du Systema naturœ laissèrent parmi les Vénus la coquille que qous venons de mentionner. Néanmoin.s Poli, tout en conservant la classification linnéenne, fit passer une espèce de la Méditerranée dans le genre Tellina, quoique assurément elle n’en présentât pas les caractères. Quelques autres auteurs suivirent cet exemple ; il en est môme quelques uns, tels que Monlagu et Turton , qui admirent quelques espèces dans le genre Mactre. L’incertitude dans la classification de ces coquilles annonce d’une manière évidente qu’elles ont des caractères qui leur sont propres , sans cela elles auraient été admises sans difficulté dans un seul et même genre. Aussi on doit approuver M. Sowerby, qui, dans le commencement de la publication de son Mi~ lierai conchology , proposa en 1 8 1 6 un genre sous le nom d’Astarte pour réunir sous des caractères communs toutes les coquilles dispersées dans les Vénus, les Tellines ou les Mactres. Deux années plus lard , dans le cinquième volume de son Histoire des animaux sans vertèbres, Lamarck proposait, sous le nom de Crassine, un genre identiquement semblable à celui de Sowerby ; et, chose surprenante, ce grand naturaliste, se laissant entraîner par l'opinion do Poli, rangea son nouveau genre non loin des Tellines. dans la famille des Nymphacées. L'habitude que prirent les zoologistes d’adopter la nomenclature et la classification de Lamarck les entraîna pendant longtemps à conserver la dénomination de Crassine, taudis que la loi de priorité exigeait d’eux qu’ils adoptassent de préférence la dénomination générique de Sowerby. Aujourd’hui, le nom d’jlsfarte a prévalu, et il restera désormais attaché au genre dont nous nous occupons.
Le genre Astarte est tellement naturel, qu’il a subi à peine quelques changements dans sa constitution ; il n’en est pas tout à fait de môme relativement à la place que les conchyliologues lui ont accordée dans la méthode. Déjà nous avons mentionné quelques unes des opinions publiées à son sujet : chez quelques naturalistes, celle de Lamarck a prévalu ; chez d'autres, celle de Cuvier l’a emporté ; c’est celle qui aujourd’hui demeure définitivement acquise à la science. Nous avions préféré une opinion qui nous avait paru concilier beaucoup mieux tous les faits connus au sujet des Aslartés. Ces coquilles, épaisses et solides, comme les Vénus, parfaitement closes sur toute la circonférence, se trouvaient déplacées dans le voisinage des Mactres. Un caractère d'une grande valeur s’opposait seul à l’intromission des Aslartés parmi les Vénus; ce
LES CARDITES.
caractère est emprunté à l’impression palléale, toujours simpIedansIesAstartés , et presque toujours cchancrée dans les Vénus. Dans ce dernier genre, ce caractère n'est pas d’une constance tellement absolue, que l’on ne remarque quelques espèces chez lesquelles l’échancrurede l’impression palléale est tellement réduite, qu'on peut considérercelle-ci comme simple; seulement, elle est plus rentrée en dedans du côté postérieur. En conservant les Aslart^ à titre de genre, il paraissait convenable, à l’époque dont nous parlons, de les introduire dans la famille des Conques, et de les rapprocher ainsi des Vénus et des Cylhérées. L’animal, à cette époque, n était point encore connu; ce fut en 1836 seulement que M. Scacchi en donna une description sommaire; bientôt après M. Philippi décrivit plus complètement et donna la figure de l’animal de l’espèce de la Méditerranée , décrite à l’état fossile par Brocchi , sous le nom de Venus incrassala. Aussitôt que l’animal fut connu, toutes les opinions durent se rallier à celle de Cuvier, car il présente, ainsi que nous allons le voir, les caractères principaux des Cardites, et même des Crassatelles, d’après M. d’Orbigny.
Pour compléter ce court aperçu de l’histoire du genre Astarte, nous ne devons pas omettre deux travaux qui en ont traité exclusivement. Le premier, publié en 1823 par M. Lajonkaire dans les Mémoires de la Société d'hisloire natureUe de Paris, a été entrepris à la suite d’observations géologiques sur les terrains tertiaires des environs d’Anvers. Frappé du nombre considérable d’Astartés qui se rencontrent dans ces terrains, et après avoir reconnu plusieurs espèces nouvelles, M. Lajonkaire entreprit une revue de toutes les espèces alors connues , et il ajouta la description abrégée, accompagnée de bonnes figures, de celles qu'il venait de découvrir. Le nombre des espèces connues à l'étal fossile à cette époque était de quinze seulement, et toutes étaient attribuées aux terrains tertiaires.
L’ouvrage de M. Roemer, publié en 1842, est beaucoup plus complet. Ce savant paléontologiste soumit à un examen critique ce qui a été fait d’important sur le genre Astarte ;i\ profite de nouveaux documents scientifiques publiés sur l’animal , et il détermine rigoureusement la place que le genre doit occuper dans la méthode. Sans avoir la prétention de faire une monographie complète, M. Roemer mentionne quarante espèces , distribuées dans les terrains jurassiques, crétacés et tertiaires; il fait connaître plusieurs espèces nouvelles, pour lesquelles il ajoute d’assez bonnes figures.
Les Astartés sqnt des coquilles généralement sublrigones , aplaties , inéquilatérales , quelquefois oblongues, subtransverses, et dans ce cas
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ayant presque toujours les croehets terminaux; quelques unes, mais en petit nombre, sont süborbicnîaires ; leur surface ne présente jamais de côtes ni de stries rayonnantes; souvent elle a des côtes ou des stries transverses, assez souvent elle est lisse. Les valves étant rapprochées, la coquille est parfaitement close sur toute la circonférence. Les bords, généralement épais, sont tantôt simples, tantôt finement crénelés; le côté antérieur varie- dans ses proportions, selon la place que les crochets occupent. Sur ce côté antérieur est creusée plus ou moins profondément une lunule cordiforme ou lancéolée , dont les proportions varient selon que les espèces sont bombées ou aplaties. Cette lunule est dominée par des crochets assez grands, obliquement inclinés et très rapprochés. Le côté antérieur est quelquefois subtronqué; le plus ordinairement il est arrondi, et toujours un peu plus étroit que le postérieur. Celui-ci n'est jamais circonscrit par un angle partant des crochets; Ses contours sont arrondis et se continuent avec le limbe de la coquille. Le corselet est peu apparent, rarement il est limité, souvent il est un peu déprimé, et il contient à sa partie supérieure un ligament externe, assez allongé, étroit et demi-cylindrique.
