ÉLECTROLYSE
C’est ainsi que, pour la destruction des poils par l’électrolyse, on utilise d’ordinaire, pour les simples duvets, des courants de 1 à 2 milliampères que l’on laisse passer pendant quatre à cinq secondes jusqu’à ce qu’il y ait un vestige de destruction des tissus visible autour de l’aiguille; pour les poils de dimension moyenne, des courants de 2 à 3 milliampères que l’on laisse passer pendant cinq à dix secondes jusqu’à ce qu’il y ait autour de l’aiguille une petite zone de destruction d’un blanc brunâtre ; pour les poils volumineux, des courants de 4 à 5 miliampères d’intensité, jusqu’à ce qu’il y ait autour du poil une zone de destruction bien nette. D’ailleurs, ces intensités et la durée du passage du courant varient suivant les personnes et les résistances de leurs téguments, suivant les localisations diverses et la finesse de la peau des diverses régions.
Le principe capital auquel on doit toujours se conformer pour éviter la formation de cicatrices vicieuses est que dans une même séance on ne doit jamais agir sur deux points assez voisins l’un de l’autre pour que leurs cercles de destruction deviennent tangents.
Pour les chéloïdes et les sclérodermies en plaques, on ne connaît pas encore avec exactitude quelle est l’intensité que l'on doit employer. Il nous semble, pour le moment, que l’électricité n’agit pas dans ces cas par sa puissance destructive; aussi, ne croyons-nous pas, d’une part, qu’il soit nécessaire d’employer de fortes doses d’électricité négative, et, d’autre part, nous nous demandons s’il ne serait pas préférable d’utiliser dans ces affections le pôle positif, ou mieux la méthode bipolaire.
Pansements consécutifs. — La plupart des opérateurs qui emploient l’électrolyse font un lavage antiseptique soigné de la région sur laquelle ils doivent agir. Certes, cette pratique ne peut être qu’utile; mais, sauf lorsqu’il s’agit de tumeurs érectiles dans lesquelles il est nécessaire de faire pénétrer les aiguilles dans l’intérieur de dilatations vasculaires, nous croyons que ces précautions ne sont pas indispensables. On peut se contenter, dans l’immense majorité des cas, de lotionner simplement la région à l’alcool camphré. Pour la destruction des poils par l’électrolyse, nous ne pratiquons même aucune espèce de lavage.
Après l'opération il est bon, lorsqu’il s’agit d’hypertrichose, de chéloïde ou de sclérodermie, de lotionner soigneusement et avec quelque insistance les régions touchées avec de l’ouate hydrophile imbibée d’alcool camphré. Le malade répète ces applications deux ou trois fois par jour jusqu’à ce que la cicatrisation soit complète. 11 nous a semblé qu’en agissant ainsi elle se faisait plus vite et avec moins de marques consécutives.
Quand il s'agit de petits nævi stellaires ou de minuscules nævi plans, on peut se contenter deces quelques soins ; mais lorsque l’on traite des tumeurs érectiles volumineuses, il est préférable de faire un lavage soigneux au sublimé et de recouvrir la région d’un pansement aseptique quelconque fixé au moyen de stérésol ou de simple collodion.
Sous le nom de scarification électrolytique f E. Yasticar a fait connaître un procédé nouveau de traitement des varicosités vasculaires. « C’est une combinaison de la scarification sanglante et de l’électrolyse... Comme dans la méthode sanglante, il incise les tissus. Ce temps de l’opération permet de soumettre les éléments de la tranche de section à l’action directe du courant électrique. Aucun des
1 E. Vasticar. La scarification électrolytique. Procédé nouveau de traitement des télangiectasies de la peau et de la couperose en particulier. Société médicale des praticiens, 19 mai 1899.
TRAITEMENT GÉNÉRAL
vaisseaux de la couche superficielle n’échappe à cette action dont le terme final est l’endartérite oblitérante... L’instrument destiné à opérer la section des tissus est un scarificateur de Vidai, à extrémité lancéolaire, à lame mince et tranchante sur ses deux bords; son manche est recouvert d’une gaine isolante, et l’autre extrémité présente une armature destinée à recevoir le fil conducteur du courant.
