LUPUS VULGAIRE. — CAUSTIQUES
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Vienne : Kaposi le recommande surtout quand le lupus est constitué par un grand nombre de petits nodules. Cette substance est fortement caustique, mais elle semble limiter son action aux produits morbides, et respecter les parties saines. Elle ne donne par conséquent que des cicatrices assez peu vicieuses, mais elle à deux inconvénients majeurs : d’abord elle cause des douleurs très vives, puis il est impossible avec elle d’agir sur de trop larges surfaces, car son absorption donnerait lieu à des phénomènes d’intoxication. On se sert de la pâte du frère Corne ou de Rousselot, ou bien de la pâte arsenicale de Hébra, dont voici la formule: acide arsénieux, 50 centigrammes ; cinabre artificiel, 2 grammes ; pommade rosat, 15 grammes.
On étend cette pâte sur une toile en couche de l’épaisseur du dos d’une lame de couteau, puis on découpe l’emplâtre en bandelettes que l’on applique sur les parties que l’on veut cautériser : on les laisse en place pendant vingt-quatre heures en exerçant sur elles une certaine compression avec de l’ouate. Au bout de ce laps de temps, on renouvelle le caustique sans laver la plaie ; à la fin du deuxième jour, on recommence encore : cette troisième application cause des douleurs violentes, une inflammation assez vive; les tissus peuvent même s’œdématier ; puis tous ces phénomènes se dissipent rapidement dès que l’on a cessé de se servir de la préparation arsenicale. Pour hâter la cicatrisation des ulcérations produites, on les panse avec de l’onguent émollient iodoformé, dont voici la formule : onguent émollient, 9 parties; iodoformé, 1 partie. — La formule de l’onguent émollient est la suivante :
Cire blanche . 4 parties.
Blanc de baleine . 5
Huile d’amande douce . 32 —
Eau . 16
Essence de rose . I goutte.
lodiques. — L’emploi de l’iode et de ses composés contre le lupus remonte à l’introduction de ces substances dans la thérapeutique. Nous parlerons plus loin des composés de l’iode et du mercure. Biett prescrivait contre le lupus l’iodure de soufre en pommade. Auspitz a conseillé d’enfoncer dans chaque nodosité lupique une aiguille conique ou triangulaire dont on trempe préalablement la pointe dans de la glycérine iodée au 1/20. Plusieurs dermatologistes badigeonnent les plaques lupiques avec de la glycérine iodée. Voici l’une des formules les plus usitées : iode, iodure de potassium, âà 5 grammes ; glycérine pure, 10 grammes.
Dans ces derniers temps, on a préconisé les vasogènes iodés. Lenglet a expérimenté avec succès dans notre service la préparation suivante :
Iodosol (vasogène iodé; . 100 grammes.
Aristol . 60
Dermatol . 50 —
Nitrate d' argent. — Nous avons déjà vu en parlant du raclage, des scarifications, des cautérisations ignées, combien l’emploi du nitrate d’argent combiné avec ces divers procédés a été préconisé par quelques auteurs. Grâce à ses propriétés hémostatiques et caustiques, cette substance, d’après Kaposi, coagulerait le sang, produirait ainsi des thromboses vasculaires, et apporterait un obstacle réel aux récidives. On l’utilise surtout sous forme de crayon, mais aussi en solution à parties égales dans de l’eau distillée.
DERMATOSES MICROBIENNES
Acide pyrogallique. — On peut ( Schwimmer ) appliquer sur les surfaces malades l’acide pyrogallique sous la forme de pommade jusqu’à irritation suffisante, ou les badigeonner avec un pinceau imbibé d’une solution saturée d’acide pyrogallique dans l’éther et recou vrir la couche d’acide ainsi déposée avec de la traumaticine ; il se produit une irritation assez semblable à une forte vésication, souvent même il survient de la tuméfaction. On calme ensuite. La cicatrice que l’on obtient par ce procédé est lisse, disent les auteurs qui recommandent cette méthode. L’acide pyrogallique serait en effet un caustique électif qui ne s’attaquerait qu’au tissu morbide. On peut se servir aussi d'onguent au 1/10 étendu sur de la toile, de pommades au 1/10 et au 1/20, de collodion à l’acide pyrogallique au 1/10, salicylé ou non, d’emplâtre à l’acide pyrogallique pur ou combiné avec d’autres substances.
Nous avons beaucoup employé les pommades pyrogalliques fortes et faibles, les collodions et les emplâtres pyrogallés au 1/10 plus ou moins salicylés. Nous en avons parfois retiré des effets utiles dans les formes superficielles. Mais les résultats que nous avons obtenus nous ont le plus souvent paru fort incertains et toujours incomplets dans les lupus profonds. Nous pensons qu’il en est de même pour Y acide chrysophanique, la clirysarobine, Vanthrarobine.
Acide salicylique et créosote. — D’après Unna, l’acide salicylique est un caustique électif excellent, qui agit avec sûreté et régularité sur les éléments lupiques et qui respecte complètement les éléments sains. Il l’emploie sous forme d’emplâtres qui renferment 10 grammes d’acide salicylique par mètre. Pour les lupus caractérisés par des tubercules profondément enchâssés dans du tissu de cicatrice, il incorpore jusqu’à 30 et même 50 grammes d’acide par mètre d’emplâtre. Pour rendre ces topiques moins douloureux, il ajoute par mètre d’emplâtre 40 grammes environ de créosote, substance qui a de plus l’avantage d’exercer une certaine action antiseptique. La période douloureuse d’application ne dure plus alors que de cinq à quinze minutes; et, si l’on a le soin de badigeonner au préalable les surfaces malades avec une solution de cocaïne au 1/25, on annihile presque complètement les premières douleurs et l’on rend le traitement tout à fait tolérable. On peut activer l’effet des emplâtres en les recouvrant de cataplasmes chauds. On refait le pansement une fois et à la rigueur deux fois par jour. On nettoie alors soit avec du Uniment oléo-calcaire, soit avec de l’huile, de l’axonge, du savon neutre et
de l’eau chaude. Lorsque tous les tubercules ont été attaqués, on a reccurs à des
préparations moins fortes, et, pour faire cicatriser les petites plaies fermées, on panse avec des emplâtres au mercure, à l’acide phénique, à l’iodoforme eu à l’ichthyol. Il est bon que ces divers topiques dépassent les bords de lanéoplasie lupique d’un demi-pouce. Voici la formule de l’emplâtre que prescrit E. Besnier : emplâtre diachylon, vingt parties ; acide salicylique, cinq parties; créosote de hêtre, une partie. Nous avons nous-même expérimenté cet agent, mais sans grand succès. Nous avons trouvé que le mélange d’acide salicylique et d’acide pyrogallique était plus efficace que l’acide salicylique seul. Nous avons surtout employé ces substances sous forme de collodion; mais nous n’avons pas réussi à les rendre indolentes en y incorporant de la créosote ; les douleurs nous, ont semblé, au contraire, un peu moins vives quand on y ajoutait de la cocaïne. 11 nous a paru que ces moyens ne réussissaient que dans les néoplasies récentes et superficielles, qu’ils étaient presque inertes dans les lupus profonds et anciens.
Acide lactique. — L’acide lactique pur concentré en consistance sirupeuse a été employé dans ces derniers temps à l’étranger. En France, Doyen a repris ces essais