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Les burdi) de la coquille sont très variables dans leur proportion , cl cela Sü comprendra facilement d’après ce que nous avons exposé sur les modifications de la forme générale. Dans une coquille suborbiculairo, les côtés sont presque égaux , tandis que dans celle qui est ovale et Iransverse, les cotés inférieur et supérieur s’allongent considérablement aux dépens des bords antérieur et postérieur. Dans un grand nombre d’csiÆces, et particulièrement dans lesobrondés et dans les ovalaires , les bords de la coquille sont parfaitement clos. Dans les espèces étroites ctsubmyliliformes, on observe entre les valves, vers l’cstrémUé antérieure, un faible écartement destiné à donner passage à un byssus. Il y a cependant des espèces byssifères chez lesquelles les valves sont parfaitement closes ; cela annonce chez elles un byssus fLun faible volumé , et composé de fils assez fins pour ne pouvoir s’opposer à la clôture exacte des valves, lorsque l'animal se contracte.
Les Cardites sont des coquilles dont les couleurs sont assez variées. Le rouge brun domino chez elles ; cependant il en est de blanches diversement mouchetées de rouge ou de brun , rarement elles offrent d’autres nuances; elles sont blanches ou brunâtres à l'intérieur, quelquefois rougeâtres ou violacées. La surface interne est lisse : il est très rare d'y retrouver les indices des côtes do la Surface e.\lernc. L’épaisseur du lest étant considérable, tous les accidents extérieurs sont complélemenl elTacés par l'abondante sécrétion au moyen de laquelle l'animal consolide sa coquille. Sur cello surface on remarque de chaque côté l'impression musculaire , ovale ou obronde , d’une médiocre étendue cl assez souvent profondément imprimée dans l’épaisseur du test. Ces deux impressions donnent insertion à deux muscles puissants , à l'aide desquels l'animal rapproche les valves de sa coquille et la ferme complètement. Au-dessus de 1 impression musculaire antérieure, à la base du bord cardinal , on remarque une très petite impression musculaire , subcirculaire , ordinairement profonde; elle indique la place où vient se fi.xer le muscle rétracleur antérieur du pied. L’angle supérieur de l'impression musculaire postérieure est un peu détaché , et c’est sur ce point que vient s’attacher le muscle rétracteur postérieur du pied. Une impression palléale simple, toujours parallèle au bord, s'étend d’une impression musculaire a l’autre , en laissant entre elle et le bord des valves une zone dont la largeur indique celle du muscle circulaire du manteau.
La charnière des Cardites subit des modifications importantes : il est nécessaire de les suivre sur un nombre assez considérable d'espèces pour ne point éprouver d'embarras au moment de classer les espèces
LKS CAUülXüS.
dans leur véritable genre. Les modifications de la charnière suivent à |)eu près régulièrement celles de la forme extérieure des coquilles. On |icul dire d’une manière générale, que la charnière consiste en deux dents inégales et obliques sur chaque valve ; celle inégalité existe à la fois dans la longueur et dans l’épaisseur des dents» Sur la valve droite, par exemple, la dent antérieure est toujours très courte, et souvent réduite à l’état rudimentaire» tandis que la postérieure prend une longueur et une épaisseur considérables. Sur la valve gauche, au contraire, les deux dents sont d’uuo égale épaisseur, mais d'une inégale longueur. Elles sont séparées par une largo fossette , destinée à recevoir la grande dent de la valve droite. Les dents dont nous parlons sont supportées par une largo lame cardinale, dont répaisseur est quelquefois assez grande pour envahir une portion considérable do la cavité des crocliels. Il est même des espèces chez lesquelles la lame cardinale s'avance considérablement à l’intérieur des valves, et nous donnerons pour exemple les vieux individus du Venericardia planicosla de Lamarck, C’est ainsi que se présente la charnière dans la plupart des espèces orbiculaires ou sublransverses; cependant, sans sortir de ce groupe, elle subit des modifications importantes, qui prouvent combien est futile la séparation des Cardiles des Vénéricardes. On voit la lame cardinale diminuer peu à peu de largeur ; les dents elles-mêmes deviennent de plus en plus obliques , et il arrive un moment oii la dent antérieure a presque complètement disparu; on a de la peine à en apercevoir les vestiges, et la dent postérieure s’est amincie en s’appliquant le long de la nymphe qui supporte le ligament. C'est ainsi que se produit une charnière do véritable Cardite, dans des coquilles dont la forme- est celle dos Vénéricardes. 11 suffit de l'étude attentive do quelques espèces fossiles du bassin de Paris pour s’assurer de la réalité des faits que nous venons de rappeler. Dans les Cardites ovalaires, il est des espèces dont la charnière s’est maintenue large; les dents cardinales, en devenant plus obliques , sont cependant semblables par le nombre et la forme à celles des espèces obrondes qui ont fait le sujet de nos premières remarques. Une transformation a lieu chez elles : la charnière se rétrécit peu à peu, la dent, antérieure s'efface et la postérieure se rétrécit, s’allonge et accompagne la nymphe. Dans le groupe des Cardites proprement dites , la charnière offre deux modifications principales : la première est la continuation do celle dont noua venons (la parler; la lame cardinale, plus étroite que dans leS doux premiers groupes, porte en avant une dent très courte et obsolète, et en arrière une dent plus robuste, longue et étroite; chez ces espèces, la dent antérieure s'efface
YUNUT-QUATIUEME FAMILLE.
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assez rapidement, et la dent postérieure s’amincit beaucoup plus que dans les groupes précédents. Telle est la disposition du Cardita scî»?orbiculuris et de quelques autres espèces. Dans la seconde modification, pour laquelle le Cardila pcctunculus nous offre un exemple, la dent antérieure se porte sur le bord du môme côté , tandis que la postérieure reste dans sa position normale. Il en résulte que les deux dents forment entre elles un angle Ires ouvert, dont le sommet est dirigé vers l'exlrémité du crochet , la base occupant toute la largeur d'une sinuosité qui se dessine sur le bord libre de la lame cardinale. Par celte disposition, ces coquilles semblent avoir une dent latérale antérieure, et c'est là probablement le motif pour lequel Lamarck a séparé les Vénéricardes des Cardites. 11 ne faut pas croire néanmoins que ce déplacement do la dent antérieure se montre invariablement chez toutes les espèces transverses et étroites : il en est do cette modification comme do toutes les autres, elle a des oscillations. C’est ainsi que nous la remarquons chez des espèces ovalaires , telles que noire Cardita sqmmitjera , par exemple, et le Cardila laticostala de So'sverby.
Telles sont les modifications principales de la charnière des Cardites; mais il ne faut pas croire qu’elles soient, dans la nature, aussi simples que le pourrait faire supposer noire description : elles se combinent de manière à déjouer la description la plus minutieuse. L’examen d'une collection un peu complète fora connaître à l'observateur des nuances quelquefois peu appréciables dans la description la plus détaillée.
Le ligament est externe, il est allongé, demi-cylindriquo , très solide et résistant , fortement attaché sur des nymphes peu saillantes en dehors et fortement séparées du corselet par un sillon profond; dans ce sillon s’enfonce et s’attache solidement la tunique externe et fibreuse du ligament. Le corselet est rarement circonscrit ; il est quelquefois indiqué par une côte un peu plus saillante que les antres. Les crochets sont généralement grands et proéminents ; ils s’inclinent obliquement sur le côté antérieur, et au-dessous d’eux est creusée une lunule d'nne médiocre étendue, presque toujours très profonde. Celte lunule est nettement circonscrite par les premières côtes qui se dessinent sur le côté antérieur de la coquille.
Poli autrefois a décrit et figuré dans son grand ouvrage les deux espèces do Cardites que l’on rencontre le plus fréquemment dans la Méditerranée. L'une est le Cardila 5«/cata, Bruguière, que la plupart des auteurs ont rapporté au Chavia antiquata de Linné. L’autre est le Cardita calymîata, appartenant, comme nous l’avons vu , à ce groupe d’espèces étroites et allongées , à crochets terminaux. Si les naturalistes
LES CARDITES.
iGï
avaient consulté avec plus d’attention les travaux de Poli, depuis très longtemps ils auraient renoncé au genre Vénéricarde de Lamarck, et Lamarck lui-même, mieux inspiré des travaux du savant naturaliste, n’aurait pas proposé un genre inutile. Quoique assez imparfaites, les figures de Poli peuvent donner la preuve de la ressemblance des deux espèces qu'elles représentent. Tous les caractères essentiels sont identiques, et si quelques uns d’une moindre importance semblent différer, cela lientàuneimperfection notable dans les observations de Poli, ou dans la manière dont certaines pièces ont été reproduites par le dessinateur.