La surface intérieure n'est jamais nacrée; elle est blanche, quelquefois lavée de fauve, La charnière est très simple : elle est supportée par une lame cardinale, généralement d’une médiocre largeur, assez épaisse, audessous de laquelle les crochets sont faiblement creusés. Sur le milieu de celte lame s’élève un peu obliquement une seule dent triangulaire, subpyramidale sur la valve droite. Cette dent est généralement peu saillante et obtuse au sommet ; elle est circonscrite de chaque côté par une petite fossette étroite , oblique, triangulaire. Sur le bord de la valve gauche s'élèvent deux dents divergentes séparées par une fossette large et profonde; ces deux dents sont reçues dans les fossettes de la valve droite, tandis que la dent unique de cette valve trouve sa place dans la grande fossette de la valve oppose. Assez souvent on rencontre, en avant et en arrière, une très faible inflexion à l'extrémité du bord cardinal , et simulant des dents latérales; mais ces dents n’existent réellement pas, car ces inflexions ne sont point réciproques et se touchent à peine lorsque les valves sont jointes. En arrière du bord cardinal, et dans la moitié de sa longueur environ , on aperçoit une nymphe peu proéminente, déprimée, séparée à rexlériciir par nn sillon profond, dans lequel s'insère la tunique externe du ligament. Dans l’intérieur des valves se montrent deux impressions musculaires plus ou moins grandes, selon les espèces. Elles sont ovales, subsemi-Iunaires, quelquefois subcirculaires. Elles sont à peu près égales: ranlérieure reste plus constam-
LES CARDITES.
ment semi-lunaire, toutes deux sont médiocrement creusées dans l’épaisseur du test; l’antérieure s’incline obliquement en arrière, la postérieure a son grand axe presque perpendiculaire. L’impression palléale, simple et courte, placée assez haut dans l’intérieur des valves, s’étend d’une impression musculaire à l’autre, et Ton voit par son contact avec elles, en la prolongeant à travers l'impression des muscles , qu’elle la partagerait en deux parties égales. Cette impression palléale reste constamment parallèle au bord des valves; elle laisse exactement le même intervalle en avant et en arrière, caractère qui prouve l’absence des siphons ou de tubulures destinées à les remplacer. Outre les deux principales impressions musculaires dont nous venons de parler, il en existe deux autres beaucoup plus petites , destinées à fournir un point d’appui aux muscles rétracteurs du pied. La premiôro de ces impressions est complètement isolée , elle est semi-lunaire , et située à l’extrémité antérieure du bord cardinal, au peu au-deesus de l’extrémité supérieure de l’impression antérieure. L’impression du muscle rétracteur postérieur du pied se confond avec l'impression do ce côté; c’est elle qui détermine l'angle supérieur qui se cache au-dessous de l’extrémité postérieure du bord cardinal.
L’animal contenu dans la coquille que nous venons de décrire en conserve assez exactement la forme; cependant il est encore plus déprimé qu’elle, puisqu’il est contenu entre des valves épaisses et dont la cavité est relativement petite. L'enveloppe cutanée de cet animal est mince et transparente ; elle est bordée à la circonférence par un muscle large et plat, dont l’insertion se produit sur la ligne de l'impression palléale. Les bords du manteau sont ordinairement simples ; quelquefois ils sont pourvus d’une seule rangée de tentacules courts, cylindracés, rapprochés; d'autres fois ces tentacules existent du côté postérieur seulement. Les lobes du manteau sont désunis dans toute leur étendue; tout à fait en arrière, une bride très courte, ou plutôt un point de soudure, s’établit à l'intérieur et sépare un canal destiné à recevoir les déjections de l’animal et à remplacer par conséquent le siphon anal des Mollusques siphonifères. Le pied est d’une taille médiocre : il est triangulaire, linguiforme; sa base s’appuie sur toute la longueur d'une masse abdominale peu épaisse et subquadrangulaire. Le bord inférieur de cet organe est mince et tranchant , ce. qui ne l’cmpèche pas d’ètre fendu dans presque toute sa longueur, comme s’il était destiné à porter un byssus ; mais ce byssus n'exislo jamais, ou du moins jusqu’ici aucun observateur n’en a vu la moindre trace. La bouche est médiocre, Iransverse; elle est garnie do lèvres assez larges, membraneuses, terminées
VINGÏ-QUATRIEME FAMILLE.
de chaque côté en une paire de palpes labiales, petites, triangulaires, un peu plus allongées que celles des Cardites.
Les feuillets branchiaux sont d’une médiocre grandeur; cependant ils sont plus larges que dans les Cardites, et ils se rapprochent par là de ceux des Vénus ; ils sont inégaux, les feuillets internes sont les plus grands; ils commencent en avant en une pointe assez aiguë qui s'interpose un peu entre les palpes labiales. Les feuillets externes commencent lus en arrière; ils sont d'environ un tiers plus petits que leurs congénères. Arrivés à Texlrémité postérieure de la masse abdominale, les deux feuillets du même côté se soudent entre eux et se prolongent obliquement en pointe, de manière à atteindre l’extrémité postérieure des bords du manteau. Les deux paires de feuillets se joignent entre elles sur la ligne médiane; mais cette jonction a beaucoup moins de solidité, car elle se rompt aussitôt que l’animal est mort. Cette portion postérieure des feuillets branchiaux est soudée au pourtour membraneux du canal anal et sert à le séparer de la grande cavité palléale. Enfin, deux grands muscles à fibres transverses sont situés aux deux extrémités de l'animal, s’attachent sur les impressions musculaires des valves, et servent à les fermer ou à les laisser entr’ouvertes , selon les besoins de l'animal.
Les Astartés sont des coquilles marines actuellement peu abondantes et presque toutes réfugiées dans les mers septentrionales. Quelques unes cependant descendent jusque dans la Méditerranée, et jusqu’ici jucune n’est citée dans les mers chaudes' des tropiques et de l’équateur : elles y existent peut-être, mais il faudrait sans doute les chercher à de grandes profondeurs, là où la température de la mer est amoindrie et en harmonie avec l’organisation de ces animaux. Le nombre des espèces vivantes relevées dans les catalogues s’élève au nombre de vingt-cinq seulement. Presque toutes proviennent du pôle nord du monde, et elles se distribuent dans l’Océan américain aussi bien que dans l’Océan d’Europe. 11 en est quelques unes qui, pour suivre une égale température, se trouvent sur presque tous les points que circonscrit le cercle polaire.
Les espèces fossiles sont beaucoup plus nombreuses, et elles étaient répandues en nombre considérable dans les anciennes mers qui ont laissé leurs dépôts à la surface actuelle de la terre. On a cité quelques unes de ces coquilles jusque dans les terrains de transition; mais rectification faite, on avait pris pour elles soit des Cardiums, soit des Cypricardes. Cependant il en reste trois qui , par leur forme extérieure, doivent rester dans le genre jusqu'au moment où leur charnière sera
LES CARDITES.
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connue : ce sont les Astarte cincta . Goldf., et Neptuni, Munster, du terrain dévonien : la troisième est du terrain carbonifère de Belgique : cest V Astarte rhomboidalîs de Koninck. Aucune Astarté n’est mentionnée par les auteurs dans le muschelkalk. Nous avons recueilli à Lunéville le moule d’une petite espèce qui paraît dépendre du genre; deux plis sur le bord cardinal annoncent la présence de deux dents égales à la charnière de chaque valve. Il faut donc admettre le genre dans la formation importante du muschelkalk.
