‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 179 sur 252 · Trichophyton megalosporon à cultures cratériformes · texte numérisé non relu

Trichophyton megalosporon à cultures cratériformes

tient sont rigoureusement pressées les unes contre les autres, elles se touchent toutes latéralement, remplissant le cheveu, mais une observation attentive montrera que jamais elles ne dépassent la cuticule du cheveu qui garde son entière intégrité. » (Sabouraud, loc. cit.).

Le champignon dès le début de son envahissement semble occuper le centre du cheveu. En outre, quand on traite la préparation par la potasse à 40 p. 100, on voit que les filaments parasitaires résistent mieux que le tissu du cheveu. C’est donc un champignon endothrix et à mycélium résistant : ce sont là deux caractères distinctifs par excellence du parasite de la teigne tondante scolaire Parisienne.

DERMATOSES PARASITAIRES

Il est à peine utile de faire remarquer que l’émiettement facile du cheveu atteint favorise la dissémination des spores trichophytiques et par suite la contagion de la maladie par l’ensemencement de ces spores sur milieu sain.

Si l’on porte un fragment de cheveu parasité sur un milieu contenant 4 grammes de sucre et 1 gramme de peptone p. 100, on obtient une culture montueuse creusée en son centre d'un large cratère : cette particularité a fait donner à cette espèce cryptogamique le nom de Tricliophyton cratériforme (Sahouraud, loc. cit.).

Symptômes. — Il est souvent fort difficile de découvrir une teigne tondante scolaire au cuir chevelu. En l’examinant cependant avec leplus grand soin, en rebroussant lentement les cheveux, on apercevra de petits nids de squames pityriasiques, et sous ces squames, en les soulevant, on trouvera une ou deux racines de cheveux cassés envahis par le champignon. Parfois on ne verra que quelques petites clairières alopéciques et à leur niveau sur le cuir chevelu de petits points noirs, qui ne sont autre chose que des cheveux malades, cassés ras, ou incurvés dans la lame cornée de l’épiderme. Il faut les extraire avec une pointe fine et on y trouve le trichophyton.

Dans quelques cas rares on peut voir sur le cuir chevelu une éruption rosée circinée qui constitue la première phase de l’infection, phase à laquelle succède rapidement une petite plaque de pityriasis.

Il est relativement fréquent par contre d’observer chez ces sujets des points d’attaque cutanés sur le cou, le visage, les oreilles, les mains : ce sont des taches rosées, arrondies, qui s’étalent régulièremen t par la périphérie en s’affaissant au centre : les bords sont un peu surélévés, rosés, finement squameux, parfois parsemés de petites vésicules. Lorsque ces lésions existent, on doit explorer avec grand soin le cuir chevelu, et, si l’on y voit quelque chose de suspect, chercher jusqu’à ce que l’on découvre le champignon pathognomonique.

Les caractéristiques de la teigne tondante scolaire parisienne sont donc d’après Sahouraud : 1° L’absence de grandes plaques de cheveux malades; 2° L’existence d’un nombre considérable de cheveux sains même sur les points les plus atteints; 3° La mutiplicité des points d’inoculation ; 4° chaque point d’inoculation ne comprend que quelques cheveux malades.

Cette affection évolue avec la plus grande lenteur : elle persiste parfois jusqu’à l’age adulte : à cette époque elle disparaît presque toujours spontanément. Elle peut donc, quand on ne la traite pas, durer pendant plusieurs années.

Quand elle évolue naturellement elle disparaît sans alopécie consécutive. Sabouraud l’a vue cependant aboutir spontanément dans quelques cas à la sclérose atrophique de quelques-uns des follicules envahis.

C’est donc une affection bénigne en elle-même, mais son extrême contagiosité et sa longue durée possible en assombrissent quelque peu le pronostic.

Diagnostic. — D’après ce qui précède on voit combien le diagnostic de cette affection est délicat. On la confond avec le pityriasis simplex. Quand on trouve du pityriasis sur le cuir chevelu d’un enfant, il faut toujours chercher s’il n’y a pas de cheveux cassés et les examiner au microscope1.

1 Plato et après lui Truffi ( Clinica medicct îtediana, 1904) ont obtenu par la tiltration ou mieux par la stérilisation au moyen de l’ébullition ou de l'autoclave à 120° des cultures trichophytiques, une substance de composition évidemment complexe, à laquelle il donne le nom de trichophytine. Elle est sans action sur les sujets sains ; mais elle détermine sur les sujets atteints de triehophytie une réaction générale fébrile, et une réaction locale caractérisée par du gonflement et

LES TRICHOPHYTJES VRAIES

(3) Autres tondantes trichophytiques chez l’enfant.

Tondante trichophy tique à mycélium ultra résistant. — Le parasite est un trichophyton dont le mycélium est assez résistant pour qu’on puisse dissoudre la totalité du cheveu qui le renferme sans rompre en aucune façon le trousseau mycélien. Sa culture est cratériforme comme celle du précédent, mais non pelucheuse et chargée de striations concentriques d’une extrême finesse. On peut le considérer comme une variété du précédent [ Trichophy ton cratériforme p). La symptomatologie est à peu près la même (Sabouraud).