« Le malade est mis en communication avec le pôle positif de la pile par une électrode recouverte de peau de chamois qu’il tient à la main. L’opérateur... saisit comme une plume à écrire le scarificateur qu’il a eu soin de relier au pôle négatif. La force du courant utilisé doit être de 3 à 5 milliampères. La lame tranchante du scarificateur sera présentée perpendiculairement aux tissus et conduite de façon à entamer la peau dans une profondeur variable selon l’épaisseur des téguments et la disposition du réseau vasculaire hypertrophié qu’il s’agit de sectionner, etc... » L’opérateur couvrira ainsi le champ opératoire d’une série d’incisions parallèles, d’autant plus rapprochées qu’elles sont plus superficielles, sinueuses plutôt que rectilignes.
2° Méthode bipolaire. — La méthode bipolaire était autrefois fort utilisée; après avoir été délaissée pendant un certain temps par la plupart des opérateurs, elle semble revenir en honneur.
Elle consiste essentiellement à faire agir sur les tissus morbides en même temps des aiguilles reliées au pôle positif et des aiguilles reliées au pôle négatif, en ayant bien soin qu’elles ne se touchent pas, et qu’elles ne soient pas assez près les unes des autres pour former de larges escarres.
On l’emploie surtout pour le traitement des nævi, mais nous croyons qu’elle peut aussi être utilisée dans d’autres affections, par exemple dans les chéloïdes et les sclérodermies.
Quand on se sert de cette méthode, il y a un inconvénient considérable qui frappe tout d’abord : si l’on veut que le pôle positif agisse avec efficacité, on est obligé d’utiliser un courant électrique d’une intensité relativement assez grande; or ce courant va produire, au niveau de l’aiguille négative par laquelle il passera avec la même intensité, des destructions tégumentaires considérables qui donneront des cicatrices vicieuses.
Pour y remédier, et pour ne pas déterminer d’escarres cutanées trop volumineuses, on peut à la rigueur, quand il s’agit de véritables tumeurs érectiles (voir plus haut), isoler les aiguilles, surtout les négatives, dans la partie qui doit correspondre aux téguments lorsqu’elles sont en place. Quand il s’agit de nævi plans ou de chéloïdes ou de sclérodermies, il n’est guère pratique d’isoler les aiguilles, car leur extrémité n’agit plus alors comme dans les tumeurs érectiles sur la masse sanguine contenue dans les cavités plus ou moins considérables qu’il s’agit d’oblitérer, mais sur les tissus cutanés eux-mêmes. Or, on ne peut pas laisser l’aiguille négative détruire complètement les téguments avec les courants de 10, 15, 25, 30 milliampères dont on se sert, en les laissant passer pendant des laps de temps qui varient de une à dix minutes.
Voici la ligne de conduite à laquelle nous nous sommes arrêté dans ces cas :
On commence par enfoncer l’aiguille positive en un point du tissu à modifier, en le choisissant le plus central possible, et en se conformant au précepte général qui indique que l’on doit tout d’abord agir sur la périphérie des lésions ; puis on introduit l’aiguille négative à une distance du point d’implantation de la positive qui varie suivant les cas, suivant les sujets, suivant les régions, de 3 millimètres
TRAITEMENT EXTERNE. — ÉLECTROLYSE
à 15 et même °20 millimètres, et, dès que la destruction des tissus est bien apparente autour de cette aiguille négative, on la retire et on l’enfonce à côté de la première eschare, à une distance suffisante pour que les cercles de destruction ne soient pas tangents. On fait donc tout autour de l’aiguille positive, tant que celle-ci n’a pas agi suffisamment sur les tissus, une série de piqûres négatives. Puis on retire l’aiguille positive ; on l’enfonce au centre d’une nouvelle zone d’action et ainsi de suite. On peut agir de la sorte avec des courants qui varient, suivant les régions, de 2 à 10 milliampères d’intensité sans provoquer trop de douleur, et on évite les grandes destructions que produit l’aiguille négative quand on la laisse trop longtemps au même point.
La méthode bipolaire semble être la méthode de choix dans le traitement des angiomes. Mais nous ne pouvons véritablement pas comprendre comment certains auteurs peuvent l'employer en se servant de courants allant jusqu’à 60 milliampères d’intensité qu’ils font passer pendant cinq à dix minutes en moyenne, déclarant qu’une durée de passage de une à deux minutes est insuffisante. S’ils appliquent ce procédé opératoire à la majorité des nævi de la face que l’on observe dans la pratique, le résultat doit être bien simple : ils doivent détruire totalement les téguments et obtenir d’affreuses cicatrices.