Pour le plus grand nombre des paléontologistes, les Astarlés ne commencent d'une manière authentique que dans le lias; elles y sont au nombre de quinfe. Dans ce nombre ne sont pas comprises les nouvelles espèces inscrites par M. d’Orbigny,, dans son Prodrome: nous ne les connaissons pas, elles ne sont ni ^décrites , ni figurées, et comme ce naturaliste ne mentionne pas la plupart de celles que d’autres auteurs ont fait connaître, il se pourrait que l’on aurait à regretter des doubles emplois, si on les adoptait sans réserve. Dans les quinze espèces relevées par nous dans les auteurs, M. d’Orbigny en cite onze seulement, et il y en ajoute neuf, parmi lesquelles sont peut-être comprises quelques unes des espèces nouvelles découvertes à Thionville et aux environs de Metz, par M. Terquem.
Dans le lias inférieur, noos citerons VAstarte obsoleta , Dunker, que l’on rencontre à Halbersladt et à Thionville, et VAstarte Dainvinii, d’Orbigny, est de l’Amérique méridionale (Copiapo, au Chili).
Dans le lias moyen , nous mentionnerons surtout VAstarte alla , Goldfuss, répandue assez communément en Allemagne et en France. Le lias supérieur est surtout caractérisé par VAstarte Voltzii^ Goldf. pl. 32, fig. 13,»
Goldf. Pelrif. Germ. l. a. p. igo. pl, i34. f. 8,
Roemer, Ool, Gel), p, i la. n® a. pl. 7. f. 17,
F. Roemer, de Ast, genere. p. 17. n® 17.
Bruno, Ind. pal. p. iig (exclus, sjn,).
D’Orb. Prodr. de pal, t. i. p. a53.
petite espèce subtrigone régulièrement sillonnée en travers; elle est commune en France et en Allemagne , partout où se montre cette partie de la formation basique. Dans son Index palœontologicus , M. Bronn rapporte au VoîtsH les Astarte alla et integra, de Goldfuss; mais ce savant se trompe, les deux espèces citées sont parfaitement distinctes.
Quelques paléontologistes prétendent que plusieurs espècès , telles que les Astarte exarata et elegans se trouvent à la fois dans le lias et
YINGT-QUATRlÈMi: FAMILLE.
dans Toolite inférieure; quoique le fait ne nous soit pas matériellement démontré, nous ne le croyons pas impossible, car à leur limite les deux formations se confondent, et nous avons mentionné dans d’autres genres des espèces qui la franchissent.
Outre les deux espèces communes au -lias et k l'oolite inférieure, cette dernière formation en contient quatorze autres , sans y comprendre cinq espèces nouvelles recueillies par M. Terquem dans le département de la Moselle; ce qui les porto à vingt et une. M. d’Orbigny en inscrit vingt-six, sur lesquelles dix nouvelles; il faut en attendre la description et la figure. Lamarck , trompé par la forme extérieure do quelques unes des espèces de Bayeux, les avait rapportées au genre Cypricarde; étant parvenu à dégager la charnièro et à vider complètement des valves de ces espèces, nous les avons le premier rendues à leur véritable genre.
VAilarte ohiîqm, Desh., pi. 22, f. 14, 15,
Cypricardia obliqua, LamU. An. s. vert, f, 6. p« 29* n® 6.
jistarte plannUi, Sow, Min. conclu p. «57. f. 1.
Astarte obliqua. Desli. Kncycl. mélli. Vers. l. 2. p, 80. 11® la.
Id. dans Lamk. Ah. sans vert, 2® éd. t. 6. p. aOr, n® 14.
/</, Murris, Cat. of Bril. foss, p. 80.
Roemer, deAsi, gen. p. 10. n® i.
Broun, Ind. pal. p. 116,
D*Orb. Prod. d« pal. p. 276.
est l'une des espèces les plus communes et les plus répandues en Angleterre, à Burton, Dundry, etc.; en France, à Bayeux, Moulins, Niort, etc. Elle présente de nombreuses variétés auxquelles M. d’Orbigny a probablement attribué une valeur spécifique, autant qu’il est permis d’en juger d’après les documents incomplets de son Prodrome de paléontologie,
L’Aslarle minîma, de Phillips, mérite également d’être citée non seulement parce qu'elle a éié le sujet d'une erreur de Goldfuss qu'il faut rectifier, mais encore par sa constance dans les couches où elle «0 rencontre. Selon sa malheureuse habitude , Goldfuss a pris pour l'espèce de Phillips une coquille qui en est différente et qui se rencontre dans une autre formation ; une double confusion résultait de celle erreur, les uns attribuant l’espèce a Toolite inférieure avec Phillips , les autres à la partie supérieure des terrains jurassiques avec Goldfuss. L'espèce de
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ce dernier naturaliste devait être séparée, c'est ce que fit M. d’Orbigny en iui donnant le nom d'Âstarte supracorallina dans son Prodrome.
UAslarle modiolaris, Desh., pl. 23, f, 4,2,
Cypricardin modto/aris. Larok. An, s. vert. t. 6, p. 39. n* 5.
j4stane modiolaris. Desh. Encycl. mélh. Vers. t. i. p. 79. 11® 10.
Id. Lamk. An. s. vert. 2* éd. t. 6, p, a6, no i5*
Roemer, de Ast. Genere. p. ri. n® 3.
Morris, Cat. of Prit, foss. p. 79.
D’Orb. Prodr, de pal. t. i. p. 276.
Bronn, Ind. pal. l. p. 116 (phir. excl. syn.),
est encore une e.spèce digne de l'attention des paléontologistes. Elle est propre à caractériser l’oolite inférieure. Elle se trouve assez communément en Angleterre, à Dundry; en France, en Normandie, aux environs de Draguignan et de Bourmont, dans la Haute-Marne.
Dans son Index palœontologicus, M. Bronn a commis quelques erreurs au sujet de cotte espèce, en rapportant à sa synonymie plusieurs coquilles qui en sont différentes. D’abord VAstarte excavata de Sowerby est extrêmement différente par sa taille, sa forme, et surtout par sa lunule très profonde et son corselet caréné. M. Bronn ajoute aussi VAstarte deirita de Goldfuss, plus rapprochée du modiolaris que la précédente , néanmoins bien différente par tous ses caractères spécifiques. C'est à cette dernière espèce que se rapporterait VAstarte elegans major de Zieten, et non Velegansûù Sowerby, comme le croit M. Bronn.
Une autre espèce accompagne presque partout celles que nous venons de mentionner ; c’est VAstarte trigona, Desh., pl. 22, f. I l, 4 2,
Cypricardia trigona, Lamk. An. s. verl. t. 6, p. 29. n° 7.
Astarte trigona, De-di. Eiicyci. rnéth. Vers, t. i p, 80 n° i3.
Id, dans Lamk. Au. s. vert. 2* cd. t. 6. p. 260. u° i 3.
F. Roemer, de .Asl, Gen. p. i5. u° 12.
Bronn, Ind. pal. p. 119.
D’OrI). Prodr. de pal, l, r. p..27e.
très distincte de toutes les autres par sa forme triangulaire , sa large charnière et ses stries Iransverses fines et régulières.