L’animal des Cardites varie dans sa forme générale, exactement de la même manière que la coquille elle-même où il est contenu. 11 est revêtu d'un manteau mince, demi-transparent, dont les bords, épaissis par un muscle orbiculaire, sont régulièrement et profondément plissés. Ses plis sécrètent et reçoivent les bords crénelés de la coquille; ses lobes sont séparés entre eux dans toute leur circonférence. Cependant à l’extrémité postérieure, un peu en arrière du muscle adducteur postérieur des valves, une bride charnue, courte et étroite, rattache l’un à l’autre les deux lobes du manteau; au moyen de cette bride est séparée une ouverture anale, assez grande, toujours sessile et entourée d’une duplicature palléaie. Les lobes du manteau paraissent simples; mais du côté postérieur, si on les examine à la loupe, on les trouve garnis de plis ou de papilles très courtes, dans une longueur qui correspondrait exactement à des siphons, si ces organes existaient.
La masse abdominale est épaisse, elle est contenue dans une enveloppe fibreuse, et elle se termine en avant et en bas en un pied triangulaire, linguiforme, peu allongé. Dans les espèces orbiculaires, ce pied offre dans une grande partie de son bord inférieur une fente assez profonde qui semble destinée à recevoir un- byssus, et cependant nous n'avons jamais trouvé la moindre trace de cet organe dans le Cardila sulcata de la Méditerranée, tandis qu’au contraire , dans les espèces allongées, cette fente contient un byssus plus ou moins considérable selon les espèces, et au moyen duquel l’animal s'attache fortement au rocher où il est suspendu. Quand, après la mort de l'animal, le byssus en a été arraché, le pied des espèces byssifères devient absolument semblable à celui des espèces dénuées de byssus.
En avant de la masse abdominale et au-dessous du muscle adducteur antérieur se montre l’ouverture de la bouche. Elle est d'une médiocre étendue, Iransverse, cachée entre deux lèvres membraneuses courtes et assez larges ; ces lèvres se prolongent de chaque côté en une paire de palpes labiales, courtes, triangulaires, tronquées latéralement.
T. II
VINGT-QUATRIÈME FAMILEE.
Ces organes ont été assez fidèlement. représentés par Poli, dans le Cardila calyculaia. Mais ils ont été étrangement déformés dans la figure du Cardita sulcata. Ils sont trilobés régulièrement de chaque côté» et si ce caractère eût été réel, il était, en effet, d’une assez grande valeur pour faire séparer en un genre distinct les Cardiles arrondies. Mais lorsque l'on a sous les yeux l’animal vu par Poli , on reconnaît facilement son erreur, les palpes labiales du Cardita sulmta présentent exactement les mêmes caractères que ceux du caïyculata.
Les branchies sont grandes, elles sont minces, aplaties, subquadrangulaires, et toujours inégales ; elles descendent obliquement de haut en bas et d’avant en arrière dans les espèces orbiculaires; elles sont transverses dans les espèces étroites. Les feuillets internes sont les plus grands : ils commencent immédiatement au-dessons du muscle adducteur antérieur, et leur extrémité antérieure vient effleurer la commissure des palpes labiales. Ils se prolongent en arrière de la masse abdominale, se terminent de ce côté en pointe aiguë; leur bord supérieur et postérieur est obliquement tronqué : c’est au moyen de celte froncatiire que la grande cavifé palléale est séparée de la cavité anale au moyen de la soudure du bord avec le manteau Ini-mènio. La branchie externe est plus longue que large ; elle est sublrapézoïdale. C’est par son extrémité antérieure qu elle diffère de la première. En arrière de la masse abdominale, elle se soude à sa congénère, et les deux paires branchiales se réunissent également entre elles dans la ligne médiane et longitudinale. Mais il arrive ici le phénomène que nous avons fait remarquer dans beaucoup d'autres genres : à la mort del animal les deux feuillets branchiaux se séparent entre eux, et ils so détachent également du manteau, ce qui semble faire croire à une communication entre les deux cavités de cet organe, tandis que pendant toute la durée de la vie elles sont complètement séparées. Les muscles adducteurs des valves sont gros : ces organes ressemblent dans leurs coulours aux impressions qu'ils laissent sur la coquilles. Dans les espèces Iransverses , le muscle adducteur postérieur est toujours plus gros que l’anLérieur, et la môme disproportion se montre également dans le muscle rétracteur postérieur du pied. Cet organe a dû prendre d’autant plus de développement que c’est lui qui contribue le plus puissamment à la formation du byssus.
Les Cardiles sont des animaux marins, on ne les rencontre pas dans le voisinage des eaux douces ; presque tous sont littoraux ; ils vivent à de faibles profondeurs, et celles des espèces qui s’attachent au moyen d’un byssus sont souvent au niveau du flot, et restent plus ou moins longtemps à l’air dans les basses marées. Les espèces sans byssus demeurent à de
LKS CAPPITES.
plus grandes profondeurs, elles préfèrent les fonds caillouteux og rocailleux, et ne cherchent pas a s’enfoncer dans le sable avec autant d’empressement que le font des Mollusques arénicoles. Quelques espèces semblent faire exception et descendent à de grandes profondeurs, ainsi que le lémoignecelle à laquelle M. Hindsaappli(|u6 le nom de Cardîlaabyfi^içolo^ Si nous examinons d’une manière générale la distribution géographique des Cardiles . nous n’en trouverons presque point dans les mers du Nord : leur nombre s’accroît dans les mors tempérées , et surtout dans les mers chaudes ou interlropicales, En cela les Cardiles suivent la règle générale : cette règle est presque invariablement la mémo pour presque tous les genres de Mollusques. Elles sont disséminées dans presque toutes les régions du globe. On a cru pendant longtemps que les mers actuelles n'en contonaionl aucune espèce dont la taille s'approciiât de celles qui sont répandues en abondance dans plusieurs des bassins tertiaires do l'Europe, Il existe cependant de ces especes grandes et épaisses ; elles sont propres aux mers de l'Amérique méridionale.
Le nombre des espèces vivantes n'est pas très considérable ; dans sa Monographie, qui est acluellemenl la plus complète, M. Iteevc mentionne cinquante espèces, Nous en connaissons dix à douze que n’a point connues le savant coochyliologue anglais.
D'après l’ouvrage de M. Rceve, sept espèces sont de localités inconnues. Une seule se trouve sur les côtes du Massachussets, do l'Amérique septentrionale : elle est de toutes les especes connues celle qui s'avance le plus vers le Nord. La Nouvelle- Hollande et le grand Océan austral n’en renferment que sept espèces; rAmerique centrale en compte onze, ce sont les mors qui en sont les plus riches. M. Cuming en a rapporté sept espèces des Philippines, les autres sont répandues en petit, nombre dans la mer Rouge, dans l’océan Atlantique, à Madagascar et au cap de Bonne-Espérance. La Méditerranée , si souvent explorée , en contient six espèces, dont quelques unes remontent dans nos régions tempérée.s. Les espèces ne sont pas strictement confinées dans les lieux que nous venons d’énumérer, souvent elles se mélangent ; des espèces de la Méditerranée se retrouvent jusqu'au cap Vert, on eu cite môme au Sénégal. L'une de celles de la mer Rouge existe encore à Ceylan et dans presque tout l'océan de l'Inde. Plusieurs espèces des Philippines sont mentionnées dans les mers de Chine. Lorsque les mers seront explorées avec un soin plus scrupuleux, lorsque l'on connaîtra mieux les mœurs de ses habitants, on pourra rechercher lesC^ardites dansjes rochers et les lieux qu’elles préfèrent , et il est à présumer que le nombre des espèces s’augmentera considérablement.
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Quant aux espèces fossiles, elles sont beaucoup plus nombreuses; on a cru pendant longtemps qu'elles étaient propres aux terrains tertiaires. Mais les recherches paléontologiques, poursuivies avec tant de zèle par un grand nombre de savants, ont prouvé qu’elles descendent dans presque toute la série sédimentaire. Nous allons examiner avec un soin scrupuleux la distribution des espèces dans les couches solides de notre terre.
