‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 101 sur 252 · TRAITEMENT EXTERNE. — ÉPILATION · texte numérisé non relu

TRAITEMENT EXTERNE. — ÉPILATION

thélium. Le derme se réunit indirectement après oblitération de la fente par un bouchon fibrineux. Au bout de cinq jours, il reste des traces de la section du derme, et la basale n’est pas restituée. La scarification s’accompagne de la luxation dans la profondeur du derme d’un certain nombre de cellules du corps muqueux qui sont résorbées et emmenées par les lymphatiques. )>

Quand on étudie l’action de la scarification sur les tissus, on s’aperçoit qu’elle agit surtout en développant un processus de sclérose; mais ce processus offre cet avantage capital de ne pas donner lieu à du tissu progressivement rétractile comme le tissu de cicatrice ordinaire.

En somme, le grand mérite de la scarification est de conserver aux tissus toute leur souplesse, leur beauté, même leur coloration. C’est le type des procédés thérapeutiques puissants donnant des cicatrices aussi peu apparentes que possible et non rétractiles.

Indications. — La scarification constitue par cela même une méthode de choix pour le lupus vulgaire de la face chez la femme, pour le lupus des orifices alors qu’il est urgent de ne pas avoir de cicatrices rétractiles. C’est la méthode héroïque pour arrêter l’extension du lupus vorax. Elle donne aussi quelques résultats dans les formes fixes du lupus érythémateux : mais elle est surtout indiquée dans les formes congestives, aberrantes, superficielles de la même affection. Elle est très utilisée dans la couperose variqueuse et même dans la couperose mixte, dans la séborrhée fluente, dans la séborrhée des lèvres, dans les indurations de l’impétigo sycosiforme, dans les cicatrices, dans les chéloïdes qu’elle insensibilise presque immédiatement, et qu’elle finit par aplatir. Elle nous a paru peu efficace dans les nœvi vasculaires. Par contre elle nous a rendu de grands services dans les prurits rebelles circonscrits, dans les eczémas congestifs et dans les eczémas rebelles circonscrits h dans les psoriasis rebelles, dans les ulcères atoniques, dans les divers états éléphantiasiques des téguments, etc... C’est donc, on le voit par cette simple énumération, une méthode thérapeutique de la plus haute valeur.

C. Épilation, — L’ épilation consiste à arracher mécaniquement des poils en une région donnée pour faciliter la guérison de la maladie dont est atteinte cette région. Il est entendu que nous ne parlerons pas ici de la destruction des poils par l’électrolyse que nous étudierons au chapitre électricité. Il y a d’ailleurs une différence radicale entre l’épilation ordinaire qui ne détruit nullement le bulbe, qui parfois même le rend plus actif, et l’épilation électrolytique qui a au contraire pour but de détruire radicalement le poil.

Pour pratiquer l’épilation, on se sert d’un instrument spécial que l’on appelle pince à épiler et dont la caractéristique est d’avoir des mors plats s’adaptant parfaitement entre eux par une surface lisse, de manière à saisir et à maintenir solidement entre eux le moindre duvet.

Pour épiler, on commence par saisir solidement le poil que l’on veut arracher entre les mors de la pince, puis on l’enlève d’un coup sec, presque brutal. Plus le coup de poignet est brusque, moins vive est la douleur causée par l’avulsion.

Quand on épile pour des affections parasitaires du cuir chevelu, il est de règle d’arracher soigneusement tous les poils en dehors de la zone malade dans un rayon d’au moins ! centimètre tout autour pour créer ainsi une zone d’isolement, de protection et d’observation.

1 Voir également sur ce point les travaux de Jacquet.

Brocq. * — Dermatologie. 1. L»

TRAITEMENT GÉNÉRAL

On a voulu autrefois pratiquer l’épilation en masse en appliquant sur la région à épiler un emplâtre agglutinatif que l’on arrachait ensuite avec violence en entraînant avec lui les cheveux agglutinés. C’était le traitement par la calotte de poix. Ce procédé par trop douloureux est actuellement abandonné.

Mais on se sert par contre assez fréquemment dans les teignes de collodion simple ou iodé que l’on applique en couches assez épaisses sur les points malades, puis que l’on enlève d’un seul coup au bout de vingt-quatre ou de quarantehuit heures. On entraîne ainsi beaucoup de débris de cheveux malades qu’il est impossible d’enlever avec la pince.