Tondantes trichophytiques à mycélium fragile. — « Il existe une série de plusieurs espèces trichophytiques qui se caractérisent, inversement aux précédentes, parla fragilité extrême des mycéliums cryptogamiques dans le cheveu, et par la forme acuminée et non plus cratériforme de leur culture.

« Les spores contenues dans le cheveu sont beaucoup moins régulières que dans les espèces précédentes ; elles sont irrégulières et bossuées comme il est de règle chez les trichophytons d’origine animale. Les mycéliums que constituent ces files de spores sont extrêmement fragiles et s’égrènent dans le cheveu bien avant que celui-ci ne soit dissous dans une solution potassique.

« Deux espèces parasitaires fournissent ces caractères d’une manière si analogue que ni l’examen objectif de la tondante à laquelle ils donnent lieu, ni l’examen microscopique de leur parasite ne peut les différencier l’un de l’autre. Il faut pour cela la culture.

« Ces deux espèces trichophytiques fournissent sur le milieu sucré d’épreuve (4 p. 100 de sucre, 1 p. 100 de peptone), une culture montueuse acuminée. L’une, la plus fréquente, donne une colonie de couleur et de consistance rappelant la pâte de carton sèche, sa couleur est d’un gris jaune, ocracée (Trichophy ton acuminatum). L’autre, moins fréquente en France, donne une colonie un peu plus large que la précédente et plus vivace, d’abord d'un brun jaune, d’aspect lisse et humide, qui, en vieillissant, prend une teinte violet noir analogue à cellede la viola tricolor (Trichophy ton violaceum) . C’est la plus fréquente des espèces trichophytiques italiennes.

« Leur parasite dans le cheveu de l’enfant est endothrix comme les précédents, quoique peut-être d’une façon un peu moins stricte.

« Parmi les symptômes spéciaux dont s’accompagnent les teignes tondantes que ces parasites déterminent, je noterai l’extrême diffusion des points d’attaque. Sur une région qui fut le siège de la première atteinte du mal et qui peut présenter une surface d’un décimètre carré, il existe plus de cheveux malades que de cheveux sains, et tout autour de cette immense plaque maîtresse de contours très imprécis, les points d’inoculation secondaire se pressent innombrables, devenant plus rares et plus espacés à mesure qu’on les cherche sur le cuir chevelu en des points plus distants de la grande plaque mère originelle » (Sabouraud, Pratique Dermat.).

Tondantes trichophytiques exceptionnelles, — « Dans un certain nombre de cas que j’estime àop. 100 environ à Paris, la tondante de l’enfant relève de parasites trichophytiques autres que ceux que nous venons de décrire.

« Tous ces trichophytons ont un caractère commun, c’est d’habiter en partie à l’extérieur du cheveu et de former une gaine à sa racine, tandis que les trichophy-

de la rougeur qui sc produit constamment au niveau de l'injection, parfois au niveau des parties malades. On peut donc à la rigueur l’employer comme moyen de diagnostic.

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tons précédemment décrits habitent exclusivement l’intérieur du cheveu, d’où leur nom de tricliophytons endotlirix; ceux-ci habitent dans le cheveu et hors de lui, ce sont des endo-ectotlirix ou même comme le trichophyton gypseum desectothrix purs. Leurs spores sont irrégulières; leur forme est particulière, ronde, carrée, ovale; leurs dimensions exceptionnelles, ou très grosses, ou très fines.

« Tantôt le cheveu présente une gaine crayeuse visible à l’œil nu, un peu analogue à la gaine du cheveu de la tondante à petites spores.

« Tantôt les plaques de tondantes à grosses spores s’accompagnent d’inoculations épidermiques aux adultes du voisinage, inoculations dont le développement anormal annonce un trichophyton exceptionnel.

« D’autres fois enfin la tondante prend des caractères inflammatoires folliculitiques. C’est le hérion de Celse ordinairement dû au trichophyton du cheval à cultures blanches (Trichophyton gypseum), espèce beaucoup plus fréquemment observée sur la peau ou dans la barbe de l’homme adulte que sur le cuir chevelu de l’enfant (voir plus loin) «(Sabouraud, loc. cit.).

B. Trichophyties de la barbe. — « L’espèce trichophytique qui fait 95 p. 100 des tondantes trichophytiques de l’enfant ne se rencontre pas dans les trichophyties de la barbe de l’adulte : (Une seule fois. Bodin).

<( J'y ai rencontré surtout le trichophyton à cultures blanches du cheval (trichophyton gypseum) qui fait lekérion de Celse ;

« Puis un trichophyton à cultures roses dont l'origine aviaire m’a été plusieurs fois démontrée de la façon la plus rigoureuse ;

« Un trichophyton à culture jaune vermiculaire que je crois originaire du veau sans en être sûr;

« Le trichophyton à culture acuminée (trichophyton acuminatum) que je viens de décrire dans quelques cas de tondantes infantiles;

« Le trichophyton violaceum dont j’ai parlé plus haut également » (Sabou-

raud).