Les Asiarlés sont moins abondantes dans la grande oolite, sept seulement y sont citées par les paléontologistes ; il faut en ajouter six que nous fait connaître M. Terquem , et que l’on doit aux recherches assidues do cet habile observateur. Enfin , M. d’Orbigny en inscrit
1^0 vingt-qüatrième famille.
espèces nouvelles, presque toutes découvertes par lui à Luc (Calvados), ce qui porte le nombre total à vingt et une espèces. Parmi elles , nous mentionnerons particulièrement V Astarte rolunda de Sowerby (orèîculavis, Sow.), qui a été trouvée à Hamptoncliff, près de Bath en Angleterre, et en France, à Vézelay (Yonne) et à Nanlua; VAslarte pulla, commune à la France et à l’Allemagne.
De toutes les formations jurassiques, les oxfordiennes sont les plus riches en Astarlés : trente-trois sont inscrites dans les ouvrages des naturalistes; M. d'Orbigny en oublie neuf, et il les remplace par dix espèces nouvelles. Si toutes le sont, l’ensemble du terrain oxfordien renfermerait quarante- trois espèces d'Aslartés, ce qui est très considérable; il est permis de soupçonner quelques doubles emplois, surtout parmi celles des espèces que M. d'Orbigny croit nouvelles , et qui se retrouvèront probablement au nombre de celles déjà publiées, mais omises par lui.
Nous aurons d’abord , comme à l’ordinaire , plusieurs rectidcations à présenter pour rétablir la nomenclature et la synonymie d'un certain nombre d’espèces; nous en signalerons ensuite quelques unes d’une manière spéciale à l’attention des naturalistes.
Astarte Buchiana. M. d’Orbigny a employé ce nom pour une espèce des environs de Moscou ; mais antérieurement M. Roemer avait appliqué la même dénomination à une espèce très distincte. M. d’Orbigny a rectifié son erreur dans son Prodrome en lui en substituant une autre. Il nomma, en effet, Astarte horealis son Buchiana sans s'apercevoir que depuis très longtemps le ^ems horealis de Linné a été reconnu par Gray et presque tous les autres conchyliologues pour appartenir au genre ^Isinrfc dans lequel elle conserve naturellement son nom spécifique. Pour terminer toute incertitude au sujet de l’espèce de M. d Orbigny, nous proposons de la désigner sous le nom d' Astarte Fischeri : heureux de pouvoir lui consacrer le nom d'un savant qui a si puissamment contribué à répaudre dans sa patrie le goût des sciences naturelles. Pendant de longues années, M. Fischer, avec un zèle qui ne s’est jamais démenti, a continué ses savantes recherches sur les différentes parties de la zoologie , tant vivante que fossile , du gouvernement de Moscou.
2** Astarte lamellosa, Roemer. La forme orbiculaire de cette coquille la ferait ranger de préférence parmi les Lucines. Comme il existe quelques Astartés orbiculaires , celle-ci pourrait en vôtre également une; mais qu’elle reste dans le genre, ou qu elle le quitte pour entrer dans celui des Lucines , elle devra toujours changer son nom , car il y a un
LES CARDITES.
Lucina lamellosa de Defrance , et nous trouvons dans Goldfuss un Àstarte /ame/iosa établi antérieurement à celle de M. Roemer pour une espèce tertiaire. En conséquence, nous proposons de consacrer à l’espèce qui nous occupe le nom du savant qui le premier l’a fait connaître dans la seconde partie de son important ouvrage sur le terrain oolitique du nord de l’Allemagne, Astarte Roemeri, nob.
3® L' Astarte plana de M. Roemer devra également changer de nom , parce que longtemps avant lui M. Sowerby avait inscrit sous cette dénomination une espèce très différente appartenant aux terrains tertiaires. M. d’Orbigny, dans son Prodrome, a proposé le nom de subplana. Il ne faudrait pas abuser trop souvent, comme le fait l’auteur du Prodrome de paléontologie, de celte préposition &itb ajoutée à un nom spécifique. Ce naturaliste ne manque jamais, lorsqu’il a un double emploi à faire disparaître, d’employer ce moyen défectueux. Dans un très grand nombre de cas, il ne fait pas attention que l’objet ne change pas de forme et de nature en changeant de nom : V Astarte plana, par exemple, l’une des plus aplaties du genre, n'est ni plus ni moins aplatie lorsqu’elle reçoit le nom de subplana, qui signifie un peu plane. Il ne faudrait pas non plus, dans l'intérêt de la bonne nomenclature, pousser l'indiscrétion du sub jusqu’à l'appliquer à un nom propre et faire un Fenus subbrogniartina [Prodr., t. If, p. 76 , n° 247), par exemple, comme si le nom d’une personne pouvait être plus ou moins ou à peu près le sien.
Quant à leur distribution , les espèces de l'oxford se rencontrent partout où se présente cette série importante des formations jurassiques; il en est quelques unes répandues presque partout , et leur priésence prouve incontestablement la contemporanéité de couches dont la continuité a été irrégulièrement-brisée.
C’est ainsi que V Astarte lurida, par exemple, se trouve à la fois en Angleterre , en France et en Allemagne. Il en est de même de V Astarte ooala, qui, de plus, a été découverte aux environs de Moscou. En voici une troisième , Duboisiana , qui de Moscou passe en France ,
à Écommoy et au Vieil-Saint-Remy. L' Astarte Arduennensis , d Orb., est commune au Wurtemberg et à la France; enfin, trois autres espèces, les Astarte slrialo-costata, Munster, A, integra, Munster, et ps^udo- /œtïis, d'Orbigny, se rencontrent à la fois aux environs de Hanovre, et en France à Trouville.
Grâce aux recherches de M. Roemer, nous savons que six autres espèces existent dans l’oxford des environs, de Hanovre; elles n’ont point été citées ailleurs jusqu’ici. Aux espèces de Moscou déjà citées ,
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il faut en ajouter cinq autres récemment publiées , soit par M. Rouiller dans les Bulletins do l’Académie de Moscou^ soit par M. d’Orbigiiy dans le grand ouvrage de MM. de Verneuil et Murchison. Enfin, M. Key- Berlingon a ajouté trois autres de Petschora et de l’Oural ; l’une d'elles, VAstarte Veneris, se trouvant eu même temps dans l’Oural et à Moscou.
Nous avons déjà mentionné plusieurs des espèces de l’oxford d’Angleterre; ce pays en possède encore quatre autres qui jusqu’ici n’ont point été citées hors des lies Britanniques.
Nous terminerons cette revue des Astartés de l'oxford en rappelant le mémoire très intéressant publié par M. Sowerby dans le tomo V des Transaclions de laSociété géologique de Londres sur les fossiles del’Inde; cinq espèces d'Astarlés y sont figurées, elles proviennent de la province de Cutch et dos environs de Charéo.
Aux yeux de certains géologues et môme de quelques paléontologistes, le terrain oxfordien serait très nettement séparé du coral-rag qui lui est superposé. Celle séparation n’est point aussi profonde qu’on se l'imagine , et la preuve en est dans un assez grand nombre d’espèces fossiles communes aux deux séries de couches. Nous en avons déjà cité quelques exemples parmi les Astartés; nous en trouvons un de plus : c'est VAstarte oim/a, déjà mentionnée plus haut, trouvée en France dans l’oxford et dans le coral-rag en Angleterre.