L’épilation est utilisée dans le favus où elle rend de grands services, dans la teigne tondante de Gruby-Sabouraud, et dans les trichophyties où elle ne donne que des résultats imparfaits, car les cheveux sont friables et ne viennent pas complètement quand on les arrache avec la pince, dans toutes les teignes et même les pelades pour créer une zone de protection, dans les folliculites suppurées, les sycosis, etc...

Depuis la découverte de l’action épilante des rayons X, on a de plus en plus de tendance à substituer la radiothérapie à l’ancienne épilation que nous venons de décrire (voir Radiothérapie) .

10° Électricité. — Il y a déjà longtemps que l’ électricité , sous la forme de courants galvaniques, est utilisée dans la thérapeutique des affections cutanées : mais c’est surtout dans ces dernières années que, grâce au perfectionnement de l’outillage, cet agent a pris une place importante en dermatothérapie l *.

Actuellement nous utilisons :

1° Les courants galvaniques , surtout sous la forme d ’Électrolyse simple ou médicamenteuse, mais aussi parfois sous la forme de bains hydro-électriques ;

2° Les courants faradiques et les courants sinusoïdaux , que l’on emploie surtout comme modificateurs généraux de la nutrition sous forme de bains hydroélectriques ;

3° La franklinisation employée sous forme de bain statique pour modifier la nutrition générale ; sous forme dé effluvation pour agir localement sur les tissus grâce à la quantité considérable d’ozone à l’état naissant qui se produit au niveau du balai;

4° Les courants de haute fréquence et de haute intensité - employés soit comme applications générales (autoconduction, lit condensateur), soit en applications locales par la méthode d’Oudin 3;

5° Les rayons X;

6° Enfin la lumière de l'arc voltaïque en applications générales ou locales.

Nous allons rapidement passer en revue ces diverses méthodes thérapeutiques 4.

1 Voir pour l'historique et pour de plus amples détails notre ouvrage de 4898 sur le Traitement des dermatoses par la petite chirurgie et les agents physiques , et notre article électricité de la Pratique dermatologique (Brocq et Bisserié, t. II, p. 306).

- D’Arsonval. Production des courants de haute fréquence et de haute intensité, leurs effets physiologiques. Soc. de biol ., 4 février 1893.

3 Oudin. Action thérapeutique locale des courants de haute fréquence. Comptes rendus cle l'Acad. des sciences, juin 1897. — Du même. Sur le résonnateur et Teflluve de résonance. Comptes rendus de l’Acad. des sciences , 1898.

4 Voir en outre, notre ouvrage sur le traitement des dermatoses par la petite chirurgie et les agents physiques : Leçons de L. Brocq , recueillies par Déliu et revues par l’auteur. G. Carré et G. Naud, édit., Paris, 1898.

TRAITEMENT EXTERNE. — ÉLECTROLYSE

1. Galvanisation. — Le courant galvanique est fort utilisé en dermatologie.

11 l’est indirectement dans la cautérisation ignée où l’on s’en sert pour faire rom r l’anse de platine destinée à agir sur les tissus : c’est le galvanocautère.

Il l’est directement, c’est-à-dire par ses propriétés électriques essentielles, quand

on agit par le courant électrique lui-même sur les tissus morbides en mettant par exemple un pôle de la pile sur la colonne vertébrale, l’autre pôle sur les tissus morbides, comme dans la sclérodermie, ou bien quand on agit par les propriétés électrolytiques de la pile comme dans la destruction des poils, le traitement des nævi vasculaires, etc., ou bien quand on donne des bains hydro-électriques à courant galvanique.

Ce sont ces dernières applications du courant galvanique que nous allons étudier (L. Brocq et F. Bisserié. Pratique Dermat ., t. II, p. 308).

Appareils. — L'outillage nécessaire pour l’application des courants galvaniques comporte :

1° Un appareil générateur du courant qui peut être soit une pile, soit des accumulateurs, soit une dynamo-génératrice à courants continus : nous n’avons pas ici à les décrire ; 2° des fils conducteurs qui sont d’ordinaire des fils très fins recouverts de soie ; 3° des électrodes constituées soit par de fines éponges, soit par des cylindres métalliques recouverts de peau de chamois que le malade peut tenir à la main, soit par des plaques métalliques de formes et de dimensions variables également recouvertes de peau de chamois; on les imbibe d’ordinaire d’eau salée pour faciliter le passage du courant : elles sont reliées par les fils aux pôles de ,1a batterie; 4° des appareils destinés à mesurer et à graduer l’intensité des courants collecteurs, galvanomètres apériodiques, commutateurs, etc.