Il semble résulter des recherches déjà faites que, seules, les espèces trichophytiques les plus robustes et spécialement les espèces venues à l’homme par les animaux peuvent s’implanter dans la barbe de l’homme.

1 0 Kerion Celsi (kêrion de Celse). — Sycosis nodulaire trichophytique. — (Trichophyton gypseum, origine équine). — Si les trichophyties de la barbe sont plus fréquemment inflammatoires et compliquées de folliculites suppurées que les trichophyties du cuir chevelu, c'est qu’elles sont causées le plus souvent par un trichophyton essentiellement pyogène, le trichophyton gypseum.

« C’est un trichophyton presque exclusivement ectotbrix, composé de chapelets mycéliens sporulés, ce qui explique dans cette teigne la rareté des cheveux cassés et la forte réaction suppurative du follicule dont les couches épidermiques sont infectées. Sa culture sur moût de bière gélosé est de couleur blanche un peu saumonnée et nettement poudreuse, comme couverte de plâtre à sa surface, d’où le nom de trichophyton gypseum.

« Son origine équine est prouvée par la profession des malades : ce sont le plus souvent des palefreniers, des équarisseurs, des aides vétérinaires » (Sabouraud, Pratique Dermat.).

La symptomatologie du sycosis trichophytique est peu précise dans les auteurs classiques parce qu’ils ont attribué à une seule espèce de trichophyton ce qui appartient en réalité à plusieurs.

LES TRICHOPHYTIES VRAIES

Le trichophyton gypseum provoque d’emblée l’apparition de pustules circumpilaires entourées d’une zone d’infiltration et de rougeur plus ou moins vive, reposant sur un derme qui se tuméfie rapidement. Les poils malades sont peu ou point adhérents. Les lésions peuvent atteindre un degré d’intensité fort accentué :

Fig. 70. — Trichophytie de la barbe.

en s’agglomérant, ce qui est la règle, les pustules forment des sortes de gâteaux ou de nodosités profondes qui font une saillie notable au-dessus du niveau des téguments ( Sy cosis tuberculeux) , et d’où l’on peut par la pression faire sourdre du pus par de nombreux orifices situés à leur surface ( Kérion ). Parfois même il existe de véritables abcès intradermiques avec décollements (Sy cosis phlegmoneux).

Les points les plus fréquemment atteints sont d’abord et avant tout le rebord du maxillaire inférieur, puis les joues, le menton, la région sus-hyoïdienne, parfois le pubis.

Le cuir chevelu peut être envahi, surtout chez l’enfant, par le même trichophyton, et la lésion y revêt alors l’aspect d’une sorte de macaron de 3 à 6 centimètres de diamètre, d’un rouge violacé, faisant saillie au-dessus du niveau des téguments, profondément infiltré et criblé d’orifices d’où s’écoule du pus.

Les parties glabres et surtout la face dorsale des mains, les poignets, les avant-bras peuvent aussi être le siège de la lésion. C’est le même aspect de macarons infiltrés et saillants avec pustules et puits purulents : les placards sont uniques ou au nombre de 2 ou 3, rarement plus. Cependant chez un jeune étudiant nous avons vu tout le corps en être couvert. Cette lésion correspond aux folliculites et péri folliculites conglomérées en placards de Leloir etDuclaux.

Les poils atteints finissent par tomber, et, dans beaucoup de cas, la papille pileuse ayant été détruite par la suppuration, ils ne repoussent plus. Parfois la papille n’a pas été complètement détruite et elle sécrète un poil malade, grêle et

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décoloré, ou noirâtre, irrégulier, et tortillé, qui ne constitue plus qu’un corps étranger et qu’il faut enlever. C’est ainsi que le kérion Celsi peut aboutir à des alopécies définitives, lesquelles sont rarement absolues sur toute la surface de laplaque.

La durée du sycosis trichophytique est fort longue: abandonné à lui-même, il peut guérir spontanément : par suite de la suppuration des follicules, les poils malades tombent : la peau reprend peu à peu son aspect normal et les poils repoussent en partie. Mais parfois, surtout à la barbe, il peut y avoir des complications d’abcès et de décollements, formation de points d’attaque successifs, et persistance pendant des années.

Le diagnostic est relativement facile, étant donnée l’agmination si spéciale des folliculites, la forme arrondie plus ou moins régulière que prend le gâteau inflammatoire.

2° Trichophytie de la barbe en forme de kératose pilaire. — ( Trichophyton rosaceum d’origine aviaire). — « La culture de ce parasite sur milieu sucré d’épreuve évolue lentement sous forme d’une boule blanche neigeuse, pelucheuse, qui s’étale en vieillissant et prend une couleur rose pâle d’une extrême finesse. Vue de dos, la culture montre en son centre une tache d’un noir d’encre que cette seule espèce présente. Elle est d’origine aviaire : je l’ai trouvée sur une tête de poule morte.