Si , comme nous le pensons , le genre Cardioîa de M. Broderip représente les Cardites dans les terrains anciens , ce dernier genre , tel que nous le concevons, jouirait du privilège, ainsi qu’un certain nombre d’autres , de parcourir presque toute la série des formations terrestres, On ne peut juger des coquilles du genre Cardioîa que d’après leur forme extérieure, et le plus ordinairement des empreintes déformées par le ramollissement des roches les représentent. L’une de ces espèces, le Cardioîa interrupta^ Broderip, offre dans sa distribution des faits intéressants, consignés par M. de Verneuil, dans le tome VII* du Bulletin de la Société géologique de France. 11 est intéressant pour les géologues de reproduire ici, eh abrégé , cette note instructive de M. de Verneuil. C’est en Angleterre, dit ce savant distingué , qu’elle a été découverte pour la première fois , et c’est à M. Murchison que l’on doit la détermination rigoureuse de Tâge des couches qui la renferment. Ces couches sont de l’étage du Ludlow (silurien supérieur). Depuis, la présence de la même espèce a été constatée en Bohême par les belles recherches de M. de Barrande ; mais , dans ce pays, elle est située dans les couches un peu inférieures à celles d’Angleterre, Elle est, en effet, à la base du système silurien supérieur ; elle occupe la même position à Feuguerolle (Calvados) , à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche), à Saint-Jean-sur-Erve (Mayenne). Les terrains siluriens de la Catalogne, récemment explorés par M. Arnalio Maeslre, ont offert à ce savant des échantillons de la môme espèce’; et, enfin, M. Fournet l'a également trouvée dans le département de l'Hérault, à Faytis , près Nefliez. A ces localités, déjà nombreuses, on peut ajouter la Sardaigne , les alpes du Salzbourg . et partout , l’espèce dont nous parlons se rencontre exclusivement dans le terrain silurien supérieur. Il y a une localité en Bavière , celle d’Ebelsreuth que quelques géologues attribuent au terrain dévonien, et cependant le Cardioîa iaterrupta y existe d’une manière indubitable ; mais M. de Verneuil ne croit pas position géologique de ces terrains dévoniens définitivement établie; il se pourrait faire que, par des. observations ultérieures, ils descendissent dans le terrain silurien.
LES CAKDITES.
D'autres espèces ont été ajoutées à celles dont nous venons de parler; mais presque toutes ont été rapportées au genre Cardium par le plus grand nombre de paléontologistes. Nous avons eu occasion de parler de plusieurs d'entre elles, et nous renvoyons à ce que nous en avons dit.
M. Roemer, dans un mémoire récemment publié dans le Palœontographica de Meyer, signale dans le terrain dévonien de la Saxe, une coquille qu’il rapporte avec doute auxCardites, et qu’il nomme Cardita haliotoidea. Le genre est incertain pour M. Roemer, la charnière n’en est point connue ; par sa forme générale et ses caractères extérieurs , elle a de la ressemblance avec un certain nombre de véritables Cardites. Pour ceux des paléontologistes qui n’admellraienlpas les Cardioles parmi les Cardites, ils trouveraient dans l’espèce de M. Roemer la première apparition du genre , portant déjà les côtes rayonnantes qui caractérisent la plupart des espèces.
M. Bronn , dans son Index palœontologicus ^ a admis parmi les Cardites une coquille du Zechstein, signalée par M. Geinitz, dans son Traité paléonlologique, sous le nom de Cardita ou Cgpricardia Murchisoni. La charnière, parfaitement figurée dans l'ouvrage de M. Geinitz, ne faisse aucun doute sur le genre de celte espèce ; elle appartient incontestablement aux Cypricardes.
Il faut remonter jusqu’au muschelkalk supérieur pour retrouver de véritables Cardites. Elles y sont au nombre de sept, et toutes proviennent de Saint-Cassian. Ce sont les suivantes : Cardita tennis , Klipstein , dont M. d'Orbigny a fait un Cardium tenues sans que nous en puissions deviner la raison ; Cardita strigilata , du même auteur, M. d’Orbigny en fait une Cyprine; nous pencherions à l'introduire parmi les Cypricardes. Le Cardita rugosa t Klipstein, n’a pas non plus suffisamment les caractères extérieurs des Cardites. Plusieurs personnes se sont disputé le nom de Goldfuss , pour l’appliquer à quelques Cardites ; mais, par droit de priorité, le nom doit rester attaché à l’espèce du trias, mentionnée par M. Alberti.
Lamarck avait déjà nommé une Cardite, Cardita elegans; M. Klipstein, l’ayant oublié, a proposé la même dénomination pour une de ses espèces de Saint-Cassian. M. d'Orbigny en a fait un Cardium elegantulum dans son Prodrome , et nous demanderons encore une fois quelle est la raison de ce changement? Le nom de Cardita elegans ne pouvant rester, nous proposons de lui donner cëlui d*elegantula. Un changement analogue devra s’opérer également dans la dénomination du Cardita decussata de Goldfuss. Lamarck , depuis très longtemps . a appliqué ce nom à une petite espèce des terrains tertiaires de Paris.
VlNOï-OUATUIÈMK FAMILLE.
Comme le decussata de Goldfuss présenle assez exaclemenl la forme d’une pelileTrigonio, nous proposons pour elle le nom delrigoniœformis.
Pour un certain nombre de paléonlologisles , le genre Cardile manquerait entièrement à la formation basique ; il n’en est pas de mêmé pour nous : nous le retrouvons, en effet , sous le nom d7/(ppoporfâtm , donné par M. Sowerby à une grande coquille très renflée, à laquelle on retrouve la forme extérieure des Cardites proprement dites de Lamarck, moins les côtes extérieures, et se rapprochant ainsi du Cardiia nepkretica de cet auteur. VHippopodtum constitue l’unique espèce connue jusqu’ici dans le lias, et elle est en Angleterre, comme en France, au-dessus du lias à Gryphœa arcuata , dans des couches argileuses, formant la partie inférieure du lias moyen.
L’oolite inférieure devient plus riche en Cardites, les espèces conservent assez généralement la forme des Ilippopodium,; elles ont des stries Iransversos et point de côtes longitudinales. La charnière . presque rudimentaire dans 17//ppopodïum du lias, prend dans les espèces de l'oolite tous les reliefs, tous les caractères des véritables Cardites. Six espèces se répandent dans l’oolite inférieure. Nous ferons remarquer que M. Roemer, après avoir rejeté notre Cardila terminatis parmi les Astartés, la retrouvant plus grande dans les terrains ooliliques de l’Allemagne, en fait son Myoconcha oniala. Ces coquilles oui tous les caractères des Cardites , quand on est parvenu à en dégager la charnière.
Cardita terminatis , Desh,, pl. 32 , f. 4 1 .
Astarte terminalist Koeiner, de Asl, gen. p. i5.
Id^ bruiin, lud. pal. p. 228.
MyoconcUa ornnta^ Roemer, Verst. ooL gcb. sup, p. 33, pl. 18. f, 3a.
Id» bronii, luJ. pal. p. 764.
C’est une coquille do taille médiocre, un peu enflée , subcordiforme , ovale, transverse, très inéquilatérale, ayant quelquefois les crochets portés en avant à la manière des Modioles et de quelques autres Cardites ; le côté antérieur est court, le postérieur est arrondi; les bords sont finement crénelés à l'intérieur. La surface extérieure est cxiuverte de stries fines arrondies, concentriques, régulières, interrompues à des distances assez régulières par des étages d'accroissement; la charnière est tout à fait celle des autres Cardites; deux petites dents obliques sur une valve , une seule grosse et médiane sur l'autre.
Cette espèce est réellement caractéristique de l'oolite inférieure du Calvados.
LKS CAUDITES.
Aux six espèces que nous venons de mentionner nous pouvons en ajouter une septième trouvée aux environs de Metz, par M. Terquem : c'est une grande coquille aplatie, quadrangulaire; elle a beaucoup de rapports avec la coquille pour laquelle M. d'Orbigny a fait VHippopodhtm bajocense; mais elle en diffère par un côté antérieur infiniment plus long , une lunule plus étroite, une charnière plus large, et le corselet porte un bord saillant , derrière lequel le ligament devait être entièrement caché. Nous donnons à cette espèce le nom de Cardita Terquemi, voulant ainsi y attacher le nom do l’observateur plein do zèle et de bienveillance qui en a fait la découverte. Le Cardita ôq/ocansïs est une coquille intéressante que l’on retrouve avec assez de constance dans Toolile inférieure de Caen , des environs de Nancy et de Metz. Une autre espèce, voisine de cette dernière, a été découverte aux environs de Metz, par M. Terquem ; mais par malheur elle ne peut pas être complètement décrite , parce qu'elle n’est connue que par des moules intérieurs ou par quelques faibles «Icbris du test.
La grande oolithe contient en Angleterre une grande espèce de Cardite dont nous devons la connaissance b M. Morris î elle est probablement la même que celle nommée Hippopodium hict>nse,par M.d’Orbigny, et découverte par lui à la célèbre iocaliié de Luc (C-alvados). Elle est la seule inscrite dans les ouvrages des paléontologistes, cependant nous en connaissons trois autres de la môme formation, une de Vierzon et les deux autres de Luc.