Le nombre des Astartés diminue considérablement dans le terrain corallien , même en y comprenant les couches supérieures de ce terrain habituellement désignées sous le nom de calcaire à Astartés. Il semblerait, d'après celle dénomination, que les espèces devraient y être abondantes, il n’en est rien cependant r deux petites espèces, comprises entre des lits peu épais, sont d’une abondance extraordinaire; elles couvrent de très grandes surfaces et occupent toujours le même niveau. Ce sont elles qui ont valu aux couches qui les recèlent le nom que leur ont consacré les géologues. 11 y en a parfois de rares individus disséminés dans le coral-rag supérieur, et l’un d'eux, VAstarte supracoraîlina^ d’Orb. (j4. miiu'ma , Goldfuss, noïi Phillips), descend jusque dans le corallien inférieur ; d'un autre côté , nous connaissons une espèce assez grande et très aplatie, découverte par M. Buvignier dans le calcaire à Astartés et qui passe dans le kimmeridge sans éprouver le moindre changement. Les espèces coralliennes sont au nombre de onze, de neuf seulement d’après M. d’Orbigny. Nous en connaissions cinq , dont deux nouvelles découvertes dans la Meuse par MM. Moreau et Buvignier; six espèces sont données comme nouvelles dans le Prodrome de paléontologie.
LES CARDITES.
Nous connaissions six espèces citées par les auteurs dans les couches du kimmeridge-clay des géologues anglais , en y comprenant celle qui passe du terrain corallien dans celui-ci. M. d'Orbigny en ajoute cinq qu’il considère comme nouvelles, et les inscrit dans son Prodrome de paléontologie,
M. Roemer avait rapporté à VAstarle cwieata de Sowerby Une espèce qui en est réellement distincte; le rapprochement des deux figures suffit pour constater les diflférences : elles ont été reconnues par M. d’Orbigny, qui a donné le nom de myrica à l'espèce de M. Roemer. Elle se trouve en Allemagne et en Angleterre. Sous lo nom û'Unio suprajurensis , M. Roemer a figuré le moule d’uno coquille qui devait être fort aplatie et remarquablo par l'élargissement du côté postérieur ; une coquille très voisine de celle-là , mais spécifiquement différente, se rencontre assez rarement à Sénoncourt. près Verdun, également à l'état de moule : c'est une véritable Astarlé ; il est très probable que la coquille de M. Roemer est aussi une Astarté, notre opinion à cet égard se rencontre avec celle do M. d'Orbigny. Une autre espèce mérite encore d'être citée : l’ylstarie Bcalaria^ en effet, se rencontre en Allemagne à Woudhaussen , et en France aux environs du Havre.
Le terrain portlandien est plus pauvre encore en Astartés que ceux qui précèdent. M. d’Orbigny en cite trois : le cuneala de Sowerby, propre à l’Angleterre; le rugfosa {Cylherea rugosa , du même auteur), trouvé eu Angleterre et en France; enfin une espèce nouvelle des environs de Boulogne, où elle est très commune. Le genre semble près de s’éteindre au moment où se termine toute la longue période jurassique ; mais à peine les terrains crétacés sont-ils commencés , le genre se développe de nouveau en présentant partout et toujours des races différentes de celles que nous venons de passer en revue dans les terrains plus anciens.
Quinze espèces se répandent dans la partie la plus inférieure des formations crétacées, le terrain néocomien. Quelques unes y sont abondantes et se représentent dans toutes les localités ; par leur présence , elles contribuent à caractériser les couches dans lesquelles elles gisent. Ce sont, i)ar exemple, les Astarte Beaumonlij Leymerie: elle est en Angleterre, et en France, dans la Meuse, l’Yonne et l’Aube; VAsUirte giganlea , Desh. : elle est avec la précédente dans les mêmes lieux, et, de plus, son existence a été constatée dans le terrain néocomien du midi de la France par M. Matheron , qui, se méprenant sur la nature de son genre , l’a décrite et figurée sous le nom de Vemts allaudiensis.
VINGT-QUATRIÈME FAMILLE
Nous trouvons dans le catalogue des Astartés deux espèces sous le nom de transversa; toutes deux ont été publiées la mémo année, l'une par M. Leymerie, l’autre parM. de Koninck. Il est diflîcile de décider à laquelle des deux le nom spécifique devra rester; celle de M. Leymerie, propre au terrain néocomien, se rencontre dans la Meuse, la Haute- Marne, le Doubs et l’Yonne. Le numîsmalis et le subcoslata de M. d'Orbigny se trouvent avec la précédente.
Quoique le gault soit d'une importance géologique aussi considérable que le terrain néocomien . il* renferme beaucoup moins d’espèces , cinq seulement: trois de France, Âslarle sinua/a, Dupiniana, Bellona ^ d’Orbigny; une d’Angleterre, de Speelon , Aslarte lœvis ^ Phillips; la cinquième est de l’Amérique méridionale, c’est VAstarle truncala de M. de Buch.
Nous comptons dix espèces d’Astartés dans le grès vert; quelques unes doivent spécialement attirer notre attention. UAstarte striata ^ Sow., par exemple, à laquelle M. d’Orbigny joint VAslarte Konincki, d’Arch., existe en Angleterre et en Belgique dans le tourtia des environs de Tournay. Presque toutes les autres espèces, Astarle continua , /brmosa^ impolita, muUisCriata ^ etc., sont de Blackdown en Angleterre. Nous en avons une ou deux en France dans la Sarthe. Nous ne connaissons de la charnière de VAslarte cyprinoides de M. d’Archiac que le fragment qu’il en a figuré [Foss. du tourtia , Mém. de la Soc. géoL, 2* sér., t. II , p. 302 , pl. 1 4 , fig. 5). Il est évident néanmoins qu’elle appartient au genre Cyprine. Quand môme elle resterait parmi les Astarle, son nom devrait changer, puisqu’il existe depuis longtemps une espèce vivante qui porte le même nom.
La craie chloritée renferme quatorze espèces au moins, en y comprenant les deux que M, d’Orbigny décrit dans sa Paléontologie d’Arné-rique, et qu'il ne mentionne plus dans son Prodrome. M. Forbes fait connaître une espèce de l’Inde sous le nom de Astarte planissima , elle ne manque pas d’analogie avec notre laticoslata de Gosau. Dans cette dernière localité une seconde espèce a été figurée par M. Sowerby dans le mémoire de MM. SedgiA'ich et Murchison sous le nom de macrodonla. Elle est remarquable par sa forme triangulaire qui la ferait prendre pour une Crassatelle. Les recherches de M. Reuss , sur la craie de Bohême, lui ont fait découvrir trois espèces nouvelles, qu’il décrit et figure dans son bel ouvrage : l'une d’elles, l’^s/arie porrecta, devra changer de nom, M. de Buch ayant employé dès 1840 celte dénomination pour une autre espèce. Nous proposons pour celle-ci le nom de l'auteur lui-même qui l'a fait connaître le premier, A. Reussii,
LES CAKDITKS.
nob. Nous ne devons pas oublier l’espèce découverte dans les lerraiiis à Hippuriles du Portugal par M. Sharpe. On est heureux de pouvoir introduire dans la science des documents provenant d’un pays encore peu connu et jusqu’ici peu fréquenté des géologues.
lalicostata, Dosh,, pi. 22 , fig. 46 , f 7, est une coquille sublriangulaire, à crochets très petits et comprimés, très rapprochés, s'inclinant un peu au-dessus d’une lunule lancéolée, lisse, dont les bords sont à angle vif. Le corselet est allongé, nettement limité par un angle saillant , aigu et crénelé par l’extrémité des côtes qui parcourent la surface extérieure. Les côtes Iransverses sont peu nombreuses , graduellement et régulièrement espacées ; elles sont obtuses , assez larges, épaisses et séparées par des intervalles plus larges qu’elles; sur le côté postérieur elles forment un angle peu apparent. Les bords des valves sont simples, la charnière étroite et ses deux dents inégales; les impressions musculaires sont petites, presque égales et circulaires. Celle jolie coquille vient de Gosau ; elle nous a été communiquée par M. Boué.