« L’épiderme montre de-ci de-là des segments de cercle de trichophytie sèche et squameuse, le plus souvent fugaces, disparaissant parplaces, se reformant ailleurs, ce qui donne à ces efflorescences une allure serpigineuse.

« Ce qui caractérise vraiment cette trichophytie, c’est la lésion élémentaire du follicule qui forme un cône épidermique sec d'où émerge un poil cassé court. L’ensemble rappelle la kératose pilaire, mais amplifiée et exagérée en tous ses caractères.

« L’évolution de cette trichophytie sèche est excessivement lente ; je l’ai vue durer plus d’une année malgré tout traitement » (Sabouraud).

3° Trichophytie de la barbe à forme humide pseudo-impétigineuse . — « Le trichophyton de cette variété est très voisin du trichophyton cratériforme ; il serait .à la rigueur possible que ce fut le trichophyton cratériforme lui-même comme le croit Bodin : le trichophyton de la tondante ordinaire pourrait donc dans cette hypothèse donner lieu à de la trichophytie de la barbe chez l’homme.

« C’est une trichophytie à cheveux malades coupés court au-dessus de la peau, réunis par groupes de 3 à o : ces petits groupes de cheveux malades se trouvant disséminés en quantité et au hasard sur les deux joues. Sur chaque point il y a une épidermite humide analogue à l’élément de l’impétigo quand la coupole de la vésicule impétigineuse a été détruite et que le corps muqueux reste à nu.

« Dans la barbe, on voit souvent ces lésions s’accompagner de petits abcès, disséminés suivant les plis sous-mentaux en chaînes moniliformes, et ces abcès sont microbiens et non trichophytiques » (Sabouraud).

C’est sans doute dans cette forme et dans la précédente que les vieux auteurs ont décrit ces plaques de desquamation blanche auxquelles ils avaient donné le nom pityriasis alba parasitaire. Ce sont des plaques grisâtres hérissées de poils coupés courts et engainés de squames blanchâtres : le derme est d’an rouge pâle, rugueux, chagriné, un peu épaissi.

4° Trichophyties de la barbe à forme de tondante trichophytique banale. — Elles sont causées par les trichophytons acuminatum et violaceum que l’on trouve aussi au cuir chevelu.

LES TRICHOPHYTIES VRAIES

Elles sont constituées par des lésions diffuses : on peut voir la moitié des poils de la barbe contaminés par groupes de trois, cinq, dix, séparés par des groupes de poils sains.

« Les poils trichophytiques sont pliés et incurvés dans l’épiderme sous la lame cornée. Il y a très peu de lésions épidermiques, quelques segments tronqués et à demi effacés de cercles trichophytiques qui peuvent manquer» (Sabouraud).

B. Trichophytie des parties glabres ou herpès circiné parasitaire. — La grande majorité des trichophyties cutanées sont causées par des trichophytons animaux (Sabouraud).

Symptômes. — La trichophytie circinée ou herpès parasitaire s’observe à la fois chez l’enfant et chez l’adulte. Dans sa forme banale, elle débute par une petite tache rosée légèrement saillante et squameuse, de la grandeur d’une lentille à peine ou d’une pièce de 20 centimes, et qui est le siège d’une assez vive démangeaison. Cette tache a une tendance constante à s’étendre par ses bords d’une manière régulière ou progressive, en conservant toujours la forme d’un cercle parfait. Cette extension se fait avec une certaine rapidité, puisqu’en l’espace de quinze jours elle arrive à constituer un cercle de 5 centimètres de diamètre environ. Lorsqu’elle a atteint ces dimensions, elle peut être regardée comme arrivée à sa période d’état, c’est-à-dire qu’elle possède au plus haut degré ses caractères pathognomoniques.

Son centre est jaunâtre, légèrement pigmenté, un peu pityriasique ; parfois, mais beaucoup plus rarement, la peau y a presque son aspect normal. La périphérie de la plaque est occupée par la zone d’activité ; ce sont des séries de petites élevures rouges, sortes de petites papules acuminées, avec de fines squames furfuracées ; ces papules sont rangées linéairement les unes à côté des autres, et se touchent par leurs bords latéraux, de façon à constituer une sorte de bande rouge, géométriquement circulaire, de 2 ou 3 millimètres de large.

Les limites de cette bordure sont fort nettes, surtout en dehors ; elles le sont quelquefois un peu moins en dedans. Dans quelques cas, lorsqu’elle dure depuis assez de temps, la trichophytie cutanée prend une extension énorme et arrive à former des cercles de 10, 15 et même 25 centimètres de diamètre; mais alors elle n’a plus de régularité absolue; la zone marginale est interrompue en certains points; il y a des centres secondaires d’envahissement, concentriques au premier ou extérieurs, et, dans ce dernier cas, ils peuvent devenir confluents, se couper, et décrire des circinations incomplètes d’apparences fort diverses. Telle est la forme érythèmato-squcimeuse de ï herpès circiné, c'est Y érythème trichophy tique des auteurs.