Depuis la grande oolithe jusqu’aux terrains ci’éiacés, aucune espèce de Cardile n'était mentionnée. Celle lacune importante va être comblée par les recherches de M. Buvignier, aidé de MM. Moreau et Humbert , sur les terrains fossilifères du département de la Meuse. Grâce à eux , nous pouvons maintenant citer une espèce de Cardile dans l’oxford, Cardita Moreana, Buvignier, Géologie de la Meuse, pl. 4 5, f. 27-30. Le coral-rag en contient cinq espèces ; toutes sont nouvelles et décrites pour la première fois parM. Buvignier, dans l'ouvrage que nous venons de citer. Deux de ces espèC/es doivent plus particulièrement attirer raltention des paléontologistes : la première a été découverte par M. Humbert, dans la partie supérieure du terrain corallien proprement dit , connue des géologues français sous le nom de calcaire à plantes; elle est la première qui, dans toute la série jurassique, offre des côtes longitudinales , caractère qui devient tout à fait prédominant dans les espèces crétacées et tertiaires. La seconde espece est remarquable par son volume considérable et par le développement de sa charnière. M. Buvignier lui donne le nom Û'ingem qu’elle mérite à tous égards, car nous en possé-
VlNGT-yUATKlEMK FAMILLE.
dons une valve dégagée qui a 1 o cenümètres de long el i 0 cenlimètres et demi de large. Il existe des empreintes d’individus plus grands que celui dont nous venons de donner la dimension. Le calcaire portlandien, qui paraît en être complètement dépourvu en Angleterre, en renferme quatre espèces aux environs de Bar.
On a Remarqué, sans doute, combien est peu considérable le nonibre des espèces réparties dans toute la série des terrains inférieurs à la craie; en parvenant dans cette formation importante, le genre prend tout à coup un plus grand développement : en effet , il y est représenté par trente espèces, c’est-à-dire par un nombre presque égal à celui que contiennent tous les terrains précédents. Ces espèces crétacées sont assez également distribuées entre les cinq étages principaux qui partagent cette formation ; trois sont dans le terrain néocomien ; la plus répandue est celle nommée neocomiensis par M. d’Orbigny. M. d’Orbigny en compte trois aussi dans le gaull, mais il faut y en ajouter trois autres, trouvées par M. Buvignier dans le département de la Meuse. Nous signalerons également leCardita tenuicosta, que l’on rencontre non seulement en France, à Novion , à Giraudeau , à Dieuville , mais encore en Angleterre dans le comté de Kent. Cette espèce a été également citée par Geinitz, dans les craies supérieures de la Bohême; mais la coquille de ce naturaliste constitue une espèce différente à laquelle M. d'Orbigny a donné le nom de Cardita GeinÜzi. Il y en a encore une autre espèce, que M. Reuss rapporte au lenuicosta. M. d’Orbigny en fait une variété de son Cottaldina; mais si l’on vient à rapprocher la figure du lenuicosta de la Paléontologie française avec celle de Reuss , on leur trouve la ressemblance la plus parfaite , ce qui prouve que celte espèce a vécu à deux époques assez éloignées des mêmes formations. Le Cardita Dupiniana passe aussi du gaull dans le grès vert , car il se trouve à la fois à Géraudau , à Hervy et à Montblainville.
Dans son Prodrome de paléontologie , M. d’Orbigny cite cinq espèces de Cardites dans le grès vert ; nous en ajoutons une sixième empruntée au même auteur, et qu’il place parmi les Myoconcha , sous le nom de Myoconcha cretacea. Cette coquille, d’après M. d'Orbigny lui-même, après s'être répandue assez abondamment dans les grès verts, remonte dans la craie chlorilée de Rouen , et nous la possédons également d'un étage plus récent encore, de la craie à Sphérulites de Royan. Une autre espèce, le Cardita dubia, se trouve à la fois en France et en Angleterre, exactement dans la même position géologique. Quant aux autres espèces , elles sont des environs du Mans. A ces six espèces trois encore devront être ajoutées; elles proviennent des grès verts de la
LEÇ CAHDITES.
Belgique, connus dans ce pays sous le nom ûq tournas. L'une d’elles a été décrite et figurée par M. d’Archiac dans le tome II de la %* série des Mém. de la Soc, géol.^de France, sous le nom de Mytilus clathratus^ d'Arch. Cette coquille, qui par tous ses caractères appartient au genre Cardite, deviendra le Cardita clalhrala. Les deux autres espèces sont nouvelles : à l'une , voisine de la précédente, mais à côtes serrées , plus étroites, séparées par des sillons très profonds, chargées de petits tubercules à leur sommet, nous donnons le nomde Cardita Archiaci ; l’autre, d’une forme amygdaloïde, a beaucoup do ressemblance par sa forme générale avec une petite Cardinie du lias inférieur. Nous proposons pour elle la dénomination de Cardita plicatiîis.
Outre le Cardita cretacea , la craie chloritée contient actuellement quatre espèces ; toutes sont des craies d’Allemagne, et décrites par M. Reuss ou par M. Roemer.
La craie blanche de l’Europe ne renferme jusqu’ici que deux espèces; il en existe un nombre égal en Amérique. De ces dernières, l’une porte le nom de granulata, qui déjà avait été employé antérieurement par Defrance pour une espèce tertiaire d'Angleterre. Nous proposons de substituer à ce nom, qui fait double emploi , celui de Cardita Conradi. Le Cardita parvuîa , de Münster, se distribue dans les craies blanches de rAllemagne et de l’Angleterre.
La craie supérieure ne compte aussi que quatre espèces , actuellement inscrites dans les ouvrages^ des paléontologistes. L’une d’elles, que l’on trouve aux environs d’Aix-la-Chapelle, avait été confondue par Goldfuss parmi les Corbules, sous le nom de Corbula œquivalvis. M. Müller, dans son intéressant mémoire sur les craies supérieures d’Aix-la-Chapelle, a reconnu l’erreur de Goldfuss , et il l’a réparée en imposant à l’espèce le nom de Cardita Goldfussi; mais déjà il avait été devancé dans le choix de ce nom , ainsi que nous l’avons vu précédemment, et nous proposons à notre tour de désigner cette espèce intéressante par le nom de Cardita Mulleri. Nous avons quelques. doutes au sujet du Cardita modiolus de Nilson ; par sa forme générale , il se rapproche des Cypricardes ; il pourrait bien dépendre de ce genre. La quatrième espèce que nous connaissons vient de la craie supérieure d’Orglande ; elle est oblongue, transverse j à bords supérieur et inférieur parallèles; son bord interne est finement crénelé; nous proposons de la nommer Cardita GerviHii.
Nous terminerons ce qui a rapport à la craie en mentionnant les deux espèces de l’Inde, décrites par M. Forbes dans les Transactions de la Société géologique de Londres^ L’une est nommée Cardita striata, et
VINr.T-QUATKlÈMU FAMILLE.
l’autre or6icu/ans; toutes deux devront changer de nom, parce qu’avani M. Forbes ces dénominations avaient déjà été appliquées à d’autres espèces. M. d’Orbigny a fait passer, nous ne savons pour quels motifs, ces deux espèces dans le genre Cardium; elles onl cependant plus les caractères extérieurs des Cardites ; aussi nous ne suivrons pas l’exemple de ce paléontologiste, noos proposerons le nom de Cardita ForbesH pour l'espèce nommée sfWaïa, et celui de Cardîla Koyei pour celle qui porte le nom d'orhkutaris. 11 existait déjà dans Geinitz un Cardîta Mriata et dans Soworby un orbkularîs.
Aussitôt qu'il paraît dans les terrains tertiaires, le genre Cardite s'accroît beaucoup plus qa‘à aucune des époques précédentes; si nous en avons trouvé soixante et une espèces dans toute la série des terrains secondaires, il en existe plus de cent dans celle des terrains tertiaires. Le bassin de Paris, pendant longtemps, a été réputé la localité la plus riche dans ce genre. Depuis quelques années ratlenlion des paléontologistes, dirigée vers Pêlage tertiaire moyen, y a fait de nombreuses découvertes , et les Cardites de celle partie importante des terrains tertiaires sont presque aussi nombreuses que celles de l’étage sousjacent; quant à l’étage supérieur, lenombreen décroît considérablement, et c'est dans cet étage parliculîèremenl que se rencontrent un certain nombre d’espèces dont les analogues sont encore vivants. Nous allons prendre chacun des étages tertiaires en particulier pour en examiner plus allenlivement les espèces.
Dans PexcellCnt ouvrage qu’il publie sous le titre ù'IIisloire des progrès de lû géologie, M. d'Archiac, après avoir résumé avec un talent remarquable tout ce qui a été fait jusqu'ici au sujet du terrain nummulitique, présente le tableau des fossiles recueillis dans ces terrains. Il y mentionne, pour plus de fidélité, non seulement les espèces déjà introduites dans la science par des figures et des descriptions , mais aussi celles qui sont parvenues à sa connaissance, provenant de diverses collections et qui no sont pasencore décrites. Aussi, sur les vingt-deux espèces de Cardites rassemblées par l’auteur, il en est huit d’inédites et qui nous sont absolument inconnues. “Parmi les autres, quelques unes ont été décrites par M. Leymerie dans le 1" vol. de la 2® série des Mémoires de la Société géologique de France; d’autres que M. d'Archiac a pris lui-même le soin de faire connaître dans le 2* volume des mêmes mémoires. Les dernières, enfin , ayant été observées déjà aux environs de Paris, sont connues depuis les publications de Lamarck et les nôtres. Nous sommes surpris de ne pas trouver dans celle liste le Cardita pîaMcoHa . dont nous avons vu dès itidividus bien caractérisés prôvé-:
LES CARDITES*
nant des environs de Nice. A ces espèces , il serait naturel d’ajouter celles qui , dans le bassin de Paris lui-même . sont répandues dans les terrains marins inférieurs dont Tâge correspond à celui du terrain nummulitique. D’après M. d’Archiac, il y aurait quinze èSpèces propres au terrain nummulîtiquo, et qu’on ne retrouve pas dans le bassin de Paris ou d’autres dépôts synchroniques de la Belgique et de l’Angleterre.
