FIÈVRE TYPHOÏDE
Enfin Unna a décrit un érythème papulo-pustuleux qui serait fort rare, et Schutze un érythème noueux.
Marfan et Le Play ont fait sur la pathogénie des accidents cutanés dus à la sérothérapie une communication des plus intéressantes à la Société médicale des hôpitaux le 24 mars 1905. En voici un court résumé.
« Lorsqu’on inocule à un animal le sérum d’un animal d’une autre espèce, il se produit souvent, dans le sang de l’injecté, des anticorps qui ont la propriété de précipiter le sérum de l’animal qui a servi à l’injection; on les appelle des « préci pitines. » Ces substances sont spécifiques, en ce sens qu’elles ne donnent de précipité qu’avec le sérum de l’espèce qui a fourni le sérum injecté, et qu’elles n’en donnent pas avec le sérum d’autres espèces (Tschistowitch).
« Hamburger et Moro ont appliqué ces données à la pathogénie des accidents sérothérapiques. D'après ces auteurs, lorsque ces accidents se produisent, c’est parce qu’il s’est formé, dans le sang de l’injecté, des substances capables de précipiter le sérum de cheval, que la précipitation peut se faire dans les capillaires, qu’il en résulte des thromboses capillaires qui troublent la circulation cutanée et déterminent des éruptions.
« Les recherches de Marfan et Le Play faites dans ce sens les ont conduits aux conclusions suivantes :
« 1° Dans les cas où l’injection de sérum antidiphtérique n’est suivie d’aucun accident imputable à la médication, le mélange aseptique du sérum du malade et de sérum de cheval, placé à l’étuve à 37° pendant quelques heures, ne donne aucune précipitation.
« 2°Dansles cas où l’injection de sérum antidiphtérique est suivie d’accidents que la clinique tend à rejeter hors du cadre des accidents sériques, c’est-à-dire d’érythèmes scarlatiniformes et morbilliformes généralisés fébriles, on ne peut constater de séro-précipitation.
« 3° Lorsque l'injection de sérum antidiphtérique est suivie d’accidents qui sont indubitablement la conséquence de cette injection, c’est-à-dire d’urticaire, d’érythèmes partiels, de phénomènes douloureux (arthralgies, myalgies) deux cas doivent être distingués :
« a) Dans le cas d’accidents légers, fugaces, apyrétiques, on n’observe pas de séroprécipitation.
« ù)Dans le cas d’accidents intenses généralisés, fébriles, on constate la séro-précipitation ; celle-ci n’est appréciable qu’à partir du moment où se montrent les accidents, parfois le premier jour, plus souvent le second ou le troisième jour après leur début. Elle persiste plusieurs jours.
« 11 est permis de supposer que dans les cas du groupe a, la réaction n’est pas appréciable à nos sens parce qu’elle est trop faible. Si on accepte cette supposition, on pourra admettre qu’il y a une relation entre les accidents sériques et les phénomènes de séro-précipitation. »