Il est assez commun de voir sur la bordure périphérique de petites vésicules transparentes, perlées, du volume d’une tête d’épingle ou même quelquefois plus minuscules, qui deviennent opalines en vieillissant ; ces vésicules ou ces vésicopustules sont rangées linéairement à côté les unes des autres ; elles reposent sur la base érythémato-squameuse que nous venons de décrire ; elles sont éphémères, se rompent et sèchent en deux ou trois jours, et il se forme alors des croûtes fines

Brocq. — Dermatologie. I.

Fig. 72. — Trichophytie du couchez une fillette (Herpès circiné parasitaire , forme vulgaire).

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ou des squames peu adhérentes; pendant ce temps, de nouveaux éléments vésiculeux surgissent en dehors des premiers, et élargissent ainsi peu à peu la lésion.

Cette variété vésiculeuse est dans quelques cas fort accentuée, etEaffection mérite bien alors le nom que lui avaient donné les vieux auteurs dé herpès circiné.

Parfois l’inflammation causée par le parasite est beaucoup plus intense ; il se produit une rougeur vive des téguments qui s’infiltrent, s’épaississent, deviennent irréguliers, comme bosselés ; il survient des vésico-pustules et des pustulessurtout localisées à la périphérie, où elles forment une bordure d’extension, mais on en trouve également quelques-unes vers le centre qui est rouge, squameux, et non plus indemne comme dans les formes précédentes. Les bords sont indurés, rouge vif, et font une saillie notable. Cette variété, qui confine au sycosis, mais qui en diffère par sa régularité de circonscription et d’extension, par sa localisation aux parties glabres, se rencontre surtout chez les palefreniers, les bouviers, les bouchers, en un mot chez les personnes qui sont exposées à être contaminées par les animaux. L’agent pathogène est ici le champignon du kérion de Celse, le trichophyton gypseum.

Nous avons aussi assez souvent observé une trichophytie des parties glabres caractérisée par deux cercles concentriques rouges, plus ou moins vésiculeux, et qui est causée par un trichophyton du chat, le trichophyton niveum, dont la culture est d’un blanc de neige et duveteuse (Sabouraud).

Rappelons que les enfants atteints de teigne tondante scolaire présentent fréquemment sur le cou, la face, les mains, etc..., des lésions circinées de 1 centimètre et demi à 4 centimètres de diamètre, à périphérie linéaire rouge, squameuse, parfois finement vésiculeuse, légèrement surélevée ; elles guérissent assez souvent spontanément.

Quand le trichophyton se développe à la paume des mains et à la plante des pieds, il y forme, comme l’a établi Djelaleddin Mouktar, des lésions assez spéciales d’aspect, pouvant avoir une fort longue durée, et simulant parfois des syphilides. Elles sont caractérisées par une bordure serpigineuse assez nettement arrêtée, constituée par un soulèvement épidermique au-dessous duquel, quand on le récline, on trouve toute une série de vésicules linéairement rangées les unes à côté des autres. Pour arriver à guérir ce& localisations, il faut ramollir l’épiderme corné, l’enlever et agir avec les prépara-

Fig. 74. — Trichophytie du cou, à double circulation.

Fig- 73. — Trichophytie de la fesse.

On y remarquera une vague tendance à une double circination.

LES TRICHOPHYTIES VRAIES

lions iodées sur les couches sous-jacentes. D’après Sabouraud la variété de trichophyton que l’on rencontre le plus souvent en ces régions est le trichophyton acuminatum.

La trichophytie cutanée peut aussi se développer vers les grands plis articulaires, en particulier au pli de l’aine, et y simuler l’érythrasma. Les lésions qu’elle provoque diffèrent de celles de l’érythrasma par la présence de vésicules sur la bordure extérieure des plaques, bordure qui est d’un rouge vif.

Quand on fait l’examen microscopique des squames des plaques de trichophytie cutanée, on y trouve le champignon sous la forme d’élément mycélien jeune et d’élément mycélien sporulé (Sabouraud).

Diagnostic. — La physionomie si spéciale de l’herpès circiné parasitaire impose d’emblée le diagnostic : on peut cependant le confondre avec certaines syphilides circinées, avec le pityriasis circiné et marginé d’E. Vidal, la plaque primitive du pityriasis rosé de Gibert, le psoriasis circiné, l’érythème circiné, l’eczéma nummulaire, la dermatose figurée médio-thoracique, etc... Mais dans ces diverses affections, l’évolution ultérieure de la maladie, l’extension moins rapide et moins régulière de la plaque, les bords moins fins et moins nettement arrêtés, la teinte rose moins vive, permettront presque toujours de poser le diagnostic sans avoir recours au microscope. On devra pratiquer l’examen histologique en cas de doute, quoi qu’il soit fort difficile de trouver le parasite.

