‹ Traite elementaire de construction appliquee a l'architecture civileChapitre 14 sur 47 · HAUTEUR · texte numérisé non relu

HAUTEUR

des colonnes , exprimée

*!f DEMI-DIAMÈTRES. j

1 Picnoslyle

S Sûtyle

3 Eustyle

i ; ou i ;

4 liyastyle

3 Aréostyle

L ’aréostyle n'était admis que pour les ordres les plus simples, dont les architraves étaient formées par des poutres en bois.

Nous ne donnerons point de détails plus circonstanciés sur les proportions secondaires des différents ordres. Cette connaissance, ainsi que celle des formes affectées aux chapiteaux, aux bases, aux piédestaux, aux moulures et aux ornements des entablements, ne s'acquiert convenablement que par la pratique du dessin. D'ailleurs, le lecteur pourra trouver, sur ce sujet, toutes les notions qu'il croira pouvoir lui être utiles, en consultant les ouvrages de Vitruve, Léon-Baptiste Alberti, Philibert Delorme, Buttant, Serlio, Vignole, Palladio, Scamoazi, Blondel, Desgodets, Roland-Freart de Carnbray et Milizia.

Enduit».

Les mars qui ne sont point en pierre de taille doivent être revêtus , ou en lames de marbre (pag. 11), comme le pratiquaient les anciens dans les édifices magnifiques, et comme on en voit un bel exemple au Musée royal de Paris. Les murs des édifices moins somptueux sont couverts d’un enduit de mortier ou de stuc.

Les anciens ne négligeaient rien pour donner aux enduits des murs toute la solidité et la belle apparence dont ils pouvaient être susceptibles. Vitruve (liv. VIF, cliap. m) nous donne des détails intéressants sur les procédés qu’ils mirent en usage pour arriver à ce but. En comparant sa description avec les restes antiques d’enduits que l'on voit encore dans les thermes de Titus, de Dioclétien et de Caracalla, à la ville Adricnne et dans plusieurs autres ruines antiques, il résulte ce qui suit :

1° Ces enduits ont tous une forte épaisseur, qui varie depuis 2 jusqu'à 5 pouces.

2" Ils ont été formés de différentes couches, dont l’épaisseur seule diminuait successivement.

5" Souvent le nombre de ces couches arrivait jusqu'à sept.

4" La première couche formait à elle seule plus de la moitié de l'épaisseur totale de l’enduit; c’était un crépi très-dur, en mortier grossier, dans lequel on enfonçait des morceaux de briques à plat ou des débris de marbre. Ce crépi était soigneusement dressé à la règle et au cordeau , afin que l’enduit pût être bien droit dans sa longueur, d'aplomb dans sa hauteur, et que les angles fussent exacts.

5° On appliquait successivement sur le crépi trois couches en mortier plus fin ; la première n'avait guère que la moitié de l'épaisseur du crépi, et les deux autres devenaient progressivement plus légères. Toutes ces couches étaient fortement battues et comprimées.

6° Trois autres couches de stuc, formées avec du marbre pulvérisé, complétaient I*cnduit. Le stuc de la première couche était fait avec de la poudre de marbre grossière, la seconde avec une poudre de moyenne finesse, et la troisième avec de la poudre très-fine. Chacune de ces couches n’était posée qu’après que la précédente avait été bien battue.

7* On appliquait des couleurs sur l’enduit encore frais; et enfin on lui donnait, par le frottement, le poli et l’éclat des beaux marbres.

Les enduits ainsi formés, dit Vitruve, conservent longtemps leur éclat et leur fermeté : élant formés de couches épaisses en mortier de sable et de stuc, ils ont la force convenable-pour résister à la massivation et au polissage; et non-seulement ils deviennent brillants, mais ils réfléchissent les images des spectateurs.

Au contraire, ajoute Vitruve, si on ne compose les enduits que d'une couche de mortier et d'une couche de stuc, ils ne peuvent pas recevoir le brillant et le poli de ceux qui sont épais, et ils sont en outre, sujets à se fendre et à se détruire promptement.

Suivant le même auteur, les stucatcurs grecs mettaient en usage, non-seulement les procédés que nous venons d'indiquer, mais ils soignaient encore plus la confection des mortiers pour les enduits ; car ils ne s’en servaient qu'après les avoir fait piler vigoureusement par des hommes armés de pilons en bois : aussi leurs enduits acquéraient une telle dureté, qu'on les détachait des vieilles murailles pour en faire des tables.

