‹ Traite elementaire de construction appliquee a l'architecture civileChapitre 34 sur 47 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Édifices consacrés aux approvisionnements, à la sûreté et à la

salubrité.

Aucune ville n'est mieux pourvue que Paris d'édifices servant aux approvisionnements publics. Cette grande capitale offre dans ce genre des modèles dignes d'imitation que nous allons parcourir rapidement.

ÉDIFICES POUR LES APPROVISIONNEMENTS, etc.

Abattoir».

Les abattoirs, placés aux extrémités de la ville, hors de l'espace habité, sont une institution précieuse pour la propreté et pour la salubrité, et au moyen de laquelle on évite les accidents fréquents qui résultent lorsqu’on est obligé de faire traverser la ville aux nombreux troupeaux de bœufs que l’on conduit à la boucherie.

Cinq abattoirs sont placés autour du circuit de Paris , intérieurement, auprès de son enceinte ; trois du côté du nord, qui est le plus peuplé, et deux seulement du côté opposé. Chacun de ces établissements ressemble à une ville , par son étendue et par le nombre de bâtiments qu'il contient. Ces bâtiments sont disposés autour d'une grande place qui occupe le milieu de l'espace , et le long de quatre ou six rues longitudinales parallèles, et de six rues transversales qui coupent les premières à angles droits. Ces bâtiments servent : 1» d'écuries dans lesquelles les animaux sont renfermés en attendant le moment de les abattre. Au-dessus de toutes ces écuries sont placés des fenils; 2“ des boucheries très-nombreuses , dont le sol , datte très-proprement , a des pentes convenables pour conduire le sang dans des égouts disposés à cet effet. Des robinets correspondent à ces endroits et fournissent abondamment l'eau nécessaire pour entretenir la plus grande propreté possible ; 5“ des salles qui contiennent les fourneaux, les chaudières, les presses nécessaires pour fondre le suif et le réduire en pain ; d” un bâtiment contenant une machine à vapeur qui élève l’eau nécessaire pour le service de l'établissement ; 5" un bâtiment plus grand, dans lequel sont placés les bureaux et les logements des directeurs et des employés ; 6" des pavillons placés des deux côtés de l'entrée principale servent de logement au concierge et aux gardiens. Au milieu de la grande place sc trouve un enclos entouré de palissades où l'on enferme les troupeaux avant qu’on puisse leur assigner des places dans les écuries. Des plantations d'arbres précèdent et environnent l'enceinte de ces établissements, et contribuent tout à la fois à l'ornement et à la salubrité.

Entrepôt des vins.

Cet établissement immense est unique dans son genre. Plus étendu qne les abattoirs, il contient de vastes places, de longues et larges rues ornées de belles plantations. Des deux côtés de ces rues sont érigés les celliers , admirables par leur grandeur et par leur solidité. Chaque corps de bâtiments contient plusieurs galeries qui se croisent perpendiculairement et qui reçoivent la lumière du comble, dont les pentes sont divisées en deux parties : la partie qui s’appuie sur les murs du pourtour est plus basse, quoiqu'elle ait une inclinaison égale à l'autre, de manière qu’il se trouve entre les deux un espace perpendiculaire dans lequel sont pratiquées les fenêtres qui éclairent l'intérieur. Les murs de ces bâtiments sont construits en pierres meulières , encadrées dans des chaînes en pierre de taille.

Plusieurs des celliers n'ont que le rcz-de-chausséc , dont le sol est soigneusement dallé ; les autres ont un étage au-dessus ; des rampes en pente douce placées à l'extérieur permettent aux voitures d’y monter pour y déposer les tonneaux.

L'entrepôt étant placé le long du port où les bateaux débarquent le vin, une belle grille ferme l'entrée de ce côté et permet de voir les immenses constructions qu'il renferme.

Grenier d'abondance.

Ce grand édifice , situé auprès de la Seine, et le long du nouveau canal de Saint-Mar-

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lin , est dans la position la plus favorable pour faciliter le déchargement du blé , des farines et des autres objets d'approvisionnement conduits par eau. Les caves magnifiques de cet édifice se trouvent à peu près de niveau avec le chemin de halagc, pratiqué le long du canal, dans la partie qui formait autrefois le fossé de la Bastille. Celte circonstance a permis d'établir trois voûtes qui partent de ces caves et viennent aboutir au chemin de halage susdit, de manière que les objets que l'on déchargera passeront immédiatement du bateau dans les caves. Au-dessus des caves, le bâtiment a intérieurement trois étages, quoique extérieurement il n'en apparaisse qu'un seul. On doit observer que cet édifice n'a pas la hauteur qui lui était assignée dans le plan primitif, des raisons d'économie ont motivé cette réduction. L'extérieur est composé de cinq avant-corps et de quatre parties intermédiaires plus allongées. Les avanbeorps présentent trois ouvertures cintrées (dont celle du milieu est une porte), et des contre-forts saillants renforcent les encoignures. Les parties intermédiaires ont des fenêtres cintrées et des ouvertures larges et peu élevées , immédiatement sous la saillie du comble.

