GENRE SOIXANTE-DIX-NEUVIÈME
MÉGAXiODON, Sow.
CAïb\cTÈRES GÉNÉRIQUES. — Animal inconnu.
Coquille oblongue, longitudinale, rarement transverse, à crochets terminaux, ayant les bords simples et parfaitement clos. Charnière épaisse , portant une grande dent cardinale , souvent sillonnée irrégulièrement sur la valve droite ; une fossette accompagnée d’une dent étroite sur la valve gauche ; une dent latérale postérieure, allongée et étroite. Impression musculaire antérieure petite , semi-lunaire , profonde et très rapprochée de la charnière ; une impression postérieure ovalaire , quelquefois supportée par une lame saillante obliquement décurrente à l’intérieur. Impression palléale simple ; ligament extérieur, court et étroit.
SYNONYMIE générique. — Mcgalodvs ^ Goldfuss. — BucardileSy Schlotheim. — Megalodon^ So-werby, Bronn, Phillips, de Verneuil, Morris, etc.
Observations. Sowerby a institué le genre ■ Megaîodon en 1827, dans !e Mùieral conchohgy^ pour une coquille singulière des terrains anciens , dont les caractères , assez mal appréciés de lui , font porté à la rapprocher de la famille des Mytilacés. Retrouvé depuis en Allemagne , dans un terrain très favorable à la conservation des fossiles , ce genre a été étudié de nouveau ; quelques espèces sont venues s'y ajouter, et'il est actuellement permis d’en déterminer plus rigoureusement les rapports naturels. Si', comme autrefois, le genre n'eût contenu qu'une seule espèce, celle découverte par Sowerby, il eût été nécessaire de créer pour lui une petite famille isolée, ayant des rapports éloignés, d’un côté avec les Cardiles, d’un autre avec les Nayades, tl plus particulièrement avec celle dernière famille. Mais, en admettant dans le genro les. espèces nouvellement introduites par Goldfuss, on voit s’établir une série de modifications par lesquelles les rapports des Mégalodons avec les Cardiles deviennent de plus en plus intimes; et
VINGT-CINQUIÈME FAMILLE
actuellement si l’on instituait une famille pour les Mégalodons , elle formerait un embranchement latéral sur le tronc principal de la classification , parlant des Cardiles.
Les coquilles rangées aujourd’hui dans le genre Megalodon se reconnaissent par leur forme longitudinale ou par leurs crochets plus ou moins proéminents, terminaux ou presque terminaux. La forme générale est assez variable, le plus ordinairement subtrigone; elle est quelquefois transverse et subquadrilalère ; les valves sont généralement renfiées, la coquille devient par conséquent cordiforme. Souvent des carènes s'élèvent à sa surface et descendent des crochets vers la circonférence. Les bords des valves sont simples, tranchants ; ils se rapprochent exactement l'un de l'autre; les valves, étant réunies, sont parfaitement closes. Cependant Goldfuss admet parmi les espèces une coquille myLilifonne ayant en avant une ouverture irrégulière pour le passage d'un byssus. Le bord dorsal est très allongé, il est ordinairement droit ; il montre un corselet plus ou moins étendu , circonscrit par un angle ou une carène, quelquefois plat, le plus ordinairement creux, surtout à son extrémité antérieure. Le côté antérieur est court, quelquefois il est creusé d'une lunule, le plus souvent il n'en présente aucune trace. Le côté postérieur est presque toujours obliquement tronqué ; il s’étend obliquement de la limite du corselet à l'angle postérieur des valves.
