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pelade, la trichophytie : elle ressemblerait surtout aux alopécies du lupus érythémateux, de la pseudo-pelade et de l’acné décal vante (voir ces mots).
Traitement. — Le pronostic de cette affection est assez grave, puisqu’elle aboutit fatalement, quand elle n’est pas rigoureusement traitée, à une alopécie cicatricielle définitive. Aussi ne saurait-on être trop sévère au point de vue des mesures prophylactiques rigoureuses que l’on doit prendre contre elle.
Le traitement curatif est d’une longueur désespérante : la période d’observation pendant laquelle il faut surveiller de très près le favique après sa guérison apparente doit être très prolongée pour éviter d’avoir à déplorer des récidives qui se produisent presque constamment.
Traitement général. — Alors qu’on ne connaissait pas l’étiologie et la pathogénie réelles du favus, et qu’on attribuait cette affection à un vice du sang, on faisait jouer un rôle prépondérant au traitement interne. Actuellement c’est le traitement externe qui est tout (voir, pour plus de détails sur ce point, l’article Trichophytie.)
Si cependant le malade est scrofuleux, débilité, puisque l’achorion se développe sur ce mauvais terrain avec une plus grande activité, on doit essayer de modifier l’état général par des amers, de l’huile de foie de morue, des bains sulfureux, du fer et en particulier du sirop d’iodure de fer, des préparations de quinquina et de gentiane, etc...
Traitement local. ■ — Traitement du faons du cuir chevelu. — Le traitement local du favus est presque identique à celui de la trichophytie du cuir chevelu ; aussi renvoyons-nous, pour de plus amples détails, à l’article Trichophytie où nous aimons mieux l’exposer complètement à cause de la plus grande fréquence de cette affection. Il faut d’abord nettoyer la tête du malade : pour cela, on coupe les cheveux rasavecdes ciseaux; puis on ramollit les croûtes qui encombrent le cuir chevelu en se servant de glycérine, d’huile d’amande douce, d’huile d’olive, d’huile de ricin, d’huile de foie de morue, pures ou aditionnées d’un parasiticide, tel que l’acide phénique, l’acide salicylique, le baume du Pérou, avec parties égales de savon noir et d’axonge, etc., etc... Si les croûtes sont trop épaisses et trop nombreuses, après avoir appliqué le corps gras, on met la calotte de caoutchouc pendant quelques heures, par exemple pendant toute la nuit. Le lendemain matin, on savonne avec de la décoction de bois de Panama et du savon noir ou du savon de goudron, et tous les débris qui encombrent la tête disparaissent avec la plus grande facilité. On peut compléter ce nettoyage en faisant pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures des enveloppements du cuir chevelu avec des compresses aseptiques de lint boriqué, imprégnées d’une solution de salicylate de soude à 25 p. 1 000, additionnée de 10 grammes de bicarbonate de soude, ou de toute autre substance antiseptique : on recouvre avec un bonnet imperméable (E. Besnier, A. Doyon).
Quand la tête est complètement nettoyée, on peut, comme dans la trichophytie, avoir recours a la Radiothérapie , mais cette méthode thérapeutique ne présente pas dans le favus la même supériorité sur tous les autres procédés que dans la trichophytie. En effet le cheveu n’est pas friable dans le favus ; on peut l’arracher en totalité avec la pince, et l’on sait que les rayons X sont dépourvus de toute action parasiticide.
Cependant la radiothérapie rend de signalés services dans le favus en permettant d’épiler la totalité du cuir chevelu sans douleur. Certains auteurs prétendent qu’après une seule épilation complète avec les rayons N les cheveux peuvent
DERMATOSES PARASITAIRES
repousser définitivement sains. Si dans le cours des dix semaines qui suivent la repousse il n’y a aucune nouvelle reprise du mal, les sujets peuvent être considè¬
res comme guéris.
Mais il y a de fréquentes récidives qui seraient dues d’après les auteurs soit à une épilation incomplète, soit à une nouvelle infection de voisinage.
Il faut donc assurer la protection de la surface traitée soit par des badigeons avec de la teinture d’iode diluée, soit avec des préparations phéniquées (lanoline ou glycérine phéniquée au 1/100), avec lesquelles on masse doucement le cuir chevelu : mais, pour instituer cette médication, il faut que tout phénomène réactionnel ait disparu.
S’il y a des récidives et si l’on veut continuer à traiter par la radiothérapie, on agira avec prudence pour ne pas aboutir à une -alopécie définitive.
Dans l’état actuel de la science, on ne peut donc encore recommander la radiothérapie comme étant la seule méthode à employer contre le favus. On peut aussi recourir au vieux procédé de l’épilation méthodique avec la pince (voir article Trichophytie).Q uandil yaplusieurs points d’attaque disséminés ça etlàet diffus, quand surtoutil s’agit d’un favus généralisé, on épile toute l’étendue du cuir chevelu, au moins une première fois. Dans les épilations successives, on circonscrit le champ d’épilation suivant la configuration réelle des parties atteintes. S’il n’y a qu’un ou deux points pris, bien limités, on peut, après avoir coupé ras tous les cheveux et procédé à un examen minutieux de tout le cuir chevelu, n’épiler que les régions malades; mais, dans tous les cas, il est indispensable d’épiler dans un rayon de 1 ou 2 centimètres tout autour d’elles, jusqu’à ce que l’on ne trouve plus de cheveux peu adhérents, cassants et engainés, afin de créer une zone de protection et d’isolement qui empêche toute extension du champignon. On comprend que l’on soit obligé de faire plusieurs séances pour arriver à épiler toute une tête : en effet, au bout d’une heure d’épilation, le malade est fatigué, et les douleurs deviennent très vives. On les diminue quelque peu par des onctions d’huile de cade, de glycérolé cadique, ou de pommades à la cocaïne, ou par des enveloppements analogues à ceux que nous avons indiqués plus haut pour nettoyer le cuir chevelu.
On doit s’évertuer à enlever tous les poils malades ; Bazin recommandait de faire ensuite des applications parasiticides, telles que des lotions avec une solution de sublimé au 1/300 ; ou au 1/500 : beaucoup d’auteurs américains regardent cette substance comme nuisible ; car, d’après eux, elle coagule l’albumine à l’orifice des follicules, et y forme une couche d’albuminate de mercure au-dessous de laquelle les parasites végètent en sûreté.
On se sert aussi fort souvent d’une pommade au turbith au trentième, ou de la pommade de Hardy :
Camphre. . . .
Soufre précipité.
Axonge .
1 gramme.
2 ou 3 —
ou d’une pommade renfermant de 50 centigrammes à 1 gramme de sulfate ou d’acétate de cuivre pour 30 grammes d’excipient, ou bien enfin d’applications d’emplâtre rouge ou d’emplâtre de Yigo.
Si les frictions parasiticides produisent un peu trop d’inflammation, on les remplace momentanément par des cataplasmes de fécule, par des lotions émollientes, ou par des pommades calmantes (cold-cream, vaseline boriquée au 1/20, etc.).