Aucune espèce d’ A slarlô n’a été observée jusqu'ici dans la partie supérieure des terrains crétacés de Maëstricht, de Cypli 'et dans le calcaire pisoiitique du bassin do Paris. Ce genre a donc été longtemps anéanti avant qu’il reparût dans les terrains tertiaires. Cette lacune, dont la paléontologie offre d’autres exemples, disparaîtra probablement par la suite, lorsque des recherches plus étendues auront été entreprises sur la craie supérieure.
11 est remarquable qu'aucune espèce d’Âstarté véritable n'ait vécu à aucune époque dans le bassin de Paris , là où tant d'autres genres de Mollusques retrouvent de nombreux représentants; il n’est pas à dire cependaut que le genre manque à la longue période des terrains tertiaires inférieurs, il renferme un petit nombre de rares espèces : V Asiartc Pratli ^ d’Archiac, dans le bassin nuromulitique do Biaritz; r,4strtric riKja-ta, Sovverby, de Higlïgate, argile de Londres. M. Morris ajoute dans son catalogue, et provenant des mêmes couches, un Asiarie donacina , Sow., non encore décrit, et découvert par M. PresUvicb, et un Aslarfe tencra de Bracklesham. Le bassin belge contient deux espèces, les .Isiartf Nystiana , Kickx, et inæquilatera f Nyst; la première de Bruxelles, Jelhe et Lacken ; la seconde de FoIx-les-Qu'es ; elle so trouverait aussi aux environs de Londres, d’après M. d'Orbigny. Aucune de ces six espèces ne pénètre dans le bassin de Paris, ainsi que nous l’avons déjà dit , et aucune no remonte dans les couches supérieures au calcaire grossier,
T. II
lü
1 46 VlNGT-ÜÜATlUiiiME FAMILLE.
Lo terrain tertiaire intermédiaire .entre le tertiaire inferieur et le icrliairo moyen, plus gpecialement connu dans le bassin do Paris bous le nom de gros marin supérieur ou sables de Fontainebleau, contient aussi quelques rares espèces d’Astarlés; elles ne se montrent pas dans le bassin de Paris, c’est en Belgique, ü Klein'Spâuwen, en Westphalie , à Bunde et à Alzey quelles ont été découvertes. M. Philippi en a ajouté deux des environs de Cassel. Celles de Klein-Spauwen , an nombre de trois, paraissent propres à cette localité et à quelques autres petits depots contemporains de la Belgique; il en est do mémo pour celles do Casse!. Une seule est connue à Bunde et à Alzey, c est ÏAslarlù gracilis de Goldfuss; M. Philippi la retrouve également à Cassel, et M. Wood l’assimile à une espèce du crag d'Angleterre, Si l'identité constatée par M. Wood est exacte , il est curieux de voir une espèce franchir toute la période des terrains tertiaires moyens sans s’y arrêter et se reproduire dans des couches qui leur sont superposées.
Le terrain tertiaire moyen , sous le rapport de la faune aussi bien que de la superposition, se partage en deux séries distinctes: Puno inférieure, comprenant les bassins de Bordeaux, de la Touraine, de Vienne, la Superga et une grande partie des mollasses, elo., etc.; c’est là le terrain tertiaire moyen proprement dit; la seconde série, intermédiaire en quelque sorte entro le tertiaire moyeu et le terrain tertiaire supérieur, est représentée par le crag d’Angleterre cl do Belgique : dans l'une et l'autre série les Aslartéa sont abondantes. Examinons d’abord celles de la première. Nous en trouvons treize on Europe, et les naturalistes américains en mentionnent dix des États-Unis.
M. Michelotti, dans son ouvrage sur la faune miocène du Piémont , indique deux espèces à la Superga, près Turin : l'une d’elles, lecirdîifiWa, se réunira très probablement à notre slrialula des environs d’Angers, tant elle a de ressemblance avec elle; pour en décider, il faudrait avoir sous les yeux des individus bien conservés des deux localités. Une seulo espèce est citée dans le bassin de Bordeaux, Astarie Grateloupi, Desh., doux en Touraine et trois à Angers.
VAstartc scalaris, Desh i, pi . 22, üg.-6, 7«
Desh. Eücy. mélli. Vers^ t. a. p. 78, n* 7.
besh. dans Lamk. An. 5. vert, éd, t. 6. p, aîg. n’’ g. '
Bronn, Ind. pal. p. 1 18.
îîst une coquille subtrigone, inégalement étagée et commune à là Touraine et aux environs d’Angers. A Boom^ en Belgique, une espèce y
LES CAKDIXES.
est assez abondaiile dans une argile rapportée d’abord à celle de Londres,mais donU’àge vérilable coïncide avec celui des autres dépôts tertiaires moyens. VAstarte KieUxii^ Nyst, serait, d’après M. Bronn , identiqueavec le concenlrioa do Goldfuss. Il y a, en effet, une très grande ai^alogie entre les deux coquilles ; nous n avons pu vérifier par nousmôme leur identité. Une seule espèce, Astarteormata, Goldfuss, assez douteuse quant à son genre, est mentionnée dans le bassin de Vienne par Goldfuss; ses côtes transverses sont laraelleusos et armées d’une épine sur le bord du corselet , ce qui est assez commun chez les Vénus et inconnu jusqu’ici dans les Astarlés. Une autre espèce d'Osnabruck, Astarle lamellosn^ Miinster. par ses côtes lamelleuses ressemble aussi aux Vénus. Les quatre dernières espèces , décrites pour la première fois par M. Pliilippi dans le PalœoJttographica de Meyer, sont des environs de Magdebourg.
M. Bronn, dans son Index paîæontdîogicus ^ réduit d’une manière notable le nombre dos espèces américaines, il en fait rentrer cinq dans Vundulata do Say; mais nous ignorons sur quoi il se fonde pour proposer celle réforme. Nous venons do citer VAslarte co/iceniWca de Goldfuss. M. Conrad a aussi décrit une espèce américaine sous ce nom ; nous proposons de faire disparaître ce double emploi en imposant à cette dernière le nom d'Astarte Conmdi.
