‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 223 sur 252 · SYPHILIS HÉRÉDITAIRE · texte numérisé non relu

SYPHILIS HÉRÉDITAIRE

toujours entourées d’un bourrelet et recouvertes d’une croûte jaunâtre, brunâtre ou noirâtre. Parfois elles siègent vers le milieu de la lèvre supérieure, à droite et à gauche de la saillie médiane ; elles y ont de 5 à 10 millimètres de long, 1 a 2 millimètres de large; elles sont rouges, sanguinolentes, indurées. Enfin elles sont parfois dispersées çà et là en un point quelconque des lèvres. .

Ces plaques fissuraires laissent assez souvent après elles des cicatrices linéaires blanchâtres ou bleuâtres qui, d’après Parrot, seraient un stigmate de syphilis héréditaire.

Ces fissures sont douloureuses et gênent pour l’allaitement.

D. Accidents cutanés. - Jacquet les ramène à deux grandes variétés objectives

chez les nouveau-nés syphilitiques :

a) La syphilide érythémato-papuleuse polymorphe; b) Lasyphilide acnéiforme.

a) Syphilide érythémato-papuleuse polymorphe. — « Cette syphilide est constituée par des taches arrondies ou ovalaires, quelquefois irrégulières, pouvant dépasser un

Fig. 172. — Sypliil ides papulo-squameuses des membres intérieur.-» chez une enfant de 3 mois, hérédo-syphilitique.

centimètre de diamètre, parfois très pâles ; en ce cas, on peut les rendre plus apparentes en exerçant sur la peau quelques frictions, ou encore, comme le recommande Parrot, en faisant crier l’enfant. Plus souvent, d’ailleurs, elles sont foncées, d’un rouge sombre, violacé, ou d’un rose saumon tirant sur le jaune.

« Elles siègent surtout aux membres inférieurs, particulièrement sur les fesses, les pieds. Elles atteignent aussi les membres supérieurs et la face, spécialement e

menton et le cou. , ,

« D’abord rares et peu nettes, elles s’élargissent, deviennent plus foncées et

nombreuses ; souvent il se fait des poussées successives.

plus

DERMATOSES MICROBIENNES

« Quelques-unes s’éteignent peu à peu sans autres modifications, en laissant, pendant un certain temps, une tache brunâtre, mais la plupart d’entre elles persistent et desquament.

« D’autres s’accentuent davantage, deviennent appréciables au doigt, papuleuses. Tantôt la saillie porte également sur l’élément tout entier ; tantôt an contraire, et plus souvent, la périphérie est notablement plus saillante que le centre et plus colorée.

« La surface de ces papules est mate, un peu inégale, couverte de petites squames furfuracées et d’une cuticule assez épaisse. Parfois cette cuticule tombe et alors la papule apparaît lisse luisante » avec la collerette de Biett à sa périphérie.

Le pemphigus syphilitique des nouveau-nés peut coexister; il n’est d’ailleurs qu’une simple variété objective de la syphilide érythémato-papuleuse.

« Il est donc conforme à l’observation clinique d’admettre l’existence d’une syphilide polymorphe caractérisée par des macules et des papules pouvant dans certaines circonstances se recouvrir de bulles ; seulement, tandis que chez le nouveau-né, en raison de conditions circulatoires spéciales et de l’état des tissus, la bulle est constante et seule appréciable, chez les enfants plus âgés au contraire les autres modalités éruptives sont apparentes et prédominantes. Je rejette donc l’existence, à titre isolé, de trois espèces autonomes, bulleuse, inaculeuse, et papuleuse. » (Jacquet.)

D’après le même auteur, il existe quatre variétés principales de cette syphilide polymorphe hérédo-syphilitique.

1° Variété fruste . — Les éléments éruptifs sont réduits au minimum : deux ou trois taches arrondies, d’un rouge sombre, çà et là disséminées, une légère fissure labiale, par exemple.

2° Variété ulcéreuse. — Les lésions (macules, papules ou bulles) s’ulcèrent, surtout vers les fesses et les points de pression. ( Syphilides ulcéreuses des auteurs.)

3° Variété circinée. — Les lésions tendent à se grouper de manière à former des circulations.

4° Variété psoriasi forme. — Elle est très rare, et constitue de grands éléments cerclés ou hémi-cerclés, recouverts de squames furfuracées abondantes.

Variétés régionales. — A la face les lésions occupent surtout le pourtour de la bouche, le menton, le front et les sourcils ; autour de la bouche en particulier elles peuvent former par confluence une nappe d’un rouge vif, irritée par l’écoulement de la salive et du lait, assez souvent fissurée, excoriée, suintante, partiellement recouverte de croûtes. Même aspect parfois autour et au-dessous des narines.

« Sur le reste de la face, en particulier aux sourcils, les syphilides sont grisâtres ou bleuâtres, croùteuses, parfois franchement impétigineuses d’aspect » ( impétigo syphilitique des auteurs ) ; en somme elles sont séborrhéiques.

Au cuir chevelu elles sont également saillantes, recouvertes de croûtes larges et épaisses.

Au niveau des plis de la peau , les syphilides sont plus saillantes, exulcérées, érosives ( Syphilides papulo-érosives). Sevestre a décrit avec soin une syphilide papuleuse en rhagade qui existe fréquemment à la partie supérieure et antérieure du sillon qui sépare l’oreille du crâne.

b) Syphilide acnéiforme. — « Les éléments éruptifs initiaux sont représentés par une papule saillante ombiliquée, de la grandeur d’une tête d’épingle ou d’une toute petite lentille, centrée d’une croûtelle.

SYPHILIS

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