La charnière, dans la plupart des espèces, est excessivement épaisse; elle occupe l’angle antérieur de la coquille, et produit dans l’intérieur des valves une saillie considérable. Elle se compose, sur la valve droite, d’une grande dent irrégulière, souvent sillonnée, un peu oblique et circonscrite de chaque côté par une fossette assez profonde. La fossette antérieure est irrégulière et irrégulièrement sillonnée; la fossette postérieure est creusée en goullière; elle est oblique et un peu plus large en arrière qu’en avant. Dans la valve gauche, le milieu de la lame cardinale est occupé par une grande fossette un peu oblique, destinée à recevoir la grande dent de la valve opposée. En avant, s’élève une dent pyramidale, pointue; elle est reçue dans la fossette antérieure de la valve droite ; enfin , le long du bord dorsal se voit une longue dent légèrement courbée sur elle-môme , creusée en dessus d’une rigole assez profonde , au moyen de laquelle elle est séparée de la nymphe ; celle dent est reçue comme une espèce de gond dans la gouttière de la valve opposée. Enfin , vers l'extrémité postérieure du bord dorsal, on remarque une longue dent latérale, étroite et peu saillante. La nymphe, destinée a recevoir un ligament externe, est très écrasée , déprimée. Elle se confondrait complètement avec le
LBS NAÏADES.
bord dorsal , si un sillon étroit et profond n'indiquait le point où devait s'attacher la tunique externe du ligament. Celte charnière, si remarquable dans le Megalodon cucuUatuSj éprouve do rapides modifications en passant dans les autres espèces du môme genre; elle devient moins large en proportion ; la dent cardinale , plus simple, est moins volumineuse; les fossettes qui l’accompagnent sont plus égales, plus régulières, et montrent beaucoup d’analogie avec celle des Cardiles. Néanmoins, dans la disposition des diverses parties de la charnière, on reconnaît que ces coquilles appartiennent à un même type, niais ce qui les rattache particulièrement à celle dont nous avons d'abord parlé , c’est la forme et la position dos impressions musculaires. Dans toutes les espèces du genre, l'impression musculaireanlérieureestextrômement rapprochée de la charnière; ainsi que dans les Trigonies, elle semble , pour ainsi dire . en faire partie. Une crête saillante la circonscrit en dehors , elle est très étroite , courbée en segment de cercle et profondément creusée dans l’épaisseur du test. Celle impression ne manque pas non plus d'analogie avec celle de certains Unios; néanmoins nous ne connaissons aucune espèce de ce dernier genre où celle impression offre une disposition semblable. L’impression postérieure est très éloignée de l'antérieure; elle est située à l’extrémité du bord postérieur, et, dans presque toutes les espèces, elle est supportée par une lame saillante, attachée latéralement à la paroi do la coquille, comme une tablette contre une muraille. Celte lame commence dans l’intérieur des crochets et se termine non loin de l'extrémité du bord postérieur. Ainsi qu’il arrive dans quelques Opis , celte lame ,■ en diminuant de largeur, finit par être réduite à une simple proéminence qui , disparaissant k son tour dans les espèces aplaties, laisse l'impression musculaire sur la surface des valves . exactement comme dans les Cardites et les Cypricardes. L’impression palléale est très rapprochée du bord des valves, elle en suit exactement le contour, et elle aboutit ainsi d’une impression musculaire à l’autre en conservant la même largeur dans tout son trajet.
En comparant la structure dos Jlégalodons à celle des autres genres connus, on reconnaît facilement que, par la charnière, ce genre se rapproche des Unios, puisqu'il existe deux dents à une valve . une seule sur l'autre et une grande dent latérale postérieure : ce sont là, comme nous l’avons vu, les caractères des Unios proprement dits; mais la dent latérale est beaucoup moins proéminente que dans les Unids. Si , dans la principale espèce, les dents cardinales sont irrégulièrement sillonnées, comme dans les Unios, dans les autres elles sont lisses,
VINGT-CINQUIÈME FAMILLE
et se rapprochent davantage de celles des Cardiles. Par l'impression musculaire antérieure , les Mégalodons tiennent encore à la famille des Nayades , mais ils se rapprochent aussi de colle des Trigonies , tandis que, par i*impression postérieure, ils auraient plus de ressemblance avec celle des Opis. Ainsi , les caractères singuliers du genre Megahâon font de lui un type particulier qui ne peut se rattacher directement à aucun des genres connus , et qui peut devenir, comme nous le disions tout à l'heure, un embranchement servant à réunir la famille des Cardites à celle des Unios.