La bonté de la méthode antique décrite par Vitruve, est attestée par la belle conservation des enduits antiques que l'on admire à Rome et ailleurs, dont les fragments sont susceptibles de recevoir un poli qui leur donne l'apparence du granité.

Nous avons déjà dit (page 37) que les anciens ne se servaient, pour leurs enduits, que de chaux éteinte depuis longtemps et arrivée à un degré parfait de macération.

Les anciens faisaient un grand usage de stuc pour former des moulures et des ornements de toute espèce sur les murs et sur les mîtes. Les ornements de l'ordre extérieur d'architecture du joli temple «pie l'on a cru être celui de la Fortune virile, sont en stuc et encore assez bien conservés, quoiqu'ils aient été exposés (rendant plus de J9 siècles à toutes les intempéries. Au Colisée , quelques voûtes du rez-de-chaussée présentent de beaux restes d'une décoration très-délicate en stuc. Parmi les ruines imposantes du temple de la Paix, on remarque un fragment de la grande voûte décoré de rinceaux et d'autres ornements en stuc. Le palais des empereurs, tes thermes de Titus, plusieurs tombeaux antiques, offrent des restes remarquables de décorations de ce genre.

Le chapitre iv du Vil" livre de Vitruve indique comment on formait les enduits dans les lieux humides. Premièrement, au rez-de-chaussée, on faisait les deux premières couches en ciment de tuileaux au lieu de mortier, jusqu'à environ 5 pieds au-dessus du sol, pour que cette partie pût résister h l’humidité.

Mais si quelque mur devait être exposé continuellement à l’humidité, on avait soin de construire au-devant un contre-mur, distant autant que l'emplacement le [lermcttail. Entre le mur et le contre-mur était un canal plus bas que le pavé, avec des issues dans un lieu ouvert. On laissait aussi, en construisant le contre-mur, des ouvertures dons la hauteur, pour donner passage à l’air; car si l'humidité n'avait pu s’écouler par le bas et s'évaporer par le haut, elle aurait pénétré le nouveau mur comme l’ancicu.

Le contre-mur étant fait, on posait dessus les deux premières couches, avec du ciment de tuileaux, et le surplus à l’ordinaire.

Quand la localité ne permettait point la construction d'un contre-mur, on creusait, au pied du mur simple, un canal et des issues pour favoriser la sortie de l'eau ; le canal était couvert de grandes briques. On formait ensuite, dans l'épaisseur du mur, des tuyaux verticaux , dont le bas aboutissait au canal. Ces tuyaux étaient enduits intérieurement de poix, et fermés en dehors par des tuiles posées de champ l'une sur l'autre. On blanchissait les tuiles, ainsi posées, arec du lait de chaux, pour faciliter l’adhésion de l'enduit, lequel, suivant Vitruve , ne s’y serait point attaehé sans cette précaution. Il est inutile de dire que la partie supérieure des tuyaux devait correspondre à un lieu ouvert, pour que l'humidité pût s'évaporer librement.

Les anciens, pour mieux garantir les enduits de l'humidité, les recouvraient de matières grasses, appliquées bouillantes , on bien d’une couche de matières mélangées, nommée mnlt/ie, dont parle Pline au xxiv” chap. du XXXVI* livre. « La malthe se fait , dit-il , avec de la chaux vive , éteinte dans le vin , à laquelle on ajoute du saindoux et du suc de figues. Celte composition donne a la surface des enduits une ténacité et une dureté plus fortes que celles des pierres. Avant d'appliquer la malthe, il faut frotter le mur avec de l'huile. » On a conservé l’usage, en Italie, de frotter quelques espèces d'enduits avec de l’huile de lin bouillante. Ce procédé ne pourrait-il pas être adopté avec suceès en France, pour défendre les pierres de taille du contact immédiat de l'humidité? et n'est-it pas probable que par ce moyen , qu’on ne doit point confondre avec la simple peinture à l’huile ; n’est-il pas probable , dis-je, que les pierres se conserveraient mieux et ne prendraient point aussi promptement ces teintes irrégulièrement obscures qui affectent d'une manière désagréable les façades des plus beaux monuments de Paris?

Voiei quelques précautions qui ne doivent pas être négligées , si l’on se propose de former des enduits durables et de belle apparence.