Parmi elles, le Carâita Barrandei a été signalé à Biarilz et à la Pallarea, près de Nice. Dans ces espèces ne sont pas comprises celles inscrites par M. d'Orbigny dans son Prodrome de paléontologie, et que cet auteur a fait connaître d’une manière trop insufûsante pour être reconnues.
D’autres espèces appartiennent au bassin de Paris, et sont dans des couches parallèles à celles des terrains nummuliliques ; l’une d’elles est la plus grande des espèces tertiaires connues, c'est le Curdiia pectuncularis. C’est dans ces terrains inférieurs que Ton commence à rencontrer le Cùrdila planicosta^ mais il se montre alors sous la forme d'une petite variété constante , qui, érigée en espèce par M. d’Archiac, a reçu de lui le nom de Venericardia suessoniensis.
Treize espèces sont actuellement connues dans les calcaires grossiers de Paris et les sables marins qui les recouvrent ; presque toutes y sont répandues en grande abondance. Parmi elles, nous signalerons particulièrement le
Cardita planicosla , Lamarck, pl. 32 , f. 1 , 3.
Seba. Th(î5. pl. io6. f. 56,
Knorr, Peiref. part. i. pl. ^5. f. 5.
Desh, Euoycl. méd). Vers, t. a. p. ig8,n® 5.
Nyst. C'orj. fbss. Kelg. p. 2o5. n® 164. pl. I7. f. J. y enericardia^ Lamk. Aon. mus. t. 7. p. 55. t. 9. pl. 3f . f. ro et pl. 5a, f. 2.
Sow., Min. touch. I, ti p. t07. pl. 5o.
Desh. Coq. fôss. env. Paris, t. i. p. i4y. a® i, pl. 24. f. 1,2, 3*
/d, dans Lamk. An. s, vert. t. 6. p. 3Sf, a® 1.
Uronn, Ltlli. geo**!!, t. 2. p. g4y. pl. 38. f. 7.
Oaleülti. Giüga. B abaut. Méni. Âcaci. p. i50. lag,
Graiel. C^t. an, vert, el iav. p. 62. a® 60g,
Puscli, Loli'iis. pal. p. 6g. a* 6.
Morris, t at, Brit. (bss. p. 104.
Pot, et Mich, Gai. Duuai. 1, 2, p. i65* U* Q.
VINGT-QUATRIÈME FAMILLE
CoDrad, Foss. siu-lls North Amer, t. i. n® i. pl. 5. f, 3, p, 30. Sowerby, Conch. mai», f. i a i ?
Rronn, lud. pal. p. 337.
D'Orb, Prodr. pal, t, a, p, 383.
pefr. Dicl. sc. nat. t. 57. p. 23 1.
Grande coquille cordiforme, solide et épaisse, couverte de vingt-huit à trente-deux côtes, simples, aplaties, séparées sur les crochets par des sillons profonds, mais qui s’effacent insensiblement pour disparaître vers le bord des vieux individus. Au-dessous du crochet se voit une lunule cordiforme profonde , circonscrite par un sillon. Elle est plus large que haute. La portion qui appartient à la valve droite empiète un peu sur celle de la valve opposée, d’où résulte une inégalité frappante entre les deux parties de la lunule d’un même individu. La charnière est supportée par une lame cardinale large et épaisse; elle présente deux dents très obliques et inégales sur la valve gauche, et une seule dent très épaisse sur la valve droite. Une nymphe, très épaisse et fort longue, s'enfonce derrière le bord du corselet, et donne insertion à un ligament externe très épais que l’on rencontre quelquefois très bien conservé chez ceux des individus dont les valves n’ont point été séparées. Cette grande coquille est une de celles qui caractérisent le mieux l’ensemble des formations marines du bassin de Paris. Elle se montre, comme nous le disions, dans les sables inférieurs du Soissonnais; elle remonte dans les calcaires grossiers , elle s’y répand quelquefois avec profusion. Elle se continue avec non moins d’abondance dans les sables marins moyens , puis elle disparaît ensuite entièrement. Quant à sa distribution géographique, elle n’est pas moins importante. Elle est citée aux environs do Turin, probablement à Castel-Gomberlo, par M. Sismonda. Elle existe à la Pallarea, nous l’avons vue dans la collection de M. Caillaud et dans celle de M. Bellardi. On la rencontre fréquemment à Hauteviile , près Valognes , et elle est très commune en Angleterre, à Bracklesham et Stubington. Elle n’est pas moins fréquente dans les terrains tertiaires inférieurs de la Belgique, à Gand, aux environs de Bruges, dans le calcaire d’Afünghem, les grès ferrugineux de Louvain et les environs d’Ypres. Nous serions étonné qu’elle ne se fût pas rencontrée parmi les espèces rapportées de l'Inde ; mais elle existe, sans le moindre doute, dans les tertiaires inférieurs de l’Amérique septentrionale.
Le Cardita imbricata est aussi l’une des coquilles les plus répandues dans le bassin de Paris, mais elle caractérise plus particulièrement l’étage du calcaire grossier.
LES CARDITES.
Cardita iuibricataj Linné , pi, 31 , f. 6 , 7.
Lister, Conch, pl, 497. f. 5a.
Sow. Gen. of shells. n® ao.
Desh. Encycl. met. Vers. t. a. p. 199.
y eniis imbricata, GmeL p. 3^77. u® 34*
Reeve, Conch. sysl. pl. 79. f. 4.
Seba, Thés. p\. 106. f. Sg, 40.
Chemnitz, Conch. t. 6, pl. 3o. f. 3x4, 3i5,
VentTicardia imhricatay Encycl. pl. 274» L 4- fl.
Lanik. Àiin. mus. t. 7. p. 56 et t. 3. pl. aa. f. i.
Brongn. Mém. vicentin. p. 79.
Desh. Coq. foss. Paris, t. r. p, iSa. n® 4. pl. 24» L 4, 5-
Id^ dans Lamk. An, s. vert. t. 2. p. 198. n“ 8.
Galeolli, Géogn. Brab. Mém. Acad. Brux. t. la. p. i56.
Pot. et Mich. Cal. raoll. Douai, t. 2. p. i65. 19.
Venericardia rotunda? Lea, Contrib. geol. p. 70. pl. a. f, 48.
Cardita^ Blainville, MoU, pl. 68. f, 3.
Id. Nysl, Coq. foss. Belg, p. 209. n® 167.
Bronn, Ind. pal. p. 2a5.
D’Orh. Prodr. pal. l, 2, p. 384.
Defr. Dicl, sc, nat. t. 57. p, a3a.
Var. y enericardia spissa, Def. Dict, sc. nal. t. 57. p. a35,
Id, Bronn, Ind. pal. t. 2. p. iSSa.
Autrefois figurée par Lister, cette espèce a été connue de Chemnitz et de Gmelin. Elle est facilement reconnaissable par sà forme orbiculaire. Son test épais et solide, ses crochets peu proéminents partagent la coquille en deux parties inégales; de ses crochets partent, en rayonnant, trente à trente-quatre côtes arrondies, séparées par des sillons plus étroits qu’elles; celles du côté postérieur sont plus étroites et plus aiguës. Sur ces côtes s'élèvent, avec assez de régularité des écailles subimbriquées, épaisses et obtuses, prenant quelquefois la forme de tubercules. Une lunule, très petite et très profonde, se voit assez difficilement au-dessous des crochets. La charnière est d’une médiocre largeur, épaisse, et montre deux dents très obliques en arrière et presque égales sur la valve gauche, et une seule épaisse et obtuse sur la droite. Le bord interne des valves porte autant de crénelures qu’il y a de côtes extérieures. L’impression musculaire antérieure est ovaleoblongue, ia postérieure circulaire. Une variété de cette espèce a été
*74 VINGT-QUATRIÈME FAMILLE
nommée Cardita spissa^ par M. Defrançe; c'est elle que l'on rencontre plus particulièrémentà Dammerie et à Courtagnon. Ses côtes, plus larges, plus écrasées, ont des écailles et des tubercules plus courts. Nous ne la connaissons pas dans les sables inférieurs de Paris; mais elle est d'une abondance extraordinaire dans les calcaires grossiers, et elle ne passe pas dans les sables marins moyens. On la connaît actuellement sur un vaste horizon, à Castel-Gomberto, à Ilauteville, à la Pallarea près de Nice, à Gand , à Bruxelles, et il est bien à présumer que le Cardita rotunda, de Lea, en est gne variété américaine : elle accompagnerait dans celle région le p/anicos(a.
