‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 222 sur 252 · IV. — SYPHILIS HÉRÉDITAIRE · texte numérisé non relu

IV. — SYPHILIS HÉRÉDITAIRE

A. Fournier définit la syphilis héréditaire : « la syphilis repue peu l enfant de ses parents en état de syphilis au moment même de la procréation. » La véritable syphilis héréditaire ne doit donc pas être confondue avec la syphilis que 1 enfant peut recevoir in-utéro de sa mère sypliilisée après qu elle est devenue enceinte . on

DERMATOSES MICROBIENNES

donne à ce dernier mode de contamination le nom de syphilis post-conception nelle.

Nous n’avons pas dans cet ouvrage à étudier la syphilis héréditaire en elle-même : nous renvoyons pour cela aux traités spéciaux. Nous n’avons qu’à passer rapidement en revue ce que ce mode de contamination peut présenter de particulier comme accidents cutanés.

Faciès de l'hérédo-syphilitique. — Dès sa naissance, l’hérédo-syphilitique peut avoir un faciès tout spécial qui a été depuis longtemps décrit : peau terne, terreuse, d’un jaune café au lait, ridée, flasque, yeux enfoncés, aspect de petit vieillard.

Mais en réalité ce faciès est relativement rare : le plus souvent l’hérédo-syphilitique vient au monde avec les plus belles apparences.

Lésions cutanées dès la naissance (Accidents de la syphilis héréditaire précoce). — • Quand un symptôme dénote dès la naissance que l’enfant est bien entaché de syphilis, il s’agit presque toujours de la lésion à laquelle on a donné le nom de Pemphigus syphilitique ou de syphilide polymorphe du nouveau-né ; l’enfant peut en outre présenter du coryza et des plaques labiales.

A. Pemphigus syphilitique. — Le pemphigus syphilitique n’est pas un pemphigus dans le sens propre du mot, on ne saurait trop le répéter : c’est une syphilide papuleuse de la plante des pieds, de la face inférieure des orteils, de la paume des mains, offrant les dispositions ordinaires des syphilides papuleuses secondaires de ces régions ; elle est formée par des papules d’un rouge vineux, de 2 à 10 millimètres de diamètre, isolées ou confluentes, polycycliques dans ce dernier cas, et présentant ce caractère spécial que l’épiderme à leur niveau est soulevé par de la sérosité louche, qui devient assez rapidement verdâtre ou hémorragique. Elles peuvent, au bout d’un à déuxjours, se recouvrir de croûtes brunâtres reposant sur une exulcération.

Cette manifestation morbide ne se produit que dans la vie intra-utérine ou pendant les quelques jours qui suivent la naissance. Elle est donc éphémère : car le processus syphilitique ne donne jamais lieu à la huile sur une peau normale.

Nous avons dit que les sièges de prédilection de la syphilide pemphigoïde étaient la paume des mains et la plante des pieds ; on l’a cependant signalée sur tout le corps, mais elle y est des plus rares.

Elle est pathognomonique de la syphilis (voir à l’article Pemphigus épidémique des nouveau-nés son diagnostic différentiel d’avec cette affection dont elle diffère totalement).

B. Coryza. — C’est un des signes les plus fréquents de l’infection syphilitique du nouveau-né, il peut en constituer l’unique symptôme ; il est caractérisé par un écoulement d’abord séreux, puis sanieux, purulent, sanguinolent, fétide, qui se concrète en croûtes d’un jaune verdâtre ou noirâtre, lesquelles obstruent les narines, et gênent la respiration et l’allaitement. Il est presque toujours symptomatique de lésions superficielles de la muqueuse nasale.

C. Plaques muqueuses des lèvres. — Elles sont extrêmement fréquentes, elles affectent surtout la forme de fissures plus ou moins profondes.

Le plus souvent elles sont situées vers les commissures (plaques muqueuses commissurales ) ; elles y sont profondes, larges, radiées, roses, suintantes, presque

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