C. Trichophyties unguéales. — Onychomycoses trichophy tiques.

Symptômes. — « Les tricbophytons animaux paraissent seuls pouvoir se localiser aux ongles. ■L’onychomycose trichophytique est plus fréquente chez l’adulte que chez l'enfant. Elle se présente avec des caractères qui n'ont rien de spécifique : épaississement du corps de l’ongle qui montre sur sa tranche de larges spores d’où l’aspect spécial dit « en moelle de jonc », friabilité de l’ongle au grattage et à toutes les érosions accidentelles, évidement progressif de l’ongle quelquefois au-dessous de sa table externe plus ou moins conservée. Cette lésion se rencontre rarement sur un seul doigt; ordinairement plusieurs sont contaminés sans ordre ni choix. Le plus souvent aussi les deuxfiuains sont prises, quelquefois les dix doigts, ce qui est plus rare.

« Les onychomycoses trichophytiques sont à tout âge une maladie de longue durée ; elles guérissent quelquefois spontanément, d’autres fois elles persistent trois ans, cinq ans et davantage.

«En France, les espèces que l’on rencontre le plus habituellement dans les onychomycoses trichophytiques sont les trichophy tons à culture acuminée (Trichophyton acuminatum, Trichophyton violaceumj » (Sabouraud).

Diagnostic. — Il est bien difficile de différencier l’onychomycose trichophytique des autres affections unguéales, en particulier de l’eczéma, du psoriasis, du favus, etc... ; la coexistence d’une autre manifestation cutanée ou pilaire de la trichophytie mettra sur la voie du diagnostic, et l’examen microscopique fera connaître la présence du parasite. L’onychomycose faveuse est beaucoup plus jaune.

Traitement des teignes tondantes du cnir chevelu. — Pour le traitement, il n est guère utile de tenir compte des distinctions que nous venons d’établir au point de vue pathogénique et clinique entre les diverses variétés de teignes. Ce qui suit

DERMATOSES PARASITAIRES

s’applique donc indistinctement à la teigne tondante de Gruby-Sabouraud et aux diverses trichophyties du cuir chevelu.

Traitement général. — La teigne tondante est une affection éminemment parasitaire, locale, en quelque sorte extérieure à l’organisme; elle est donc surtout justiciable d’un traitement externe. Cependant on a reconnu depuis longtemps que le terrain exerçait sur elle une certaine influence. C'est ainsi qu’elle semble être plus fréquente et plus tenace chez les sujets jeunes, lymphatiques, débilités, chez ceux dont 1a. constitution est appauvrie.

Aussi fera-t-on sagement, quand l’enfant ne jouira pas d’une florissante santé, de lui administrer quelques toniques; on prescrira suivant les cas, l’huile de foie de morue, le sirop antiscorbutique, le sirop d’iodure de fer, le sirop iodotannique de Guilliermond, l’arsenic, le quinquina, les bains sulfureux, etc.

Dans les cas où l’état général semblait être profondément atteint, Hardy recommandait l’habitation à la campagne, au bord de la mer, les bains de mer, les eaux sulfureuses, les eaux chlorurées-sodiques. Sabouraud a démontré plus récemment l’influence bienfaisante du séjour à la campagne pour la guérison des teignes.

Traitement prophylactique . — La première chose que l’on doit faire lorsqu’on a à soigner un enfant atteint de trichophytie est de prévenir l’extension du mal et d’empêcher la contamination des personnes qui ont des rapports avec lui.

S’il est une affection pour laquelle la transmissibilité de l’homme à l’homme, des animaux a l’homme et vice versa, soit démontrée, c’est bien la teigne tondante. Aussi toute la prophylaxie de la maladie consiste-t-elle dans ce seul mot : isolement rigoureux. Tout enfant atteint de trichophytie doit être exclu des écoles; on lui coupera immédiatement les cheveux aussi ras que possible : on lui savonnera la tête tous les matins, puis on la recouvrira d’un enduit imperméable quelconque ou tout au moins d’un pansement soigneusement fixé. Quand il se trouvera avec d’autres enfants, il ne devra se découvrir sous aucun prétexte.

Dans les cas d’origine inconnue, on recherchera avec soin si dans la famille ou dans l’entourage il n’y a pas quelque animal que l’on puisse incriminer. Dès qu’il sera découvert, comme il présente une source constante d’infection nouvelle, il sera abattu ou soigné.

Traitement local proprement dit. — Pour prévenir l’extension, du mal chez le sujet contaminé, il faut avant tout nettoyer la tête : pour cela on coupera avec des ciseaux les cheveux aussi ras que possible; quelques auteurs recommandent fort de ne pas raser, parce qu’on peut ainsi multiplier les points d’inoculation secondaire du parasite, il est inutile d’ajouter que tous les instruments dont on se sert pour les teigneux doivent ensuite être désinfectés et flambés avec tout le soin désirable. Puis on savonnera le cuir chevelu avec de l’eau chaude et un savon ordinaire, ou du savon au goudron et au naphtol.