A. Courants galvaniques proprement dits . — Les courants galvaniques proprement dits ont été jusqu’ici assez peu employés en dermatothérapie ; cependant on a essayé de traiter par cette méthode quelques affections que l’on croit être d’origine nerveuse, telles que le vitiligo, les sclérodermies, etc.

B. Electrolyse . — Les propriétés électrolytiques du courant galvanique sont très fréquemment utilisées en dermatologie1.

On sait que, lorsque l’on fait passer un courant galvanique à travers un milieu de composition chimique complexe, les éléments constitutifs de ce milieu se dissocient, et, si l’on examine au bout d’un certain temps ce qui s’est passé, on constate que l’oxygène et les acides se sont transportés au pôle positif, tandis que l’hydrogène et les bases se sont accumulés au pôle négatif. On conçoit donc facilement que les corps à l’état naissant qui se forment ainsi soient capables d’exercer une action énergique sur les éléments vivants qui se trouvent à leur contact, et dont la composition est des plus complexes. Aux modifications dues à l’action propre du courant galvanique viennent s’ajouter des effets dus à l'action caustique et chimique des nouveaux produits mis en liberté ; et, comme ces produits diffèrent totalement aux deux pôles comme constitution chimique, on comprend que l’action thérapeutique développée à ces deux pôles doive être essentiellement différente.

Au pôle positif les acides déterminent la coagulation des liquides albumineux;

*. Ceux qui voudront se mettre au courant de cette question et en avoir une bibliographie assez complète devront se reporter au savant article d’Olivier Gros : de l’électrolyse bipolaire appliquée au traitement des angiomes et des nævi materni. Annales d'électrobiologie, d’électrothérapie et d'électrocliagnostic, 15 janvier 1899, 2° année, n° 1, p. 54.

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il en résulte un effet hémostatique, et la production d’une escarre sèche, rétractée, adhérente.

Au pôle négatif, au contraire, la formation de bases caustiques (potasse et soude) détermine des effets destructeurs plus accusés; l’escarre est volumineuse, molle et diffluente.

Au point de vue thérapeutique les propriétés spéciales à chaque pôle en particulier présentent une importance capitale sur laquelle nous ne saurions trop insister. Toutes les fois que Ton veut obtenir de Télectrolyse un effet destructeur, comme dans Thypertrichose par exemple, c’est le pôle négatif que Ton doit choisir comme pôle actif; si au contraire on recherche plus particulièrement les effets coagulants, comme dans les tumeurs érectiles, c’est au pôle positif auquel il faut donner la préférence.

Cette action électrolytique du courant galvanique donne d’excellents résultats dans certaines lésions de la peau telles que Thypertrichose, les nævi, les tumeurs vasculaires, les télangiectasies, les chéloïdes, les sclérodermies en plaques ou en bandes ; on peut dire que dans ces affections elle constitue la méthode de choix.

instruments. — L 'appareil générateur est ordinairement une batterie composée de 25 à 60 couples.

h1 électrode active est constituée par une ou plusieurs aiguilles reliées au pôle avec lequel on veut agir et que Ton implante dans les tissus que Ton veut modifier.

Ces aiguilles sont éminemment variables suivant les opérateurs, suivant la méthode que Ton emploie, et suivant les maladies que Ton traite.

Pour la destruction des poils par Télectrolyse on peut se servir de très fines aiguilles d’or et de platine : nous avons recommandé des aiguilles en platine iridié de la plus extrême finesse que nous recourbons à 6 millimètres de leur partie terminale de façon à leur donner en ce point un angle d'environ 135 degrés L Debédat préconise dans la même affection de très fines aiguilles en acier, recourbées à angle droit à environ 5 millimètres de la pointe.