Les naturalistes spécialement occupés de recherches sur le crag en Angleterre et en Belgique, MM. S. Wood et Nysl, constatent l’exislence de vingt-six espèces. Nous soupçonnons ce nombre d’être trop considérable par suite de quelques doubles emplois presque inévitables lorsqu’il s'agit de déterminer des espèces très voisines et souvent très variables. Si un certain nombre d’entre elles sont propres à la Belgique et d'autres à l'Angleterre , il en est de communes entre les deux pays : tels sont les Astarte Durtini et BasteroU de Lajonkaire , nitida , oèhq^ata^ plana et imbricala de Sowerby. Parmi ces espèces , il y en aurait quelques unes qui, remontant dans les terrains lerlfhires supérieurs, continueraient encore à vivre actuellement. M. Nysl cite, comme exemple de ce fait, V Astarte sulcata de Montagu : l’auteur justifie le fait qu’il avance en y rapportant le IVums incrassala de Brocchi , lequel vit dans la Méditerranée; mais cet menmarn est différent du sulcata. Il ne faudrait donc pas chercher dans la Méditerranée l'analogue vivant do l'espèce belge; néanmoins cet analogue existe encore dans les mers du Nord et même dans celles d’Angleterre , et la même espèce se rencontre également dans les terrains tertiaires supérieurs de la Suède et de la Norwégo. M. S. Wood, dans son Catalogue des coquilles dn
YINUT'QUAÏUIÈMK FAMILLK.
crag, public en ! 8 40 dans le tome VI des Annales dliisL nat. do Londres, regarde VAstarte plana de Sowerby comme l'analogue fossile de I VIsïflr/e borcalis; mais à ce sujet M. Wood laisse planer des doutes, parce qu'il ne dit pas de quel auteur est le borealis cité par lui , car il y a celui de Linné et celui de Chenmilz qui sont deux espèces bien distinctes d’après M. Loven; il nous semble que cet Astavle plana de Sowerby pourrait bien être parfaitement distinct des deux borealis. Nous devons regretter dans cette occasion que la seconde partie du grand travail de M, Wood sur le crag d’Angleterre n'ait pas encore été publiée; nous y trouverions, sans aucun doute, la, solution de cette difficulté. Plusieurs antres espèces remontent du crag dans les terrains tertiaires supérieurs ou dans les quaternaires , et subsistent encore dans les mers actuelles: ce sont, par exemple, les Astarle elliplicay Brown, ^1. compressa, Fleming. Cette dernière, assez commune dans le crag. so rencontre encore en Angleterre dans le terrain quaternaire de Dalmuir, et elle est citée en Ru.ssio sur les bords do la Dwina.
Les terrains tertiaires supérieurs sont beaucoup moins riches en Aslarlés que les précédents; après de nombreuses oscillations, le genre en éprouve une dernière avant do passer du domaine géologique dans celui de la vie actuelle. Il lui arrive le phénomène remarqué déjà dans les genres précédents; un certain nombre des espèces actuellement vivantes ont laissé par leur présence des témoignages irrécusables de leur contemporanéité avec des terrains relativement très anciens. Nous en avons signalé plusieurs dans le crag , nous en retrouverons quelques autres dans les collines subapenniues mêlées avec des espèces perdues; nous en suivrons un petit nombre dans les terrains plus modernes , dans ces couches quaternaires qui sont presque contemporaines do l’époque actuelle.
Ceux des naturalistes qui ont recherché les fossiles des terrains tertiaires supérieurs, et qui en ont dressé des listes, no mentionnent qu’un très petit nombre d’Astarlés qui soient propres à ces terrains ; toutes celles que l’on y rencontre sont encore actuellement vivanle.s.
Il faut en excepter VAstarte Uevigata de M. Philippi, signalé par lui aux environs de Cassol et dans les terrains fossilifères de Palermc. A celte espèce, M. Bronn , dans la seconde partie de son Index palœontologicus, en ajoute quatre autres douteuses pour nous, relativement au gisement que leur attribue ce savant naturaliste; elles proviennent, en effet , de couches dont la position n'csl pas encore parfaitement fixée dans la série et qui appartiendraient plutôt aux terrains tertiaires moyens qu’aux supérieurs.
LES CARDiTES,
Une grande confusion s’est, introduite dans la synonymie de presque toutes les espèces vivantes dorEiirope. Offrant des variétés assez, nombreuses , quelquefois constantes dans certains lieux , elles ont reçu plusieurs noms. Les analogues fossiles de ces espèces, étudiés par d’autres personnes, ont reçu également des noms spécifiques particuliers. Quelques concbyliologues , dans l’intention bien louable de porter remède à cet étal de choses, ont réuni des variétés, ce qui était bien, et quelquefois des espèces différentes sous un mémo nom, ce qui était nuisible. WM. Forbes et Uanley, dans leur excellent ouvrage sur les Mollusques d’Angleterre, ont rétabli les espèces dans leurs limites , et ont châtie leur synonymie en se fondant sur la connaissance exacte des différents types spécifiques établis avant eux. Il serait à désirer que toutes les parties de la science fussent traitées avec autant de conscience et de lumière. Nos recherches sur les espèces fossiles dont les analogues sont vivants ont été facilitées par le beau travail que nous venons de citer. La liste suivante comprend uniquement celles des Aslartés dont les analogies sont constatées d’une manière authentique.
Aslarte castanea^ Say.
Vivante dans les mers de l’Amérique septentrionale. Fossile dans les terrains tertiaires supérieurs et quaternaires du Nanlucket.
Introduite dans la faune conchyliologique de la Grande-Bretagne, cette espèce, propre aux mers d’Amérique, est venue ajouter à la confusion de la synonymie. Montagu , et, à son exemple, Maton et Racket, Dillwyn , plus lard MM. Fleming et Brown , la rapportent à VAstarle sulcata. Une erreur de çelte nature , que pendant longtemps on n’a même pas soupçonnée, a pour conséquence fâcheuse de faire croire qu'une espèce habite des régions qu’en réalité elle n’occupe pas; un inconvénient non moins grave est de la citer fossile là où elle n’est pas.
Deux espèces d'Astartés habitent la Méditerranée : ce sont le Tellina fusca de Poli et le Frau.s incvassala de Brocchi ; elles ont l’une et l'autre de nombreux représentants, fossiles eu Italie et en Sicile, et la dernière a été découverte en Céphalonie par M. Slrickland. M. Philippi, dans son Enumeralio molluscorum Siciiiœ , prétend qu’en réunissant un grand nombre d’individus on voit s’établir de nombreuses nuances entre les deux espèces , et en conséquence il les réunit en une seule. Nous ne partageons pas actuellement l’opinion du savant conchyliologue: le fusca est ordinairement sillonné, mais dans une série de variétés les sillons s’effacent peu à peu, et l’on a une variété lisse
1^0 VlNüT-OUATUÏÈME FvVMiLLE.
comme ïincrassata ; mais cette dernière s’en distinguo par la charnière, les impressions musculaires , les crénelures des bords, etc.
yls/ar/e compressa , Montagu,
' C'est l’idstarte Monlagiii de Gray, de Hanley (Fnu/s MoiUaguî, Dilhvyn et d’autres naturalistes). Brown et M. Loven la nomment Astarte stnata , et M. Mac Gillivray Astarîe muîticoslaîa ; Philippi adopte ce dernier nom. A cette synonymie, déjà fort compliquée, il faut encore ajouter Tj^s/arte aïijyidafa de Woodward. Nous ne devons pas omoltre un avertissement essentiel : deux espèces très distinctes d’Aslartés portent le nom do coînpmsn. Celle-ci, dont nous venons d'indiquer la synonymie principale, a pour elle !o droit de priorité. La seconde résulte d’un double emploi échappé à M. Souerby pour une espèce de roolito inférieure; elledevra donc recevoir un autre nom.
