FIÈVRE TYPHOÏDE
Bacille d’Eberth. — C’est Forget qui en 1843 semble avoir le premier signalé V érythème scarlatiniforme dans la fièvre typhoïde. Depuis lors les observations se sont multipliées.
DERMATOSES MICROBIENNES
On a décrit :
Les taches rosées lenticulaires qui sont un des symptômes majeurs de l’affection.
Un éi'y thème précoce bénin qui est surtout rubéolique, quelquefois scarlatiniforme, qui dure quatre à cinq jours, et qui peut être suivi d’une desquamation plus ou moins furfuracée.
Un érythème grave de la période d’état qui peut être morbilliforme, polymorphe (papulo-tuberculeux, papulo-bulleux ou pustuleux), plus rarement scarlatinoïde. Il dure de cinq à six jours et s’accompagne d’ordinaire de symptômes graves. Il se complique presque toujours d’éruptions aphtheuses de la bouche et de la gorge.
Un érythème tardif delà période de défervescence ou de convalescence, pouvant avoir l’aspect de X érythème scarlatiniforme desquamatif avec chute des poils et des ongles : il est parfois rubéolique.
Il faut se défier des éruptions médicamenteuses dans toutes ces éruptions érythémateuses des grandes pyrexies. La lecture approfondie des cas nous a prouvé que les auteurs ne se sont jamais assez préoccupés de cette question pourtant capitale.
MALADIE PYOCYANIQUE
On a publié des faits qui semblent démontrer que le bacille pyocyanique si bien étudié par Charrin au point de vue expérimental peut évoluer chez l’homme et provoquer chez lui d’importantes éruptions.
Le bacille pyocyanique, découvert par Gessard en 1882, est un petit bâtonnet mince, à extrémités arrondies, mobile et de dimensions variables : sa longueur moyenne est de 1,5 g, sa largeur de 0,5 à 0,6 g. Il est pathogène pour certaines espèces animales.
E. Ehlers l’a trouvé dans deux cas d’ecthyma térébrant (voir ce mot) des enfants : il y avait en même temps des symptômes généraux rappelant ceux de la fièvre typhoïde ou de la méningite cérébro-spinale. L’éruption commença par de petites taches érythémateuses qui se transformèrent rapidement en pustules d’ecthyma : elles se rompirent, laissèrent une petite ulcération présentant un centre avec nécrose, puis une zone hémorragique bleue, enfin une zone externe inflammatoire rouge. Hitschmann et Kreibich ( Archiv . fur dermat., 1899, t. 4, p. 82) ont soutenu que le bacille pyocyanique est bien réellement l’agent pathogène de l’ecthyma gangréneux des enfants.
OEttinger a observé de son côté chez un jeune homme atteint depuis dix-huit jours d’une affection ressemblant à une fièvre typhoïde bénigne et régulière, une sorte de rechute accompagnée d’une éruption de bulles de dimensions variables occupant le scrotum, le pubis, le pli inguino-crural, etc. ; ces bulles fort douloureuses, hémorragiques, se rompirent, et laissèrent des ulcérations diphthéroïdes d’aspect, gangréneuses, qui se cicatrisèrent avec la plus grande lenteur et qui renfermaient le bacille pyocyanique.
Dans un autre fait du à Neumann l’infection pyocyanique se serait produite chez un enfant de seize jours qui mourut, et se serait traduite du côté de la peau par des pétéchies.
GANGRÈNES CUTANÉES PAR INFECTIONS MICROBIENNES