Pour les chéloïdes et les sclérodermies en plaques, nous employons une aiguille analogue à celle que nous avons fait construire pour Thypertrichose, mais elle est un peu moins fine pour être plus résistante, et pour pouvoir pénétrer dans les tissus sans se fausser; elle est droite, et nous lui mettons, à une distance de sa pointe qui dépend de la profondeur à laquelle nous voulons agir, un arrêt en cire à cacheter qui nous indique de combien l’aiguille a pénétré dans les tissus.

La pose de cet arrêt est tout ce qu’il y a de plus simple : il suffit de chauffer le bout d’un bâton de cire à cacheter, puis de le mettre en contact avec la partie de l’aiguille sur laquelle on veut poser l’arrêt; on imprime alors à l’aiguille un mouvement de rotation grâce auquel un petit fragment de cire s’enroule autour de la tige de l’aiguille : quand elle a refroidi, la cire adhère parfaitement.

Nous avions primitivement fait construire des aiguilles portant à une certaine distance de leur pointe un arrêt fixe, formé par une sorte de bague métallique qui faisait corps avec la tige de l’aiguille ; mais cette disposition offre plusieurs inconvénients : les aiguilles ainsi construites sont un peu plus difficiles à fabriquer et plus coûteuses ; en outre, l’épaisseur des tissus sur lesquels on doit agir varie beaucoup suivant les cas. On serait donc obligé, si on adoptait ces instruments, d’avo.ir tout un jeu d’aiguilles portant des arrêts à des hauteurs diverses à partir

Voir pour plus de détails la destruction des poils par Télectrolyse, articl q, Hyper Irichose.

TRAITEMENT EXTERNE. — ÉLECTROLYSE

de 3 millimètres jusqu’à 15 millimètres et même davantage ; c’est vraiment assez peu pratique.

La tige de nos aiguilles a de 20 à 22 millimètres de long : elle est montée sur un cylindre d’environ 15 millimètres de hauteur et de 3 à 4 millimètres de diamètre, dont l’axe perforé à l’extrémité opposée à celle où est fixée l’aiguille reçoit à frottements une borne légèrement conique fixée sur l’extrémité du fil conducteur. Cette base sert en même temps de manche pour tenir et manier l’aiguille : elle est dans ce but taillée à facettes de manière à offrir une prise facile et à ne pas glisser entre les doigts de l’opérateur.

Quand on veut faire de l’électrolyse chimique, on prend des aiguilles assez volumineuses fabriquées avec le métal dont on veut utiliser les propriétés. C’est ainsi qu’on emploie suivant les cas des aiguilles d’argent, de cuivre, de fer, etc.

Porte-aiguilles. — Les médecins qui utilisent l’électrolyse dans le traitement de l’hypertrichose se servent presque tous de manches porte-aiguilles : à notre avis ces appareils offrent plus d'inconvénients que d'avantages. Trop longs et trop lourds, ils ont pour conséquence immédiate de diminuer la précision des mouvements et d’alourdir la main de l’opérateur. On peut, il est vrai, pour obvier à ces inconvénients, utiliser des manches porte-aiguilles très courts et très légers. Nous ne voyons pas trop alors quel avantage ils présentent sur notre modèle d'aiguille dont ils ne sauraient avoir d’ailleurs l’extrême simplicité. Avec notre aiguille, il nous semble que nos mouvements sont précis et nos sensations tactiles de la plus grande délicatesse.

On a fabriqué des porte-aiguilles à verrou permettant à l’opérateur d’ouvrir et de fermer le circuit avec une seule main ; ces appareils présentent tous les inconvénients dont nous venons de parler; de plus le fait même, d’établir et d’interrompre le courant avec la main qui opère nous semble mauvais, car ces manœuvres impriment à l’aiguille des secousses, et la brusque ouverture ou fermeture du circuit détermine des sensations assez désagréables et même douloureuses pour l’opéré.

Quant on veut agir avec plusieurs aiguilles à la fois, on se sert d’un fil conducteur dont l’extrémité opposée à celle qui est fixée à la pile est divisée en plusieurs chefs d’une extrême minceur que l’on adapte à chaque aiguille préalablement mise en place.

Électrode indifférente. — L’électrode indifférente, quand elle existe (car, ainsi que nous allons le voir, il est une méthode, dite bipolaire, dans laquelle les deux électrodes sont actives), est constituée d’une manière assez variable suivant les indications particulières.