Marché ».

Le marché Saint-Germain est sans contredit le plus beau de Paris, et probablement de l'Europe. Son plan est carré, il entoure une cour très-vaste; ses murs, en pierre de taille, ont de grandes fenêtres cintrées garnies de fortes persiennes qui abritent l'intérieur sans empêcher la libre circulation de l'air. Au-dessus de chaque fenêtre et immédiatement sous le comble , sont des ouvertures rectangulaires peu élevées qui éclairent l'intérieur. La charpente du comble, disposée suivant la méthode italienne, est remarquable par sa régularité et sa belle exécution ; des tuiles creuses en forment la couverture. L’intérieur présente quatre grandes galeries qui se communiquent l'une avec l'autre sans interru ption ; c'est là que sont disposés les bancs des marchandes de comestibles de toutes les espèces.

Quatre larges rues environnent ce marché, trois de ces rues sont garnies de maisons particulières; mais le long de la quatrième se trouve le bâtiment des boucheries, dont la façade extérieure est à peu près semblable à celles du marché. Les étaux pour les bouchers sont environnés et couverts par des grilles en fer; le sol est dallé. Dans la partie du milieu de ce bâtiment se trouve un vestibule carré qui, de deux côtés, conduit aux boucheries; mais en face de l’entrée principale est une grande niche qui contient une statue assise, an pied de laquelle se trouve un bassin de fontaine. Latéralement à cette fontaine sont deux escaliers qui conduisent dans les caves placées au-dessous des boucheries. Ces caves sont très-utiles pour la conservation des viandes, des fruits, de la verdure , etc. Un petit corps debâtiment contient des bureaux et des latrines inodores.

Le nouveau marché de la place Maubert, quoique moins vaste, est construit d’après le même système. Le marché Saint-Martin, vu extérieurement, est fort élégant ; mais l'intérieur n’étant pas assez, élevé, la masse d'air en circulation n’est point suffisante pour dissiper les émanations désagréables et malsaines produites par certaines espèces de comestibles. Le marché de la volaille, ayant été construit sur les fondations d'une ancienne église, a une forme qui rappelle le souvenir de l’édifice qu’il remplace. Il est formé de trois galeries parallèles , dont celle du milieu est pins large.

Le marché des Blancs-Manteaux, construit sur un emplacement à peu près carré, est couvert dans toute son étendne , et son plan résulte de trois galeries |>arallêles coupées perpendiculairement par trois autres. Les parties latérales présentent trois frontons; les façades oui un seul fronton , et de chaque côté une portion du comble en pente.

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Nous ne parlerons point des constructions faites à la grande llalle, qui ne nous paraissent que provisoires.

Halle au blé.

La Halle au blé est un édifice circulaire qui résulte de deux portiques surmontés d’un entre-sol. Ces portiques laissent dans le milieu un espace pareillement circulaire, qui est couvert par une très-belle voûte sphérique en fer, disposée de manière qu’elle forme intérieurement des compartiments carrés analogues aux caissons des voûtes ordinaires. Une grande ouverture circulaire vitrée, éclaire l’intérieur. Des lames de cuivre forment la couverture de la voûte.

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Les édifices consacrés à la salubrité sont particulièrement les fontaines , les bains et les hôpitaux.

Conduite d’eaux et Fontaines.

Paris laissait beaucoup à désirer sous le rapport des fontaines ; mais le canal de l'Ourcq lui fournira bientôt le moyen d’égaler dans cette partie la magnificence des autres monuments. Voici quelques indications de ce beau travail, extraitesdu devis général du canal de l’Ourcq par M. Girard.

La rivière de l’Ourcq , prise à Mareuil , à 93,922 mètres de distance de la barrière de Pantin, est amenée, par un canal navigable, dans un bassin établi sur le territoire de la Villette. Le niveau des eaux de ce bassin est élevé de 27 mètres au-dessus des basses eaux de la Seine.