Les grands avantages de la méthode bipolaire sont, comme l’ont dit Gros et Bergonié, de limiter exactement l’action électrolytique à l’espace interpolaire, de supprimer les accidents possibles et les phénomènes douloureux causés parles courants divisés.
3° Électrolyse médicamenteuse. Électrolyse chimique. Électrolyse interstitielle. — Cette méthode thérapeutique a été surtout étudiée parFoveau de Courmelles1 et G. Gautier2. Nous renvoyons pour plus de détails à leurs travaux. .
Elle comprend deux séries d’opérations assez distinctes et que l’on emploie d’ailleurs séparément.
Dans une première série, on utilise les propriétés physico-chimiques des électrodes métalliques solubles : on se sert d’assez volumineuses aiguilles de cuivre que l’on enfonce dans les téguments à modifier et que l’on relie au pôle positif; on fait passer un courant de 10 à 15 milliampères pendant cinq à quinze minutes.
Cette méthode a été étendue depuis les premières publications de Gautier, et quelques électriciens ont employé comme aiguilles positives oxydables des aiguilles d’argent.
Dans une deuxième série d’opérations, on se propose de décomposer dans les tissus autour du pôle positif de la pile une solution médicamenteuse pour obtenir l’effet thérapeutique extrêmement puissant des corps à l’état naissant. La solution de choix à laquelle Gautier s’est arrêté dans ses essais est la solution aqueuse d’iodure de potassium au 1/20 ou au 1/30. Il injectait dans les tissus qu’il voulait modifier, toutes les minutes, pendant l’opération, quelques gouttes de la solution iodurée. Il implantait deux aiguilles en platine dans la néoplasie, et il les reliait aux deux pôles de la pile. Le courant qu’il faisait passer était relativement intense (50 milliampères dans un cas d’actinomycose 3).
1 Elle a été étudiée et décrite par Foveau de Courmelles ( Leçons de 1892-1893 à l’Ecole pratique) qui en revendique la paternité et qui lui a donné le nom d’électrolyse médicamenteuse ou ■de biélectrolyse.
2 Communication à la Société d’électrothérapie, 1891 et 12 juillet 1892. - — Foveau de Courmelles, Communication à l’Institut et à l’Académie de médecine, 24 et 25 novembre 1890.
3 Bull, de la Soc. franç. de dermat. et de syphil., séance du 11 juin 1891, p. 282.
TRAITEMENT GÉNÉRAL
4° La cataphorèse. — Sous le nom de cataphorèse on désigne pratiquement l’introduction, grâce au courant électrique, de médicaments dans le corps humain à travers la peau ou les muqueuses .
C’est B. W. Richardson qui eut le premier, en 1859, l’idée d’employer cette méthode pour obtenir l’anesthésie cutanée. Wagner et Adamkiewicz puis Peterson, de New-York, l’introduisirent définitivement dans la pratique médicale.
Le mode opératoire est le suivant : on verse la solution médicamenteuse dont on veut se servir sur l’électrode positive que l’on applique sur le point malade; on peut donner à cette électrode la forme et les dimensions que l’on veut, et en Amérique on prépare des disques cataphorétiques imprégnés de divers médicaments destinés à être introduits dans l’économie par l’intermédiaire du courant électrique : les principaux renferment du menthol, du bichlorure de mercure, de la cocaïne, de l’aconit, de l’iodure de potassium, de la lithine, etc... La force du courant peut varier de 1 à 20 milliampères et la durée de son application de cinq à quinze minutes.
Indications générales de l’électrolyse. — Nous n’avons pas dans cet article à exposer les détails. du traitement de chaque dermatose par l’éleetrolyse : on trouvera la technique opératoire propre à chaque affection étudiée à propos de son traitement. Nous devons simplement signaler quelles sont les affections dans lesquelles on a pu utiliser tel ou tel procédé.
1° Indications, de V électrolyse unipolaire. — a) V électrolyse unipolaire négative est encore la méthode de choix pour la destruction des poils par l’électrolyse.