Toutes les espèces aujourd’hui connues sont fossiles et toutes proviennent des terrains paléozoïques. Nous n’en connaissons même aucune d'une manièreauthentique en dehors du terrain dévonien, quoique M. d'Orbigny, dans son Prodrooie de paléontologie ^ en inscrive deux dans le terrain silurien, l'une dans le silurien moyen, l'autre dans le supérieur. La première, décrite pour la première fois par M. de Verneuil, est connue par le moule seulement, et sur ce moule , dont les surfaces sont très nettes, on n'aperçoit aucune trace de la charnière puissante des Mégalodons, et l’impression musculaire antérieure n'en offre pas non plus les caractères. Celte coquille devra donc rester dans le genre où M. de Verneuil l'avait placée. Le Cnrdiim carpomorphum , de Hisinger, est l’espèce que M. d'Orbigny cite dans le terrain silurien ; mais cette espèce, M. d’Orbigny l’a jugée d’après sa forme générale; on ne connaît ni le moule ni la charnière , et rien ne prouve que cette coquille ne soit pas un Cnrdium. Nous la laissons , jusqu’à de nouvelles observations , dans le genre Cavdium où nous l'avons déjà mentionnée. Nous trouvons douze espèces dans le terrain dévonien ; presque toutes proviennent de la célèbre localité de Paffralh , où les coquilles sont isolées dans une marne argileuse : celte circonstance a singulièrement favorisé M. Goldfuss, qui a pu représenter avec détail la charnière de presque toutes ces espèces. Parmi elles, la plus importante est le ^
Megaîodon cucullalus, pl. 32 ter, f. 1-3.
M. te.ita ovata^ fornicaia ^ Icevî; umbonibtis proniirunilhus ^ termina- HbuSf subspirallbns ; dorso conefxo ; Utnuîa magnny cordata,
Bucardites abbreviattis y Schlolh. Pelref. p. 107. Na-hlr. i, p. 63. pl. 12. f. 4.
Sow. Mio, coocb, 6. p. i3f. pl. 568,
Broun, Leth, p. 91. pU 3. f. 4. a» d.
Gol'Jf. Pelref. p. i83. pl. ï32. f. 8, rf.
LES TKIGUNEES.
Phil. Pal. foss. pl. 17. t. 60.
Süw. Concb. maD, f. 127.
D'Orb. Prod, pal. i. p, 75. n° 49^.
Coquille assez grande , longitudinale , à crochets terminaux assez grands, inclinés en avant au-dessus d’une large lunule cordiforme, non enfoncée, circonscrite en dehors par une très légère saillie. Sa surface est lisse, marquée de stries peu apparentes d’accroissement. Sur le côté postérieur, se montre un corselet lancéolé, obscurément limité par un angle très obtus qui disparait même dans quelques individus. C’est celle espèce dont nous avons décrit la charnière ; elle est donnée, par la plupart des auteurs, comme type fondamental du genre; elle le mérite, d'ailleurs, non seulement par le développement do tous ses caractères , mais aussi parce qu'elle est la première qui ait été décrite.
Celte coquille intéressante se trouve dans les mêmes couches en Angleterre et en Allemagne.
Deux espèces ont été citées, par M. d'Orbigny, dans les terrains carbonifères. La première vient d’Amérique. M. d'Orbigny lavait d’abord placée parmi les Trigonies , et il se pourrait qu’en effet elle appartînt au genre Mecjalodon. La deuxième, M. d’Orbigny la trouve dans IMstarte transuersa , de M. de Koninck ; mais celle-ci nous paraît beaucoup plus douteuse. Si la charnière est exactement telle qu'elle a été Ggurée par l’auteur, cette coquille appartiendrait plutôt au type des Astartes ou à celui des Cypricardes qu’à celui des Mégalodons.
VINGT-SIXIÈME FAMIELE.
lie» Tra^oaieem, Lamk.
