ULCERE DU VE LD
Au point de vue local on a essayé de nombreux topiques. La pratique de beaucoup la plus simple et la meilleure consiste à traiter la maladie par l’expectation en respectant la croûte avec le plus grand soin.
Si la croûte tombe, on poudre avec une poudre astringente, telle que la poudre de Henné (Arabes), la poudre de tannin, de sous-carbonate de fer, d’iodol, d’iodoforme, ou bien on recouvre soit avec de l’emplâtre de Vîgo, soit avec de l’emplâtre rouge d’E. Vidal (minium lgr 50 ; cinabre 2, 50 ; diachylon 26) : nous croyons, d’après les résultats que nous en avons obtenus dans les ulcérations cutanées, que l’on pourrait aussi se servir avec avantage dans ce cas de la poudre d’aristol, ou d’iodol, ou d’ectogan, ou de derrnatol.
Si la réaction inflammatoire est très vive, on applique des cataplasmes faits avec de l’eau boriquée, ou plusieurs doubles de tarlatane trempée dans de l’eau de camomille boriquée ou faiblement phéniquée et recouverte de taffetas gommé.
On a aussi proposé de faire des pansements antiseptiques rigoureux à l’acide phénique ou au sublimé : il convient de les surveiller de fort près.
On peut essayer de détruire complètement le bouton au début. La méthode la plus efficace dans cet ordre d’idées est l’excision pure et simple avec réunion par première intention ; on peut aussi le cautériser au fer rouge ; on a employé l’acide nitrique concentré, la potasse caustique, la teinture d’iode, l’acide phénique, le perchlorure de fer, le nitrate d’argent, l’onguent vésicatoire contenant 20 p. 100 de son poids de poudré de cantharide que l’on laisse en application pendant deux ou trois heures, à trois ou quatre reprises, à deux jours d’intervalle (Coppin).
Malméjac a préconisé des pulvérisations filiformes du clou avec de l’eau bouillie que l’on laisse refroidir à 60° environ : on emploie chaque fois 200 centimètres cubes d’eau puis on fait un pansement à la gaze aseptique.
Il semble que la radiothérapie ait parfois réussi (Ilerxheimer).
Prophylaxie. — Quand on habite une localité où le bouton d’Orient est endémique, il est bon de soigner exactement toutes les excoriations que l’on peut avoir aux téguments, de se savonner de temps en temps, et de ne jamais se servir pour les soins de toilette que d’eau rigoureusement stérilisée par l’ébullition.
Ulcèhe du veld. — A. Ogston, Ilarland, etc... ont décrit sous le nom d 'ulcère du \eld une lésion spéciale à l’Afrique du Sud qui semble être consécutive à des piqûres de taons. Elle commence par une sorte de petite papule prurigineuse qui grandit rapidement. L’épiderme est soulevé par de la sérosité louche et se rompt. Il en résulte un ulcère arrondi de 15 à 40 millimètres de diamètre couvert d’une croûte, assez douloureux et entouré d’une auréole érythémateuse. Ces ulcères sont presque toujours multiples : on les observe à la face dorsale des doigts et des mains et aux avant-bras, beaucoup plus rarement aux jambes et à la face. Il y a parfois, mais assez rarement, de la lymphangite et de la fièvre. D’après Ogston la sérosité qui imbibe les bords de l'ulcère contient en abondance un diplocoque ressemblant au gonocoque. Il nous paraît probable que cette lésion doit reconnaître une pathogénie analogue à celle du clou de Biskra ; aussi la classifions-nous à coté de lui dans le groupe des affections cutanées causées par les trypanosomes.
Le traitement consiste à exciser l’épiderme soulevé et à faire des applications antiseptiques (voir le traitement de Y Ecthymd).
DERMATOSES PARASITAIRES
AFFECTIONS CUTANÉES CAUSEES PAR DES SPOROZOAIRES