Traitement curatif. — La radiothérapie. — Depuis la découverte des rayons Xet de leurs curieuses propriétés dépilantes, on a songé à les utiliser dans le traitement des teignes tondantes, a Freund les a déjà employés dans ce but en 1896 ; en 1900, Schiff affirmait au Congrès de Paris que la radiothérapie était, sans conteste, le traitement d’avenir de la teigne tondante et du favus. Depuis lors, en Allemagne, en Angleterre, en Amérique, nombre d’essais partiels furent tentés. A Paris, Gastou, Yieira et Nicolau ont présenté à la Société de Dermatologie, dès 1902, quelques observations de teigneux guéris ou améliorés par la radiothérapie. Nous-mêmes, avec Bisserié, nous traitons par cette méthode depuis deux ou trois ans les quelques teigneux qui nous viennent à Broca, à la consultation de Brocq.

LES TRICHOPHYTIES VRAIES

Dans le courant de l’année 1903. Sabouraud nous fit l’honneur de nous adresser son technicien, H. Noire, pour que nous lui montrions nos résultats et que nous lui indiquions notre technique. Les résultats qu’il obtint furent excellents, et le nombre de malades dont il disposait lui a permis de fixer, avec plus de précision, les règles pratiques du traitement des teignes par les rayons X (Belot, La Radiothérapie, 1904, p. 298).

o La méthode que j’ai exposée dans les Annales, de V Institut Pasteur du mois de janvier 1904 peut se résumer en peu de mots : Appliquer en une seule séance sur un point donné du cuir chevelu une somme de rayons X égale à 4 1/2 ou o unités H de Holzknecht ; il s’en suivra quinze jours plus tard une dépilation totale de la région. La dépilation entraînera avec les cheveux sains les cheveux malades. Les cheveux repousseront sains. La repousse commencera dix semaines après la date de l’intervention et sera complète dix semaines plus tard. La contagiosité de la maladie disparaît avec le dernier cheveu contaminé, vingt-cinq jours au plus après l’intervention. En face de ce traitement tous les traitements antérieurement préconisés contre les teignes sont comme s’ils n’étaient pas. La radiothérapie des teignes les a périmés. » (Sabouraud.)

Sabouraud etNoiré emploient pour mesurer la somme de rayons X qu’ils utilisent leur papier au platino-cyanure de baryum connu sous le nom de radiomètre de Sabouraud et Noiré. La teinte B de ce radiomètre correspond à la quantité de rayons suffisante pour provoquer une dépilation totale d’une région donnée du cuir chevelu, sans radiodermite, sans érythème, sans alopécie définitive. Elle correspond à 5 unités H de Holzknecht. Voici la règle pratique que donnent ces auteurs :

« Pour guérir une plaque de teigne par les rayons X, il faut la placer à 15 centimètres du centre de l’ampoule, et placer en même temps à 8 centimètres du centre de cette ampoule une pastille de papier au platino-cyanure de baryum. Quand cette pastille a pris la teinte B de notre radiomètre, l’opération est terminée. »

« C’est à une action purement mécanique que l’on doit la disparition des trichophytons. Il ne faudrait pas croire en effet que les rayons X exercent dans ce cas un effet bactéricide. Dans les conditions thérapeutiques habituelles, cette action n’existe pas. Le trichophyton conserve sa vitalité, mais le cheveu dans lequel il a élu domicile est expulsé. Les dernières parcelles de cheveux malades qu’on recueille à la surface de la peau, au moment de leur expulsion, sont encore infiltrées de parasites vivants. » (Belot, toc. cit.)

Il est donc nécessaire jusqu’à ce que l’élimination totale des fragments infectés de trichophyton soit complète de prendre des soins minutieux pour empêcher les réensemencements. On peut pour cela pratiquer des savonnages au savon de naphtol, et faire sur tout le cuir chevelu indemne tous les jours ou tous les deux jours des badigeons de teinture d’iode diluée de 5 à 10 fois son volume d’alcool à 60°.

En employant la radiothérapie dans le traitement des teignes, il faudra tâcher d’éviter le plus possible l’emploi des rayons obliques qui sont irritants pour l’épiderme, et qui provoquent parfois le développement de folliculites staphylococciques, qu’il convient de traiter par les moyens appropriés.

Il peut y avoir quelques échecs que Sabouraud attribue à trois causes : a) une dépilation insuffisante sur un ou deux points et qui laisse quelques cheveux malades sans les faire tomber; p) un oubli opératoire réservant un îlot de cheveux malades, difficiles à voir, et dont on s’aperçoit quand la guérison du reste est obtenue; y) quelques réinoculations au cours du traitement.

DERMATOSES PARASITAIRES

Il n’en est pas moins vrai que lai radiothérapie constitue le traitement idéal des teignes, celui qu’on doit toujours choisir quand c’est possible.

Autres procédés. — Mais quand il est absolument impossible d’y avoir recours, il faut employer un des traitements anciennement utilisés, et parmi eux celui qui donnait de beaucoup les moins mauvais résultats était encore l’épilation.

