‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 169 sur 252 · PARASITES ANIMAUX POUVANT PÉNÉTRER DANS L’ORGANISME · texte numérisé non relu

PARASITES ANIMAUX POUVANT PÉNÉTRER DANS L’ORGANISME

D’après Jeanselme ( Cours de dermatologie exotique, 1904, p. 225) \q pani-ghao qui sévit sur les coolies des jardins de thé du Haut-Assam, en particulier dans le district de Dibrugarh, serait probablement une variété de l’ulcère des pays chauds.

La lésion a pour siège d’élection le pied : c’est le « Sore feet » des Anglais.

« Le premier symptôme est une vive démangeaison qui va en s’accroissant jusqu’au second jour. Alors le pied gonfle, la marche devient douloureuse, et une éruption apparaît. Ce sont de petites taches rouge sombre, qui se transforment bientôt en vésicules de 2 à 5 millimètres de diamètre : elles sont disséminées ou groupées comme un bouquet d’herpès. Ces poussées éruptives sont l’origine d’abcès et d’ulcères qui prennent souvent une très grande extension lorsqu’ils occupent les plis interdigitaux des orteils.

« Le contage, encore inconnu, a certainement pour habitat le sol détrempé par les pluies, d’où le nom de « water sore ».

« Des bains et des pansements phéniqués, de la poudre boro-iodoformée maintenue par une feuille d’ouate, sont les remèdes employés contre le pani-ghao. » (Jeanselme).

Or l’étiologie et la pathogénie de cette affection semblent être maintenant connues, comme nous venons de le dire plus haut.

Bentley a fait remarquer que dans les plantations ou le pani-ghao sévit, presque tous les coolies ont des œufs d’ankylostomes dans leurs fèces. Cet auteur a pu reproduire le pani-ghao expérimentalement avec de la terre infectée par les

ankylostomes. Smith a fait et réussi les mêmes expériences aux Etats-Unis.

Filaire de Médine. — Ver de Guinée. — Dragonneau. — La fîlaire de Médine est un helminthe nématoïde des pays tropicaux qui pénètre dans le corps par l’intermédiaire des cyclopes (petits crustacés d’eau douce) dont il est le parasite. D’après quelques auteurs, il traverserait directement les téguments en venant du dehors; mais l’opinion généralement admise aujourd’hui est qu’il pénètre au contraire dans l’économie par le tube digestif. Quoi qu’il en soit, il se fixe sous la peau, surtout aux membres, aux bras, aux avant-bras, aux jambes et aux pieds; il s’y développe en donnant lieu à des démangeaisons localisées, puisa des tumeurs inflammatoires au niveau desquelles le derme s’amincit et s’ulcère peu à peu, en donnant passage au ver adulte dont la longueur varie de 50 centimètres à deux mètres.

Traitement. — Le traitement traditionnel consiste à extraire la filaire : on le fait

avec précaution et peu à peu, en l’enroulant autour d’une baguette. Cette extraction dure plusieurs heures et parfois même plusieurs jours : il ne faut pas la casser, car autrement les œufs se répandraient dans les tissus et occasionneraient des désordres considérables.

En 1894 Emily a fait connaître un nouveau procédé qui consiste à injecter \ centimètre de solution de sublimé au millième dans la filaire ou le plus près possible d’elle. Elle meurt d’ordinaire, se résorbe, ou se laisse extraire facilement.

Béclère a proposé de soumettre le ver à l’action directe du chloroforme pour l’endormir. Cette méthode a échoué entre les mains d’Antony (Soc. méd. des liôp ., 4 nov. 1904).

On doit éviter de faire usage, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur, de toute eau suspecte, avant de l’avoir purifiée par le filtrage et l’ébullition L

1 Pour être complots, il nous faudrait décrire ici l’éléphantiasis tilarien. On le trouvera aux tableaux d’ensemble et grands syndromes inclassables.

DERMATOSES PARASITAIRES

Craw-Craw. — O’Neill a décrit sous le nom de Craw-Craw une maladie prurigineuse des noirs de la Côte Occidentale d’Afrique. Elle est constituée par des papules disséminées ou groupées qui se surmontent d’une vésicule ou d’une pustule. Elle serait contagieuse ou provoquée par des filaires minuscules : mais cela mérite confirmation.

Papulose filarienne. — Nielly a donné le nom de papulose fllarienne à une maladie bizarre qu’il a observée chez un jeune breton, et qui consistait en vésicopustules siégeant surtout sur la face externe des avant-bras, sur le quart interne des téguments du dos de là main, aux fesses, à la partie externe des cuisses. Il aurait trouvé dans la sérosité purulente des vésico -pustules des filaires d’un tiers de millimètre de long sur 13 millièmes de millimètre de large. Peut-être étaient-ce des larves de Rhabditis (R. Blanchard).

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