Une autre espèce :
Cardita angu.^ticostata , Desb.. pl, 32, f. 6^ 7.
Desh Oüc]. ft)ss. Paris, t. i. |i. r53. pl. 27. f. 5, 6.
Jd. Eucycl. met. Vers, t.j.p. 199 Br<tnn, Ind, pal. p. 394 D'Oib. Piodr. p^l. t, 2. p, 3S4.
accompagne l’tmôncafa, particulièrement dans les calcaires grossiers , mais elle est au nombre de celles qui remontent dans les sables moyens. M. d'Archiac la cite dans les sables inférieurs do Bracheux, où nous ne l’avons cependant jamais rencontrée. Elle existe aussi à la Pallarea, près de Nice, et nous l’avons vue récemment parmi les fossiles d’Angleterre, et toujours parfaitement distincte du carinata de Sowerby.
Par sa forme générale , cette coquille se rapproche beaucoup de rimhricaia; elle est cependant plus ovale et un peu plus inéquilalérale ; sa surface extérieure porte vingt-six à vingt-huit côtes dont le profil est triangulaire ; celles du côté postérieur, au nombre de cinq ou six , sont plus petites, plus étroites et plus rapprochées. Ces côtes semblent formées de la auperposilion do deux côtes inégales , dont la soudure se montrerait sous la forme d’une strie latérale. Le sommet, assez aigu, est armé de dentelures en dents de çcie. La lunule est très petite, profonde, plus large que haute; la charnière, assez étroite, porte sur la valve gauche deux dents obliques, égales, séparées par une très large fossette destinée à recevoir la seule dent large et obtuse de la valve opposée.
Nous pouvons citer encore d'autres espèces du terrain tertiaire inférieur de Paris , espèces intéressantes par leur distribution. C'est ainsi que le CardVa decus&ata, par exemple, se trouve à la fois dans le bassin de Paris, en Belgique et en Angleterre. Le Cardita elegans accompagne
LES CAEDITES.
la précédente dans les mômes lieux, mais elle descend aussi dans les sables inférieurs de Soissons. Le Cardita aspera , nommé aussi asperuta, par Defrance , est assez abondant aux environs de Paris, et se retrouve à la Pallarea, LiiS Cardita squamosa ^ mitis ^ cakitrapoîdes , remontent du calcaire grossier dans les sables moyens ; mais la dernière espèce précitée se rencontre également à Uauleville (Manche). Deux espèces se montrent dans les sables marins moyens , no descendent pas au-dessous et ne remontent pas au-dessus : co sont les Cardita coraviuin et complanata. Ces deux espèces caractérisent parfaitement bien les couches moyennes du bassin de Paris, car on les rencontre dans presque tous les lieux où ces couches sont mises à découvert.
Dans les terrains tertiaires inférieurs de la Belgique, M. Nyst indique une espèce qui jusqu’ici ne s’est point trouvée ailleurs : c’est le Cardita lalisulca, autrefois confondue avec le îïccluac«/om de Lamarck. M. Defrance a mentionné , sous le nom de sportella , une espèce qui paraît propre au petit bassin tertiaire des environs de Valognes; malheureusement elle n'a point été figurée et la description en est trop insuffisante pour la faire reconnaître. Nous avons déjà mentionné quelques unes des espèces tertiaires d'Angleterre , parco qu'elles se retrouvent clans le bassin de Paris. A ces espèces, il faut en ajouter cinq qui paraissent tout à fait particulières au bassin de Londres; ce sont les Cardita Oblonga^ Brongniarli, carinata, doîtaides^ globosa, de Sowerby ; celle dernière devra reprendre son nom ddsulcata.qm Brander lui donna autrefois. Nous retrouverons bientôt, parmi les espèces vivantes qui ont leur analogue fossile, une autre espèce à laquelle Bruguière a également donné le nom de siilcata; mais nommée déjà antiquata par Linné , en reprenant son premier nom spécifique , la nomenclature se trouvera complètement restituée.
En terminant l'examen de l'importante série des espèces de Cardites appartenant à l'étage inférieur des terrains tertiaires, nous avons encore une remarque à faire au sujet d’une espèce que nous avons citée autrefois dans le bassin de Paris. Nous voulons parler du Cardita crassa^ Nous nous étions procure une valve do cette coquille dans une collection formée avec soin à Soissons, par feq M. Petit, et portant la localité de Merin. Malgré les recherches actives d'un grand nombre de personnes, jamais celle espèce n'a été retrouvée depuis dans le bassin de Paris, pas plus à Soissons qu’ailleurs. 11 se pourrait donc que M. Petit et nous-môme ayons été trompés ; ce serait donc une espèce à supprimer du catalogue des fossiles des environs de Paris. Cependant, sans avoir vu notre échantillon, qui est unique , M. d’Orbigny constitue avec
VINGT-QUATRIEME FAMILLE
lui une espèce distincte du crassa sous le nom de pseudocrassa^ préoccupé sans doute de celte idée théorique qu’aucune espèce du bassin de Paris ne passe en identique dans des terrains supérieurs.
Parmi toutes les espèces ci-dessus mentionnées, ne sont pas comprises celles qui appartiennent aux sables de Fontainebleau ; ces sables sont peu abondants en CarditeS; plusieurs de celles qui y sont citées sont le sujet d'une déplorable confusion. D’un côté , elles ont été confondues, par Goldfuss , avec les espèces du crag d'Angleterre, et Goldfuss a trouvé une fouie d’imitateurs. D'un aùlre côté, on les a crues semblables à celles de Vienne , de Bordeaux , d’où il résulte , avec l’insuffisance des descriptions et l’imperfection des figures, l’impossibilité de rapporter avec certitude chaque espèce à sa véritable synonymie. Il nous faudrait entrer dans une trop longue discussion pour la rétablir d’une manière convenable, et nous n’osons l'entreprendre, parce que nous n’avons pas encore, pour les comparer, des individus provenant de toutes les localités où ces espèces ont été citées. Ce sont les Cardita chamœformis, $caîari8 et orhicularis^ dont nous voulons parler; nous les retrouverons un peu plus tard parmi les espèces du crag d’Angleterre. Nous pouvons déjà affirmer, à la suite de l’examen des matériaux que nous avons sous les yeux, quelles ne sont pas dans les sables de Fontainebleau. Un fait intéressant a été récemment découvert par M. Hébert : ce savant géologue a trouvé dans les sables de Fontainebleau, non loin d’Étampes, uneCardite identique avec l’une de celles du bassin de Bordeaux, et que Bastérot a confondue avec Vintermedia de Brocchi , quoiqu’elle en soit parfaitement distincte. Trois espèces , trouvées aux»environs de Magdebourg et décrites par M. Phiiippi dans le Palœontographica de Meyer, complètent toutes celles, au nombre de sept, que nous connaissons dans celte partie très intéressante des terrains tertiaires.
Si l’on s’en rapportait trop exclusivement aux ouvrages qui traitent des fossiles de l'étage tertiaire moyen , on pourrait croire que ces terrains contiennent un nombre considérable d’espèces de Cardites. Mais lorsque l’on vient à examiner les espèces avec le soin qu’elles méritent , on reconnaît un assez grand nombre de doubles emplois qu’il faut de toute nécessité supprimer pour avoir le nombre exact des espèces mio cènes. Quelque soin qu’on apporte dans les recherches, il reste dans les majns un certain nombre d'indications au sujet desquelles il est tout à fait impossible de se prononcer. Certains auteurs se sont contentés de caractériser trop brièvement leurs espèces sans les figurer, et ces espèces, n’étant point répandues -dans nos collections, doivent être considérées, jusqu’à nouvel ordre, comme non avenues. Nous les voyons
LES CARDITES.
cependant quelquefois citées dans la synonymie d’espèces ‘bien connues ; mais comme nous savons combien est fautive la synonymie des ouvrages auxquels nous faisons allusion , nous ne considérons pas ces citations comme un moyen suffisant d’ébranler nos convictions. C'est ainsi que nous sommes obligé de passer sous silence un certain nombre des espèces de M. Eichwald , et de considérer à peu près comme non avenu ce que M. Pusch a donné sur les Cardites de la Pologne et de la Wolhynie ; car dans l'ouvrage, du reste fort estimable, de ce naturaliste , nous trouvons mélangées des espèces du bassin de Paris , du crag d'Angleterre et même du Plaisantin , dans les mêmes lieux et avec les espèces de l'étage tertiaire moyen. Nous pouvons donc soupçonner des déterminations vicieuses et une synonymie très imparfaitement établie. Nous aurions des observations à peu près semblables à produire au sujet de l’ouvrage de GoldfusS, Ce naturaliste, ayant toujours eu la tendance à assimiler les espèces de rAlIemagne avec celles de l’Angleterre, se montre ainsi trop confiant dans l’exactitude des figures ou des médiocres descriptions de Sowerby ; en éliminant les espèces douteuses , il en reste encore vingt-trois , sans y comprendre celles du crag.