Quand il n’y a pas d’inconvénients à faire traverser le corps par le courant électrique, comme dans le traitement de l’hypertrichose où l’on n’emploie que des intensités infinitésimales, on peut faire tenir l’électrode indifférente à la main, par le malade, et alors on emploie un cylindre de métal ou de charbon recouvert de peau de chamois, ou bien une large plaque métallique recouverte de peau de chamois sur laquelle l’opéré place la main, ou que l’on fixe autour du bras, ou encore une pédale métallique sur laquelle on pose le pied nu.

Quand il faut au contraire circonscrire l’action de l’électricité, c’est-à-dire ne la faire passer que dans une région limitée du corps, comme dans le traitement des nævi de la face, on emploie des plaques de formes diverses, presque toujours annulaires ou en fer à cheval, embrassant en quelque sorte dans leur concavité la région sur laquelle on veut faire agir l’électricité.

TRAITEMENT GÉNÉRAL

Ces plaques ou ces cylindres sont reliés par une borne à un fil qui s’adapte à l’un des pôles de la pile. *

Modes d’application de l’électrolyse1. — On peut employer l’électrolyse de quatre manières différentes qui constituent quatre grandes méthodes :

1° Méthode unipolaire ;

2° Méthode bipolaire ;

3° Méthode électro-chimique ;

4° Méthode cataphor étique.

Nous allons les étudier successivement.

1° Méthode unipolaire. — Cette méthode consiste à faire agir un seul pôle directement sur les tissus morbides. C’est la méthode de choix pour le traitement de l’hypertrichose ; le principe de la destruction des poils par l’électrolyse consiste en effet à introduire le long du poil, dans le follicule pileux jusqu’au bulbe, une fine aiguille en platine iridié, que l’on relie au pôle négatif de la pile et par laquelle on fait passer un courant variant de 1 à 5 milliampères, pendant le temps strictement nécessaire pour la destruction de la papille pileuse2. On ne peut employer ici la méthode bipolaire ; on doit bien évidemment n’agir qu’avec le pôle destructeur par excellence qui est le pôle négatif, puisqu’il faut simplement obtenir une action destructive. Le pôle positif est relié à une électrode à large surface que l’on nomme, électrode indifférente; le malade la tient à la main, ou bien on la fixe en un point quelconque du corps.

Nous utilisons cette même méthode en nous servant également du pôle négatif dans les chéloïdes et les sclérodermies : mais dans ces affections elle nous paraît bien moins indiquée que dans l’hypertrichose, et il est possible que des recherches ultérieures prouvent que ces dermatoses sont justiciables de la méthode bipolaire.

Dans les nævi vasculaires, nombre d’auteurs emploient la méthode unipolaire en utilisant surtout le pôle positif; quand il s’agit de simples télangiectasies ou de nævi stellaires, on peut employer avec grand avantage le pôle négatif.

En somme, comme nous l’avons dit plus haut, toutes les fois que l’on veut détruire, on doit employer la méthode unipolaire en utilisant le pôle négatif ; quand on veut avoir de simples effets coagulants, on doit se servir du pôle positif.

Mode opératoire. — Il faut tout d’abord que la région à opérer soit solidement fixée et maintenue. Quand il s’agit d’opération d’hypertrichose ou de nævi de la face, le sujet doit être commodément assis dans un fauteuil, la tête bien appuyée, en pleine lumière. Quand on opère sur un membre supérieur, il faut l’installer commodément sur une table ; pour le membre inférieur on couche le malade sur un lit d’opération à une hauteur telle que la région malade soit tout à fait à la portée de la main.

Il y a plusieurs manières de faire passer l’électricité.

On peut fixer l’électrode indifférente sur les téguments de l’opéré (voir plus haut) ; puis, lorsqu’on a introduit l’aiguille dans les tissus à modifier, on manœuvre soi-même ou l’on fait manœuvrer par un aide le collecteur de la batterie jusqu’à.

1 Voir, en dehors des ouvrages classiques, John. T. Bowen, The présent position of electrolysis in the treatment of cutaneous affections. The Boston medical and surgical Journal, 28 juillet 1892.

2 Pour tous les détails du procédé opératoire et pour la bibliographie complète de cette question, voir L. Brocq : 110 cas d’hypertrichose traités par l’électrolyse. Ann. de dermat. et de syphil., 1897, p. 829, 1010, 1077.

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