CARACTÈRES. — Animal* subtrigone, ayant le manteau ouvert sur toute la circonférence. Pied allongé , étroit , très pointu au sommet , coudé dans le milieu de sa longueur et fendu en son bord inférieur. Palpes labiales petites, triangulaires; deux branchies de chaque côté, larges, très inégales , subquadrangulaires.
Coquille équivalve, iuéquilatérale, parfaitement close. Chir-
VINGT-SIXIÈME FAMILLE
nière courte, portant deux ou trois dents divergentes, quelquefois sillonnées transversalement. Impression musculaire antérieure profonde , très rapprochée de la charnière; impression palléale simple ; ligament externe. ^
(rKNRESi — Myophoria^ Trigonia.
Lorsque Lamarck eut créé le genre Castalie , lui trouvant des, rapports avec les Trigonies , il réunit ces deux genres en une petite famille, à laquelle il imposa le nom de Trigonées; il la proposa pour la première fois dans le 6® volume de son Histoire naturelle des onimaux sans vertèbres. Avant cette époque, Lamarck comprenait les Trigonies dans la famille des Arcacées. et ce rapprocliement , qui peut paraître extraordinaire, lorsqu’on n’approfondit pas les caractères extérieurs des coquilles , montre l’extrême sagacité de l’esprit do Lamarck, dans la conception des rapports des genres entre eux. Nous verrons bientôt , en décrivant les animaux des deux groupes, qu’ils se louchent par un grand nombre de rapports.
Nous avons vu précédemment comment le genre Castalie, mieux connu et convenablement apprécié dans ses caractères , a dû venir se confondre dans la grande série du genre Unio. La famille des Trigonées se trouverait par là réduite à un seul genre , et c’est , en effet , de cette manière qu’elle est conçue par le plus grand nombre des conchyliologues. Cependant il en est quelques uns qui ajoutent un deuxième genre, créé sous le nom de Myophoria, de M. Bronn, pour un certain nombre de coquilles du muschelkalk , dont plusieurs ont été décrites par Schlolheim sous le nom de Trigonellites , tandis que d'autres étaient confondues par lui dans d’autres genres. Ces coquilles, en^ effet, quoique très rapprochées des Trigonies, s’en distinguent cependant d’une manière constante et méritent de former, à côté d’elles, un genre distinct.
Le seul animal de la Trigonie étant connu , la famille est caractérisée par lui. Les lobes du manteau , chez ce Mollusque, sont complètement désunis dans toute leur circonférence , exactement comme chez les animaux de la famille des Ârcacées. La bride qui subsiste encore dans la famille des Nayades a complètement disparu et ne se montrera plus dans aucun des genres qui achèvent la grande série des Mollusques acéphalés. La masse abdominale est très singulièrement constituée : peu volumineuse dans la région dorsale, elle est entièrement comprise, ainsi que chez les Bucardes , dans une enveloppe musculaire étroite ,
LES TUIGONÉES.