On Remploie aussi avec un certain succès dans les sclérodermies circonscrites, dans les chéloïdes où elle a surtout un effet suspensif ou d’arrêt de la marche extensive du mal, dans les petits nævi aranœi ou stellaires (méthode de choix), dans les télangiectasies, dans les angiokér atonies (méthode de choix), dans les nævi pigmentaires et surtout dans les nævi pileux ou hypertrophiques (méthode de choix), dans les acnés hypertrophiques ou rhinophymas au début, dans les syringo-cystadènomes , dans les verrues, dans la kératose pilaire.
b) V électrolyse unipolaire positive a été surtout employée jusqu’ici dans les nævi vasculaires , en particulier dans les nævi vasculaires volumineux, ayant de la tendance à devenir des tumeurs érectiles.
2° Indications de V électrolyse bipolaire. — L’électrolyse bipolaire a été surtout recommandée par les auteurs dans les nævi vasculaires. Nous la croyons supérieure dans ses effets à l’électrolyse unipolaire dans les nævi vasculaires plans ou légèrement turgescents, dans les nævi profonds. On peut aussi l’employer avec succès dans les nævi stellaires en enfonçant l’aiguille positive dans la partie la plus saillante, en l’y maintenant, et en tatouant toute la périphérie d’une série de piqûres négatives en tâchant d’embrocher avec l’aiguille négative les télangiectasies périphériques.
Nous l’avons essayée dans les télangiectasies, dans les chéloïdes, les sclérodermies en plaques, mais nos recherches ne nous permettent pas d’émettre des conclusions fermes.
3° Indications de V électrolyse interstitielle. — Cette méthode est encore, comme nous l’avons dit, fort peu connue dans ses applications. (Ce qui précède est le résumé de l’article Électricité de L. Brocq et F. Bisserié. Pratique Dermat., t. II, p. 312, 325.)
TRAITEMENT EXTERNE. — FRANKLINISATION
II. Faradisation et courants sinusoïdaux. — Ces modalités de l’énergie électrique n’ont guère été utilisées jusqu’ici en dermatologie que sous la forme de bains hydro-électriques l.
Le bain hydro-électrique consiste essentiellement à placer un malade dans un bain et à faire passer dans ce bain un courant électrique quelconque, courant continu ou courant faradique, ou courant alternatif sinusoïdal, d’où trois grandes variétés de bains hydro-électriques. En outre, ces bains peuvent être monopolaires ou bipolaires : ils sont monopolaires lorsqu’il n’y a qu’une seule électrode qui plonge dans l’eau : dans ce cas, la deuxième électrode est appliquée en un point quelconque de la partie du corps du malade qui est située hors de l’eau. Ils sont bipolaires si les deux électrodes baignent dans l’eau2.
C’est surtout le bain électrique à courant alternatif sinusoïdal que l’on utilise en dermatologie. Il agit comme modificateur de la nutrition générale, mais en outre, il calme fort souvent le prurit, alors que les autres moyens connus contre ce douloureux symptôme ont complètement échoué. Nous avons obtenu avec lui d’incontestables succès dans des eczémas prurigineux rebelles. On l’a aussi employé avec avantage dans l’urticaire chronique et dans tous les prurits.
III. Electricité statique. Franklinisation. — Nous renvoyons aux traités spéciaux pour l’étude théorique de l’électricité statique, des appareils qui servent à la produire et de ses effets physiologiques et thérapeutiques généraux.
Qu’il nous suffise de dire que l’on utilise surtout en dermatologie les machines de Whimshurst, de Carré ou de Bonetti, etc..., et comme excitateurs, des excitateurs en métal, ou en bois, ou en chiendent.
Méthodes d'électrisation statique. — Quelle que soit la machine dont on dispose, les méthodes d’application de l’électricité statique se réduisent à six principales : 1° le bain; 2° le souffle; 3° l’effluve ou l’aigrette; 4° la douche; 5° la friction; 6° l’étincelle.
1° Bain statique. — Le malade ,est placé sur le tabouret que l’on a relié à l’un des pôles de la machine, l’autre pôle est en communication avec le sol.
La machine est mise en mouvement, et un courant continu d’électricité s’établit de la machine au tabouret, du tabouret au malade, et du malade à l’air extérieur ou en sens inverse, suivant que le malade est relié au pôle positif ou au pôle négatif de la machine. Le bain peut donc être positif ou négatif.