Nous avons déjà mentionné, une espèce des sables de Fontainebleau , trouvée par M. Hébert, aux environs d'Étampes ; elle offre l’analogie la plus parfaite avec une coquille assez abondante dans le bassin de Bordeaux, et que M. de Baslérol avait prise pour Vintermedia de Brocchi. Celle espèce devra recevoir un nom nouveau , car jusqu’ici elle n*a été reprise par aucun des auteurs qui se sont occupés de cette matière; nous proposons pour ell^ le nom de Cardita Basïerolî.
A l'exception du Cardita crassa, qui est en extrême abondance dans les faluns de la Touraine , et que l’on retrouve ensuite dans presque tout le terrain tertiaire d’Europe, les autres espèces des faluns de la Touraine, au nombre de sept, paraissent jusqu'ici particulières à cette localité. Il n’en est pas de môme des espèces du bassin de Bordeaux ; nous avons le Cardita /nppopm, que l’on rencontre à la fois à Bordeaux, à Turin et à Vienne.
Le Cardita pmni//a, de Bastérot , pl, 31 , f. 4 , 5.
Bastérol, Métii. sur les foss. de Eord. pl. 5. f. 4.
Del. Dict. SC. uat. t. S’j. p. 236.
Cardita ajar^ Desli. dans Lamk. An, s. vert, a* éJ. t. 6. p, 4a6,
/d. Gralel. Cat. zool. p. 62.
Id. Michel., Doser, l’o^s, mioc. p. pO. zi® 3.
YINGT-OÜATRIÈME FAMILLE.
Espèce exoossivenient i’(ï|iprochéo du Cardita ajar, actuellement vivante au Sénégal , se distribue abondammont dans les terrains de Bordeaux f de Dax et de Turin .
Une petite espèce , confondue par la plupart des auteurs avec le Cardita orhicularis du crag d'Angleterre, le Cardita midmlata, Bastérot , producta , Micbelotti , est connue à Dax , à Bordeaux , à Turin et à Vienne. Nous en avons quelques exemplaires de la Wolhynie que nous a communiqués M. de Hauer. Il est à présumer qu'elle aura reçu'un nom particulier par ceux des naturalistes qui se sont occupés des fossiles de celle contrée. Mais de toutes les espèces, celle qui mérite le plus ratlenlion des paléontologistes est celle nommée :
Cardita Jouanneliy par M. Bastérot, pl. 31, f. 8, 9.
yenerivaidia Jouanueti t Buit. Méin. soc. Iiist. nat. Pans. I. a. p, 8o.
11“ 3. pi. 5. f. 3,
Dc>li. Encycl. méib. Vers, t. a, p, 197, u** 4.
Id. iu I.atiik. a® êd, I. O, p. 43(>. n® 27.
Goldf. Pelrt’f. gcrni. p 187, pl, ï33. f. i5. n. b.
Gralelüup, Cal . zcol. p. 61. ii“ 607.
Cardita Brocchii, Mich. Biaoh. ed, acef. p, i5. ij® 3.
G. AîichcluUj, Terr. niioc. dii ITlal. septent. p. 97. n* 4.
Broun, Ind. pal» p, aa*».
Defr, Dict, sc. uat t. 07. p, aS;.
Sismonda, Syii, ped. fuvs, p. 7.
Smith, Quart, jpurn. [;eûl. Soc. f. 3. p. 41 3,
Non seulement elle est a Bordeaux et à Dax , mais encore à Turin et à Tortone. Elle est très commune dans les mollasses de la Suisse. Elle n'est pas moins abondante dans le ba.ssin de Vienne , d’où elle a été rapportée, pour la première fois, par notre savant ami M. Constant Prévost. C’est une grande coquille ovale, oblongue , inéquÜatéralo , à lunule petite, enfoncée ; la surface est couverte d’un peiit nombre de côtes rayonnantes, simples, larges , écrasées sur les bords.
Pendant longtemps on a cru que tous les terrains argileux de ritaïie dépendaient d'une seule et même époque géologique. Depuis que l'on a apporté à l'étude des fossiles une attention plus grande, on a reconnu, parmi ceux que l'on était habitué à ranger, avec Brocchi, dans les terrains subapennins, des formes particulières au bassin de Bordeaux et de Dax, et Ton s’estassuré qu’elles provenaient toujours de certains lieux et ne se mélangeaient jamais avec celles des collines subapennines. Les couches dans lesquelles les fossiles en question sont répandus sont
LES CAUDITES.
toujours placées au-dessous dos autres , sont parallèles à la colline de Turin , et par conséquent a celles de ï)ax et de Bordeaux. La constatation du terrain miocène en Italie a été une découverte d aulanl plus heureuse, qu’elle a fait cesser celte confusion entre deux sortes de terrains pour lesquelles le rapport des analogues so trouvait exagéré. Il n’est pas étonnant non plus que le nombre des e.'^pèces semblables entre Turin et Torlono se soit sensiblement accru , ainsi que le constate l'onvrage publié depuis quelques années par M Micbelotti. Nous ne devons pasomelLre la citation dedeux espèces, dont l'une surtout, Canlita crassa, a été mentionnée par nous-méme dans le bassin do Paris, quoique son gisement le plus habituel soit dans le terrain tertiaire moyen. On trouve à Bordeaux et à Dax une coquille qui se rapproclie oxlrômement de celle des faluns de la Touraine. M. Graleloup lui a conservé le même nom, la considérant comme identique. Dans les collines subapennines , Brocclii a rencontré une espèce à laquelle il a appliqué le nom de calyculata , la considérant comme l'aimloguo de l'espèce encore vivante dans la Méditerranée. Si l'on rapproclie un grand nombre d'individus des trois types principaux dont nous venons de parler, on les voit se réunir par des intermédiaires, et leur séparation devient plus individuelle que spécilique. Cependant les individus do la Touraine ont plus de ressemblance avec le Cm'dita crasaicosia , vivant au Sénégal , tandis que ceux du Plaisantin ressemblent beaucoup plus à l'espèce méditerranéenne. Il faudrait savoir s’il existe autant de rapports entre les types vivants qu'entre les fossiles, et alors la question se trouverait complélemenl vidée. L'autre espèce est non moins connue , c’est le Coj'dita trupezia : elle est très abondante à l'état fossile dans les faluns de la Touraine ; elle est également fossile en Sicile, elle est vivante dans la Méditerranée; elle son de celte mer pour so continuer sur la côte d’Afrique jusqu'aux Iles Madère. L’espèce du crag dont nous allons parler, et celle-ci, sont les deux premiers exemples incontestables de coquilles qui ont commencé â vivre au milieu d’espèces aujourd’hui éteintes, jouissant du singulier privilège de résister aux causes de destruction qui ont frappé foutes les autres.
Lamarck a depuis longtemps imposé le nom de Carditu senilis à une coquille des environs d'Angers. M. Sowerby a cru reconxiatlre celle espèce parmi celles du crag en Angleterre , et il en est résulté que jusqu’ici le nom de scnib's a été substitué de l'espèce de Lamarck à celle de Sowerby. Nous avons la coquille d’Angers ; nous l’avons autrefois comparée à celle que possédait M. Défiance, qui lui-même l'avait communiquée à Lamarck , et nous pouvons affirmer que l'espèce du
1 8o VINGT-QUATRIÈME FAMILLE.
crag est constamment distincte du vrai senilis. Aussi M. Nyst a proposé pour celle du'crag le nom de CardUasquamulosa, rectification que nous admettons avec empressement. Nous avons vu déjà un Cardita iiitermediaj auquel nous avons été obligé de donner un nom nouveau ; nous en trouvons un autre sous le môme nom dans l'ouvrage de M. Dubois de Monlpéreux. Elle est très distincte des deux premières, et nous avons de la peine à comprendre la possibilité d'une semblable confusion. Nous proposons de donner à cette dernière espèce le nom'de Cardita Duboisii , moins pour rappeler l’erreur de ce naturaliste que dans l'intention d'adresser à sa mémoire un témoignage d'estime et de reconnaissance ; car ce savant avait consacré sa vie à l’étude de l’histoire naturelle, à laquelle il a rendu d’éminents services.
Les espèces du crag d’Angleterre sont en petit nombre. Quatre sont décrites par Sowerby ; M. Wood en ajoute deux autres : l’une entièrement nouvelle ; l’autre, plus intéressante, décrite sous le nom de Cardita corbi$t par Philippi; elle serait vivante en Sicile, fossile dans le même pays, et également fossile dans le crag d’Angleterre , sans se retrouver dans les terrains subapennins. C’est à l'occasion de trois des espèces du crag, précédemment citées par nous; que s’est produite cette étrange confusion que M. Wood est appelé à faire cesser lorsqu’il aura publié la dernière partie impatiemment attendue de son grand travail sur les fossiles du crag d’Angleterre.
