ÉRUPTIONS SIMULÉES
les mains, la figure, etc... des opérateurs et qui consistent en gants recouverts de lames de plomb, gants de fil de laiton fin, gants portant sur la partie dorsale de la main et des doigts de petits sacs remplis de bismuth, tissu de caoutchouc spécial, etc...
« Dans les cas d’ulcération légère on peut appliquer une couche épaisse de pâte de zinc, recouverte d’un pansement occlusif aseptique... Le Uniment oléo-calcaire est excellent dans le cas où les sensations de brûlure sont intenses : on l’applique directement, et on recouvre de tint imbibé de ce même Uniment.
« On a essayé de traiter les ulcérations rebelles par la lumière rouge, d’autres préfèrent la lumière bleue : les résultats obtenus sont des plus douteux.
«Il semble que l’effluvation statique, et surtout que les effluves de haute fréquence et les bains hydro-électriques modifient heureusement les radiodermites graves des opérateurs. »
Éruptions professionnelles. — Dans tout ce qui précède nous avons à chaque pas mentionné des éruptions qui dépendent de la profession des sujets qui en sont atteints. Le groupe que l’on a voulu créer des éruptions professionnelles est tbut à fait artificiel, et ne nous paraît pas devoir être conservé dans une description didactique des dermatoses. Mais, en pratique, c’est un diagnostic commode et utile à poser. A ce titre on doit se souvenir de cette dénomination.
Les éruptions professionnelles comprennent toutes les grandes dermatoses professionnelles des ouvriers en fabrique ou en usine que nous venons de signaler dans les éruptions artificielles de cause externe, les dermatites eczémateuses d’aspect qui s’observent si souvent chez les boulangers, les épiciers, les maçons, les cimentiers, les plâtriers, les teinturiers, les ébénistes, les chimistes, les droguistes, les herboristes, les imprimeurs, les fabricants de papier et de vêtements de couleur, les fabricants de savon, les blanchisseurs, les ouvriers en nacre de perle, les fileurs de laine, les graveurs, les mégissiers, les tanneurs, les criniers, les pelletiers, les marchands de peaux de lapin, les forgerons, les verriers, les pâtissiers, les cuisiniers, etc...
On les a décrites sous les noms de gale des épiciers, d’ eczéma professionnel, d’ eczéma lichénoïde, de lichen polymorphe simplex, etc...
Elles sont essentiellement caractérisées d’une manière générale : 1° par leur localisation aux régions traumatisées, d’où leur fréquente symétrie, leur siège habituel aux doigts, aux mains, aux avant-bras ; Î2° par des lésions éruptives qui au début sont souvent monomorphes, érythémateuses et vésiculeuses, mais qui presque toujours deviennent polymorphes, s’infectent de pyodermites diverses, impétigo, ecthyma vrai, folliculites, furoncles, prennent un aspect eczématique par place, se lichénifient, deviennent en somme le point d’appel d’éruptions d’origine interne tenant aux réactions individuelles du sujet atteint, lesquelles se mélangent à doses variables avec les lésions d’origine directement traumatique. 11 en résulte, malgré un air de famille pour toute cette classe d’éruptions, une assez grande diversité symptomatologique suivant les professions et suivant les individus.
On peut aussi faire rentrer dans ce groupe les callosités et les durillons professionnels que nombre d’ouvriers présentent aux mains, aux doigts, et même en certains autres points des téguments, et dont la forme et la localisation varient suivant les instruments qu’il manient.
Éruptions simulées. — H y a des personnes qui simulent des éruptions, soit parce qu’elles éprouvent de la satisfaction à sembler être malades, soit parce qu’elles
veulent exciter la pitié, ou éviter de travailler (voir Thibierge, P rat. der mat., t. II, p. 197 et suivantes).
ruptions simulées.
Symptômes. — Voici quelles sont les di verses affections cutanées que nous avons vu produire artificiellement.
Érythèmes. — Certaines personnes rougissent leurs téguments par des frictions avec des objets irritants, étrilles, brosses de chiendent, ou par des applications de substances rubéfiantes, telles que la térébenthine, l’acide phénique, etc...
Vésicules et buttes. — Il est plus fréquent de les voir provoquer l’apparition d’éruptions vésiculeuses et pustuleuses par des applications d’emplâtre de thapsia, ou de pommades épispastiques au garou, à la cantharide, à l’huile de croton, etc...
Assez souvent ce sont des huiles qu’elles produisent par des applications de teinture de cantharide, de vésicatoire liquide, d’acide phénique pur, d’acide nitrique, d’eau brûlante, de fer rougi, etc...
Ces phlyctènes sont ou trop régulières, ou trop irrégulières ; elles sont géométriques de contour, sont souvent limitées par des angles droits, par des cercles ou des segments de cercles parfaits qui jettent immédiatement un doute dans l’esprit de l’observateur. C’est ainsi que nous avons pu dépister la cause réelle d’un pemphigus qui durait depuis plus de deux ans chez une jeune fille. Elle avait eu l’imprudence de déposer le liquide vésicant en raies presque parallèles à la partie inférieure de la jambe.
Escarres. Gangrène. — 11 arrive parfois que l’agent caustique ne détruit pas seulement l’épiderme, mais les couches superficielles ou même moyennes et profondes du derme. Il se forme ainsi des escarres a blanches avec l’acide phénique, jaunes avec l’acide nitrique, noirâtres avec la potasse », qui s’éliminent peu à peu et tombent en laissant d’abord une plaie qui se répare, puis une cicatrice plus ou moins marquée suivant la profondeur du processus.
Ulcères. — Une fois produite, l’ulcération, surtout quand elle siège à la jambe, peut être savamment entretenue par des applications irritantes ^feuilles de clématite ou herbe aux gueux, ou pommades vésicantes).
Que d’éruptions dites pemphigus nerveux ou pemphigus des hystériques, gangrène hystérique, troubles trophiques, etc... qui ne sont que des éruptions artificielles !
Chromidrose. — Nous avons longuement observé une jeune fille qui était atteinte d’une chromidrose ocre des plus intenses de toute la figure. Depuis plusieurs années elle simulait cette affection.
Rien de plus fréquent que ces chromidroses simulées : «Elles sont noires, grises, bleues, ardoisées, jaunes, rouges, vertes. Elles siègent toujours, comme toutes les éruptions simulées, en des régions accessibles à la main. Elles occupent très souvent le visage, oii elles sont généralement disposées symétriquement : leur lieu d’élection est aux paupières... sur les joues ou les oreilles... autour du sein et de l’ombilic, au dessus du pubis, parfois au scrotum... Gomme pour toutes les éruptions simulées, la configuration des épichromies est le plus souvent géométrique, arrondie ou ovoïde, parfois triangulaire à angles arrondis, en croissant, etc... » (Thibierge, toc. cit.)
Alopécies. — Nous avons vu des enfants se couper ras les cheveux en certaines régions pour simuler une maladie du cuir chevelu : nous en avons vu d’autres s’arracher des cheveux de manière à simuler des plaques de pelade (voir en outre l’article Trie h otillo man ie).