‹ Traité élémentaire de conchyliologieChapitre 28 sur 54 · GENRE QUATRE-VINGTIÈME · texte numérisé non relu

GENRE QUATRE-VINGTIÈME

MVOPHOBJE. Mijophoria , Bronn.

CARACTÈRES GENERIQUES. — Animal inconnu.

Coquille trigone, très inéquilatérale, généralement déprimée, ayant les crochets peu allongés et inclinés obliquement en avant. Charnière portant deux dents divergentes , épaisses , inégales, simples sur chaque valve. Impressions musculaires petites, très rapprochées de la charnière , Tantérieure ovale , oblique en avant , bordée du côté interne par une lame saillante, la postérieure circulaire; impression palléale simple.

SYNONYMIE GENERIQUE. — TrigonellUes ^ Schloth eim. — Telliniies ^ Schlotheim. — Macira , Goldfuss. — Trigonia [ex parte], Zieten, Goldfuss, Voltz, Münster, Pusch. — Lyr Todon [ex parte], Goldfuss.

Observations. Quelques coquilles singulières , abondamment répandues dans le muschelkalk, ont été signalées autrefois par Schlotheim, sous le nom de Trif/onellites ; quelques autres espèces ont été confondues par ce môme naturaliste avec les Vénus et les Donacos , sous la dénomination impropre de VenuHtes oa Donacites. Ces coquilles, mieux observées , ont été rapprochées des Trigonies avec lesquelles elles ont , en effet , les plus grands rapports. On a môme cru qu’elles formaient avec elles un môme genre, et ce genre ayant reçu le nom de Lyriodon, par M. Bronn , Goldfuss, dans son grand ouvrage sur les fossiles de TAllemagne, a imposé ce dernier nom générique à. toutes les coquilles de Schlotheim , qui pouvaient se rapporter au genre Trigonie, de Bruguière. Un peu plus tard , M. Bronn lui-môme , à la suite d’un examen plus approfondi des Trigonellites, reconnut en elles des caractères constants, et proposa de les séparer en un genre particulier, auquel il coysacra le nom de Myopkoria, Nous laissant guider par l'opinion de Goldfuss, et n'ayant pas alors sous les yeux des matériaux suffisants pour reconnaître la valeur des caractères des Myophories , nous avions laissé provisoirement ce genre à la suite des Trigonies. Mais aujourd’hui notre opinion est conforme à celle de M. Bronn ; nous adoptons son

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VINGT-SIXÏÈME FAMILLE.

genre, après en avoir étudié les caractères sur des individus d’un belle conservation, que nous avons observés dans la riche collection de M. Lebrun , de Lunéville,

Les coquilles du genre Myophorie sont toutes triangulaires ; presque toutes sont tronquées en arrière, de la môme manière que lesTrigonies: quelques unes portent des côtes nombreuses, soit du côté postérieur, soit rayonnantes sur la surface. Ces coquilles sont généralement comprimées; leur test était mince, et leur charnière beaucoup moins épaisse que chez les Trigonies. Elles ne sont point enflées et cordiformes, mais aplaties latéralement. Les bords sont simples et entiers dans les espèces pourvues d’un petit nombre de côtes ; iis sont crénelés chez celles qui en ont un plus grand nombre. Le côté antérieur est court; le postérieur, plus allongé, est limité par un angle plus ou moins aigu, qui descend obliquement jusqu'à l'angle inférieur et postérieur des valves. Quelquefois un corselet plus petit est circonscrit par une ligne saillante, et c'est au sommet de ce corselet qu'on aperçoit de très petites nymphes destinées à recevoir un ligament externe , très court et peu épais. Les crochets sont petits, peu proéminents : ils sont constamment courbés vers le côté antérieur, rarement ils sont opposés et subsymétriques, comme dans les Trigonies.

La charnière se compose de deux dents inégales sur chaque valve; sur la valve droite, la dent médiane est la plus grosse, elle est reçue dans une fossette médiane de la valve opposée. Sur la valve gauche, les deux dents cardinales sont divergentes et à peu près égales entre elles. Dans l’une et l'autre valves, elles sont supportées par une lame cardinale non interrompue dans le milieu. L’impression musculaire antérieure est séparée de la charnière par une lame saillante, mince, et dont l'oxtrémité supérieure so continue avec la lame cardinale. Celte impression est ovale, très profonde et très rapprochée de Texlrémilé antérieure et supérieure de la coquille. Nous n’apercevons dans son voisinage aucune trace de l'impression du muscle rélracteur postérieur du pied , ce qui nous porte à croire que ce muscle venait confondre ses fibres avec celles du muscle adducteur des valves . ainsi que cola a lieu dans les Pandores , par exemple. L’impression palléale est simple, très rapprochée du bord, dans la plupart des espèces , et toujours parallèle à ce bord , dans toute son étendue.

Les espèces du genre Myophorie sont peu nombreuses ; toutes sont fossiles sans exception , et toutes sans exception également sont répandues dans la formation du muschelkalk. On n’cn signale aucune dans la formationpaléozoïquesous-jacente;onn’en retrouve plus dans la formation

LES TRIGONÉBS.

jurassique. Par conséquent, on peut considérer comme caractéristiques des terrains où elles se trouvent toutes les espèces du genre il/yop/iona.

M. Lebrun, dans son Catalogue des fossiles du muschelkalk de la Lorraine, en signale onze espèces qui , pour la plupart, se retrouvent dans les terrains du même âge de rÂllemagne. M. Bronti , dans son Index paléontologîque, en compte quatorze espèces , mais quelques unes ont besoin de rectification, ^l. d’Orbigny en compte dix espèces dans le muschelkalk inférieur, et six dans le supérieur. Nous nous contenterons ici de signaler à l’attention des conchyliologues Tune des espèces les plus répandues.

Le Mtjophoria vulgùris ( Trigonellites , Schl. ), pl. 32 ter, f. 1-6.

M. testa ovalO‘tn^ona, conce/itrice striata, univostata ; umboaibus subanticis; area couvexa, caiinaia , hicostata.

TrigoneUibes Tulgaris, Schlolb. Naclit. pl. 36. f. 5, a. b,

Zieten, pl. 58. f, a.

Myopkoria 'vuïgaris, Broun, Lethea, p. iG8 et 170. pl. 1 1. f. 6. a. b,

Alberti, Ttias, p. 54. 98. i3o. 202. 239. 3iG.

Lyrodon 'xmlgare, Güldf. Petref, gerni. p, 198. pl. i35, f. 16. a.-f

Dimker, Paleoot. t. i« p. Sur.

On est à peu près certain de la rencontrer partout où le trias présente des fossiles. Elle manque dans le muschelkalk supérieur de Saint- Cassian. C'est une coquille assez grande , trigono , ayant sur le côté postérieur une côte très saillante et une seconde un peu moins proéminente vers le milieu des valves. Une troisième cote obtuse limite le corselet; il en existe souvent une quatrième obsolète entre celle du corselet et celle qui limite le côte postérieur. Le test est très mince , orné de stries transverses régulières sur le côté postérieur, moins régulières sur le reste de la surface. Le côté antérieur est proéminent à l'endroit de la lunule; les crochets sont petits et les côtes qui en parlent deviennent aiguës vers le sommet.

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