L'ylstario Monfagui vit dans tout l’Océan septentrional européen ; elle descend des mers de Norwége jusque sur les côtes d’Écosse, d’Irlande et d'Angleterre. A l'état fossile, elle commence à se montrer dans le crag de Sutton ; elle se répand ensuite dans les terrains plus récents ou quaternaires d’Angleterre (Dalmuir, Bridlington) de Suède, de Norwége, et même de Russie; elle est citée sur lès bords de la Dwina.
Aslarte arctica , Gray.
Elle offrait non moins de confusion dans la synonymie que Tospèce précédente. MM. Forbes et Hanley y rapportent le Venm horealis de Chemnilz , qui n'est pas le même que celui de Linné, et T ôorrahs de Nilson , de Philippi, etc. Nous avons reconnu dans cï/pr/-
noïto de M. Duval une simple vatiélé do l’arcbco. Nous retrouvons encore ici un Astarte compressa qui n’est pas celui mentionné précédemment. MM. Brown, Mac Gillivray et Thorpe désignent aussi rnret/m dans leurs ouvrages. Dans un genreaussi difficile que celui des Aslartés, les doubles emplois sont fréquents ; ils sont presque inévitables jusqu’au moment où d'assez nombreux matériaux ont été rassemblés dans les mêmes mains. M. Brown établit un Wiîhami pour une variété
de ïarclica. Enfin, à tous ces noms que l’espèce vivante a reçus, il faut y joindre celui d’Astarfe plana . donné par M. Sowerby à son analogue fossile. Lelie coquille, a l'état vivant, se distribue depuis le Spitzberg dans tout l’Océan septentrional européen ; elle est commune dans les mers d’Angleterre. Elle n’est pas moins répandue à l'état fossile ; elle commence à se montrer dans le crag d’Angleterre, elle passe dans le
LES C\KDlïES.
terrain quaternaire de Wick et de Dridlington ; elle est égalemcnl dans les terrains récents do la Norwégc cl de la Suède , et môme dans cous de l’xVmérique septentrionale.
Astarte ellîptîca t ÜTOwri.
Comme les précédentes, celle-ci a une synonymie remplie de confusion. Elle est connue des conchyliologues anglais sou.s le nom de Gairemis, et ensuite inscrite dans les catalogues sous cette dénomination. M. Brown lui donna d'abord le nom d’onafa, la prenant pour l'orn/a de Smith , mais cette dernière est toujours distincte. M. NÜson a commis une erreur semblable; il prend l’espèce pour le sulcata de Maton et de Lamarck, quoiqu’elle en diffère constamment. Enfin, M. Mollerlui attribue le nom do semisiilcala , parce qu’il là prend pour l’espèce ainsi nommée par Leacli. M. Philippi a commis la môme faute dans son Râcuëiî përiOdiquG de concliylîoîogîë.
Celte coquille vit dans la mer du Nord , en Suède , en Nôrwége , sur les côtes d'Ècosse et d’Angleterrê. Elle est citée à l’élat foésile dans le crag supérieur et dans lés terrains quaternaires de rAnglelerre; elle existe aussi dans ceux de la Suède et de la Norwége.
Astarte sukata, Da Costa.
Elle est une dos espèces les plus anciennement connues ; pour être exactement rectifiée, sa synonymie a exigé dès recherches très étendues; Cette coquille est plus vulgairement connue sous io nom dVis/a?‘/0 Danmouiânsïs de Sowerby. C’est le IV/ms sulcata do TurLon , Aslarto sulcata de plusieurs autres naturalistes. MM. Forbes et lïanley proposent de joindre à l’espèce VAslarle scotica , ils Ont probablement raison ; ils se fondent sur ce que les deux espèces se lient par une série do variétés. N’ayant pas sous les yeux des matériaux suffisanls pour juger la question , et trouvant dans les individus que nous avons étudiés des caractères distinctifs, nous les séparons encore, prêt h lés réunir plus tard lorsque nous aurons acquis la conviction de leur identité.
Cette espèce habite les mêmes lieux que la précédente : elle est fossile dans le crag, d’après M. Sowerby ; elle serait aussi dans le crag d’Anvers , d'après M. Nyst , mais nous conservons des doutes à cet égard ; il n’en est pas de même des terrains quaternaires d’Angleterre, de Suède et de Norwége, elle y est assez abondamment répandue h l'état fossile.
Vï'vOT-Ot'ATRIÈMF. FAMIM.K,
Aatarlo .^cotica^ Maton et Racket.
■ Celle-ci a une synonymie mieux faite. Elle a été souvent confondue avec la précédente; elle vit avec elle et se trouve fossile dans les terrains quaternaires d'Angleterre , de Suède et de Norwége.
Dans cette revue générale des espèces fossiles du genre Aslarlé, nous en constatons deux cent soixanle-six distribuées dans presque tous les terrains. Depuis les couches dévoniennes où se montre le genre pour la première fois, jusque dans la nature actuelle, son existence n’a été interrompue qu’une seule fois, dans la craie supérieure; on en a la preuve par les recherches auxquelles nous venons de nous livrer dans la série des terrains. Le nombre des espèces est destiné à s'accroître encore par les recherches incessantes des paléontologistes. M. Bouchard- Chantereaux nous en communique huit espèces des environs de Boulogne, provenant presque toutes du corn-brasli ; elles sont nouvelles pour le plus grand nombre. M. Terquem, de Metz, nous prévient qu’il en a découvert un assez grand nombre de nouvelles espèces dans la série des terrains du lias, de Toolite inférieure et de la grande oolile, M. Buvignier à Verdun, M. Moreau à Saint-Mihiel, en ont aussi des espèces nouvelles, que M. Buvignier va publier dans la partie paléonlologique de la Géologie de la Meuse.
Jusqu'au moment où une bonne monographie du genre aura été entreprise, il restera du doute sur un certain nombre des espèces admises. Beaucoup d'entre elles se rapprochent, et la difficulté de les bien caractériser a dû jeter de la confusion dans leur synonymie. Les dernières espèces que nous venons de citer le prouvent surabondamment. Les auteurs, ceux surtout qui ont publié leurs travaux loin des grands centres scientifiques , ont dû laisser échapper de nombreux doubles emplois ; nous avons signalé les principaux sans avoir la prétention de les faire disparaître tous. Pour obtenir un résultat si désirable, il faudrait avoir à la fois sous les yeux toutes les espèces publiées pour les comparer et les rectifier aussi bien dans leur nomenclature que dans leurs distributions dans les couches terrestres.
LKS CAUDITES.