Le bain électrique doit avoir une durée de dix à trente minutes; on commence par ne le donner que pendant quelques minutes pour tâter la susceptibilité du malade. Pour obtenir de bons résultats, l’expérience nous a démontré que la durée du bain statique, après accoutumance, bien entendu, ne doit pas être inférieure à vingt-cinq minutes; c’est grâce à cette façon de procéder que nous avons obtenu un certain nombre de succès chez des malades qui n’avaient retiré aucun bénéfice d’un traitement électrique antérieur dans lequel la durée du bain avait été de dix minutes à peine.
2° Souffle électrique . — Le malade étant sur le tabouret, le médecin approche de la partie sur laquelle il veut agir un excitateur armé d’une ou de plusieurs
1 Voir cependant les travaux de Bordier et ceux de E. Vollmer, Ekzembehandlung und der fàradische Strom. ( Therapeut . Monatsheffe , 1899, t. XIII, p. 549.) Ces auteurs auraient traité avec succès plusieurs cas d’eczéma humide par le courant faradique.
2 Pour plus de détails, voir l’article déjà cité et les ouvrages spéciaux.
TRAITEMENT GÉNÉRAL
pointes. Le malade éprouve une sensation de courant d’air tiède ou frais. Le souffle électrique a des propriétés calmantes très remarquables, c’est à lui que nous avons recours dans le traitement des prurits.
3 0 Effluve ou aigrette. — On la produit à l’aide d’une pointe mousse en bois; elle détermine une sensation de piqûre ordinairement très bien supportée.
4° Douche électrique. — Le malade étant sur le tabouret, on place au-dessus de sa tête, à une distance variable, un disque muni de pointes très nombreuses.
5° Friction électrique . — Elle se fait à l’aide d’un excitateur à boule que l’on promène sur le malade à travers les vêtements. Elle détermine une sensation de brûlure très vive.
6° Étincelle électrique. — - Les étincelles s’obtiennent à l’aide d’un excitateur métallique armé d’une boule : elles produisent sur la peau une action révulsive énergique et déterminent des contractions musculaires.
Indications de l’électricité statique. — L’électricité statique, très employée il y a quelques années, a beaucoup perdu de son importance en thérapeutique cutanée depuis la découverte de la radiothérapie. Ceux que cette question intéresse devront se reporter à notre article Électricité de la pratique dermatologique.
Qu’il nous suffise de dire qu’elle nous a donné des résultats sous forme de bains statiques et d’effïuves dans les prurits dits essentiels, dans les prurits avec lichénification, dans l’urticaire nerveuse, dans certains eczémas prurigineux à poussées brusques et rapides qui s’observent chez certains arthritiques nerveux, surmenés et neurasthéniques.
Cette méthode nous paraît indiquée dans les dermatoses prurigineuses qui sont en relation avant tout avec de l’excitabilité nerveuse, en second lieu avec l’arthritisme.
Ce procédé semble agir en calmant le système nerveux ; Monell a pu par ce moyen guérir les douleurs persistantes du zona, des hyperesthésies cutanées, etc.
C’est en même temps un tonique et un régulateur des échanges nutritifs. C’est donc aux profondes modifications qu’il imprime aux phénomènes intimes de la nutrition cellulaire que sont dus ses effets thérapeutiques.
Cependant la quantité assez considérable d’ozone à l’état naissant qui se dégage avec l’effluve semble avoir une action locale très manifeste dans certains cas.
Chez un certain nombre de malades le bain seul suffit pour calmer le prurit, chez d’autres on doit recourir à l’effluvation.
Chaque individualité apporte vis-à-vis de l’électricité, comme vis-à-vis de toute autre médication, sa susceptibilité particulière ; il serait donc illogique de vouloir soumettre tous les malades à une même formule thérapeutique, à une même méthode d’application, à une même dose du médicament.
Certains sujets ne supportent que le bain et encore n’est-ce que peu à peu qu’on les amène à tolérer les séances de vingt-cinq et trente minutes ; chez ceux qui ont une impressionnabilité très grande, l’effluvation peut être mauvaise, et nous avons vu parfois tout le bénéfice acquis par plusieurs bains consécutifs compromis et même détruit par une séance intempestive d’effluvation : il importe donc d’agir avec prudence et de tâter la tolérance du malade vis-à-vis de l’électricité. » (L. Brocq et F. Bisserié, Pratique Dermat., t. II, p. 333, 339.)
IV. Courants de haute fréquence et de haute intensité. — Les courants de haute fréquence et de haute intensité ont été introduits dans la thérapeutique par M. le