Les eaux amenées par le canal de l’Ourcq dans le bassin de la Villette sont destinées : 1" à alimenter, dans l’intérieur de Paris, de nouvelles fontaines et un certain nombre de réservoirs qui doivent servir au nettoiement des rues et des égouts, et fournir de nouveaux moyens d’embellissement et de salubrité;- 2“ à alimenter deux canaux de navigation qui descendront dans la Seine, l’un en traversant ie faubourg du Temple, l’autre eu traversant la plaine Saint-Denis , jusqu'à l'entrée de cette ville.

Les eaux du bassin de la Villette qui doivent servir au premier usage , sont dérivées dans un aqueduc de maçonnerie qui se soutient à la même hauteur que ce bassin, et qui contourne la partie septentrionale de Paris jusqu’à la plaine de Mouceaux. Cet aqueduc a 4,357 mètres de longueur. Les dimensions sont réglées d'après la base suivante : qu'il devra, en vingt-quatre heures , donner passage à 4,200 pouces d'eau, au moins.

Trois galeries voûtées partiront de l’aqueduc de ceinture et prendront les directions suivantes : la première, dite de Saint-Laurent, fournira l'eau aux quartiers de Saint- Denis, des Halles, de l'École de Médecine, du Temple, de la Place -Royale et de l’Hôlel- «k- Ville; elle aura 9,066 mètres de longueur. La seconde, qui aura une longueur de 9,255 mètres, fournira de l'eau aux quartiers de Montmartre, du Palais-Royal, du Louvre et de la place Vendôme. La troisième enfin, dont la longueur sera de 12,378 mètres, conduira l’eau dans les quartiers des Tuileries, du faubourg Saint-Honoré, de l’École Militaire et des Invalides.

Indépendamment de ces trois distributions, qui seront alimentées par le canal de ceinture, une quatrième recevra immédiatement les eaux du bassin de la Villette; elle sera dirigée par une galerie dite de Saint- Antoine , dans le faubourg de ce nom , et les quartiers de l’Arsenal et du Jardin des Plantes.

ÉDIFICES POT R LES APPROVISIONNEMENTS, rrc. 2S5

Ces quatre grandes conduites sont destinées à alimenter un certain nombre de réser- Toirs , qui seront placés sur les endroits les plus élevés de chaque quartier , afin que tes eaux qui seront dérivées de ces réservoirs puissent être distribuées sur le plus grand nombre de points des rues environnantes.

Il sera en outre établi sur toute la longueur de ces conduites, entre leur origine et te chàteau-d'eau où elles se termineront, différents embranchements qui porteront les eaux au point culminant de chaque rue , d'où elles jailliront h volonté , soit pour l'arrosemeut et le lavage de cette rue , soit pour former des secours contre les incendies, ou être employées à tout autre service public.

Enfin, ces embranchements porteront eux-mémes des rameaux plus petits, destinés à alimenter les concessions particulières qui pourront être faites des eaux du canal de l'Ourcq.

L’un des services les plus importants que rendront les eanx du canal de l'Onrcq, est le lavage des rues et des égouts. Le lavage des rues se fera au moyen de bonches d'eau placées sur les |>oinLs les plus élevés de chaque rue. Les tuyaux d’embranchement destinés à alimenter les bouches de lavage, seront posés dans de petites rigoles de maçonnerie établies sous le pavé des rues et recouvertes d'un madrier.

Ces eaux ne serviront pas seulement i nettoyer le pavé et les ruisseaux, elles pourront être employées à laver la façade des maisons et des magasins ; elles s'écouleront dans les égouts et contribueront à leur nettoiement par le courant qu'elles y entretiendront.

Il ne sera pas nécessaire de laisser couler constamment les eaux du lavage sur le pavé des rues. Outre l'inconvénient d'appauvrir par là quelques-uns des services auxquels ces mêmes eaux doivent subvenir, on éprouverait encore celui, non moins grave, d'entretenir la plupart de ces rues dans un état d’humidité continuel. Ce lavage s'effectuera à certaines heures du jour et de la nuit ; et , pour que l'ordre établi à cet égard ne soit point interverti, les robinets des bouches d'eau seront enfermés dans des bornes ou coffrets de fonte, dont les préposés à ce lavage conserveront les ciels. Les bouches d'eau de chacune de ces bornes-fontaines sont disposées de manière qu’on puisse, en cas d'incendie, y adapter un tuyau de cuir qui porte les eaux soit dans le réservoir d'une pompe de secours, soit dans l'intérieur de l'édifice embrasé.