Nous n’avons pas mentionné jusqu’ici les espèces de l’Amérique. Les naturalistes des États-Unis ont fait connaître un assez grand nombre d'espèces; nous ne devons pas négliger de les examiner dans cette revue générale du genre. Quelques incertitudes régnent encore au sujet de la position géologique de quelques unes d’entre elles. Celles figurées par M. Lea, dans ses Contributions d la géologie^ appartiennent sans exception à l’étage inférieur des terrains tertiaires. Il en est de môme de celles plus récemment figurées par M. Conrad , dans le tome I®' de la nouvelle série du journal de l'Académie des sciences naturelles de Philadelphie. Ces espèces sont au nombre de dix. Parmi celles de M. Conrad, nous remarquons sous le nom de Cardita denlala^ une grande coquille qui nous paraît être identique avec le Cardila planicosta des environs de Paris. Une autre espèce de M. Lea, Cardita rotunda^ à en juger d’après la figure, aurait une extrême ressemblance avec le Cardita imbricaia do Paris , et pourrait être comprise au nombre de ses variétés. Cinq autres espèces sont encore mentionnées par M. Conrad , dans le Journal de Sillimann; mais pour celles-là, n’ayant aucun document positif à leur sujet , nous n'avons point encore d’opinion arrêtée ,
LES CARDITES.
tant sur leur valeur spécifique que sur Tâge des couches d’où elles proviennent. A ces quinze espèces , une seizième doit être ajoutée , mais nous la mentionnerons tout à l’heure parmi celles des espèces qui vivent encore dans les mers actuelles.
Les espèces du terrain tertiaire supérieur sont peu nombreuses, elles se partagent en deux catégories : dans la première se rangent celles qui n’ont plus, dans les mers actuelles, leurs représentants ; la seconde renferme celles dont les analogues subsistent encore. Deux espèces seulement, Cardüa etrusca et pectinata, ne sont plus actuellement vivantes; la dernière se rapproche considérablement .du Cardila on(tquata^ Linné (Cardüa suJcaîa^ Bruguière et Lamarck); elle en est distincte, non seulement par un volume plus grand, mais encore par plus d’aplatissement et d’autres caractères de la charnière. Nous ne comprenons pas la méprise de M. Bronn à son sujet; il la rapporte au rhomhoidea de Brocchi ; il suffit , pour se convaincre du contraire , de rapprocher les deux figures do Brocchi lui-même.
Voici la citation de toutes les espèces à nous connues à la fois vivantes et fossiles :
1° Cardüa anliquata y Linné, pl. 32, f. 8, 9, 10.
Chama antiquata, Lin. Syst. nat. éd. la. p. ii38 {excUisa Adansonii synonymia),
Cardita sulcatay Brug. Ency. méth, Tcrs, l. i. p, 4o5. 3.
Id, Lamarck, Au. %. vert, I. 6. p. ai. n® i.
Venericardia Payraud., Cat. des Moll, de Corse, p. 54.
Espèce répandue dans toute la Méditerranée.
Fossile en Sicile et en Italie.
2° Cardüa aculeata , Poli.
Chama aculeata^ Poli. Test. t. a. pl. 25, f. 23.
Cardita aculeata^ Pbilippi, Enum. Moll. Sicil. t. x. p. 54. t. 2. p. 4i.
Sjsmonda, Syu. ped. foss. p. 17.
Vivante en Sicile , sur les côtes de l’Algérie.
Fossile en Sicile, à Asti et dans l’île de Céphalonie (Strickland). -
3® Cardüa caîyculata f Linné (non Bruguière). •
Chaîna caJyculata^ Lin. Syst. nat. éd. 12. p, ri3S.
Cardita 'variegata^ Brug. Ency. mélh. Vers, t. r. p. 408. n® 6.
Chama caîyculata^ Poli, Test. t. 2, pl. 23. f. 7,8, 9.
ViNGT-QUArniEMii: FAMILLE.
Cardita sinuota? Lîinik. An. s. verl. l, 6. p. 2.5.
Cnniita sinnntn^ PavTantl,, Cal. de.s Moll, de Corse, p, 5^.
J'ùssilis. Cardita elongata^ Broun, liai, (erf. Geh.
Coquille très commune dans toute la Méditerranée. Elle vit attachée aux rochers du rivage par un byssus épais , soyeux , à fils d’une^grande finesse.
Fossile en Sicile, en Italie, en Morée.
4** Cardita inlermedia , Brocchi.,
Chama intermedia^ Brocchi, Conch. foss. snhap. t. 2. p. 5ao. pl. 12. f. x5.
Cardita inUrmediOj I.amk. An. s. verl, t. 6. p. 25. 2* éd. p. 4^8. n® 6.
Celte espèce est citée par Lamarck vivante dans les mers de la Nouvelle-Hollande, Nons avons examiné les deux valves que possède le Muséum ; elles sont décolorées et dans un état qui annonce un long enfouissement dans le sable sans être cependant altérées comme les individus fossiles. L’identité de ces valves avec les individus fossiles des collines subapennines est aussi parfaite que peut le désirer l’observateur le plus scrupuleux.
5® Cardita Borealis ^ Conrad.
renericardia UunaliSy Conrad, Amer. inar. conch. Ji" 3, pl. 8. f. i,
Gould. Report iiivert. of Massach, ]>. y*, f. 5y.
Fossilis, De^urel Cabett, Quart, jotirii. j;cüI. Sor. l. 5. p, 342.
Coquille assez commune sur les côles de l’Amérique septentrionale.
Fossile dans les terrains quaternaires de Nantucket.
Il résulte des recherches auxquelles nous nous sommes livré que ccnt'cinquante-deux espèces fossiles peuvent être admises actuellement dans le genre Cardile et distribuées dans les terrains de la manière que nous venons de l’exposer. Ce nombre est de beaucoup inférieur à celui que portent les catalogues ; nous avons été . en effet , obligé d'éliminer cinquante-deux espèces , les unes douteuses, insuffisamment décrites par les auteurs qui les ont nommées, les autres appartenant à différents genres dans lesquels elles devront prendre place à l'avenir.
Nous trouvons, en effet, un Cardita obtecfa^ Goldfuss : c'est un Cardinîa. ^werby, dans son Mii^eral conclwlogy , avait compris parmi les Cardites plusieurs de ses espèces de Phoiudomya avant que l’on eût découvert le type vivant de ce genre : ce sont les Cardita producla, obtiisa, margaritacea , lyrala el dçUoidea.
lÆS CAHülTES.
M. Nilson, et Goldfuss ensuite, sont tombés dans la même erreur relativement à leur Canlita Esmarkii , qui est une véritable Plioladomye.
M. Sowerby, avant rétablissement du genre Ôpis parM. Defrance, avait également confondu, parmi les Carditos, trois espèces d’Opis , auxquelles il en faut ajouter deux antres, une du muschelkalk, sous le nom de Cardita Hœnitighausii ^ de Klipslein, et l’autre, de Munster, sous le nom de Cardita depressa.
Un véritable Ceromya a été également compris dans lés Cardites , par M. Sowerby, dans l’ouvrage déjà cité.
En traitant des Cardium, nous avons déjà fait remarquer que plusieurs espèces avaient été rapportées aux Cardites ; ces espèces sont au nombre de neuf : nous renvoyons le lecteur au genre Cardium où nous , en avons déjà parlé.
Nous trouvons six espèces qui dépefident du genre Cÿpricarde ; nous en avons déjà mentionné une, Cypricardiâ Murchisoni , Geinitz. Les autres de Faujas , de Bruguière et de Geinitz, ont déjà été mehtionnées à leur place-dans le genre Cypvicardia,
Dans le beau mémoire , récemment publié par M. Roemer, sur les terrains dévoniens du Harz, nou;? trouvons plusieurs coquilles , sous le nom de Cardites: l’une d'elles, Cardita angulala , présente assez bien la forme d’uue Cÿpricarde; une autre, Cardita mæqualicostata ^ conserve beaucoup moins la forme habituelle des Cardites , elle so rapproche beaucoup de celle de certaines Avicules do la section des Méléagrines.
Enfin , nous pouvons encore rappeler que sous le nom de Cardita striata, Sowerby a représenté une véritable Isocarde des terrains tertiaires do l'Angleterre.
Après avoir distribué ces trente et une espèces dans les genres auxquels elles appartiennent , il nous en reste encore plus de vingt au sujet desquelles les renseignements sont tout à fait itfeuffisants. Il faut donc attendre pour elles de nouvelles observations , propres à mettre les naturalistes en état de les classer définitivement, et peut-être d’en faire disparaître une grande partie, comme d'inutiles doubles emplois.
VINGT-QUATRIEME FAMILLE