Pratique de V épilation. — Autrefois on épilait avec la calotte de poix, méthode aveugle, fort douloureuse, et que l’on ajustement abandonnée. Les frères Mahon épilaient avec le peigne et les doigts. Depuis Bazin, on se sert de la pince à épiler, pince à mors plats qui est maintenant universellement connue. Quelques auteurs recommandent avant de pratiquer l’épilation de savonner les points à épiler, de les frictionner avec une pommade à la cocaïne, ou mieux encore de se servir du procédé de Reynolds (de Chicago) qui imbibe l’éponge du pôle positif d’une pile à courants continus d’une solution de cocaïne, la place sur la région à épiler, et, grâce au courant électrique, fait pénétrer le médicament dans le derme et produit l’anesthésie.

On place le petit malade dans la position la plus commode, on tend la peau avec les doigts, on saisit entre les mors de la pince un, deux ou plusieurs poils formant touffe, et on les arrache d’un coup sec en tirant verticalement. 11 faut opérer avec méthode, essayer de déblayer, autant que possible, toute l’étendue de la plaque malade, mais surtout enlever tous les poils qui entourent cette plaque sans en oublier un seul, dans un rayon de 1 centimètre au moins, jusqu’à ce qu’il soit devenu bien évident qu’il n’y a plus dans le voisinage un seul cheveu malade, moins adhérent, moins solide que les cheveux sains. Après cette opération, lorsqu’elle a été bien faite, toutes les plaques de trichophytie doivent être entourées d’un cercle blanchâtre de cuir chevelu sain, complètement dépouillé de poils. C’est la zone de protection contre l’extension du mal. On cherchera tous les points d’attaque les plus minuscules, et on les traitera de la même façon. L’épilation est parfois suivie d’un peu de rougeur, de tuméfaction et d’irritation des téguments ; mais ce ne sont là que des accidents de fort peu d’importance.

L’épilation des cheveux périphériques se fait toujours avec la plus grande facilité ; il n’en est pas de même des débris qui hérissent la plaque ; ils se cassent entre les mors de la pince, et l’on ne peut réussir à les enlever complètement. Aussi divers auteurs ont-ils proposé pour arriver à les faire disparaître l’emploi d’emplâtres agglutinatifs. Tel est celui de L. Duncan Bulkley dont voici la formule :

Cire jaune . 10 grammes.

Laq. en plaques . 14 —

Poix résine . 21 —

Poix de Bourgogne . 35 —

Gomme dammar . 42 —

On fond la masse et on la divise en cylindres de divers diamètres.

Pour s’en servir, on fait chauffer à la flamme l’extrémité du bâton, puis on applique rapidement cette extrémité ramollie par la chaleur sur la partie à épiler ; quand elle s’est refroidie, on la retire, et elle entraîne avec elle les poils qui se sont agglutinés dans la pâte. Nous conseillons parfois d'utiliser de la même manière le dépilatoire Dusser si connu en France.

La plupart des auteurs ont vivement protesté contre l’emploi de ces cosmétiques, ils ont à la fois tort et raison. On ne doit pas s’en servir pour

LES TRICHOPH YTIES VRAIES

circonscrire les plaques malades, il faut toujours recourir à la pince qui est un instrument intelligent pour tracer la zone périphérique de protection autour des plaques ; on peut même avec elle essayer d’enlever le plus possible de poils cassés ; mais, malgré tous les soins que l’on prendra, la plaque restera encore hérissée de débris de cheveux malades ; c’est pour les ôter que les cosmétiques précédents peuvent rendre des services, et nous recommandons bien de ne les employer que dans ce seul but. On peut aussi se servir pour cela de collodion iodé au 1/100 que l’on applique en couche épaisse sur la plaque trichophytique, puis que l’on arrache dès qu’elle est bien sèche.

Pour arriver à nettoyer la plaque, Quinquaud raclait les parties malades avec la curette tranchante; de façon à enlever mécaniquement et un peu brutalement tous les détritus qui les couvrent.

Formule du traitement par V épilation. — Voici, formulé pour le praticien d’une manière précise, un des meilleurs traitements de la teigne tondante par l’épilation (4) :

1° Tenir les cheveux coupés ras sur toute la tête ;

2° Faire sur tout le cuir chevelu un premier badigeon de teinture d’iode fraîche coupée de 2 ou 3 fois son volume d’alcool à 66° pour déceler tous les points d’attaque de la maladie (les points infectés se colorent d’une manière beaucoup plus vive que les régions saines);

3° Épiler soigneusement tous les points malades et les cercler d’une zone d’épilation périphérique empiétant de 7 à 8 millimètres sur les tissus sains pour faire une zone de protection. Réépiler toutes les fois que c’est possible ;

4° Tous les deux jours faire un badigeon iodé sur les plaques ;

5° Tous les soirs mettre sur tout le cuir chevelu de la pommade suivante :

Soufre précipité . ) , ,

Goudron purifié . ) dd

Vaseline pure blonde . .

Baume du Pérou .

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