Suivant l'ancienne méthode de distribuer les eaux, les conduites formées de tuyaux de fonte ou de plomb, étaient enterrées sous le sol, sans aucune préparation propre à affermir le sol, dont la consistance est presque toujours inégale. Il en résulte que si ces terrains s'affaissent accidentellement par différentes causes , les conduites se rompent sous la charge qu’elles supportent; l'eau qui s'en échappe pénètre le sol environnant et le rend plus compressible, ce qui occasionne de nouvelles ruptures. De plus , les conduites n'étant enfoncées qu'à peu de profondeur, le métal dont elles sont formées se dilate et se condense suivant les variations de température; il se forme conséquemment des déchirements et des pertes d'eau qu'on ne parvient à étancher qu'aprèsde longues recherches , qui interrompent le serv ice et causent plus ou moins d'embarras dans les lieux où Ton est obligé d'ouvrir des tranchées.

Pour remédier à ces inconvénients, dans la distribution des eaux du canal de l’Ourcq, on a adopté les précautions suivantes : 1“ de poser les tuyaux dans des galeries voûtées où l'on pourra les visiter à toute heure dans toute leur étendue, et réparer, sans recherches inutiles, les accidents qui peuvent survenir; 2* d'établir les conduites sur un sol inébranlable , c’est-à-dire sur des massifs de maçonnerie fondés solidement ; 3* que ces conduites n'aient à supporter d'autre charge que leur propre poids.

On aurait pu faire partir immédiatement du bassin de la Yillctte, comme d'une souche

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commune, tous les tuyaux de conduite destinés aux différentes distributions; mais alors il aurait fallu , pour alimenter chacune d'elles par un certain volume d’eau , augmenter le diamètre de la conduite à mesure que le point où elle devrait aboutir s'éloignerait du point de départ ; ce qui aurait obligé d’employer, pour les quartiers éloignés, des tuyaux dont les fortes dimensions auraient rendu la fabrication, la pose et les réparations difficiles. C’est donc pour rendre les conduites forcées les plus courtes possible, qu'on a adopté le principe de soutenir les eaux de niveau avec le bassin de la Villettc dans un aqueduc prolongé aussi loin que le relief du terrain l'a permis.

Les conduites principales étant toutes posées sous des voûtes, soit dans de nouvelles galeries, soit dans des égouts dont les directions se raccordent avec celles de ces galeries , les tuyaux sont soutenus dans les nouvelles galeries par des consoles en pierres de taille en saillie sur le parement intérieur de leurs murs latéraux. Dans les égouts ils sont soutenus par des tasseaux ou rhcvalcts en fonte , scellés dans le dallage de ces égouts , et appliqués le plus près possible de leurs pieds-droits. Ce moyen, dont l'expérience a déjà justifié le succès, obstrue le moins possible le cours des eaux à l’évacuation desquelles les égouts sont destinés.

En plaçant les tuyaux de conduite sous les galeries voûtées, on réduit à leur propre poids et à celui de l’eau qu'ils contiennent, la charge qu'ils ont à supporter; mais cct isolement rend les influences de la température beaucoup plus sensibles sur le métal dont les tuyaux sont composés, parce que la température de l'eau en mouvement dans les conduites variera plus que celle des galeries; de sorte que l'eau, à la sortie, aura un degré de chaleur différent qu’à l'entrée ; et cette différence de température , dont participeront les extrémités de la conduite, sera d'autant plus sensible qu’elle aura plus de développement. Ce motif a fait rechercher un moyen d’articuler quelques parties de la conduite , de manière qu’elles puissent , sans rupture ou sans flexion, se raccourcir ou se ralonger.

On a adopté le moyen des tuyaux compensateurs à bride mobile, placés à la distance de 100 mètres l'un de l'autre. Ils sont composés de deux parties : la première, terminée par un renflement cylindrique, se raccorde par un congé avec le corps du tuyau; cette espèce de manchon porte une bride fixe en saillie sur le nu du renflement. La secondo partie du compensateur est dégarnie de bride à l'une de ses extrémités; cette extrémité est arrondie au tour, pour être introduite dans le manchon ou renflement. La bride de celte seconde partie du compensateur est remplacée par un anneau ou bride mobile qui glissera au besoin sur le corps du tuyau ; elle porte sur le tuyau au moyen d’un talon cylindrique. La bride fixe du manchon et la bride mobile du tuyau qui y est reçu sont percées de six trous, comme les brides ordinaires. Le vide qui se trouve entre l'extérieur du tuyau mâle et l'intérieur du tuyau femelle est garni d’étoupe goudronnée.

On place, entre les brides de deux tuyaux consécutifs, des rondelles de plomb renfermées entre deux bandes de flanelle goudronnée , afin de rendre les joints plus étanchés. Le joint est serré au moyen de six boulons qui traversent des trous percés dans les brides des tuyaux.