comprimée, à bords supérieurs et inférieurs presque parallèles, et se terminant , à son extrémité antérieure , en un pied fort étroit , triangulaire, très pointu au sommet, fortement coudé en arrière au point de sa jonction avec la masse abdominale , et se terminant de ce côté en une sorte de talon pointu. Ce qui rend la masse abdominale remarquable dans l'animal dont il s'agit, c’est que son bord antérieur et inférieur est creusé d'un canal assez profond pour recevoir une partie considérable du pied, lorsque l'animal rentre cet organe dans sa coquille qt veut ainsi rester dans l'immobilité. Le bord inférieur n’est point entier, comme dans les Unios et dans la plupart des autres genres; il est fendu dans presque toute sa longueur, et il peut se dilater en disque de la même manière que chez les Nucules, les Arches et les Pétoncles. C’est par cette disposition remarquable que les Trigonies se rattachent étroitement à la famille des Arcacées, Nous avons déjà vu un assez grand nombre de Mollusques chez lesquels le pied présentait une fente analogue à celle que nous faisons remarquer ici. Mais cette fente est le résultat de la présence d'un byssus, et elle n'a point, pour usage la dilatation de l’organe locomoteur en un plan assez étendu pour faire supposer un mode de locomotion peu habituel chez les Mollusques conchyfôres. Pour la première fois se montre celte disposition du pied ; nous la retrouverons dans la famille suivante , et c’est alors que nous exposerons les faits que nous avons observés sur l’usage que font de leur pied ceux des Mollusques qui ont cet organe fendu de la même manière que les Trigonies. Les palpes labiales sont petites , étroites, triangulaires, suspendues de chaque côté de ta bouche par le côté le plus court. Si l’on s'en rapportait uniquement à la figure de MM. Quoy et Gaimard , on supposerait aux branchies des Trigonies une forme et une étendue qui paraissent fort différentes , si l'on consulte la figure du môme animai, publiée récemment par M. Woodward , dans son Traité élémentaire de conchyliologie. L’animal , rapporté par MM. Quoy et Gaimard, précipité vivant dans l'alcooI, s'est contracté avec violence et les organes branchiaux s’en sont ressentis. Dans un individu que nous avons été à môme d’observer, nous avons trouvé les organes de la respiration composés de deux grands feuillets subquadrilalères , très inégaux, obliquement striés; le feuillet externe est beaucoup plus petit que rinterne; tous deux se terminent en arrière en une pointe assez longue pour atteindre le bord postérieur du manteau.
Les coquilles que nous réunissons dans la famille des Trigonées sont presque toutes fossiles ; elles sont généralement Irigones, rarement oblongues; toutes sont très înéquüatérales; les crochets sont petits,
MNur-SlXlKAJE CAMILLE.
opposés et uiénie inclinés en arrière dans les Trigonies, inclinés en avant dans les Myophories. Ces coquilles se reconnaissent à leur charnière fortement articulée ; mais celle charnière n’est point portée sur une large lame cardinale , comme chez les autres Mollusques de la môme classe. Une sinuosité médiane, assez profonde, divise les dents ou les rejette en avant et en arrière; chez les Trigones, ces dents sont sillonnées, elles sont simples dans les Myophoria. Un autre caractère distinctif réside dans la forme et dans la position des impressions musculaires; elles sont très pôlites relativement à la grandeur des coquilles; elles sont rapprochées et toujours situées dans la région dorsale. L'antérieure est profondément creusée et presque toujours bordée du côté interne par une lame saillante , dont l’extrémité supérieure se rattache à la charnière. Ce caractère remarquable se retrouve aussi , comme nous venons de le voir, dans le genre Megalodon , mais la lame saillante ne se rattache pas à la charnière, comme dans les Trîgonies et les Myophories; elle est même située du côté opposé. L’impression musculaire postérieure est circulaire , quelquefois un peu creusée , le plus souvent superficielle. L’impression palléale est toujours simple, toujours parallèle au bord inférieur des valves et placée plus ou moins haut dans l’intérieur de la coquille, selon les espèces.
Si nous considérons dans leur ensemble les caraclères de la famille des Trigonies, nous verrons celte famille se détacher très nettement des précédentes et commencer un nouveau groupe, dont nous verrons les modifications dans les familles suivantes. Le manteau est plus complètement ouvert, puisque la bride qui, dans les genres précédents , servait à séparer le canal anal , a disparu complètement pour ne plus so reproduire. Lamasse abdominale montre quelque analogie avec celle des Bucardes. Le pied étant fortement coudé comme dans ce dernier genre ; mais , au lieu d'être cylindracé , il est comprimé latéralement, et de plus fendu dans toute sa longueur. Il est susceptible de se dilater, ce qui n'a pas lieu chez les autres Mollusques byssifères dont nous nous sommes occupé précédemment. Malgré les différences que nous signalons, la famille des Trigonées ne peut pas être éloignée de la place qui lui a été assignée par Lamarck dans l'ensemble de la méthode ; elle est en quelque sorte un chaînon transitoire dans cette série si intéressante des Âcéphalés dimyaires qui tendent à passer peu ü peu vers les monomyaires et à en revêtir la plupart des caractères.
LES TRIGONÉES.