S'il s'agit de crépir une muraille en moellons tendres, il faut observer de ne pasap-

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pliquer l'enduit avant que les moellons n’aient éprouvé leur entière dessiccation ; car , sans cela , l’eau qu'ils rejetteront détachera l’enduit, le fendra et le fera tomber par éclats. Pour éviter cet inconvénient, on ne doit crépir une muraille aussitôt qu'elle est faite, que lorsqu'elle a été construile avec des moellons tirés de la carrière depuis un an ou 18 mois; mais quand l’on est obligé d'employer la pierre sortant de la carrière, il ne faut former l’enduit qu’au bout d'un an.

Si l’on veut rejointoyer et récrépir un vieux mur, on en regrattera les joints avec un outil de fer fait exprès, et dont la pointe sera aiguè, afin de pouvoir les fouiller plus profondément, et on achèvera de bien nettoyer le mur avec un balai, avant d’y appliquer le mortier.

Si le mur était détérioré, il faudrait non-seulement arracher des joints l’ancien mortier, mais aussi lous les moellons et petites pierres qui ne seront plus adhérentes; et après en avoir été toutes les ordures avec le balai, ou avec une grosse brosse , on y jettera de l'eau ; ensuite on y lancera du mortier, en assez grande quantité pour pouvoir y larder des briques ou des moellons plus ou moins gros, suivant la grandeur de la brèche, de façon qu’en les frappant avec le marteau pour les y enfoncer, le mortier pénètre jusqu'au fond des plus petites cavités. Les brèches une fois bien remplies, on appliquera l’enduit sur le trou.

En Italie, on fait un grand usage de stuc pour l'intérieur des églises et des appartements. Il serait à désirer que ce genre de décoration noble et élégant fût plus répandu en France. M. Giocondo Albcrtolli, qui a contribué à le perfectionner, a publié les dessins des plus beaux plafonds et panneaux en stuc qu'il a exécutés.

Ordinairement le stuc est composé d’un mélange de deux tiers de chaux de marbre, ou de pierre dure , et d’un tiers de marbre pilé et passé au tamis. Avant d’appbqucr l’enduit en stuc , il faut construire, en bonne maçonnerie , le noyau des colonnes , des entablements, des statues et des ornements saillants qui doivent en être revêtus.

Une première couche de stuc, formée avec du marbre grossièrement pilé, couvre ce noyau. Quand cette couche est bien sèche, on en superpose une seconde, dont le marbre doit être pilé très-fin. Il faut avoir soin, pendant le travail , d'asperger souvent le stuc, pour qu'on puisse l’étendre et le façonner aisément.

S'agit-il de former des rinceaux, des feuillages, ou d'autres ornements de cette espèce, on prépare des moules en bois sculptés, qui, après avoir été saupoudrés de marbre pilé, sont appliqués sur le stuc encore mou , et frappés à coups de maillet. Le moule dont on s’est servi étant enlevé, on mouille la surface du stuc, pour pouvoir le perfectionner et le polir.

Dans les lieux humides , la maçonnerie qui forme les noyaux doit être faite avec de la bonne chaux hydraulique; dans ce cas, le stuc sera composé de huit parties de chaux de inarbre , d'une partie de souffre , et de deux parties de pierre-ponce pulvérisée , le tout soigneusement mélangé dans une décoction de guimauve et de fruit d'orme. On remue fréquemment le mélange pendant huit ou dix jours; avant d’en faire usage, on y ajoute du piètre pilé fin et encore chaud.

On fabrique avec diverses substances des ornements moulés plus ou moins solides et propres à être appliqués tant à l'intérieur qu'à l’extérieur des édifices. Ceux en carton pilé sont très-légers, mais ils ne peuvent servir que dans les lieux bien abrités. Ceux en terre cuite sont plus solides, surtout lorsqu'ils ont été fabriqués avec soin. On vojt en Italie, sur les façades de quelques églises du moyen àgc et sur des édifices gothiques, des rinceaux , des oves et d’autres ornements moulés sur des briques , qui se sont trèsbien conservés.

Depuis quelques années la manufacture de Sarrebourg fournil des ornemenls moulés, d’un bon choix, qu’on emploie fréquemment à Paris pour la décoralion des appariements et des boutiques. Ces ornements réunissent la solidité à une exécution soignée.

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