Les tuyaux sont retenus sur leurs supports par des cales ou coins de bois de chêne, «t par des agrafes en fer forgé, scellées dans les pieds-droits des voûtes des galeries ou des égouts. Ces agrafes sont composées de deux parties : l’une droite, scellée dans la maçonnerie; l’autre circulaire, assemblée à charnière avec la première.

Chaque conduite a plusieurs robinets, dont un doit être placé immédiatement au-dessous de la prise d’eau, pour établir ou intercepter à volonté la communication entre les parties supérieure et inférieure de la conduite. Un second robinet est placé dans la partie

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la plus basse de la conduite, pour ouvrir ou fermer une communication de l’intérieur à l'extérieur, et procurer au besoin l'évacuation des eaux qui y seraient contenues.

Indépendamment de ces deux robinets, dont le service est indispensable, plusieurs autres sont distribués sur la longueur d'une même conduite, à l'effet de se rendre maître du cours de l'eau, afin de procéder, suus l'interrompre entièrement, aux réparations des accidents qui peuvent survenir, ou de pourvoir momentanément à des services extraordinaires. L’œil de ces robinets est cylindrique et précisément du même diamètre que l'intérieur de la conduite ; ainsi la vitesse de l’eau n’éprouve aucune altération , et quand ils sont ouverts, la conduite se trouve aussi libre que s'ils n'existaient pas.

La manœuvre des robinets exige l’emploi d’une assez grande force, quand ils ont un diamètre considérable. Ordinairement elle s'opère à l'aide de leviers, à l'extrémité desquels agissent un ou plusieurs hommes. La plus grande résistance qu'ils éprouvent est celle que présente le robinet pour être dégagé d'une position dans laquelle il est resté quelque temps ; d'où l'on voit que cette résistance est variable , et qu’au moment où l’on parvient à la surmonter, la puissance est capable de produire un grand effet; ainsi le robinet, une fois dégagé , s'ouvre ou se ferme presque instantanément. Dans ce dernier cas, et si le robinet que l'on manœuvre est celui de l'orifice inférieur de la conduite, l’eau qui y est enfermée réagit sur les tuyaux, et quelquefois en occasionne la rupture.

On préviendra ces accidents en se rendant maître d’opérer le mouvement des robinets aussi lentement que l'on voudra. II suffit, pour cet effet, de substituer aux leviers, que l'on emploie ordinairement à cette manœuvre, un engrenage composé d'une roue dentée, ayant le même centre que la clef du robinet, et d’un pignon dont l'axe portera une manivelle.

Lorsque les conduites présentent des sinuosités dans le plan vertical, l’air qui y est contenu au moment où on les inet en charge se porte au sommet le plus élevé de ces sinuosités; et si le volume de cet air est assez considérable, il peut arriver qu'il occupe eu ce point toute la capacité de la conduite, et qu'il présente, du moins pendant quelque temps, un obstacle au cours de l'eau. Il est clair que, pour le rétablir, il faut évacuer l’air que la conduite contient. Le moyen le plus simple consiste à implanter sur le sommet du coude qu'elle forme, un tube vertical qui s'élève jusqu’au niveau du réservoir. Ce tube se remplit d'eau jusqu'à une certaine hauteur; mais, en vertu de sa légèreté spécifique, l'air parvenu à la base de ce tube s'élève à travers l'eau qu'il contient, et s'échappe par son extrémité supérieure qui reste ouverte.

Ce moyen, tout simple qu’il est, présente cependant quelque embarras, lorsque le réservoir de prise d'eau est à une grande hauteur au-dessus du coude de la conduite qu'il s'agit d’évacuer. On prévient cet embarras en substituant à ce tube vertical, ouvert par le haut, un tube beaucoup plus court garni d'un robinet, au moyen duquel on peut tenir ce tube ouvert ou fermé; mais comme l'eau entraîne, dans ces mouvements, de l'air qu'il faut évacuer de temps à autre , cette opération exigerait une certaine surveillance que l’on ne peut cesser d’exercer sans inconvénient.

Pour se dispenser de cette surveillance, on fermera la partie supérieure du tube par une partie horizontale, au milieu de laquelle on pratiquera un orifice qui livrera passage à l’air de la conduite; on substituera au robinet un flotteur contenu dans le tube , et qui portera à l’extrémité d'une tige verticale un obturateur destiné à fermer l’orifice. Lorsque l'eau sera suffisamment élevée dans lu tube , elle poussera le flotteur de bas en haut , et l'orifice restera fermé: mais lorsqu’un certain volume d’air viendra occuper la partie supérieure de ce tube, sa force élastique se mettra en équilibre avec la pression de l’eau

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